‹ Mémoires d'Afrique, 1892-1896Chapitre 98 sur 156 · II. — Brigade Albertone · texte numérisé non relu

II. — Brigade Albertone

Biinbon Vite Lise Giordano.

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Colonel Ragni.

Bataillon VELASR en sr2s Montecchi .. | — NÉREUES ape rs Violante. Colonel Romero.

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« Les bataillons indigènes, la brigade d'artillerie et les bande: restaient sous la dépendance du commandant en chef. » |

Naturellement les brigades ne pouvaient se constituer que successivement, pendant une période qui dura tout un mois. |

Au fur et à mesure que les troupes blanches arrivaient, l'importance de la position d’Adigrat diminuait, tandis qu ’augmentail celle d'Adagamus, sur le revers méridional de la combe d’Adigrat. — Adigrat devenait trop étroit, trop condamné à la défensive passive; et l’on voyait disparaître les probabilités que l'en. nemi, en s'avançant, vint nous attaquer dans cet entonnoir. | La position d'Adagamus‘ avait été étudiée avec soin par le mn | Toselli d'abord, puis par moi et le général Arimondi ensuite. Le général Arimondi y était resté deux jours, après sa retraite de Macallé (94et 10 décembre); mais alors cette position était tro] étendue pour pouvoir être occupée avec nos forces exiguës. Par suite, dans le premier mois (décembre) elle nous aurait expo: sés au danger d'être enveloppés. On avait envoyé là les bande comme avant-garde, sous le commandement du capitaine Bar banti. Elles étaient soutenues, sur le sommet de la montagni

1. Dans la carte toute récente de l’Institut géographique à 1/250, 000, feuill | d’Adigsrat, on écrit Edaga-Amus et mont Gorueto, au lieu de mont Goructo| Voir notre carte générale de la colonie à 1/1,000,000, à la fin de ce volume

(Goructo, 2,998 mètres), par le bataillon Valli (7° indigène), qui était en communication avec la garnison d'Adigrat, à la défense de laquelle il devait directement concourir.

La position d’Adagamus appuie son flanc droit au mont Goructo; le flanc gauche était défendu par un précipice presque impraticable. Derrière, se développait la ligne de retraite, relativement commode, vers Adigrat. Devant, le terrain descendait en ondulant, coupé de temps en temps par des ressauts ou des vallonnements ; il était traversé transversalement par une large vallée; mais, en général, le terrain était plat, battu et découvert I était facile de renforcer la défense par quelques travaux et quelques retranchements, surtout sur le flanc droit, qui se relevait et S'appuyait à la montagne. La vue s’étendait librement au sommet de l’'amba Goructo, où était placé un appareil optique de signaleur, communiquant avec Adigrat. L'eau et l'herbe y étaient en abondance; le climat était sec, froid, salubre; il y avait, de temps en temps, quelques brouillards.

Adagamus est sur la route directe allant de Macallé, par Adigrat, dans l’intérieur de la colonie. Cette position garde aussi la route d’Ausien, par laquelle le negus pouvait s'avancer vers le flanc droit de notre ligne déployée. Par suite, la position d'Adagamus, si elle était convenablement occupée par des troupes

suffisantes pour son étendue et avec un nombre convenable de canons, enlevait à l'ennemi la possibilité de déployer toutes ses forces et se prétait très bien à la défensive active qui était dans mes intentions et qui était imposée par la situation politique et militaire.

"Le 9 janvier, les colonels Albertone, Brusati et Ragni arri- Wèrent au camp d’'Adigrat. L’ancienneté du premier l’appelait à

commander une brigade. Le lendemain ils étudièrent, avec le chef d'état-major, le colonel Valenzano, la position d'Adagamus, où javais l'intention de placer le corps d'opération.

“Sur ces entrefaites, on éprouva des craintes sérieuses pour Macallé. D’après les déclarations formelles du major Galliano, On croyait que l’eau, pour le fort, était assurée. Mais, à la suite dune attaque, l'ennemi venait de s'installer dans un angle mort 2brendait problématique la reprise, par la garnison, du point eau.

Le fort de Macallé (Enda Jésus) avait eu une extension bien

plus considérable que celle qui était nécessaire pour lui permets

tre de remplir son rôle de sentinelle avancée vers le sud, ainsi

que le PERS mon plan de défense arrêté au mois d'octobre,

plan dont j'ai parlé dans le chapitre XVE. On avait transformé | une roche en un fort exigeant une forte garnison: C'est un des

motifs pour lesquels le général Arimondi n'avait pas eu le cou rage de l’abandonner. 4

Le fort manquait d’eau dans l’intérieur. Les sources les plus,

voisines étaient, l’une à 100 mètres au sud, l’autre à 400 mètres

au nord de l'enceinte. Cette dernière source était défendue par un petit blockhaus”.

La nouvelle de la perte du point d’eau parvint à Adigrat É | 10 janvier, au moment même où arrivaient au camp les premiers |

bataillons de renfort. Je donnai aussitôt l’ordre aux bataillons indigènes et aux bandes sous le commandement du colonel AL bertone de s’avancer jusqu’à Adagamus, dans le but de chercher

à établir des communications avec Macallé, d’impressionner évem

tuellement l'ennemi et de préparer l'occupation définitive d’Ada="

gamus par tout le corps d'opération.

En cette circonstance, je dus me servir du colonel Albertoll| k

qui m'avait été envoyé de Rome pour commander une brigade, au lieu de Pen le général Arimondi encore absent. À Adigrat, (4 personne n'avait une position hiérarchique pour un commande-

ment aussi élevé, et personne, sauf Albertone, n'avait l’expérience |

du commandement sur les soldats indigènes.

Le général Arimondi n’était pas encore arrivé à Adigrat, et “il. ’était pas à propos de l’attendre pour lui confier une opération. que je considérais comme très urgente. Il y avait à Adigrat seulement les premiers bataillons des deux brigades, constisM tuées par l’ordre du 9 janvier. Le commandement de la première

était destiné au général Arimondi, et celui de la seconde au

1. Voir la carte spéciale de Macallé annexée au chapitre suivant.

colonel Albertone. Pendant ce temps, il fallait occuper et organiser, avec tous les indigènes, la position d’'Adagamus, alors que le ministère notifiait l'envoi du général Dabormida, auquel : revenait naturellement le commandement de la seconde brigade. Le général Arimondi étant arrivé au camp d’Adigrat, il ne me parut pas opportun de lui enlever le commandement de la première

brigade blanche qui lui avait été confié, pour lui donner le commandement des indigènes. Le colonel Albertone avait déjà commandé les indigènes, au temps du général Baldissera. Le colonel

|: Albertone, vif et décidé, s'était déjà familiarisé avec les officiers

etles chefs ; il avait commencé les opérations de la campagne, il déployait la plus grande activité et avait rapidement organisé le

service d'information. Quant à ses tendances, il était réputé pour

un homme prudent, avisé, ayant de grandes connaissances mi-

Jlitaires; dans sa conversation, il manifestait des opinions parfai-

tement conformes à mes idées, tandis que le général Arimondi se

montrait toujours disposé à l’offensive, ainsi que je l’ai dit dans

les chapitres XIX et XX relatifs à Amba Alagi. Il aurait été encore bien plus disposé à l'offensive, s’il avait eu le commandement d'une brigade rapide et libre d'impedimenta, destinée, par sa nalure, au service souvent autonome de l’avant-garde

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