POINTS SINGULIERS DE LA VOUTE DU CRANE
ment maximum, ne fontque refoulerd’avanten arrièrele bordantérieur des hémisphères, que ceux-ci restent appliqués en bas surla voûte orbitaire, qu’ils descendent par conséquent toiijoursau-dessous du point choisi par M.Jacquart. Ce point appartient donc à la région ducrâne ; il peut quelquefoismériterlapréférence pourl’ap- ])lication dugoniomètre,maisil ne peut nousconvenir pour la mensuration des angles auriculaires, puisque nous cherchons la ligne (le démarcation de la région crânienne et de la région faciale.
Or, j’ai d(qâ dit que celte ligne correspond au niveau de la paroi supérieure de l’orbite; elle est donc située au-dessus du bord inférieur de l’arcade sourcilière, à une distance dudit bord égale à la hauteur même de l’arcade. Il ne serait pas difficile de mesurer celte hauteur en étudiant la cavité de l’orbite avec un petit instrument en forme de L , formé de deux pièces mobiles et perpendiculaires l’une à l’autre. Maisrexarncn d’un très-grand nombre de crânes du type caucasique m’a fourni un moyen beaucoup plus simple, qui est bon au moins pou ries crânes de ce type. Le niveau de la paroi supérieure de l’orbite correspond exactement au minimum d’écartement des deux crêtes frontales, qui font suite aux lignes courbes temporales, et qui, comme on sait, limitent latéralement la région du front. Ces deux crêtes frontales, trôsécartées supérieurement, vont en se rapprochant à mesure qu’elles descendent vers l’orbite, puis, parvenues à la partie inférieure du front, elles s’écartent de nouveau, en prenant le nom d’apophyses orbitaires externes. Ces apophyses font partie de la paroi orbitaire et appartiennent par conséquent au squelette de la face. Leur base corespond exactement à la base de l’arcade sourcilière, c’est-à-dire à la paroi supérieure de l’orbite. Il suffit donc de marquer au crayon, sur chaque crête frontale, le point où elle se porte en dehors pour se continuer avec l’apophyse orbitaire externe; en réunissant ces deux points avec un trait de crayon, on obtient une ligne horizontale qui mesure la largeur minimum du front, et qui indique exactement la séparation du crâne et de la face. C’est le milieu de cette ligne horizontale, tracée àl’avance sur tous les crânes qu’on se propose de mesurer, qui constitue ce que j’appelle le point sus-orbitaire ou sus-nasal.
Au surplus, en traçant celle ligne, il est toujours bon de s’assurer à la simple vue qu’elle ne s’écarte pas sensiblement du ni-
MÉMOIRES d’anthropologie.
veau de la voûte orbitaire ; cette précaution serait presque superflue si l’on n’étudiait que des crânes caucasiques ; mais dans certaines races, par exemple chez les mélanésiens, le front est tellement étroit par rapport à la face, et l’apophyse orbitaire fait une telle saillie en dehors de la région crânienne, que les crêtes frontales, naturellement très-saillantes, commencent à diverger avant d’arriver à l’orbite. Le procédé que je viens d’indiquer n’est pas applicable alors, car il reporterait le point sus- orbitaire audessus de la limite réelle de la région du cerveau. Mais la détermination de ce point, pour être moins simple, n’en est pas moins possible et même facile ; on trace alors la ligne sus-orbitaire en mesurant de chaque côté, avec l’instrument en L dont j’ai déjà parlé, la hauteur de la voûte orbitaire audessus du bord inférieur de l’arcade sourcilière.