QUELQUES INSCRIPTIONS INÉDITES
(Bévue archéologique, nouvelle série, t XXYI.)
M. Léon Renier a bien voulu, il y ^ quelques mois, me communiquer deux séries d'inscriptions grecques provenant les unes des côtes asiatiques, les autres des côtes européennes de la mer Noire. Je lui ai dû le plaisir de réveiller des souvenirs qui seront bientôt déjà vieux de quinze ans, et d avoir à repasser sur mes anciennes traces. C'est surtout la collection des inscriptions de Bithynie et de Papblagoniequi m'a fait entreprendre tout un nouveau
(1) Ce mémoire a été lu devant l'Académie des inscriptions et belleslettres dans les séances des l*' et 8 mai 1873.
INSC1UPTI0M8 DES CÔTES BE LA MER ROIRE. i61
voyage dans une région jadis explorée et parcourue en divers sens par la mission que j'avais Thonneur de diriger ; par malheur, ce n'était ^plus dans les rues et les maisons des villes, dans les vastes cimetières turcs des environs de Boli, parmi les ruines d'Uskub, que j'avais à poursuivre mes recherches ; c'était dans les divers ouvrages où sont épars les textes épigraphiques qu'a fournis jusqu'ici cette région montagneuse et boisée, ou il reste encore tant à découvrir.
Le premier et le plus important des recueils que j'avais sous les yeux a été formé, il y a peu d'années (1), par M. Eusèbe Galmiche, inspecteur des forêts, chargé d'une mission en Asie-Mineure par le ministre des finances. Il se compose de vingt textes grecs qui appartiennent tous à la partie orientale de l'ancienne Bithynie, au pays situé sur la rive droite du Sangarios. Tout étranger que ce voyageur fût aux études épigraphiques, ces textes ont été copiés par lui avec un soin, avec une exactitude qu'il convient de signaler hautement ; quant à
(1) La lettre d'envoi de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Haute-Saône, à laquelle ces inscriptions avaient été communiquées par M. Galmiche, et qui les a adressées au Comité des travaux histo* riques, ne dit point en quelle année M. Galmiche a fait le voyage en Bithynie qui lui a procuré ces textes.
la traductio» et mx; explicatioii» <)«* let toooiipa-* goenl dao^ 9oa uianiiscrilé^ ellleai sont dua8^ dit la lettre d'Qovoi, à M. Zaoebwidîs, profe^awr au €(^ légede GoaslwtiQople ; oir, ^ik^\ témoigaenl é'une telLie inex^^ërieocey qu'il est tout à fisiit inatîle d'en temr aucun oom^^
H y a uDe.trenlaiued'aûiiéesvLes textes reooeittis par Mj. (f^lniiche étai^at presque U}m iiràdâis ; uq^ pqtît QMdbre d'entce esss. araèeuent se tcoumrtdans le Corpus inscriptionum Giiœ&xrmm» Ce sont les n""' 1 , 2, 10, 1 1 , qui correspondent aux n""" 3806, 3809, 3803, 3802 de Bœckh. En comparant les copies nouvelles aux anciennes, nous trouvons deux corrections intéressantes à y relever. A la secoufle- I^e du if 3606», il faut lire les mot» aimp £0*0:3^ c'est ce qujavait déjà vu Mordtmann', et ce qu'il aurait indM|«édaiis>ses/n«6AN/Vei»aii9 Bithynienf n^ 7. Lalectairedes lignes &e(^6 dun*' 3803 devient ceirtaine paplacooiparaiisohde» la copie de M« 6almidie a^rec* celle que j'ai mpinnéme prise- en* 1861 (1). La copie de* Yaughao, d'après laquelle* Bœckh. avait publié* ce t^Ce^ lui offrait ces mots : Qtwwf riit ity^çrnùuév. Si^u lui avaît à juste litre paru suspect; il > avait corrigé» aio[^^o]v, qui donnait un senA satisfaisant; Ma copie porte à la ligne 5^ e^ . S ; au commencement de la ligne 6, xoon. Celle de Sf. Galmit^he est plus comiplëte pour la ligne 5; elle
(i) Exploration archéologique, p..47^
miSiSiMôiré iis côi^ Âfe la' âËH NbikE. iè&
a dtff, et à H Kgtie Ç elle /âccoMé tout à fait avec la mîeriîife. On arrive ainsr, alvec toute certitude, non pas à ftbXt^dv, mais â un mot (jûî âësigne une antre fonction de ce culte local, au mot erHxoON. Le iftot 9ui3x^4ç, formé de 0ue» et de x<«, ne s'ëtail encore rencontre que dans' J^slathë (i), et Ton avait cru qu'il fallait peut-être lire OuWoç, d'a^rës Hésycbins^et tiné inscription atttque (2). L'exiistence de ce composé, d'ailleurs^ [iaifaiteitietil régulier, est aujourd'hui constatée ; il devait désigna celm qui répandait des parfums sur Tautel, qui y faisait brûler Tencens.
Depuis la publication du second volume du Corpus^ terminé en Î843, la route qu-'a suivie M. Galmicbe a été parcourue pafr MM. Hommaire de* Hell, Mordtiïiann et moi ; aussi reirouvoùsncw» chez l'un ôu Kautre'de ces voyageurs la plti^ part des inscriptions récemmeât tranëÈrrtës par notre compatriote. Les n"^ 13, 15, 17 sont, d'après Hommaire de Hell, dans le Voyage archéologique de Le Bas (t. IIÏ, n~ 1174, 11^6, 1812); les n^' 4, 5, dans Mordtmann, Inschriflen ans Bithynien^ n~ 8 et 4 (3); enfin lés n~ 6, 8, 12, 14, 18, dans notre Ëxploralion archéologique de la Galalie^ n~41,32,24, 25etll.
(i) Ic^ i xmkp £iX<tfv &M1V, dit Eustathe, p. 1601, 3.
(2) Voir WThegaùruk,'s^y.
(3) Sitzungsberichte der KœnigL bayer. Akademiê der Wissên*
Restent six inscriptions que nous n'avons retrouvées nulle part ailleurs ; mais les n"" 9, 19 et 20, dont les deux derniers sont chrétiens, ne se composent chacun que d'un ou deux mots. Viennent ensuite une inscription funéraire et une inscription votive sans intérêt ; nous les donnons pour être complet :
1. (N° 3.) Avec cette indication : « Sûr une colonne, aux environs de Boli. »
AI0(DANH2KAIAYK0MHAHZ0IYI0ITnnATPI AlOOAMHKAIlOYAlAMHTPIZniINKAlAlOOA NH20KAIBAPBAP02
Aco^ovuTÇ xac Auxo^i}^K}ç oi vcoc r^i irarpc Aco^oêvcc xac louX/^ fAiirpc Çôfccv xa\ Aco^avviç 0 xcà Bopêopoç.
€ Diophanès et Lycomédès à leur père Diophanès et à leur mère Julia encore vivants, avec le concours de Diophanès surnommé Barbares. »
Ce que M. Galmiche appelle « une colonne » doit être un de ces cippes cylindriques qui se trouvent en si grand nombre à Boli, l'ancienne ville de Bithynium ou Claudiopolis, et dans les environs ; on trouvera un de ces cippes, dont M. Galmiche a copié aussi l'inscription et qu'il appelle de même une colonne, celui de G. Pacrilius Longus, figuré dans V Exploration archéologique de la Galalie^ planche 9(1). La formule pr;/x>îç x«P'^ Q"^ porte ce
(i) Le mot 8AMAPI2 que uous trouvons dans la copie de M. Gai*
mSGRIPTIONS DES CdTES DE LA MER NOIRE. i65
cîppe et que Ton retrouve sur beaucoup d'autres tout semblables, montre que ces monumeuts, propres à ce district, et qui offrent tous les mêmes profils, ont bien en général un caractère funéraire. Or il est fréquent de voir un personnage s'ériger à lui-même, pendant sa vie, C^v xac ^povoiv, comme il dit, un tombeau déjà muni de son inscription ; il est plus rare de voir des enfants anticiper ainsi sur l'avenir et rédiger ainsi d'avance l'épitaphe de leurs parents. La correction A«oyavec, à la seconde ligne, n'est pas douteuse ; quant au troisième des personnages qui concourent a élever le tombeau, ce doit être un autre membre de cette famille, où tous les bommes portaient le nom de Diopbanès, quitte à se distinguer par des surnoms ; ce doit être un frère ou un neveu du mari de Julia. La seconde édition du Dictionnaire de Pape ne donne pas encore Bap^opoç employé comme nom propre.
2. (N** 7.) « Dans la ville de Boli, sur une petite plaque (1). »
TûùACKAHniôù TS ÂoxXnirtV
KAI YnHREPIKAH xac Yy/^ nipcxXn-
CEAnOIC lAlOICA ç àirî) To[rç] iA'ocç à-
NEeHKAEYXHC vcOi^xa tO^^ç XAPIN x<^cv.
miche, confirme la correction ecép/»tç que nous avions proposée ; notre copie donnait Bailxjptç, Voir Explor, arch,, p. 55, ïi9 41. (1) Ce qui veut dire probablement sur une plaque ou dalle de marbre.
lape et d'Hygie. EllfÇ f^ été gr^yée p^r iii) çprtaia Pë^if lès. }À ff>vmfd r^f pqur y^niV i^*était ^é^k rpficpntree.dan^ unç insçriptj jÇft yoUye (|p la paqs<0. Les ipote qpii îjftiyçnt Iç nqai Aç P4riî%> f^ls qu'jl^ ^ pré^ntent sur la co[^, pe foi|i!q|sseii| p^^ de seufi on y aperçQJf dejif^ ferfpinaî^oi^ de d^ pluriel qui eoipêphent d'y cheppUep 1^ suite de§ noniç dp dopate|)i?. Jje qe tfpifirfi qu'une ejLplicar tion que je présente sous |i)u(e réserve : dan^ 1%^ il faudrait yoir ou une lettre ajoutée par une iqadr yertance du copiste, pu ^n ^ç œs ornemppts eg forme de feuillç q^i sont si fréquents sur Ips insiçripr tions de cette contrée ^ f'époqqe imp^iale, fe lirais enruite TO[ii] lAfQiS ; ^ y ^ jpsteinen| sur la çopie<| ^u milieu de l^ ligne S, u^e lacunci un blanc que ^empliraient parfaitefnent les deuiL lettreç que je ^upplée. Ài^o roif lijotç ser^^ une traducr tion littérale et barbare de locutions latinei^ telles que de ^ tf p, ff^ ^t^a PfcttfUfi^ ; elle aurait remplacé, dans la formule dédicatoire, donnée p^p ce Périclès au grayeur, l'expression consacrée par l'usage classique, h rs^ iHw. Les fautes de quantité, les barbarismes, les soléctsmes sont assez communs« au second et au troisième siècle de notre ère, dans ces inscriptions grecques proyinciales, on pourrait presque dire rurales, pour que nous
(1) C. L Gr., 6815.
MMKPnOnS DB8 gAtÉI m là lÊMM ROO». 1€>7
ne nous éloiiiikNis pas outre meswe de cet émploî d'^ftti avec le dalîf^ toat insoltce qu'il «oit (1). Ligne 4, Miimy que pnoite b copie, he s'ëoirte pas moins des habitudes du style épigrapfaiqoe et est rare sur les marbres ; c'est toujours ôcytSnxc que Ton y rencontre ; seulement ici l'incori^éction ne s'explique pas, comme dans le cas précédent, par l'influence du latin sur quelqu'un qui savait mal le grec \ c'est avftai la troidiëili6 pere<Mitt«, ctat^ posuit, faciendufjii cuta^^ qtt'isfaiploie d'ôf didail^ë éhez les Romains le style iapidatrë (â).
3. (N"" 16.) Nous arrivons a la seule qui soît vraiment importante des inscriptions encore inédites que renferme le fè^Uëil de M. Galmiche. Elle a été trouvée par lui à Amaslrdf l'ancienne Âmastris. Il ne donne aucune indication sur le marbre qui la porte ni sur la forme des lettres ; mais de son contenu il rtfsidte asfee» clairement qu'elle ornait le piMeMÀl d'une Statue^ et l'on peut
(1) M. MiUer veut hieh tnft fkifé part â'mid tlk^ëtime qui mérite une sérieuse attention. La principale difficulté de la restitution que je propose, c*e^ fË iftii MM le d AMI Hè tlifidOstç. M lièi de le supprimer, taahàe j'atus Mf cèMlait à k fafi^e^ ik le éàùaérw^tmï^ et dans TA il verrait la trace d*un K mal lu; dans le II <|iii vient ensuite, un T et la première brancde d'un », dont fO représenteraii le reste. Une cofreeflMf àtlAtogtiè éffâbffrait f6> 1& 6à il. âàlfariéh^ i k lAldlG. CÂi reviandrut dotoc i la fvrmtile oMUnaM, tK IWf 1 AMÉKi B y Mirait peut-être un pea plus àchanfer à la eepie, mais on aurait au moins ainsi Tavantage de ne pas imputer au rédacteur de Tinscription une aussi étrange faute contre la grammaire.
(9) On tfoave ponrtalit en krtki qml<|ueB eieiaptes de la. prèiAière personne, comme m'en avertit M. Egger. Voir dans Orelli-Henzen les A^ 46B5, 4040, wlS, etc.
i68 mSGRIPTIONS DE8 CÔTES DE LÀ MER NOIIIE.
conclure de l'extrême correction de la copie, où il n'y a pas une lettre à changer, qu'elle a été gravée en grands et beaux caractères, et qu'elle est fort bien conservée. La voici :
AFAeHITYXHI HB0YAHKAI0AHM0ZETEIMH2EN AKAIKIAIONTAJOVYIONKAOYSTOY MEINAnPOKAONTONnONTAPXHNKAI AEZBAPXHNKAIYIONTHZAEZBOY nPnTEYONTATnNEnAPXEinN nAZHZAPETHZXAPINANEZTHZEN AAIAIOZAOYKANOZTONEAYTOY (DlAONYnEPOYAHZAIOZKOYPIAAOZ
H |3ouXy} xeà ô ^Spç trccfAionv A[iIXov] KacxtXcov Foccou ucVv RXovorovfuiv^ IIp^xXov tVv Ilovrop;^ xa^ Afcr€ap^^ xtt\ vlov riç AicSoM irpoinuovra twv lirocp^cSv icaanç à^irriç x^'^* Mvrnmt A[ovxco^] AfXcoç Aouxovbç t^v 2oritov ^tXov uir^p tfvX^ Acooxoupcoc^oç,
c Sous rinvocation de la bonne fortune. c Le sénat et le peuple ont honoré Âulus Cœcilius Proclus, fils de Caius Cœdlius Proclus, de la tribu Glustumina, Pontarque, Lesbarque, fils de Lesbos, le premier des provinciauxi pour toutes ses vertus. Cette statue de son ami, Ludus iElius Lucanus Ta élevée au nom de la tribu Dioscurias. »
C'est un provincial que cet A. Caecilius Proclus ; l'inscription même qui lui était consacrée le dit de
INSCRIPTIONS DES gAtES DE LA MER NOIRE. 160
la manière la plus claire; mais il était citoyen romain, inscrit dans la tribu Clustumina. C'est là un détail qui mérite d'être remarqué ; jusqu'à ces derniers temps, on n'avait relevé la mention de la tribu Clustumina que sur des monuments qui concernaient des citoyens domiciliés en Italie (1). Seules, deux inscriptions de la ville pisidienne de Cibyra, publiées en 1852 par Henzen, nous avaient montré un autre provincial, Q. Vératius Philagros, personnage important de cette région, inscrit, l'an 73 de notre ère, dans cette même tribu. Notre texte fournit le second exemple connu d'un provincial, d'un Grec appartenant à la tribu Clustumina. C'était, en général, à la tribu Quirina qu'avaient été rattachés les habitants de la Grèce et de l'Âsie-Mineure qui, de manière ou d'autre, avaient reçu le droit de bourgeoisie romaine ; mais cette règle comportait des exceptions dont la raison nous échappe. Pour la province de Bithynie, nous n'avions encore que l'état civil de deux citoyens romains, domiciliés l'un à Nicée, l'autre à Sinope ; or, l'un et l'autre faisaient partie de la tribu PoUia. L'inscription d'Amastris présente donc de ce chef une première particularité curieuse.
La cité dont le sénat et le peuple ont honoré Caecilius n'est pas nommée ; mais l'inscription a été trouvée à Âmastra, et cette petite ville occupe le
(1) Grotefend, Imperium Romanum tributim dislrihutum^ Hannover, in-8, 1863» p* 106.
flite même de rancîeBne Amastris^ dont •die a conserve le JUHii« Hosiews autres inscriptions lionorifiques du méaie ^enre ont été reoueiliîes a Amas«tris, qui était le cbeMien d'une moitié de la pro^ vinee. Il n'y a dooc point à douter que oe ne soient le sénat et le peuple d'Amaatris qui aient témoîgAé leur reconnaissance à dsscilius. Quant à la statut qui surmontait le piédestal retrouré, après ledécret rendu en rbonneur de oe personnage, MUm Lu*canus, fier de pouvoir s'intituler l'ami d'un grand homme de la province, en aurait fait les frais el l'aurait consacrée au nom de la tribu Dioscurias, dont il faisait partie. Dans la plupart des inscriptions honorifiques d'Amastris, le peufdè seul est mentionné (1) ; il n'y a pourtant rien d'exceptionnel dans la rédaction de notre nouveau texte, car le sénat et le peuple d'Amastris figurent ensemble .dans une inscription en rbonneur de Marc^Aurële et de Vérus (2).
Le titre de Pontarque est le premier que reçoive, dans notre inscription, A. CsBcilius Produs. Ce titre était déjà connu par des marbties de Pcmpéiopolis et de Sinope, ainsi que par une belle inscrip^ tion de Prusias ad Hy[nnm (3). La Bitbynie et le Pont étaient réunis sous un méaoe gouverneur
(1) C. i. Gr., 4149, 4150, 4150 c.
(t) Itrid., 415t d.
(3) C, I. Gr., 4157 et la note de Franz, ainsi que le n« 41S3, dont la prafentnce eal ineerteiue. Povr rinscviptioii d» Piusiic, ttftr Forage archéologique^ partie V, 1178, et les notes de Waddinfton.
.ensuite, presque çou#tw^{D^9t) un UgfH impérial $ mais 1<3S deuiç parties 4ç ^U^ yd«t0 prpvij9C6, Voqt
çidept^e et Fcffjiiçwtaki 9vmn\ çhacupe sa vfe pra^ viftd^Je séparé^^ ^09 ^ngrè$ (!« âélé^és w>mm»
par )«s prwqiji^e; àté» (oyv^py^ juuvoÇçiSilco»», €i(^n(^ /ftw») C0# ses i^w^ dQOt «ette diè^e avait réglé le budget et ]ç pfY^graffiaie, et que présidait à Nicomgdi^ Je ^îtbynjarquç (9), à Amaatris le Pontar^ qû« (3); enfin 80|i çultç de Rçme et d'Auguste, à la t4te duquel ét^t plapé^ ob^f d« t9Ut« WW hiiîrarcbi« sacerdotale, eu ÇUbynie r^jt^v»^ ▼* Bi9«vc'«iç(4), dans le Ppm r<»P2(Mp*w TPv Dwov (Ç)* Par exception, tel ou tel provincial, plus riclîe, plu$ inQuent dans la contrée qu'aucun dews çpnteruporains, réunissait par-
(1) Sur l'identité probable du (ïw^pw9 et du xocvo^ou^cov, deux termes çerrain^ à ^éçipc^) SUÎTWt l^ l^tus (H I^U^-^trQ suivUQt )«8 tftfiipa, uq0 môme |i)sti|^tion, ifo\r leis Ql^^eirs^UonS ^ ^^ddlmytoç, an i:^* 1176,
(^. Awsfris çrçn4 Iç titi'e 4^ wétropoîe du Ppnl, çwww Ntoroédie p4uI ^S ndétrvpple 4e la l^U^jw^. V, Itf M^«f l, t. U <J^. Wli, ^ Siupplâr tn^^} ^ W (p- 554: «^ W)- f W^w «^ en* rc^trouvôf le m^ine Utf^ (jtos le B<> ^î^ç 4u G9rp¥fii mis ^ restitu^ioft, w te »wwi ^1 d« U çppie,
est ^i çomf çtii^lq. ouQ QQi)^ n'^oi^ pM ij^QDS pr^y^ow 4a 9« tfxt». (3) C. 7. Gr., im, 3438.
(§ Çç ^tre ne s/eftt p^^ ^çPFft tFaw4 toi» U* i^swfttiw^ (5) Une autre inscri^^n d'4iA9S^% meAtii^^i^çi m per^oQpag^ conr sidérable dij seçQftc} si^dç 4€^ w?trft ^e, WpWw, <1W WU* était déjà <^nnu pr Luciçn {Alexav^re^ SSRti U f^-St ifx^t^ Toû Uo^fw» (C. |. Gr.^ ^149;^ cette li^e est d'une lect^rç certaii^e^ Nqvs ^yqiui i(â la tl^éorie de M. Wa^din^ ton, c^ui çU^itin^e Içs ^i^rç^i^e^, Qitbynianiiies» Ljçîarqi^çs, ^tc.^ des jrrands-pr^trei de \^ ÇTomw.; 4aw \f^ pirewaiers il voit tes agonothè^^ de§ j[çuxj^ tiin.dU <;(^e les sç.co^4£( seraient piH|prement chargés 4u culte de Rome ^t (jl'i>ugusteA(Voyi 4()^<Aff. psMTtte V, nptes du n? 3S&.) Qette opinion % r^çep^^jt^^t é\i^ cojpAbatt)^ par Varquardt dans un intéressî^nt axti(^ 4^ XEpHrrv^ ifpi9/r9fph^Qk ^U 1%
472 nrocRiPTiONS des côtes de la mer noire.
fois dans sa personne les dignités que pouvait déférer le suffrage des deux diètes de la province : il était Bithyniarque et Pontarque. Était-ce successivement, était-ce dans le même moment qu'il remplissait ces deux charges ? Nous l'ignorons ; mais à en juger par les textes qui nous sont parvenus, le cas était rare (1). D'ordinaire, le KoivVv BiOuv/aç et le Kocvov novTou restaient tout à fait indépendants l'un de l'autre, dualité dont témoigne le titre officiel que porte la province, Bithynia el PontaSj Ponlus el Bithynia^ Bithynia Pontus (2). Il y a là un régime tout à fait analogue à celui de la province Lycia el Pamphylia^ qui, elle aussi, avait en double prêtres, diète et jeux, enfin tout son organisme provincial (3). Pour la Bitbynie et le Pont, l'ensemble des indices que nous avons relevés met
p. 200-214), intittilé : De provinciarum romanarum conciliis et scuierdotihuê. Pour lui, Aaiarque et grand-prêtre de VAsie, par suite Pori" targue et grand-prêtre du Ponty sont des titres synonymes. A son tour cette doctrine, qui semble mieux s'accorder avec certains textes, a l)eaucoup de peine à en expliquer d'autres sur lesquels s'était appuyé M. V^addington. Dans l'état actuel de nos connaissances, peut-être est-il difficile d'arriver à une solution qui s'impose; il faut attendre de nouveaux textes.
(1) Cela ne s'est encore rencontré qu'une fols, dans une inscription de Prusias ad Hypium. (Voy. arch., part. V, 1178.)
(2) Sur l'origine, les limites et les divisions de cette province, oh a d'abord la dissertation soigneusement faite, mais déjà vieillie, de Schœnemann, De Bithynia et Ponto provincia romana^ Gœttingen, 1845, in-4 : puis tous les renseignements fournis depuis lors par les inscriptions se trouvent condensés dans un chapitre de l'excellent Manuel des antiquités romaines que publient de concert Joachim Harqoardt et Th. Mommsen C'est au tome IV, p. 191 à 200.
(3) Voir les notes de Waddington, aux n^ 1221 et 1224 (Voy, arch,, partie V), et l'article de Marquardt, cité plus haut.
niSCBIPTIONS DES CÔTES HE LA MER NOIRE. 1 73
hors de doute l'existence de deux fédérations provinciales (xoivà); mais nous sommes inégalement renseignés sur leur rôle et leur action. Le xoiv^ Dovrov, auquel appartient le Pontarque et le Grand- Prétre du Pont, n'a pas encore été rencontré dans les inscriptions et n'a pas frappé de monnaies, ou du moins de monnaies qui nous soient parvenues (1), tandis que le xoiv^v Bcduvéaç a émis en son nom des monnaies, et se trouve mentionné dans des inscriptions. Médailles et inscriptions sont du r^ne d'Adrien ou postérieures; on a voulu en conclure que toute cette organisation de la Bithynie ne datait que du second siècle de notre ère, des privil^es accordés par Adrien à la Bithynie pour l'amour d'Antinous, qui en était originaire (2). Il parait qu'en effet Adrien, pour ce motif, témoigna beaucoup de faveur à la Bithynie ; mais l'analogie des provinces voisines conduit à croire que pas plus en Bithynie que dans l'Asie propre et en Galatie on n'attendit si tard pour constituer ces diètes. C'est de la fondation des temples de Rome et d'Auguste qu'elles semblent dater, et ce culte qui devient bientôt, en laissant Rome de côté, le culte des Césars divinisés, s'établit et se développe partout dès les der-
(1) On trouve bien sur les monnaies de Neo-Gsesarea un Kotviv Ilovrou (Mionnet, Supplément, IV, p. 447 à 453); mais il ne s'agit pas ici de Varapontica ou côte pontique, qui faisait partie de la province de Bithynie et de Pont; il s'agit du Pont Polémoniaque, annexe de la Galatie.
(2) C'est l'opinion de Schœnemann.
1T4 vxsâfftmss Dés (!6ftÉ slta fi! éëK nUtiriB.
niël^ës ânùëés d'AtT^Ste et sousf Tibère?. Pour'n'éitfpronter nos exemples qu'à cette r^on^ de l'empire, lïe' voit-on p^ Une proYîhce voisine dé la Bîlibyiiïe, là Galadié, avoii^ Ahg le fendëmain inéme de Tauitetfon sott' xoivVv rotXoTÔv? Et pourtant n'y auràit-il pas etiHea db crstihdre (}n'elle nefùt phisrrettitianté et pitfs difficile à: gouverner (}tteia Bithynié, d^à façonnée aw joug deptîis près'd'ûtt ^ècle?
la ligne suivante nous rëVële utfe aiitre association du même genre; une autre unité Ëistorique^ et géographique' se perpétuant de même soUsf I^ dbmihatiûVi romaine: l'île d& Le^bo^ foisait partie de la province* d*Aslêv m^is'elté avait son iCoiv^ov AcoeJow, son temple d'ASigusteet dé Rotné, ^e^ jënx:spébfaiù^ dbntles'ft-aîs étaient supportées eUCômifiun parles villes encore florissantes d^Êrésos; de M'éthyntnè er de Ittitylfene. C'est' ce qu'auraient déjà pu faire deviner les monnaies impériales grecques frappées au If*siëde; avefc l'effigie de flarc-Aurèïe et dé Cbm-- Dâodë et la légende ito(vi>v xta^L^ (1); niais aucun des textes épigrapbfques retrouvée dans l'île de t^lâbOs' ne nous avait fourni lès mt]^ens de^ coristàtek* et d'affirmer ce^ qu'il était permis dtf stippOsei**(2); aussi Màrquardt n'avait*il pas comprii^ le xd^Vv Aéà€ttav
(!) -BUbimèt;- 1; nt p. SST; SuppUmeni,x: Vï, p. 49^V ($) Rien non* plus a ce sujet parmi Meâ inacriptions ' copiées par^ Cyriaque d'Àncône à Lesb'os, recueil qui vietit' d^dtre retrouvé' en Italie et' publié par II. Kaibel dans le premier fascicule du tome it de YEphe^ meris epigraphica, sous ce titre : Cyriaci Anconitani inscriptionutn Lesbiwarum sylloge inedita, p. 1-34.
nuAmmûn m& «ont t deî li mbol non». 179
piiraiji Im*. dîèÉM pvoidnctafaft doa& û. v^it récmiH nwit cherché à* dresser um liste ceiaplèie.. Voici c€Mq lacwa oapwtie Qooftblëey et eela.pav uaeiinscri]^iQn <iU>Dt. la provenance ne aemUaib pa» pro^ nokettre ceii^enaeigneiiienty pair w% monumefit appar- Uwanb aivi<Qàle$ du^VontrBi]ixî&..Oti p<nit. mainte^ naat s^'aittendffe* à^ rmeontrer m jour^i suc quelque mari)Pe' de Leâbosiou die&paysivoâiiiiâ^ ki mention duc grsind djgnilairet qui. deTajt étue à. la tète de tout c€it organÂsjEae,. le tkre d'ua' gnmdifréére de^ Uêbos {à^xfw^ Affr&v)' aiiqjuel, succéda, plus tavd^, quand s!ëtab]it. W hiérMdsâe ecclésiastique^ le métrapolitain deMitylèna (1).
Apr^ le titre de Lestofqiiâ), Tient! oeUiii de '/If^dg l£àboSx (pjoA T^ft AfaeoM)^ doxmé à notre personnage. M. Waddîntgtqn a. relevé dans^ les insciûptiofls de cette époque et dacett^ région de'noaibraii»eKemples; de formules analogues; (v<w.TV)r>if/>ouaw(s vcbç ttTç
KoTioctt»»^ etc.) (2)< Il a comparé, ces adoptions « aux bourses entretenues dans les collèges par nos. déparlements et, nos; communes ; elles avaient sans doute, dit-il, pour but d'élever au;^ firais de TÉtat. ou d'un corps, public des enfants de citoyens pauvres. Les inscriptions prouvent qpaces fils adoptifs
(i) Lecpiien, 0rien8<!hri9Hanus, I, pi9Bà.
(2) Voy. arch.f partie V, 53, 16ûfit;et 1602 a, Nou» retrouvons encore une de ces formules à Thasos (Conze, Reise auf den Inseln dcM Traktnhên MéêtvfrP» if): vibtf t^ ytpfntvimi.
176 IRSCRIPTIOEIS DES CÔTES DE hk MER KOIBE.
arrivaient souvent à d'assez hautes fonctions municipales. » Nous avons peine à admettre cette explication, que M. Waddington ne présente lui-même que sous toutes réserves : « On ne sait rien de positif, remarque-t-il avant d'émettre cette conjecture, sur la nature de ces adoptions. » Comme il est le premier à l'observer, les personnages ainsi dénommés occupent le plus souvent dans leur cité ou même dans la province une situation hors ligne; or, nous le savons par plus d'un témoignage, c'était surtout alors par son opulence que l'on arrivait à ces dignités d'agonothète et de grand-prêtre de la province. La première condition requise, c'était de pouvoir subvenir libéralement, de sa bourse, aux frais des jeux et du culte, de déchaîner d'autant ses concitoyens, et de les faire profiter ainsi dans une lai^e mesure, parla pompe des fêtes offertes et par d'abondantes distributions, de sa richesse héréditaire. Là où il y a une vie politique, des débats oratoires, des guerres extérieures, un homme parti de bas, un orphelin sans fortune peut se pousser, par son éloquence ou ses talents militaires, jusqu'au premier rang ; mais y avait-il rien de pareil dans les conditions que la conquête romaine avait faites aux provinces? On ne voit pas quelles occasions de se distinguer et de faire leur chemin y auraient trouvées des jeunes gens nourris par la charité publique, des boursiers, comme nous dirions. Il y a plus : quelques-unes des inscriptions qui coiitien-
mSC&IPTlONS DES CÔTES DE LA MER NOIRE. 177
nent ces titres nous prouvent que ceux qui les portent appartenaient à des familles déjà riches et considérées, qui avaient pu 'payer les frais de leur éducation; ainsi une inscription de Stratonicée nous montre un certain Tibérius Claudius Théophanès, citoyen romain, qui est appelé « fils de la ville ; » or ce personnage a non seulement un père naturel, Ti. Claudius Léon, mais un père adoptif, Pythéas Scorpon, et, tout enfant encore, il a porté le titre de gymnasiarque, ce qui suppose que Tun de ses deux pères a supporté, au nom de l'enfant, pendant Tannée de cette gymnasiarcbie, les dépenses du gymnase (1). Nous inclinerions donc à ne voir là qu'un pur litre d'honneur (2). A l'origine, il y a peut-être eu dans toutes ces cités des adoptions réelles, analogues à cette protection qu'Athènes assurait aux orphelins dont les pères étaient morts en combattant pour la patrie ; mais, une fois l'indépendance perdue, cette institution
(1) Voy. arch,, partie V, 525. Cf. une autre inscription de Stratonicée dans le Corpus, 2719. Trois inscriptions de Téos (jC. I. Gr., 9081, 3082, 3083) nous montrent de même un personnage important qui a aussi un père naturel et un père adoptif, et qui n'en est pas moins appelé \Hoç roO SigfAov. A Smyme un fila du peuple, G. Julius Mythreos, est prêtre héréditaire (8ta yivouç) des Césars. (C. /. Gr., 3173.) Cf. ibid.y 3570, 3571.
(2) C'était ainsi que l'avait compris un savant du dernier siècle, Boze {Mètn, de VAcad, des inscr., t. XV, p. 474). Il cite à ce propos une phrase d'Apulée qui confirme tout à fait cette interprétation.
Celui-ci, parlant (Metamorph.y IV, ch. 26) d'une jeune fille qui a été enlevée par des brigands au moment où elle allait épouser un des plus beaux partis de la province, s'exprime ainsi : « Speciosus adolescens, inter suos principalis, quem filium publicum omnis sibi civitas cooptavit. •
in mmunuas on g^icm ds u mm imm*
venue purement Hf^ùve ^% bQnoirifiqiie^ U se aérait pas$é là quelque chose de sembldtriie èi ce. qiH est arrivé patwr ce t^raoe de niœime^ de«t I9 ftNrtmt» a été ai singulière ; a Uorigîne> tt èésignaitie ba}ay4»]|? du teni{)le^ et il a fiiM par i:eprésaiter imb distilla-tien que $a dîisputaîeiit à. Tenvi les plus «iches cités, etqu^eUes étaient itères d'inscrijre sur leurs mé* d^jttes* ia voBJAé provinciale, sana cesse occupée à ^iveirde oeuiveaux titres q^i la, satisfissent qt qui provoquassent L'ambitm e( la Itb^alité des i^th* cotiers, 9 imiE^é). entre autres appeUatîoQS pomr peuaes, cette foranule qui semldait^ étabUir ua Uen cfe filiatictt emire^ la cité' ou l'un de ses» corpsi oonsr titnés et quelque citoyen di^tîiigjué. Fréquente, on le voibpw les exemples, que nous, avons cîtés^^dans 1m proviiu^s de rÂsie contîn^Ualey cette exprès* sion,. à notre covooiaissance du moins, n'avait pas
en€Qi^> été itelevée ài Lesbos^ La formule qui vient ensuite, trptt»TcudvTa tSv iiropxciwv,
9'iest pas moites di^e d'attention. Rien de plus commun^ dans les BU)nui«entSf que ces e^i^pres^ sions : « le premier de la cite, le premier de la nation, le promis de la psovincei. 9. Strabon emploie aussi le verb^ ^^ty^ de la même manière que notre texte; en parlant de TraUes, il dit : ôci tcmç iS
civTV}ç (lacv oc.irpwTçyovrtç xoerpc Tii^ cvo^^^éav (1). Ce qU il y 3
ici de particulier, c'est que la formïrie a un caractère bien plus général. A la traduire nàot à mot, elle reviendrait à ceci : « le premier des provînciacFx. » Il est probable que, dans la pensée du rédacteur de éette inscription, a? Wap^tcai, ce sont seulement les provinces dont il est question dans l'inscription, les provinces riveraines du Pont-Euxin et de la mer Egée. Quoi qu'il en soit du sens qu'il y a attaché, cette désignation, sous une forme plus compréhensivè qu'il n'est ordinaire, est, elle aussi, une nouveauté épigrapbique. Les expressions wwmç àpmv: xoptv reviennent sans cesse dans les nf^onuments de ce genre.
Lés inscriptions nous avaient déjà fourni les noms des tribus de plusieurs cités bithyniennes (1); nous n'en jf^ossédions encore aucune pour Amastris. Le nom de la tribu Dioscourias se rattache probablement au culte des Dioscures. Une ville maritime et commerçante comme Amastris devait avoir un temple dédié à ces divinités secourables aux marins (2).
Il reste à déterttiiner l'époque à laquelle appartient ce monument curieux à tant d'égards. Aucune date n'y est marquée; à n'en considérer que les
(1) Exploratùm archéologique, p. 38. C. /. Gr., 3773.
(2) Le culte des Dioscures parait avoir été répàhdu daus toute TAsie- Mineure. Une inscription de Pergame (C. 7. Gr., 3540) nous montre dans* cette ville une mj^^aùffiç MoffxônjptJôîy, sorte de thiase qui honorait' les Dioscures. Sur ces ou^giûeriic, voyez Foucart, Des association^' re* ligieuseë ohen les Grecs, p. 113-114.
termes, il pourrait appartenir indifTéreininent à l'un des deux premiers siècles de notre ère, ou même à la première moitié du troisième. Différents indices nous conduisent pourtant à la faire remonter assez haut. Nous n'avons point, par malheur, le monument sous les yeux, et nous n'en possédons pas d'estampage ; pourtant le manuscrit, qui dans d'autres textes nous offre les formes lunaires du sigma et de l'epsilon, nous présente partout ici des formes carrées ; il n'indique point non plus une seule ligature. Dans la formule initiale, l'iota est ascrit. L'orthographe est très-correcte, sauf que, dans plusieurs mots, le diphtongue ce remplace l'c long (1 ). Mais cette habitude est très-ancienne ; on la trouve dans le texte grec du monument d'Ancyre (2). De même dans les inscriptions latines, jusque vers le commencement de notre ère, i est presque toujours représenté par le diphtongue et. Nous verrions encore un signe d'antiquité relative dans le soin avec lequel les noms du personnage, très-fier sans doute d'un titre de citoyen qui était encore rare, sont écrits à la manière romaine. L'inscription de Q. Vératius Philagros, ce Cibyrate qui lui aussi appartient à la tribu Clustumina, date de l'an 73 de notre ère. D'après l'ensemble des in-
(1) Le seul I bref qui soit ainsi représenté par et est celui d'c;roejo;^tae ; mais la forme inof.py^tia^ on peut s'en assurer par le Thésaurus, semble avoir été de très-bonne heure en usage concurremment avec
(2) Voir sur cette habitude V Exploration archéoloffiquei p« SK) et 90.
inSGRIPTIONS DES CÔTES DE LA MER NOIRE. 181
dices que nous venons d'énumérer, c'est aussi vers ce temps, vers la fin du premier siècle de notre ère que nous inclinerions à chercher le moment où A. Caecilius Proclus a rempli de sa réputation et de ce que notre texte appelle ses vertus tout à la fois Tile de Lesbos et la côte pontique.
C'est à la côte européenne du Pont-Euxin qu'appartiennent trois autres textes grecs, qui ont été transcrits et communiqués au ministère des affaires étrangères par le consulat de France à Galatz. Ils proviennent de la ville de Tomis, célèbre par l'exil d'Ovide. Cette cité, on en avait longtemps cherché en vain la place ; les Russes avaient voulu la trouver à l'embouchure du Dniester, là où ils ont fondé Ovidiopol. D'autres, comme Forbiger, qui suivait la Mottraye, l'avaient mise moins loin de son site réel, au sud des bouches du Danube, dans l'eyalet de Silistrie , à Tomiswar ou leni-Pangola (1). C'est en 1853 que cette erreur a été relevée pour la première fois (2) ; la présence et les recher-
(1) Handhuch der alten Géographie, t. UI, p. 1099. Voir dans Fouvrage de M. André Pappadopoulo Vréto Thistoire de toutes les assertions gratuites et de toutes les confusions qui se sont produites à ce sMJet. Il a pour titre : La Bulgarie ancienne et moderne (1856, in-8, Saint-Pétersbourg), p. 106-146.
(2) Les premiers écrits où ait été signalée la vraie position de Tomis
^hes dfis o$ciers français pemtjapi la guerre d^ Crimée, puis les tr^vgpx du chenoin de fer, en repap^t )e$ ^rres et en fais^pt /sortir du $0} de nom* brepx di^briSf ont Acb^yé la dépiofistpatioB et permis de fix^r ji'fipe manière ^eplaipe, sur Iq promontoire mêaM? qw'ppcvpe aujourd'hui Kqstendjé, remplacement de Tancienne Tomis (1).
De ces textes, le n"* 3 n'est autre que Tépitaphe d'un médecin originaire ^e Tomis, épitaphe métrique, en hexamètres et en dialecte dorien, qui a été copiée par M. Desjardins et publiée par lui dans les Annales de tinslilul de correspondance archéologique^ 1868, p. 91-92 (n"* 100 des textes contenus dans sa Lettre à M. Henzen sur quelques inscriptions inédiles de Valachie et de Bulgarie). La copie que j'ai à ma disposition est très-inférieure à celle qu'a prise du monument M. Desjardins. M. Miller, s'étaiit d'ailleurs occupé de restituer les parties les moins gâtées du monument, en a tiré
sont de 1852 et 1863. L'Académie de Vienne était saisie dès 1869. (Voir p. 19, n« 2.) En 1853 paraissaient une dissertation du D' Beckar {Beitrœge zur genaueren Kenntniss Tami'^ und der Nachbarstœdte dans VArchiv fur Philologie und Pœdagogik de Joh. Christ. lahn, t XIX, p. 325-373) et la brochure de M. André Pappadopoulo Vréto, intitulée : Sulla scoperta di Tomi (Athènes, in-8). M. Vréto affirme avoir fiiit la première découverte en août 1851; dès Tété suivant, M. Tedeschi trouvait de nouveaux textes.
(1) MM. Blondo^tt et Robert, alors sous-intendants militaires, ont profité de leur séjour à Kustenc^é pour y recueillir et pour y arracher à li^ destruction plusieurs curieux monuments épigraphiques. M. Robert en a rapporté plusieurs en France, et il a offert au Musée du Louvre la belle inscription qui figure dans le catalogue de M, Frcehner ^ous le n» 77.
lUMftlMtMS Wê t&tU t>B Là XBR flOIBS. lA
tout ce qu'il y a d'hitei'éSBàât. Le r^stè n*est qu'un verbiage sans importance* rindiquerai seulement une correction que me suggère roa copie : à la fin du troisième vers, je distingue très-nettement 6CCOM6N01CIN, ce qn! dôhûè la formule épique i<r<ro/jLcvoc9(v dbcounv, qui sc trouYC répétée à la fin du dernier vers, comme le montre aussi la copie de M. Desjardins.
Les deux autres inscriptions me paraissent inédites. Aucune indîcàtitHi stir ki fortïie ni la hauteur des lettres ; elles ont été, dtt Tâtiteur du rapport, « découvertes dans les ëAViil^oil» de Ë^uslendjé. » D'après le' caractère des lettres, qui, sur les copies que j'ai reçues, sont très^rnées^ ainsi que d'après la fréquence des ligatures^ nous seriotis disposé à croire ces inscriptions du second ou peut-être même du tt*oh^feme Sifedë de notrt ère. Nous donnerons d*abord, Comme h plus cam))lëte^ celle du n"" 2 dans le manuscrit :