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N'otx Le Wurtembers' et la
Uavière
prennent rang immédiatement après la Belgicpie
le ranoort (lu n<tmbrc des enfants de 0 à 14
ans (\\ urtemberg
209 sur
1 OOO hahitaiits ;
Bavière, l-'A sur 1000 babitanis). Mais, pour ces deux pays, le rapport des deux autres catégories d’âge n’a i>as été déterminé.
Je viens. Messieurs, de vous parler de la nation française et
MÉMOIRES d’anthropologie.
de vous montrer que, loin d’être, comme on l’a annoncé, en dépérissement ou en décadence, elle est au contraire, sous tous les rapports essentiels, en voie de progrès manifeste. Mais il ne suffit peut-être pas de comparer l’état présent de la France avec son état passé. Il serait possible que, tout en ayant beaucoup gagné, elle fût restée en arrière des autres pays. Dans les conditions critiques de la politique européenne, cette question offre un grand intérêt d’actualité. Je m’estime donc heureux de pouvoir mettre sous vos yeux le tableau ci-contre (n° 14), dont les éléments ont été publiés, il y a dix-huit mois, par M. Bertillon, dans un mémoire communiqué au Congrès médical de Bordeaux. Vous y verrez que la France est, de tous les pays, celui qui a le plus de force réelle, eu égard au chiffre de la population.
N’est-il pas satisfaisant de constater que la France occupe le premier rang dans les trois colonnes? C’est elle quia le plus grand nombre d’individus productifs, le plus grand nombre de bras disponibles, soit pour le travail, soit pour la défense du sol. Les enfants, qui sont la joie des familles et l’espoir du pays, ne sont, à vrai dire, au point de vue de Féconomie sociale, qu’une charge pour la société, puisque, actuellement, ils consomment sans produire : ils contractent aujourd’hui un emprunt qu’ils rembourseront sans doute plus tard, si leur vie est assez longue ; mais ce n’est qu’une aléa, et, s’ils meurent avant d’avoir [n-oduit l’équivalent de ce qu’ils ont consommé, la société perd le capital qu’elle a placé sur leur tête. Pourvu donc que le noiubre des enfants ne descende pas au-dessous d’une certaine limite, j)ourvu qu’il suffise à l’entretien et à l’accroissement de la population, comme cela a lieu en France, les forces sociales sont en raison inverse de ce nombre. Sous ce rapport, la France tient le premier rang. Notre sœur la Belgique nous suit de près. L’Espagne, l’Irlande, la Grande-Bretagne et la Prusse occupent les derniers numéros de la liste.
Si l’on considère maintenant la population • productive, qui constitue la force active des États, on trouve que les numéros d’ordre sont quelque peu intervertis, mais la France est toujours la première, et c’est encore la Belgique qui occupe le second
Enfin, grâce aux bienfaits de notre organisation sociale, grâce à 1 augmentation du nombre des familles qui peuvent nourrir les bouches inutiles et soigner convenablement les êtres affaiblis par 1 âge, grâce aux progrès de l’assistance et des sentiments d’humanité, la France est de tous les pays celui qui sait conserver le plus grand nombre de vieillards. Ce n’est pas une force sans doute, mais, ainsi que l’a dit M. Bertillon, c’est une gloire. Soyons fiers de le constater I
En résumé, Messieurs, sous quelque point de vue que l’on envisage notre population, soit qu’on la considère en elle-même, dans son évolution passée et dans sa marche vers l’avenir, ou (ju on la considère dans le présent pour la comparer à celles qui
I entourent, on ne découvre nulle part de sérieux sujets d’alarmes, et presque partout au contraire on trouve des motifs légitimes de satisfaction. S’il nous reste encore bien des progrès à faire, ne méconnaissons pas ceux qui sont déjà accomplis.
II y a eu dans notre passé des périodes inquiétantes, mais aujourd’hui nous pouvons dormir tranquilles : la patrie n’est pas en danger.