‹ Mémoires d'anthropologieChapitre 13 sur 86 · NOUVEAU PROCÉDÉ DE CÉPRALOMÉTRIE · texte numérisé non relu

NOUVEAU PROCÉDÉ DE CÉPRALOMÉTRIE

que sur le sol. Je dirai, en terminant, comment on procède à la mensuration du tronc et des membres. Je ne parlerai d’abord que de la mensuration de la tête.

La planche graduée est une planche en bois blanc, épaisse de 2 centimètres, large de IS. Elle est graduée transversalement au crayon, dans toute sa longueur, en centimètres et demi-centimètres ; mais sur l’iin de ses bords la graduation doit être faite par millimètres. Le zéro correspond à l’extrémité inférieure de la planche. Sur le bord gradué eu millimètres est creusée une rainure longitudinale, à pans rectangulaires, longue et large de 1 centimètre.

Dans cette rainure glisse \ équerre directrice ou équerre saillante. Celle-ci (voy. fîg. 2, A) est épaisse d’un centimètre : elle se compose de deux pièces de bois, l’une verticale ou descendante, large de deux centimètres seulement ; l’autre horizontale, large de 6 à 7 centimètres et longue de 25 centimètres. La branche verticale est introduite dans la rainure de la planche, où elle glisse avec un léger frottement.

Pour rendre le maniement plus facile, on peut appliquer sur l’une de ses faces, dans une dépression superficielle, un petit ressort de montre ab., en arc allongé, et fixé à l’une de ses extrémités par un petit clou. La pression exercée par la convexité de ce petit ressort sur la rai- Fig. i. — La planche nure suffit pour que l’équerre reste en place à graduée.

toutes les hauteurs où on l’applique. Mais cela n’est nullement indispensable, l’observateur pouvant toujours fixer l’équerre directrice d’une main pendant qu’il dirige avec l’autre l’équerre exploratrice. La branche horizontale de l’équerre est graduée sur son bord supérieur en centimètres et millimètres. Le zéro est situé non au sommet de l’équerre, mais à un centimètre de ce sommet, de telle sorte que, lorsque Téquerre est introduite dans la rainure, qui n’a qu’un centimètre de profondeur, le zéro aflloiirc exactement la surlacc de la planche graduée.

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Il résulte de là que, lorsque la planche est verticale et que la branche verticale est introduite dans la rainure, le bord supérieur

de la branche horizontale de l’équerre est horizontal et perpendiculaire au plan de la planche. Quant aux deux faces de cette dernière branche, elles sont exactement verticales. Par conséquent, toute ligne perpendiculaire au plan de l’une ou de l’autre de ces faces sera à

Fig. ü. — A, l'é(iueiTe cUreelrice. U, l’équerre fois llOrizOIltale et parallèle exi.loralrice. planche.

Le troisième et dernier instrument estl’c^î^en’e exploratrice ou équerre rentrante (lig* 2, B). Elle se compose d une branche \erticale, en bois dur, épaisse d’un centimètre, large de 4, longue de 12, et d’une lamem branche horizontale en fer, épaisse de 2 millimètres, large de 1 centimètre ou plus, longue de 18 centimètres. Cette branche est fixée solidement sur l'extrémité supérieure de la branche verticale, de telle sorte que le plat de la lame soit horizontal et non vertical. L’équerre exploratrice est destinée à être appliquée avec la main sur la branche horizontale de l’équerre directrice. On adapte son angle rentrant sur le bord supérieur de celte dernière branche, dont les deux faces, comme on sait, sont exactement verticales. Dans cette situation, la branche en bois de l’équerre exploratrice est toujours dans un plan vertical et perpendiculaire au plan de la planche giaduée. lai conséquent, le bord de la branche en fer est toujours horizontal et parallèle à ce plan, et lorsqu’il alfieure un point de la surface d’un corps quelconque, la distance de ce point à la planche graduée est indiquée par la position qu’occupe l’équerre exploratrice sur la branche horizontale graduée de l’équerre directrice.

En faisant d’une main monter ou descendre sur la planche l’équerre directrice, et en faisant de l’autre main avancer ou rc* culcr l’équerre exploratrice sur la branche horizontale de la première équerre, on peut déterminer géométriquement la situation de tous les points de la surface d’un corps placé à portée

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de ces instruments. On a donné à ceux-ci des dimensions suffisantes pour l’étude de la tête de l’homme. Il est clair qu’avec des équerres plus longues, on pourrait étudier par le même procédé la tête des grands animaux ou tout autre corps d’un grand volume.

On place le sujet, assis ou debout, dans une situation telle que la partie postérieure de sa tête soit appuyée sur la planche, et que ses yeux regardent directement en avant. Le plan du profil de la tête est donc vertical et perpendiculaire au plan de la planche, et l’axe biauriculaire est horizontal et parallèle au plan de la planche ; mais la direction du plan horizontal de la tête n’est pas encore déterminée. Elle le sera seulement lorsque le conduit auditif et le bord inférieur de la sous-cloison du nez (point sous- nasal) seront exactement placés sur le même niveau.

Pour donner cette atli^ tude à la tête, on introduit la branche de l’équerre directrice dans la rainure de la planche ; d’une main on élève la branche horizontale jusqu’à ce que son bord supérieur affleure le conduit auditif externe ; et, de l’autre main, on promène d’avant en arrière sur ce bord supérieur l’équerre exploratrice jusqu’à la rencontre du profil de la face (voy. fig. 3.) Lorsque la branche exploratrice aboutit au point sous-nasal, la tête est dans la direction cherchée, parce que ce point et les deux conduits auditifs sont situés dans un plan horizontal, que j’appellerai le plan horizontal auriculaire.

(•) 1)1)') la planôlie gradiiiie ; A C I), l'éqticrrc (lirectricc ; A M, l'équerre oxplorafricc ; A, le point sous-uasal ; H, le point sus nasal ; le point auriculaire ; A BC le Iriaiifîlc facial ; A 1), l’axe hnriz^ntal de la tète; (’. l), projection postOriemc ; AC, projection antérieure; A II projection faciale; C II,' projection du ci'àue ant'h'ieur; B II, hauteur de la face.

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Alors, sans déranger les équerres, on dicte à un aide les trois nombres suivants énoncés en millimètres : 1" la hauteur du plan horizontal auriculaire au-dessus du zéro de la planche, hauteur indiquée par la situation du sommet de l’équerre directrice sur l’échelle de la planche graduée. Nous désignerons ce nombre par h; 2® la distance CD, du conduit auditif à la planche, comptée sur l’échelle de la branche horizontale de l’équerre directrice : c’est la projection crânienne postérieure ; 3“ la distance A D du point sous-nasal à la planche, indiquée par la situation qu’occupe sur l’échelle horizontale le talon de l’équerre exploratrice; cette longueur est celle de V axe horizontal de la tête, La différence AD — CD donnera immédiatement la projection antérieure de la tete,, qui se compose, comme on sait, de deux parties, la projection laciale et la projection crânienne antérieure. On a déjà vu qu’il suffit de mesurer 1 une de ces deux dernières projections pour obtenir l’autre par différence. 11 faut donc maintenant mesurer la projection faciale.

Pour cela, tenant une équerre de chaque main, faisons glisser de bas en haut l’équerre directrice et, d’avant en arrière, l’équerre exploratrice, jusqu’à ce que le bord de celle-ci vienne affleurer le point sus-orbitaire, B, ou plus simplement jusqu’à ce que ce bord vienne reposer sur la convexité de la courbe des deux sourcils. Puis, arrêtons-nous et dictons encore deux nombres, savoir : r la hauteur, BH, du point sus-orbitaire audessus du zéro de la planche, lue sur l’échelle verticale et désignée par II ; 2“ la distance, BD', du point sus-orbitaire à la planche, lue sur l’échelle horizontale.

La différence h' — h donne la hauteur BH du point sus-orbitaire au-dessus du plan horizontal auriculaire ; nous utiliserons tout à l’heure cet élément. La différence AD — BD', donne la projection faciale AH. Enfin la différence AG — AH donne la projection crânienne antérieure. Nous avons donc maintenant les trois projections de la tête, et nous avons en outre la hauteur du point sus-orbitaire au-dessus du point horizontal auriculaire. Gela va nous permettre de construire le triangle facial de Cuvier et de mesurer V angle facial aussi exactement que possible.

Traçons sur le papier une ligne horizontale AO, égale à la

-i. — Construction du triangle facial.

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