‹ Mémoires d'anthropologieChapitre 30 sur 86 · Hermann, professeur de pliilologie, 61 ans · texte numérisé non relu

Hermann, professeur de pliilologie, 61 ans

158, Hausmann,professeurde minéralogie, 77 ans. 1226 —

Le nombre total des cerveaux d’hommes sains étant de 191, le seul Hausmann se trouve classé dans la seconde moitié; mais il était parvenu à un âge où, comme on l’a déjà vu, le cerveau perd ordinairement une notable partie de son poids.

Maintenant, au lieu de comparer ces huit cerveaux entre eux, ce qui pourrait nous induire en erreur, comparons chacun d’eux lau cerveau moyen des individus du même àrje.

Le cerveau des hommes de 30 à 40 ans pèse en moyenne 1410 grammes; celui de Byron, mort à 36 ans, pesait (au minimum) 1807 grammes: difi'érence 397 grammes, ou 28 pour 100 en faveur du grand poëte.

De .30 à 60 ans, le poids moyen du cerveau est de 13415^19. Les cerveaux de Diriclilet, de Fuchs et de Dupuytren remportent sur cette moyenne de 179 grammes, de 137 grammes et de 94 grammes, c’est-à-dire de 13,3, de 11,7 et de 7 pour 100. Celui d’Hermann ne l’emporte que de 16 grammes ou de 1,19 pour 100. Ce n’est pas beaucoup, pour un professeur de linguistique, mais c’est toujours quelque chose.

Au delà de 60 ans, le poids moyen du cerveau descend à

13268' 21. Ici, nous trouvons le cerveau de Cuvier avec une supériorité de 5038', 75 ou 38 pour 100 ; et celui de Gauss avec une supériorité de 165" ,79 ou 12 1/2 pour 100. La preponderan e du cerveau de Gauss est d’autant plus remarquable que cet homme éminent est mort à un âge fort avancé (78 ans).

Le cerveau d’Hausmann est donc le seul qui soit au-dessous de la moyenne; la diflérence est de 100 grammes, ou 8,1 pour 100, ce qui est assurément beaucoup, môme en tenant compte u t^rand âge du professeur de minéralogie (77 ans). Toutefois, le degré de décadence que la vieillesse peut faire subir au cerveau

est très-varial)le et ne peut se calculer.

Il n’Y a sur le tableau général des cerveaux sains que

4 hoTTunes ;\gés de plus de 80 ans. Le plus âgé a 84 ans. L un de ces cerveaux pèse 1417 grammes (83 ans); les trois autie^ pèsent moins de 1200 grammes, et l’un d’eux (82 ans) descen iusuu’à 1140 grammes. On comprend donc que Gauss et llausmann, quoique morts à peu près au même âge, aient pu su ii a des degrés très-inégaux l’inlluence que la vieillesse exerce sur le

poids du cerveau.

J’ai eu la curiosité d’extraire du grand tableau de M. agner la série des 10 cerveaux d’/mmmes qu’il a pesés lui-méme. Les deux plus lourds, 1588 grammes et 1567 grammes, proviennent de deux individus morts d’affections cérébrales (n ao et n i.l du tableau général). En numérotant les 17 autres par ordre de poids, je trouve le résultat suivant :

iv, II le 0“) -UK! er N° C. Homme île P) ans gr.

N- 1. lommeae22.t"s. uoinmo de 00 mis 1W.V

Itfl «. Mennaim UiS

"■ IJ,,., llausmaiili 1320

ùmçoiVd'e'lVaos:: ml 17. Homme de 00 ans 1100

Le numéro 1 est mort à un âge où l’homme, surtout l’iiomnic du peuple, a rarement l’occasion de manifester sa supérionlc intellectuelle. Qm peut savoir s’il n’y avait pas dans ce cerveau de 1525 grammes l’étoffe d’une grande iiiteUlgeiice? Mats n estil pas remarquable de voir immédiatement apres ce leimc homme, à quelques grammes de distance, trois hommes éminents, séparés du reste de la série par une différence considérable. Quant aux doux autres professeurs, ils occupent un rang moins

flatteur (l’im d’eux est même l’avant-dernier de la liste), et iM. ^^’agner, en bon collègue, a dû s’abstenir de les comparer aux trois autres. Il a reconnu toutefois, page 17, qu’ils avaient les circonvolutions cérébrales moins développées que ces derniers. Au surplus, le sujet est délicat, et je ne crois pas devoir y insister plus longtemps.

Si maintenant nous laissons de côté les hommes simplemeni distingués pour ne considérer que les hommes d’une intelligence tout à fait hors ligne, nous trouvons dans la science plusieurs observations éclatantes en faveur de notre thèse, et pas une seule observation contradictoire. Dans tous les cas qui ont été étudiés jusqu ici, on a constaté que le poids du cerveau chez les hommes de génie était notablement supérieur à la moyenne. De môme qu’au-dessous d’un certain poids il n’y a plus que des cerveaux d’idiots, de meme au delà des limites de l’intelligence ordinaire il n’y a plus que de grands cerveaux. Certes, je suis bien loin d’en conclure qu’il y ait un rapport rigoureux entre le développement de l’intelligence et le poids de l’encépliale. Les conditions qui font varier ce poids en plusou en moins sont complexes comme l’encéphale lui-même, et on ne peut s’attendre à trouver une solution simple pour un problème où des éléments aussi divers sont étroitement combinés. Mais ce qu’on peut dire, c’est que le développement de l’intelligence est une des conditions

qui exercent le plus d’influence sur le poids de l’encéphale, et réciproquement.

Cette conclusion, que l’école phrénologique a émise sans doute sous une forme trop absolue, a été attaquée par les adversaires de cette école, notamment par MM. Lélut et Parchappe, et toutelois il est digne de remarque que leurs recherches ne les ont pas conduits à une négation radicale. Ainsi M. Lélut termine son Mémoire sur le poids du cerveau (1), par les deux propositions suivantes : « I» L’encéphale est, <?« général, plus pesant chez les ((hommes intelligents que chez les autres; 2° cette proportion (( i)lus grande de poids et de volume est, en général, plus niar- (( quée dans les lobes cérébraux que dans le reste du cerveau. » M. Lélut admet qu’il y a des exceptions à ces deux règles; nous sommes {ileinement de son avis.

il) Journal dus Cunnaisxdnres uirdico-chirurtjiralcs, 1837, t. V p. ®|)

Quant à M. Parchappe, dont les travaux sont d’ailleurs fort importants, après avoir laborieusement rassemblé un grand nombre d’observations extrêmement précieuses, il a commis dans son résumé une petite erreur de chiffres, qui a eu pour résultat de le conduire à une grande erreur de fait. Cet auteur, récapitulant les causes qui font varier le poids de 1 encéphale, dapiès les chiffres consignés dans les chapitres précédents, évalue en centièmes l’influence de ces diverses causes, et donne le tableau

suivant (1).

Diiïérences dépendant du sexe ~ pou^lOO

Dès lors, M. Parchappe se croit en droit de conclure que (( l’élévation des facultés intellectuelles^ au-dessus de la mesure « commune est, de toutes les causes influentes, la moins éner-

« gique » (p. 102).

Or, voyons comment M. Parchappe a procédé pour apprécier rinfluence de la supériorité intellectuelle : « L encéphale mojen « chez l’homme, dit-il, comparé h la moyenne de l’encéphale c< chez Cuvier et Dupuytren, a donné le rapport de 100 à 102 ; « différence, 2 pour 100. » Ces chiffres m’ont surpris, et j ai soupçonné tout d’abord qu’ils étaient dus à une erreur de calcul.

J’ai donc procédé à la vérification.

M. Parchappe, à la page 69 et h la page 73, adopte le chiffre de 1323 grammes pour la moyenne du poids du cerxeau de l’homme sain d’esprit, et on voit, par son neuvième tableau, que ce chiffre résulte de la pesée des cerveaux de 29 individus âges en moyenne de 55 ans. Toutefois on lit, page 99, que les cerveaux de 13 hommes, âgés en moyenne de 48 ans, ont donné le poids moyen de 1352 grammes. Cette différence s’explique san.-< cloute par la différence des âges ; or. Cuvier et Dupuytren étaient âgés l’iin et l’autre de plus de 55 ans ; la moyenne de 1 323 grammes qui est celle des hommes de 53 ans, serait donc un meilleur terme de comparaison que celle de 1352 gramme>, qui

de l’àge avancé

de la taille

de l’aliénation mentale. .

de l’idiotie

de la grande intelligence

+ 4 à .V — — IS —

correspond à l’âge moyen de 48 ans. Si M. l-^archappe avait suivi cette voie, il aurait trouvé que les cerveaux de Cuvier et de Dupiiytren, pris ensemble, pesaient 23,39 pour 100 de plus que la moyenne. Je suppose donc qu’il a lait son calcul d’après la moyenne de 1352 grammes, qui est la plus élevée. Or, la moyenne des cerveaux de Cuvier et de Dupuytren, d’après les chiffres de la page 93, qui sont exacts, est de 1632®‘.50, et le plus simple calcul montre que cette seconde moyenne est à la première comme 120,65 est à 100. La différence est donc de plus de 20 pour 100, et non pas de 2 pour 100, c’est-à-dire qu’elle est même plus considérable que la différence inverse entre la moyenne ordinaire et celle des idiots. Il suffira de signaler cette rectification à l’attention de M. Parchappe ; s’il l’eût faite avant de rédiger ses conclusions, il eût certainement dit que « l’élévation des fa- « cultés intellectuelles au-dessus de la mesure commune est, de « toutes les causes influentes^ la plus énergique. »

J’ai dû corriger une erreur de chiffres qui a eu pour résultat d’altérer complètement la physionomie des faits et de conduire M. Parchappe à une conclusion tout à fait inexacte. Mais je me hâte d’ajouter que je suis très-loin d’accorder à ces réductions en centièmes une signification rigoureuse. Ce procédé numérique n’a d’autre utilité que de rendre les comparaisons plus faciles; et les différences qu’il révèle n’ont pas, ne peuvent pas avoir la prétention d’exprimer proportionnellement l’inégalité des esprits. Ainsi, il serait absurde de croire qu’il y ait autant de différence intellectuelle entre un homme de génie et un homme ordinaire qu’entre celui-ci et un idiot.

Nous venons d’examiner successivement les deux extrémités de l’échelle des intelligences. Pour compléter cette étude, il faudrait pouvoir considérer les échelons intermédiaires; mais j’ai déjà dit combien il est difficile d’apprécier la valeur relative de deux esprits peu distants l’un de l’autre. On peut admettre toutefois qu’il y a en moyenne plus d’intelligence chez les hommes qui exercent des professions intellectuelles que chez les hommes voués à des travaux manuels. Il serait donc intéressant de prendre une série d’individus de chaque catégorie, et de comparer les moyennes du poids de l’encéphale dans les deux séries. Mais l’un des termes de cette comparaison nous fait défaut

parce que les individus dont on peut faire l’autopsie appartiennent presque tous h la classe ouvrière.

Pour tourner la difficulté, M. Parchappe a eu recours à un procédé indirect, qui consiste à évaluer approximativement le volume relatif du cerveau, au moyen de mensurations extérieures pratiquées sur le vivant. Il adonc mesuré les têtes de «dix hommes «adonnés à l’étude des lettres ou des sciences, professeurs ou « magistrats, placés par le talent de parler ou d’écrire au-dessus « de la médiocrité, » et il a comparé ces mesures à celles qu’il a prises sur les têtes de dix manouvriers (1). Les hommes de la première série avaient en moyenne 36 ans et l“,7i9 de taille; ceux de la deuxième série avaient en moyenne 39 ans et 1“,701 de taille ; les deux séries sont donc comparables. Voici maintenant le résultat :

UGY^^^R

des

des Irt liommcs

DirPÉntJCE

10 manouvriers.

distin;;ués.

Diamètre antéro-postérieur. . . .

Diamètre transversal

li'i ,3

Courbe occipito-frontale

Courbe transversale

3GÜ ,f»

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