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LE SVASTIKA ET LA ROUE SOLAIRE EN AMÉRIQUE

près telle quelle, sur des objets recueillis chez les Chinias et les Yuncas de la côte péruvienne.

Je dois il M. Eug-ène Bnban, antiquaire bien connu de toutes les personnes qui s’intéressent au passé de l’Amérique, la connaissance de deux terres-cuites du Pérou, ornées l’une et l’aulre d’une sorte de variante du Tne-hei chinois.

La première appartient à M. Abel Drouillon, et a été recueillie

Fig. 48. Statuette en terre cuite de Carmelo. t;2 gr. {Coll. A. Drouillon.)

dans des fouilles longuement poursuivies à Carmelo, près Viru, département de la Libertad. C’est une statuette en terre bien cuite, de 9 à 10 ceutim. de hauteur, représentant un petit personnage, dont la bouche largement ouverte laisse voir les canines.

rigine de toutes choses, sous le nom de Tae-heih. Ce signe est représenté dans leurs livres par une figure ainsi formée : sur le demi-diamètre d’un cercle donné décrivez un demi-cercle, et sur l’autre demi-diamètre, mais dans l’autre sens, décrivez un second demi-cercle. » 11 existe d’autres caractères chinois qui se rapprocheraient bien plus du symbole central des scalloped disks du Tennessee, etc; par exemple le caractère employé quelquefois pour représenter le soleil et qui se compose du cercle O oli soleil et du signe '> ou ' homme ou être. U Dans un grand nombre de poésies chinoises ou annamites, m’écrit à ce propos M, G. Dumoutier, il est fait allusion à cette croyance qui a toujours été accréditée chez ces peuples, que si l’on regarde attentivement le soleil, on y découvre un corbeau à trois pattes qui le divise en trois segments. » Si l’on se refusait à à admettre, continue le même sinologue, la division du cercle solaire par le fatidique corbeau à trois pattes, on pourrait voir dans la figure © le soleil jé B ou dans l’ancienne forme ® avec un tchou d radical qui signifie seigneur, maitre personnifiant une puissance à son centre ©.

DÉCADES AMÉRICAINES

symbole de la force exclusivement réservé au Pérou aux figures divines (fig. 48). Le Dieu presse delà main droite sur sa poitrine un disque que coupent en deux parties égales des volutes contiguës qui rappellent d’assez près le symbole cbinois dont parle -M. J. Jones.

La seconde des pièces, que.M. Boban m’a signalées, est une sorte de cruche haute de 21 centimètres et large de 18, en assez mauvais état d’ailleurs, découverte dans le célèbre cimetière

d’.Vncon, département de Lima (fig. 49). Au centre de ce vase l’artiste yuncaa peint dans un trapèze parsemé de petites figures noires indéterminées, qui pourraient bien représenter des étoiles, deux volutes ayant un point de départ commun et se développant d une manière à peu près symétrique, l’une en haut, l’autre en bas. Que l’on substitue à la figure irrégulièrement quadrangulaire qui encadre le signe, le cercle dont elle dérive, on retrouvera une fois encore, comme l’a observé le premier M. Li-Tchao- Pé, un ensemble assez analogue au tae-hei'.

Je ne voudrais pas exagérer ces ressemblances, qui en tous cas ne sont pas fortuites, j’observe seulement qu’elles sont bien

1) On sait que l’astre du jour n’était jamais reproduit sous sa forme apparente par les Péruviens et que toutes les pièces en métal ou en terre-cuite qui montrent un disque à face humaine, entouré de rayons, sont descontrefaçons. (Cf. Wiener, Pérou et liolivie, p. 702.) Les seules représentations solaires bien authentiques seraient celles où cet astre se dissimule sous la forme du symbole (jue nous venons de décrire.

Fif;. 49. Cruche de terre cuite il’Ancon. t/4 gr. (Coll. Hoban.)

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