‹ Mémoires d'archéologie et d'ethnographie américainesChapitre 14 sur 43 · I.K ClMKTlfcKK UK TKNKNKPANKO · texte numérisé non relu

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C’est aussi faute de pouvoir couiuiodémeul inhumer plus liant les victimes qu’on immolait à TIaloc, (juo les prêtres avaient choisi à quatre mille mètres d’altitude le petit plaluau de Tenenepanco pour en faire un de leurs cimetières sacrés.

Les olfrandes à tlaloc n’étaient plus seulement, en elfet, des graines déposées dans un vase de pierre; V abondador de la tierra ne se contentait plus de ces simples dons. Comme les autres divinités plus jeunes auxquelles il s’était as.socié dans le culte des tribus Xahuas, le vieux dieu de la pluie avait pris goût au sang humain. On lui sacrifiait même exclusivement //e.s enfants dans les hauts lieux; or nous avons vu qu’il n'y a, on elfet, (jm* des cadavres d’enfants dans le cimetière de Tenenepanco. A bien des reprises dans l’année on tuait de pauvres jietits êtres, pour se rendre Tlaloc favorable. La première de ces hidous(*s fêles avait lieu le premier jour du atlacohualco' . «On tuait un

grand nombre d’enfants dans ce mois, dit Sahagun, on les sacriliait en beaucoup d’endroits sur le sommet des montagnes, (>n leur arrachant le cœur pour honorer les dieux de l’eau®, afin d’en obtenir des pluies abondantes. Ceux qu’on devait tuer étaient couverts de riches vêtements pour être conduits au sacrilice. On les portait sur les épaules dans des litières enrichies de plumes et de tleurs, tandis qu’au devant d’eux, d’autres marchaient en chantant, dansant et jouant des instruments.

« Si, pendant le trajet, les enfants pleuraient et versaient des larmes abondantes, ceux qui les emportaient s’en réjouissaient parce (ju’ils y puisaient la conviction qu’il y aurait de grand(‘s pluies cette année »

Au second mois tlacaxipeualizlli, on faisait périr de nouvelles petites victimes; au troisième mois toçoztontli, les sacriüces d’enfants reprenaient de plus belle, accompagnant l’olfrande à

1) Ail, eau; caua, cesser. .Mois de la fin de la pluie.

2) Il faut comprendre sous ce nom et Tlaloc lui-même et sa sœur Chalchiuhllicue, et tout un ensemble de divinités secondaires, désignées sous le nom de Tlaloques. On supposait, dit Torquemada, que sur chaque sommet il y avait un dieu moindre que Tlaloc, et soumis à son autorité, qui par ses ordres "faisait engendrer et se dissoudre en eau les nues, etc. (Lib. VI, cap. xxiif, t. II, p. 46.)

3> Sahagun, Trnd e»7., liv. Il, ch, i, p. .57 -.''>8.

Dl';C.A DKS A M ÉIUCA INKS

Tlaloc (les premièros fleurs de l’année ; on en égorgeait d'antres encore an quatrième mois uci toçozlH. Bref « on sacriliait des enfants dans tontes les fl'des jns(}n’;i ce (jne les eaux devinssent abondantes »

C’étaient, au moins pour la première de ces épouvantables

Fig. 52. Tasse à bord dentelé portant l’image de Tlaloc pastillée en relief.

Nahualac, état de .Mexico. {Mus. d'Ethnogr., Coll. Charnay, n« 60.39.)

cérémonies, des enfants à la mamelle qn’on achetait à leurs mères. Pour les sacrifices subséquents on préférait des victimes moins jeunes*.

« Ils choisissaient de ju’éférence ceux qui portaient deux remous de cheveux sur la tête et qui étaient nés sons un bon signe. Ils prétendaient qu’ils formaient un plus agréable sacrifice pour ces dieux, afin d’en obtenir de la pluie en temps opportun. On les allait tuer sur des montagnes élevées que par voeu on avait choisies pour l’oITrande. » C’étaient la sierra de Quauhtepetl non loin de Tlatelolco, la montagne de Yoaltecatl, près de Guadalnpe ; l’oyautla, aux limites de Tlaxcalla*, etc. C’était aussi le plateau de Tenenepanco, dont aucun auteur n'a parlé, mais dans les fouilles duquel on peut relever toutes les circons-

1) Sahagun, Trud. cil., ch. iv, p. 61.

2) Id. Ibid. — Cf. Torquemada, liv. Vit, cap. xx, t. II, p. 119, etc.

3) Sahagun, Trud. cil., liv. Il, ch. xx, p. 84-85.

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