‹ Mémoires d'Afrique, 1892-1896Chapitre 94 sur 156 · Livre vert, xxar bis, n · texte numérisé non relu

Livre vert, xxar bis, n

9. Ici dans la dépêche est inscrit le mot authentique, mais probablement au mot authentique on doit substituer le mot complète. Telle est l'impression que j'en ai reçue. Livre vert, xxr11 bis, n° 278.

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leur résultat possible, étant donnée la situation. Jusqu’à présent, jai gardé la défensive avec succès, parce que c'eût été une folie que d'affronter l’expérience ! avant que n’arrivât de l'Italie un renfort double. J'espère que l'ennemi, renforcé par Ménélick, se portera en avant ou exécutera une marche de flanc. J’opérerai alors avec mes forces groupées, de façon à avoir un succès, dont je chercheraiï à tirer tout le parti possible; car le but de ma vie et de mes pensées, c’est l'honneur et la gloire de la patrie. »

Il est inutile d'expliquer que le mot double se rapporte aux hommes, et non au matériel de guerre.

Le même jour, 8 janvier, je télégraphiais au général Mocenni, ministre de la guerre : « J’éprouve des difficultés infinies à approvisionner les troupes européennes, qui sont éloignées de la base, au milieu des montagnes, avec des sentiers au lieu de routes, avec des bêtes de somme peu nombreuses, sans magasins avancés largement approvisionnés à l'avance; aussi, au delà d’une certaine limite, /e nombre, au lieu d’étre utile, pourrait étre un embarras. Après avoir réuni, à Adigrat, les forces venant d'Italie, j'ai le ferme espoir de battre les Choans réunis ou divisés. Après un succès, la poursuite pourra désorganiser les forces. Puissé-je avoir les moyens de poursuivre ! Mais, comme je l’ai écrit, une campagne à fond contre l’Abyssinie exige une préparation de quelques mots et des moyens qui ne peuvent pas s'improviser, dans un pays désolé par la guerre et par des hordes qui y vivent depuis si longtemps. Ce n’est pas par excès de confiance, ce n’est pas par égard pour le pays que je ne demande pas des renforts plus con- Sidérables; c’est parce que je n'ai pas le moyen d'assurer leur nourriture. Quand bien même le gouvernement du roi se déciderait à une guerre à fond, il serait nécessaire de commencer par tout préparer; puis on enverrait les troupes le plus tard possi-

. ble, pour ne pas consommer les ressources prématurément?. »

Le télégramme, surtout à la fin, fut mal chiffré ou mal déchiffré (peut-être y a-t-il les deux choses), mais le sens militaire ne peut échapper : les troupes doivent être envoyées au moment de l’opération, pour ne pas consommer prématurément les provisions

1. C’est ce que dit le télégramme du 7 janvier, dans le livre vert, xx1r1 bis, n° 281. Peut-être dit-il combat; mais si le mot est erroné, le sens ne change

pas.

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