‹ Mémoires d'anthropologieChapitre 11 sur 86 · U. SS U. ^ (A · texte numérisé non relu

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Projection antérieure

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Projection postérieure

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Il est clair, d’après ce tableau, que, d’une manière absolue comme d’une manière relative, la projection antérieure est plus grande chez le nègre que chez le blanc; le bord antérieur du trou occipital du blanc est plus rapproché des dents incisives que delà saillie postérieure de la tête; ce bord n’occupe donc pas toujours, comme l’a dit M. Owen, le milieu de la base de la tête ; il est en arrière sans doute chez quelques individus de toutes les races, mais en moyenne la projection antérieure du blanc est plus petite de 1 centimètre que la projection postérieure, tandis que les deux projections sont à peu près égales chez le nègre. Chez l’orang, c’est la pi'ojeclion postérieure qui est la plus courte. Il est donc incontestable, malgré rargument de Prichard sur le soldat de Waterloo, que la conformation du nègre, sous ce rapport comme sous plusieurs autres, tend à se rapprocher do celle du singe.

Mais il s'agit de savoir si la différence que nous venons de reconnaître entre la tête des nègres et celle des Européens ne tiendrait pas uniquement, comme l’a avancé Prichard dans un ]>assage déjà cité, à l’ohliquité des mâchoires, c’est-à-dire au prognathisme. Cet auteur pense que la situation du trou occipital est la même dans les deux races lorsqu’on fait abstraction de la saillie

PRO, MICTIONS DR LA TÊTR. DI

variable des mâchoires, ce qui revient à dire que le développement relatif du crâne antérieur et du crâne postérieur dans le sens de la longueur est invariable. 11 en donne une preuve spécieuse : « Qu’on abaisse, dit-il, une perpendiculaire du sommet de la tête sur le plan de la base du crâne, et 1 on verra que le trou occipital commence immédiatement derrière cette ligne, sur le nègre aussi bien que sur l’Européen (1). » Or il sufüt d’avoir vu un seul crâne pour savoir que la tête n’a pas de sommet visible, qu’on donne ce nom au point culminant de la voûte du crâne, et que la situation de ce point dépend uniquement de la direction de la tête. Lorsque le crâne est en équilibre sur une table, on peut quelquefois déplacer le sommet de 2 ou il centimètres, en introduisant simplement sous les dents incisives une lame de carton de quatre millimètres d’épaisseur. Avant de chercher le sommet de la tête, il tant donc commencer par établir la direction du plan horizontal, et c’est ce qui m’a permis de dire, dans mon Mémoire sur le crâniographe^ que la situation du sommet (ou vertex), n avait pas encore été déterminée. Quel était donc le point que Prichard prenait pour le sommet de la tête? C’était celui qui était directement au-dessus du bord antérieur du trou occipital, lorsque la tête lui paraissait horizontale, et il est clair, dès lors, qu’une perpendiculaire abaissée de ce point sur la table ne pouvait passer ailleurs que sur le bord antérieurdu trou occipital. La proposition énoncée })ar Prichard est donc le résultat d’une de ces illusions familières à tous les auteurs qui ont étudié le crâne sans méthode rigoureuse, sans procédés scientifiques.

Revenons maintenant à nos projections, et voyons s il est vrai que la tête des nègres, étudiée sur la projection horizontale, ne diffère de celle des blancs que par la saillie de 1 arcade alvéolaire, s’il est vrai que le trou occipital occupe, dans les deux races, la même situation par rapport aux deux extrémités du crâne proprement dit. Pour faire cette vérification, il nous suffira de compléter le tableau précédent, et de décomposer la projection antérieure en deux parties, l’une faciale, 1 autre crânienne ou cérébrale.

(I) f.oe. cil., p. Î'JO.

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