NOUVEAU PROCÉDÉ D’ANTHROPOMÉTRIE
d’inscrire simplement les chiffres qu’on lit sur les deux échelles, et qui sont au nombre de cinq seulement. Ce sont :
/i, la hauteur de l’oreille au-dessus du zéro de la planche ;
//, la hauteur du point sus-orbitaire au-dessus de ce zéro;
CD la distance de l’oreille à la planche ;
AD la distance du point sous-nasal à la planche ;
BD' la distance du point sus-orbitaire à la planche.
Pour obtenir ces cinq longueurs, il suffît de donner deux positions à l’équerre directrice, savoir : 1® au niveau de l’oreille et du point sous-nasal ; 2“ au niveau du point sus-orbitaire. Ces cinq mesures se prennent en moins d’une minute et suffisent pour obtenir les trois projections de la tête, le triangle facial de Cuvier, et enfin l’angle facial.
Maintenant il est clair que le même procédé peut servir à déterminer de la môme manière n’importe quel autre point du profil de la tête ; en particulier la racine du nez, la pointe du nez, la ligne des dents incisives, la pointe du menton, le vertex et la protubérance occipitale externe. Ceux qui ont adopté, pour la détermination de l’angle facial et de la ligne faciale, des points de repère autres que ceux de Camper, obtiendront donc avec mon procédé toutes les indications qu’ils pourront désirer.
En appliquant l’équerre exploratrice sur le vertex, on obtient la hauteur maximum du crâne au-dessus du zéro de la planche. En retranchant de cette mesure la hauteur du conduit auditif, on obtient le diamètre vertical sus- auriculaire de la tête, le seul diamètre vertical qui se puisse mesurer sur le vivant.
J’ai dit plus haut que ce même procédé peut servir à prendre les principales mesures du tronc et des membres. Le sujet étant debout contre un mur et le zéro de la planche étant placé exactement à un mètre du sol, on prend, au moyen des deux équerres, la hauteur de tous les points de repère placés au-dessus du zéro ; il suffit d’ajouter un mètre à chacune de ces mesures pour obtenir la hauteur des points correspondants au-dessus du sol ; faisant alors, descendre la planche sur le sol, on mesure de la même manière la hauteur des parties inférieures du corps. Les chiffres sont inscrits à la dictée sur la feuille d’observation, et dos soustractions, qu’ils est préférable de faire après coup, donnent la longueur des divers segments du tronc et des membres. Ce
iot MÉMOIRES d’anthropologie.
procédé est incomparablement plus expéditif et plus exact que celui du ruban métrique. Chaque mesure prise avec ce ruban exige la recherche de deux points de repère \ les points de repèie placés entre deux mesures, et ils le sont presque tous, doivent donc être cherchés et déterminés deux fois. Avec l’équerre exploratrice, on ne cherche chaque point qu’une seule fois. Le ruban métrique d’ailleurs donne rarement les distances en ligne droite ; il est presque toujours dévié par les chairs, dont la saillie est variable. Chez les sujets dont les chairs sont volumineuses, on cherche à obvier a cet inconvénient en exerçant une ti action sur les deux extrémités du ruban ; mais alors le doigt qui résiste à cette traction peut glisser sur le point de repère subjacent ; tous les chirurgiens savent combien il faut de soins, de patience et d’habitude pour déterminer ainsi la longueur d’un membre a cinq ou six millimètres près, et qu’un raccourcissement ou un allongement d’un demi-centimètre n’est jamais considéré comme décisif. Pourquoi a-t-on élevé des doutes sur la longueui lelative des deux segments du membre supérieur chez les nègres et chez les Européens? Parce que les observateurs ne disposaient pas de procédés suffisamment rigoureux. Le procédé de l’équerre a un autre avantage, c’est que les mesures sont prises lorsque les sujets sont dans une attitude constante, qui est l’attitude verticale ; toutes les observations prises ainsi par les personnes les plus diverses sont donc parfaitement comparables. On peut sans doute prendre les mesures dans la même attitude avec le ruban métiique ; mais peu d’observateurs savent qu il suffît de changei la direction des membres pour en modifier la longueur. Le bras horizontal est plus court que le bras oblique, le bras oblique plus court que le bras vertical, et il peut en résulter, pour ce segment du membre supérieur, des différences de plus d’un centimètre. Cette vérité semble paradoxale à tous ceux qui ne connaissent pas parfaitement le mécanisme de l’épaule. On n’empêchera donc jamais la plupart des observateurs de mesureiOe bras avec le ruban métrique, dans une direction plus ou moins oblique. Le procédé de l’équerre les mettra h l’abri de cette cause
d’erreur. ^
Enfin, tout le monde s’accorde à reconnaître qu il est absolument indispensable de mesurer la hauteur des principaux points