‹ Mémoires d'anthropologieChapitre 29 sur 86 · POIDS MOYEN · texte numérisé non relu

POIDS MOYEN

NOMBIIK

rOIDS MOYEN

de cas.

du cerveau.

de cas.

du Cerveau.

ans

ans

ans

ans

ans

Gü

ans

et

au

delà

SUll LE VOLUME DU CERVEAU. 16f)

Il y a dans ce tableau deux particularités à signaler. On voit en premier lieu que le poids moyen du cerveau est notablement plus considérable chez les individus de 30 à 40 ans que chez les individus de 20 à 30 ans. Gela est parfaitement en rapport avec ce que nous savons du développement continu de l’intelligence pendant cette période de la vie. La différence relative est beaucoup plus grande chez l’homme (3 pour 100) que chez la femme (1 pour 100), et on aurait pu s’y attendre; car il est bien certain que l’homme, plus directement engagé dans les luttes de la vie sociale, est sollicité continuellement à faire des efforts d’intelligence, alors que la femme, renfermée dans le cercle étroit de la vie domestique, exerce beaucoup moins ses facultés. De 40 à 50 ans, le poids du cerveau reste à peu près stationnaire; mais il diminue notablement dans la décade suivante. A 60 ans, il est revenu au poids qui correspond à la période de 20 à 30 ans. Au delà de la soixantaine, il continue à diminuer, de telle sorte qu’il a perdu, dans la vieillesse, chez l’homme 84 grammes, et chez la

femme 59 grammes du poids moyen qu’il avait atteint dans l’âge I mûr.

Mais il ressort de ce tableau un autre fait tout à fait conforme en apparence à l’opinion de Sims, savoir, que le poids moyen du cerveau est moindre de 20 à 30 ans qu’il ne l’est dans l’adolescence. C’est môme dans la période de 10 à 20 ans que le poids moyen est le plus considérable, car il dépasse de 55 grammes chez l’homme, de 24 grammes chez la femme, la moyenne I maxima de la période de 30 à 40 ans. Que conclurot^s-nous de là? "Supposerons-nous avec Sims que le poids du cerveau diminue réellement, chez le même individu, à partir de l’âge de 20 ans, .pour s’accroître ensuite au delà de 30 ans? Cette espèce d’oscillation d un organe encore en voie de développement, quoique singulière, ne serait pas inadmissible; mais il me semble possible d entrevoir une autre explication. Je trouve, en parcourant le relevé partiel des jeunes gens de 10 à 20 ans, que le chiffre élevé du maximum dépend en grande partie de deux cerveaux pesant l’un 1,732 grammes, l’autre 1,610 grammes. Cette exubérance delà masse encéphalique, chez des sujets de 13 et de 15 ans, ce défaut d’équilibre entre le système nerveux et le reste de 1 organisme, ne sont-ils pas de nature à compromettre l’exis-

tence? N’est-ce pas une observation vulgaire que les enfants qui ont de trop grosses têtes meurent le plus souvent avant l’âge adulte, comme l’a si bien exprimé l’auteur des Enfants d Édouard dans ce vers devenu classique :

Quand ils ont tant d’esprit, les enfants vivent peu.

Il serait donc possible que le maximum correspondant à la seconde décade de la vie ne fût qu’apparent ; que la moyenne si élevée du poids du cerveau à cette période fût le résultat de la juxtaposition des cerveaux ordinaires, et de ces cerveaux exubérants qui disparaîtraient pour la plupart dans la décade suivante. On comprendrait ainsi que la moyenne pût s’abaisser après 20 ans, sans que l’encéphale de chaque individu en particulier eût réellement perdu de son poids.

Quoi qu’il en soit, le poids du cerveau baisse, chez la plupart des vieillards, en môme temps que l’intelligence ; et si l’on songe que c'est à cette période de la vie que les sinus frontaux atteignent leur maximum de développement ; si l’on se souvient que ce développement croissant des sinus, loin d’augmenter le volume de la tête, coïncide au contraire avec une diminution de la circonférence du crâne, on sera autorisé à penser que le cerveau du vieillard diminue surtout dans sa partie frontale, c’est-à-dire dans ses lobes antérieurs, qui sont en rapport avec les facultés les plus élevées de l’intelligence. Cette règle, bien entendu, souffre beaucoup d’exceptions; personne n’ignore que certains vieillards, surtout dans la classe des savants et des lettrés, conservent, jusque dans l’âge le plus avancé, jusqu’au milieu d’une décrépitude physique presque complète, toute la vigueur et toute l’ampleur de la pensée. Leur cerveau, comme nous l’a dit M. Gratiolet, reste dans un état de jeunesse perpétuelle. Chez ceux-là, sans doute, le poids de cet organe se maintient, jusqu’à la lin, audessus môme de la moyenne de l âge adulte. Mais ces êtres piivilégiés n’excitent notre étonnement que parce qu’ils contrastent avec les autres.

On peut dire, par conséquent, que dans la vieillesse, d une manière générale, le poids du cerveau diminue en môme temps que l’intelligence. Ce résultat s’accorde parfaitement avec ceux que nous avons déjà fait connaître.

Nous venons de voir que le volume et le poids de l’encéphale, considérés suivant les sexes et suivant les âges, varient dans le même sens que la puissance intellectuelle. L’analogie permet de pressentir que des rapports analogues doivent exister entre l’organe et la fonction chez des individus de môme sexe semblables par l’âge et divers par l’intelligence ; mais ici nous nous trouvons en présence d’une objection qui serait radicale, si elle était fondée. On a dit, et M. Gratiolet nous a répété, que, chez des hommes à peu près égaux en intelligence, le poids du cerveau pouvait varier de 1200 à 1900 grammes, que des hommes de génie pouvaient avoir des cerveaux inférieurs à la moyenne, que des hommes très-médiocres pouvaient avoir de très-grands cerveaux ; qu’en un mot, la capacité intellectuelle était tout à fait indépendante de la masse de l’encéphale. Si l’on disait qu’il n’y a pas de rapport constant, qu’il n’y a pas de proportion rigoureuse entre ces deux choses, tout le monde serait de cet avis ; mais il sera aisé de montrer que le rapport en question, pour n’être pas absolu (et on a vu qu’il ne peut pas l’être), n’en est pas moins réel.

Faisons remarquer d’abord combien il est difficile, dans la plupart des cas, d’apprécier le degré d’intelligence relative de deux individus. Dans cette comparaison, on trouve le plus souvent des inégalités en sens inverse, ef, comme ces inégalités elles-mêmes ne peuvent se mesurer, le jugement reste douteux. Puis la position sociale, l’éducation, l’élocution plus ou moins facile, la physionomie, le geste, donnent souvent une supériorité artificielle ou apparente à celui des deux qui, en réalité, a le moins d’intelligence. Que de fois n’a-t-on pas vu des circonstances fortuites révéler tout ù coup d’éminentes facultés chez des hommes qui jusqu’alors avaient passé pour ordinaires! Il faut donc bien se garder de croire qu’un homme soit inférieur à un autre d’une manière absolue, par cela seul qu’il s’est rendu moins célèbre ou moins utile, car il ne lui a peut-être manqué que l’occasion pour s’élever plus haut que celui à qui on le compare. Or, il est bien clair que, lorsqu’on veut résoudre le problème qui nous occupe, le parallèle, ou, si l’on veut me permettre cette expression, la pondération des intelligences, doit précéder la pondération des cerveaux, et cette donnée

MÉMOIRES d’anthropologie.

préalable, je le répète, fait défaut dans un très-grand nombre de cas.

Mais tous les doutes disparaissent lorsque l’inégalité intellectuelle est très-grande. Il y a des hommes tellement supérieurs, ou tellement inférieurs, que la donnée initiale ne peut être l’objet d’aucune contestation. Voyons donc ce que nous révélera la balance dans les deux cas extrêmes de la stupidité ou du génie.

Et d’abord, il est certain qu’au-dessous d’une certaine limite de poids, il n’y a plus de cerveau humain intelligent. M. Gratiolet, se basant sur les tableaux de Wagner, fixe cette limite à 900 grammes, mais il n’a pas distingué sous ce rapport le sexe masculin du sexe féminin. Si nous retournons le tableau, en commençant par la fin ; si, en outre, nous laissons de côté les enfants âgés de moins de sept ans, les idiots et les individus atteints de maladies cérébrales bien caractérisées ; si enfin nous séparons les hommes des femmes, nous trouvons le résultat suivant :

Femmes. Hommes.

948 du tableau général.

73 ans.

907 gr.

59 ans.

1049 gr.

GO

Le minimum est donc 907 grammes pour les femmes, et 1049 pour les hommes. J’ajoute que l’homme n° 901, âgé de cinquante-neuf ans, avait quelque part, dans l’encéphale, un ramollissement guéri (geheiite Erweichung), et comme la guérison du ramollissement s’accompagne d’une résorption de substance, le cerveau pesait certainement moins qu’il n’avait pesé avant d’être malade; on notera, en outre, que la femme n° 948 avait soixantetreize ans ; que les hommes n® 900, n° 850, n® 848 et n® 847, avaient atteint ou dépassé la soixantaine, et qu’à cette période de la vie le cerveau peut avoir perdu une notable partie de son poids. En réalité, par conséquent, la limite inférieure des cerveaux d’adultes sains et non idiots a été jusqu’ici 975 grammes pour les femmes (n® 939), et 1133 grammes pour les hommes (n® 817), et cela diminue sensiblement l’étendue des oscillations de volume

compatibles, sinon avec la plénitude, du moins avec l’intcgrité des fonctions intellectuelles. Mais, sans pousser jusque-là la dissection des faits, acceptons le minimum de 907 grammes pour le sexe féminin, et de 1049 grammes pour le sexe masculin. Il ne sera pas sans intérêt de comparer ces minima avec les chiffres qui expriment, pour chaque sexe, le maximum moyen des cerveaux d’adultes. Le maximum moyen étant 1262 grammes pour les femmes, et 1410 grammes pour les hommes, la différence entre ce maximum et le minimum est donc de 3.65 grammes chez les femmes, et de 361 grammes chez les hommes. La similitude de ces chiffres est digne d’attention.

Nous venons de voir que l’intelligence disparaît lorsque le poids du cerveau descend au-dessous d’une certaine limite qui, dans les deux sexes, est située à peu près à une égale distance de la moyenne. Passons maintenant à l’autre extrémité de l’échelle des intelligences ; nous allons y trouver des cerveaux aussi supérieurs à la moyenne des cerveaux ordinaires que ceux-ci le sont aux cerveaux d’idiots.

Quoiqu’on ait assez souvent examiné le cerveau des horpmcs remarquables, on l’a rarement pesé, et c’est à peine s’il y avait dans la science, avant les recherches récentes de M. Wagner, quatre observations de ce genre. On lit bien, dans la relation de certaines autopsies, que les assistants ont été frappés du volume considérable de l’encéphale ; mais ce sont des impressions qui ne peuvent nous suffire. Nous trouvons, par exemple, le passage suivant dans V autopsie de Pascal ^ tirée d’un manuscrit du temps: « Les médecins observèrent qu’il y avait une prodigieuse abondance de cervelle. » C’est même à ce volume énorme de l’encéphale qu’on attribua la longue persistance de la fontanelle antérieure, qui, comme on sait, ne s’était fermée que très-tard chez cet homme extraordinaire (1). Tout cela nous permet d’admettre que le cerveau de Pascal était très-volumineux, qu’il était sans doute bien au-dessus de la moyenne ; mais c’est une probabilité et non une certitude scientifique.

Les médecins qui firent l’autopsie de Cromwell furent, dit-on, mieux avisés, et Baldinger rapporte que le cerveau du Protecteur

(I) Voir la vie (le Pascal, eu tète de ses Pensées, édit. Vflrwruw, Charpentier, 185 4, in-12, p. 7 4, eu note.

17 i ME MOI B ES D’ANTHROPOLOGIE.

110 pesait pas moins de G livres 1 /4. On a objecté qu’aucun cerveau moderne n’avait atteint le poids de 4 livres 1/2, que 1 assertion de Baldinger était par conséquent tout à fait incroyable ; et Sœmmering, ayant vu à Oxford le crâne de Cromwell, a déclaré que cette boîte osseuse n’avait jamais pu contenir 6 livres de cervelle; mais les anciennes livres anglaises n’étaient que de 12 onces, et les G livres 1/4 réduites en mesures françaises ne font que 2231 grammes. Ce poids, quoique très-considérable, est inférieur de quelques grammes à celui du cerveau de lord Byron ; il serait donc tout à fait arbitraire de le rejeter comme fabuleux.

Le cerveau de Byron, suivant les relations des journaux scientifiques contemporains, pesait 2238 grammes. M. Wagner a élevé des doutes sur ce fait, eL se basant sur des considérations dont je n’ai pu apprécier la valeur, il a réduit à 1807 grammes le poids du cerveau du grand poète. Je n’ai pu me procurer jusqu’ici les Nachrichten de la Société royale des sciences de Gœttingue (1800, n" 7), où se trouvent exposés les motifs de cette réduclion énorme et tardive. Je ne vois guère comment, à une si grande distance dans le temps et dans l’espace, le professeur de Gœltingue a pu procéder pour substituer un nouveau chiffre au cliilfre ancien. Dans le n" 12 du môme recueil, l’auteur a cherché également à corriger le poids du cerveau de Cuvier, qu’il a é\alué, après discussion, à 1861 grammes. Or, cette fois, je suis bien sur qu’il s’est trompé, car le procès-verbal de l’autopsie de notre illustre naturaliste, rédigé par le professeur Pierre Bérard, fixe le poids du cerveau à 3 livres 10 onces 4 gros et 36 grains, ce qui lait exactement 1829^^96 (1). Mais acceptons, si l’on veut, la première correction proposée par M. Wagner ; réduisons, jusqu’à i)lus ample informé, le cerveau de Byron à 1807 grammes : (e cerveau reste encore tellement supérieur à la moyenne, qu’il porte le n“ 4 sur le tableau des 904 cerveaux de M. Wagner, et qu’il porte le n" 2, si l’on en relire les cerveaux pathologiques.

Quant au cerveau de Cuvier, il est le troisième sur la liste générale, et le premier sur la liste des cerveaux sains. On remarquera que M. Wagner n’a pas cru devoir faire figurer sur son tableau le cerveau de Cromwell ; mais cette suppression n’est

(l) (iazetle médicale, 19 mai 183î, p- 262.

nullement justifiée; nous sommes donc autorisé à dire que les cerveaux les plus lourds qu’on ait pesés jusqu’ici sont ceux de Cromwell, de Byron et de Cuvier, et il importe assez peu, au

point de vue où nous nous plaçons, que Byron passe avant ou après Cuvier.

Le professeur Bérard eut la curiosité de comparer au cerveau de Cuvier celui d’un homme de 40 ans, mort à l’hôpital Saint- Antoine. L’encéphale du grand homme dépassait de 429*", G3 celui de l’homme vulgaire ; mais on constata que cette supériorité dépendait presque entièrement des lobes cérébraux, carie cervelet, la protubérance, le bulbe et les pédoncules, pesés ensemble, ne présentaient qu’une différence de 5*",80 en laveur de Cuvier; le reste de la différence, soit 423*", 77, portait sur le cerveau proprement dit. Or, le cerveau, en moyenne, est au reste de l’encéphale, comme 7 est à 1, et si l’inégalité eût été répartie proportionnellement sur toutes les parties de la masse encéphalique, la seconde différence aurait été seulement sept fois plus grande que la première ; au lieu de cela, elle était soixante-douze fois plus considérable. D où il résulte que la prépondérance du cerveau de Cuvier était due presque exclusivement à l'énorme développement des lobes cérébraux, qui sont le siège des facidtés intellectuelles.

Aotre collègue, M. Gratiolet, connaît l’histoire de ces cer\eaux célèbres ; il pense néanmoins qu’il n’y a aucun rapport entre le poids de l’encéphale et le développement de l’intelligence, parce que, nous dit-il, il y a des hommes de génie à cerveau médiocre. A 1 appui de celte assertion, il nous a cité d’abord l’exemple du crâne de Descartes, puis il invoqué les recherches de M. Wagner sur les cerveaux de quelques hommes éminents, et il a conclu en disant que le poids du cerveau variait de 1200 à 1900 grammes chez des hommes à peu près égaux en intelligence.

Le crâne de Descartes est une relique respectable sans doute, mais qui le serait bien plus encore, si elle était quelque peu authentique. On remarquera d’ailleurs que ce crâne n’a pas été mesuré, or, la capacité réelle d une boîte aussi irrégqlière ne peut être appréciée à la simple vue. N^oublions pas, enfin, que l’étude môme très-complète d’un crâne ne donne qu’une’ idée approximative du volume et surtout du poids de l’encéphale.

Le cerveau de Descartes n’ayant pas été examiné, on ne saura jamais ce qu’il valait à la balance. Cet exemple est donc sans valeur.

Les pesées de M. Wagner semblent au premier abord plus concluantes. Eu voici le résidtat sommaire. M. Wagner a pesé les cerveaux de cinq de ses collègues de l’université de Gœttingue, savoir: Gauss, Diriclilet, Fuclis, Hermann et Hausmann ; à ces cinq faits, qui lui sont propres, il a joint, avec ou sans correction, l’exemple des cerveaux de Cuvier, de lord Byron et de Dupuytren, et il a obtenu ainsi le tableau de huit cerveaux plus ou moins célèbres.

Cela posé, il a distribué ces huit cerveaux, par ordre de poids, dans son tableau général de 904 cerveaux, et il a vu qu’ils s’y trouvaient classés de la manière suivante :

Grammes.

Cuvier, no 3 18G1

Byron, n° i 1807

Diriclilet, n® 9G 1520

Fuchs, no 117 1499

Grammes.

Gauss, 11“ 125 1492

Dupuytren, 11° 179 1 43G

Hermann, no 32G 1328

Hausmann, 11“ G4 1 1226

La différence entre Cuvier et Hausmann est de 035 grammes ; mais est-il exact de dire que ces huit hommes aient été à peu près égaux en intelligence? Sans chercher à peser ici leurs mérites divers, et sans vouloir blesser personne, il est bien permis de constater que Byron et Cuvier furent de plus grands hommes que Hermann et Hausmann. M. Wagner a donc mis eu présence des éléments qui ne sont pas comparables. Il n’en pouvait être autrement, car les hommes de génie sont rares partout, et il est peu probable qu’il en soit mort cinq, en cinq ans^ à ruiiiversité de Gœttingue. Le grand mathématicien Gauss étant mort, il y a cinq ans, M. Wagner demanda et obtint la permission d’étudier le cerveau de cet homme vraiment supérieur. Voilà une observation valable, dans laquelle le sujet a été choisi à cause de son mérite bien reconnu. En peut-on dire autant des quatre autres? Non sans doute. M. Wagner, désirant poursuivre ses recherches sur le cerveau des hommes éminents, ne trouva rien de mieux que d’ouvrir ses collègues, à mesure qu’ils mouraient. Mais une robe de professeur n’est pas nécessairement un certificat de génie ; il peut y avoir, même à Gœttingue, des chaires occupées par

des hommes peu remarquables. Le tableau qui précède est donc composé d’éléments disparates, et vous allez voir pourtant qu’il est loin d’avoir la signification que M. Gratiolet lui a attribuée.

Permettez-moi d’abord de rendre aux huit cerveaux en question leur place véritable, celle qu’ils occupent sur le tableau des cerveaux sains et des cerveaux d'hommes^ car les cerveaux de femmes n’ont rien à faire ici. J’y joindrai un détail de lapins haute importance: l’indication de l’âge; enfin je réduirai à 1829®%96 le poids du cerveau de Cuvier, désirant ne pas profiter d’une erreur de M. Wagner, alors même que cette erreur est favorable à ma cause.

Page 1