‹ Mémoires d'anthropologieChapitre 14 sur 86 · NOUVEAU PROCÉDÉ DE CÉPIIALOMÉTRIE · texte numérisé non relu

NOUVEAU PROCÉDÉ DE CÉPIIALOMÉTRIE

projection antérieure de la tête ; A représente le point sous-nasal ; O représente le point auriculaire.

A partir du point A, prenons avec un compas une longueur AM, égale à la projection faciale ; la longueur MO est celle de la projection crânienne anté- ^ rieure.

En M élevons avec une équerre une ligne perpendiculaire MB, et prenons, à partir du point M, une longueur MB égale à la hauteur du point sus- orbitaire , c’est-à-dire à la différence h — h.

Le point B , que nous obtiendrons ainsi, représentera le point sus-orbitaire, et, en menant les deux lignes AB, OB,nous aurons le triangle facial de Cuvier.

AB nous donnera exactement la longueur et la direction de la ligne faciale^ et l’angle BAO, mesuré au rapporteur, sera V angle facial.

Jusqu’ici, pour mesurer cet angle sur le vivant, on a dû recourir à l’emploi du goniomètre , et spécialement du goniomètre de M. Jacquart, le seul qui soit à la fois bien conçu et bien exécuté; mais cet instrument est très-coûteux ; il ne se trouve qu’à Paris, chez un seul fabricant, qui n’en a môme pas toujours de disponibles. Si M. Almagro, membre de l’expédition espagnole commandée par l’amiral Pinçon, a pu en emporter un, c’est parce que M. Pruner-Bey a eu l’extrême complaisance de lui céder le sien. Il est donc impossible que tous les voyageurs soient munis de cet instrument (I), tandis qu’il n^est personne qui ne puisse en quelques heures, dans tout village où il y a un menuisier, faire fabriquer à vil prix deux équerres et une planche à rainure. 6n doit d’ailleurs se proposer de simplifier autant que possible l’arsenal des voyageurs, et un instrument assez volumineux, qui ne sert qu’à une seule chose, qui ne mesure qu’un seul élément, l’angle f^acial, qui ne donne ni les hauteurs ni les pro-

(t) Voyez plus loin, page 106, la descriplioii d’un nouveau goiiioroètre plus simple et moins coûteux, qui donne tous les éU'ments du Iriangle facial.

jections, trouvera difficilement place dans le bagage d’un explorateur isolé.

A un autre point de vue, il est préférable sans doute de mesurer directement sur place les éléments qu’on se propose de déterminer, au lieu de recueillir seulement les éléments d’une construction géométrique. Mais on voudra bien remarquer que, dans le cas qui nous occupe, les éléments de cette construction devraient être mesurés sur le crâne, alors même qu’on aurait mesuré l’angle, facial avec un instrument spécial. Ces éléments, en effet, sont les trois projection.s du profil de la tête, et je crois en avoir suffisamment démontré l’importance. C’est pour ces mesures que j’ai imaginé le procédé des deux équerres mobiles 5 et c’est plus tard seulement que j’ai reconnu que ces mesures pouvaient éviter aux observateurs la peine de mesurer directement l’angle facial. On objecte, il est vrai, que le travail n’est que différé, qu’il faudra ensuite construire un triangle sur le papier. Mais cette construction est tellement simple qu’elle ne demande certainement pas plus d’une minute, et tellement facile qu’elle est à la portée de tout le monde. L’application du goniomètre est bien plus longue et bien plus délicate. Puis, ce qui est essentiel, c’est d’abréger la durée des épreuves auxquelles on soumet des sujets ignorants, des sauvages superstitieux et impatients, qui, ne comprenant pas ce qu’on va leur faire, consentent difficilement à introduire leur tête au milieu d’une machine compliquée, tandis que les équerres, beaucoup plus simples et ne faisant qu’affleurer leur peau, ne leur inspireront aucune méfiance. Ajoutons que, les chiffres une fois inscrits sur la feuille d’observation, la tâche de l’observateur est terminée. Il peut, s’il veut, dans ses moments de loisir, pendant une balte ou pendant une traversée, avoir la curiosité de construire le triangle facial des sujets qu’il a étudiés. Mais cela n’est pas nécessaire. Tl suffit qu’il rapporte avec lui ses feuilles d’observation; la Société d’anthropologie se chargera d’en tirer parti.

On a vu que plusieurs des éléments de la mensuration précédente s’obtiennent par la soustraction de deux nombres. cette petite opération arithmétique soit bien simple, il n’est nullement nécessaire de la faire sur-le-champ. Il est bien préférable, pour gagner du temps et pour éviter toute erreur,

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