LE CIMETIÈRE DE TENENERANCO
tances oaraclérisliques des sacrifices aux divinités des eaux : altitude considérable, présence exclusive de squelettes d’enfants, nombreuses figures de Tlaloc ou de Cbalchiuhtiicue représentées sur les jouets qui les entourent, pieds des vases modelées en forme d’animaux plus spécialement consacrés à ces divinités, etc. Il n’est pas jusqu’aux pierres relativement précieuses trouvées
Fig. 33. Petit cornet en terre cuite pastillée représentant Tlaloc brandissant la foudre.
Nahualac, Etat de .Mexico. {Hev. d'Elhnogr., Coll. Chaman, n® 6022.)
par .M. Charnay, dont la présence ne s’explique très bien à Tenenepanco. Sabagun nous dit, en effet, que « ces pauvres enfants destinés à la mort étaient soigneusement ornés de pierres précieuses, de belles plumes, de manteaux et de ceintures très bien brodés. » On les cbaussait de cotaras fort élégamment ouvragées; on leur adaptait des ailes de papier semblables à celles des anges et on leur recouvrait la figure d’huile A'iilli ; on leur peignait sur le milieu du visage de petits ronds blanchâtres et on les plaçait sur des litières embellies par de beaux plumages et des joyaux de valeur *. » Ce sont quelques-unes de ces pierres soigneusement travaillées, que .>1. Charnay a recueillies au cours de ses fouilles ^
Pierres dures et terres cuites, figurines de Tlaloc ou statuettes
1) Sahagun, Trad. cit., p. 85-86.
2) C’étaient surtout des objets travaillés dans la précieuse roche verte appelée chalchihuitl, dédié à ChalnhiulUcue,
litv{'.ADi:S \MKH1CAI.\ES
(les animaux (jiii lui étaient consacrés, tout le matériel de Teneuepanco, s’esi retrouvé un peu plus bas (3,790 m.), le long- des pentes du massif du Popocatcpetl, dans une petite vallée appelée Nahualac, mais avec des mélanges d’objets d’un tout autre caractère.
Cette station de Xabualac, que M. Cbarnay a brièvement décrite* et à laquelle je ne veux consacrer que quelques lignes en terminant ce mémoire, n’était plus un cimetière, mais un étang sacré dédié aux divinités des eaux.
Les objets qu’ou y trouve sont, pour une certaine part, tout à fait identiques à ceux de Teneuepanco fpl. IV et fig. o2, o3), et ceci prouve manifestement qu’à l’époque déjà lointaine où l’on immolait des enfants à Tlaloc sur le plateau supérieur, on présentait plus bas des olfrandes à cette même divinité.
.Mais aux récipients de toute forme, relativement anciens, de Xabualac en sont mélangés d’autres d’un travail plus moderne et d'une signification souvent bien dilférente. Ce sont pour la plupart des statuettes encore, mais ces statuettes sont poussées dans un moule comme toutes les œuvres de même ordre de la civilisation aztè(|ue. Elles représentent, en outre, des symboles religieux qui se rattacbent à un autre culte, celui de Tezcatlipooa, l’une des manifestations du soleil chez les Aztèques, (jui venaient, semble-t-il, ofi'rir leurs hommages à l’astre du jour, sur l’emplacement autrefois occupé par un sanctuaire de Tlaloc.
La [)etite collection, déposée par M. Cbarnay au musée du Trocadéro, comprend avec quebjues idoles du dieu des eaux (fig. o2 et o3) quatre statuettes de 'l’etzcatlipoca, dont une fort curieuse, représente le dieu assis sur l’ocelot, animal dont certains mythes lui font prendre la forme dans ses enchantements. On y peut voir encore un sifllet de terre noire paraissant représenter une t('‘te de Cdpactli; des statuettes d’une divinité féminine, impossible à identifier ; enfin des terres cuites assez diverses, ornées de tètes d’ocelots, de coyotes, etc.
1) Les anciennes rilles du youveau Monde, p. 118-1 W.
2) Parini les vases donl nous n’avons (]ue la photographie se trouve un exemplaire du eotnill si souvent représenté dans les peintures aztèques. Les coupes tripodes sont communes, avec les pieds creux à grelots.
LK CIMETIÉHi; DE TENE.NEl'ANCO
SI
Des mélanges aiuilogues ont été conslalés par M. Cluirnay dans l’abii sous roclie de Misj)ayanlla, ntt peu plus bas sur les pentes du massif montagneux (3,160 m.). Une curieuse fiole d’aspect très archaïque, pastillée en manière de Tlaloc, qui est au Trocadéro*, a été exlraile du sol profondément remanié de cet abri, en même temps que des terres cuites brisées d’un travail bien plus moderne ^
Un vieux Tlaloc en pierre, tenant sur son ventre un bassin ', a été recueilli plus bas encore à Apatlatepilonco, associé à îles images de Ouelzalcoatl, de Centéotl, etc.
Il n’y a pas lieu de s'arrêter plus longtemps à ces stations de .Mispayanlla et d’Apatlatepitonco, sur lesqtielles on ne possède tpie des données tout à fait insuffisantes. .Mais je crois devoir insistei', en terminant ce petit mémoire, sur le double aspect que présente la station de Nabualac. Les superpositions archéologiques, dont ce gisement fournit un remanjuable exemple, ont été fort rarement constatées avec une pareille netteté, dans r.Vnabuac, mal fouillé jusqu’ici, et où elles devraient se manifester à chaque coup de pioche sous les formes les plus tranchées.
En résumé, les stations découvertes par !M. Cbarnay dans le massif du Popocalepetl, sont de deux ordres et de deux époques. I/une, Teuenepanco, est un cimetière spécial creusé à une très grande altitude et destiné à inhumer les débris des jeunes victimes immolées en l’honneur des divinités des eaux ; ses carac-
t) 11 est fort remarquable que les images de Tlaloc relativement fréquentes à Tenenepanco et dans les autres stations du Popocatepell découvertes par .M. Cbarnay, soient au contraire si rares à Mexico et dans les environs immédiats de cette capitale. La collection américaine du Louvre ne paraît contenir (ju’une seule figure de ce dieu, et le musée du Trocadéro n’en possédait que six venant de l'Anahuac avant les fouilles de .M. Cbarnay à Tenenepanco, ÎS'ahualac, Mispayantla et Apatlalepitonco.
2) M. Cbarnay a rapporté de .Mispayantla, outre le petit vase à figure de Tlaloc, deux sifllets à décor pastillé, d’un travail archaïque, des débris de llageolets qui sont au contraire du temps des Aztèques, enfin quelques fragments de plats de cette même époque.
3) Celte pose est exactement semblable d’une part à celle du dieu sur le vase rapporté des casas grandes de Cbihuahua par .M. Guillemin Tarayre (Hevue d’Ethnogr., t. I, p. 353, 1882), d’autre part à celle des statues de TIaxcala et de Chichen Ilza, qui sont au Musée national de Mexico; à celle de la statue de la collection Barron à Tacubaya {Ibid., t. I, p. 163-167); enfin à celle de la petite idole de Puebla qu’on peut voir au Musée dTithnographie.
DÉCADES AMÉRICAINES
tèi’cs sont archaï(jut*s el il est assurénienl antérieur à la période aztèque. L’autre, Nahualac, un peu moins élevé dans la moulague, est un lieu d’offrandes, fréquenté à la même époque que le cimetière de Tenenepanco par les sectateurs de Tlaloc el consacré plus tard, sous la dcminotion des Aztèques, au cidlo de Tetzcatlipoca.
KSSAl D I.NTERPUKTATIO.N U 1 >' MOM MEM DE COI'AN
\Il
ESSAI d'i.STEKPHEïATION d'i’N DES MüNL'MEVTS DE C.OPAN (HONDUHAS)
Les ruines de Copan, situées comme l'on sait, dans le Honduras, à quelques kilomètres de la frontière nord-ouesl de ce petit Etat, ont été découvertes dès lo70 par le licencié Diego Garcia de l’alacio, auditeur de raudience royale do Guatémala, mais elles n’ont été l’objet de recherches un peu suivies que lorsque le colonel D. Juan Galindo vint y pratiquer des fouilles au mois d’avril 1834 Le mémoire consacré par cet observateur aux antiquités de Copan ne fut publié que très incomplètemeut, et les dessins qu’il avait exécutés ne sont connus des américanistes que par quelques lithographies, dont il n’existe d’ailleurs qu'un fort petit nombre d’épreuves avant la lettre®.
L’une de ces lithographies représente, entre autres objets antiques dessinés à Copan, une grande pierre dont la surface régulièrement convexe, creusée au centre d’une petite cuvette, est entourée d’une sorte de tresse dont on voit, sur le dessin, apparaître douze torsades.
Dans la note demeurée inédite, qu’il envoyait à la Société de Géographie sous la date du 19 juin 1834, Galindo décrivait ce monument comme « une pierre presque sphérique avec un ceinturon à l’entour » et ajoutait : « Son diamètre horizontal est de l”,o68, son diamètre perpendiculaire, qui est le plus petit, est d’un mètre seulement ; elle a une petite cavité' circulaire dans sa partie supérieure et une ligne sinueuse la sillonne à l’extérieur®. »
1) D.-J. Galindo. The llitins of Copun in Central America. {Archaloijtn Americana. Transactions and Collections of Ihr American AnÜquarian Society, vol. II, p. 545-550, 1836. |
2) Ces lithographies, au nombre de cinq, avaient été dessinées chez Bineleau, vers 1836. Les pierres ont été effacées avant d’avoir jamais porté de légende et ce n’est que par la comparaison des épreuves avec les dessins de Galindo, dont les originaux existent dans les arenives de la Société de géographie, qu’il m’a été possible d’en identifier toutes les figures.
3) Ce dernier détail, bien apparent dans le dessin original, a été omis dans l’épreuve lithographique. On verra plus loin combien grande est l’importance de cette « ligne sinueuse » vue pour la première fois par Galindo.
UKCAÜKj A.MÉIUCAI.NES
« (juel était ce caprice de l’art? » s’écriait eu terminant l’anti- (juaire américain.
Quel peut bien être ce symbole? m’étais-je répété moi-même en examinant la litbographie de Bineteau, et en la comparant avec la gravure sur bois dessinée quelques années plus tard j)Our le grand ouvrage de Stephens'.
.le m’occupais alors de certaines courbes d’un caractère tout spécial, gravées ou peintes sur diverses pièces anciennes découvertes récemment dans les deux Amériques, et je regrettais que les traits creusés à la surface de la pierre convexe de Copan fussent si peu visibles dans les vues des profils de Galindo et de Catberwood. 11 me fallait, pour pousser plus loin mon étude, une vue d’en haut du singulier monument qui excitait ainsi ma curiosité. Un jeune et intelligent voyageur, M. Louis Adam, récemment revenu en France de r.\mérique centrale, m’a fourni il y a quelques jours, la figure que je voulais voir et par suite la solution que je poursuivais sans l’atteindre.
M. Louis Adam, venu pour m’inviter à visiter une curieuse collection d’antiquités recueillies par lui au Salvador, m'apportait, pour me les soumettre, des albums de croquis exécutés en janvier 1884 dans les ruines de Quirigua et de Copan par un ancien officier de l’armée française, le capitaine Tonftlet, mort depuis lors au Guatémala, et l'une des premières ligures que j’apercevais dans l’album était précisément la calotte de pierre de Galindo et de Catberwood, vue cette fois de profil et d’en haut.
Or le deuxième «des croquis de notre compatriote montrait justement sur la surface convexe de la pierre, la courbe symbolique dont j’avais pressenti l’existence à l’aide des documents incomplets que je possédais.
On comprendra facilement l’intérêt (pii s’attache à cette constatation , lorsque l’on saura que la ligure ainsi tracée sur un monument religieux à Copan n’est autre que le Tai-ki, tuai
)) J.-L. Slephens, Incidcn's of Truiel in Central America, Chiapas and Yucalan. New-York, 1867, vol. I, p. 157.
ESSAI d’interprétation d’uN MONUMENT DE COPAN 8o
kiïk, tae-keih, tae-hei\ l’un des symboles les plus vénérés des Chinois.
Le Taï-ki, suivantl’école deTchou-hi ou Tchou-Fou-tseu, est le grand extrême, le grand absolu^ le grand faite , le pôle du monde. C’est un principe très parfait, qui n’a ni commencement
Fig. 54 el 55. L'autel hémisphérique de Copan, vu de prohl et d en haut.
ni fin ; c’est l’idée, le modèle et la source de toutes choses, c’est l’essence de tous les êtres ^ .
Ce sont en effet les diverses formes du même mot, telles que du Halde el les anciens Jésuites, Davis, Edkins, von Faber, Jones, les ont transcrites dans
*^27j°-B^^dr Halde. Description géographique, historique, chronologique.
DECADES AMERICAN.1-
On représente le taï-ki de la manière suivante : sur le demidiamètre d’un cercle donné, dit Davis*, décrivez un demi-cercle et sur le demi-diamètre restant, décrivez en sens contraire un autre demi-cercle.
La figure ainsi obtenue, combine ce que les Chinois nomment le Y^ang et le Y'in, c’est-à-dire la force et la matière, l’actif et le passif, l’essence positive et l’essence négative, la lumière et l’obscurité, le principe mâle et le principe femelle, l’âme ration-
Fig. 56. Le Taï-ki, d’après la ligure de Davis.
nelle et l’âme physique. L’un de ces principes est représenté de couleur claire, l’autre de couleur foncée, et pour mieux symboliser la pénétration du second principe par le premier on ajoute au milieu de la figure foncée un petit disque clair, tandis qu’un petit disque foncé au contraire sera peint au centre de la figure claire®. Ces petits accessoires dont l’invention est postérieure à celle du Taï-Ki proprement dit, font défaut sur notre monument de Copan qui répète exactement les représentations chinoises anciennes de
politique et physique de l’empire de la Chine. La Haye, t736, in-4, t. 11,1 p. 36-37. — Cf. E. J. Eilel. Fong-Shoui ou principes de science naturelle en Chine (Ann. du Mus. Guimet,l. I,^as5.); J. Edkins, La religion en Chine. (Ibid., t. IV, p. 132 et suiv.)
1) J. -F. Davis, La Chine ou description générale des mœurs et des coutumes, du gouvernement, des lois, des religions, des sciences, de la littérature, des productions naturelles, des arts, des manufactures et du commerce de l'empire chinois, trad. fr. Paris, 1837, t. Il, p. 21-22.
2) « Suivant la cosmogonie chinoise, dit M. Max von Faber, l’univers était, au commencement, une vésicule ou cellule, dans laquelle se trouvait enfermé ule chaos gazeux, nommé guoan-Ki. Cette cellule fondamentale, c'est le t'aai- Kiïk, c’est-à-dire, le commencement.
« Le guoan-K’i était une mixture intime de deux sortes de gaz, dont une sorte nl’ïanÿ, c’est-à-dire, le vivifiant ; \e vivant et traitant avec connaissance ; cactif ; le masculin , la lumière ; et l’autre sorte le im, c’est-à-dire le vivant privé de sentiment ; le passif ; le féminin ;\'obscurité . Le t’aai-Kiïk (le com-
KSSAI d’inïKKPRÉÏAïION D l'N MONt.MKNT DE COPAN
l’école de Tchou-hi. On pourra comparer, par exemple, la vue d’en haut de la pierre de Copan avec les dessins qui ornent les parois du vase chinois précédemment emprunté à la Céramique de Jacquemart. Ce décor, dont un tai-ki forme le centre, représente ce symbole dans des orientations inverses, encadré de quatre Koua, Toinj^i Kien, d’une part, Kouen et Kien de l’autre*.
Une image populaire, que nous avons récemment reçue du Tonkin, montre le taï-ki peint en vert et en rouge au milieu d’un Sien Tien, composé des mêmes Koua que celui qu’a reproduit .M. Uumoutier dons la Revue d' Ethnographie de 188?), mais tout autrement disposé. Ce premier ensemble est entouré de vingt-huit médaillons circulairès peints de diverses couleurs et qui contiennent chacun un caractère chinois. Quatre autres signes plus gros figurent dans les angles. Le haut de la planche est occupé par des cartouches où sont inscrits les signes correspondants aux idées de rareté, de longue vie, de richesse ; dans le bas on trouve les signes qui rendent les idées de gam et de bonheur.
niencemeril) était représenté de la manière ci-jointe; le rouge (1) correspond à l'élément iang et le noir à l’élément im ; la grande portion rouge est nommée t'aai-iang et la grande portion noire est nommée t'aai-im (2). L’œil rouge dans le champ noir (3) est nommé sio-iang (4)) et dénote l’existence présente du iang dans le im ; l’œil noir dans le rouge se nomme sio-im (5). et dénote l’existence présente du im dans le iang. C’est une sorte d’ubiquilé du
iang dans le im et du im dans le iu7ig. » (Max von Faber, Transcendentale Voorstellingen der Chineezen. — De Indische Gids. Statt-en Letter Kimdig Maardschrift . Amsterdam, avril 1884, p. 703-704.)
1) Cf. Revue d' Ethnographie, t. IV, p. 19 et 324, 1885.
1) C’est la partie claire de la figure.
2) C'est-à-dire le grand iang et le grand im.
3) C’est le point blanc de la figure.
A) Le petit iang.
5) Le petit im
DECADKS AMÉRICAINES
Cette page d’impression, où le symbole, retrouvé à Copan^ est ainsi honoré, comme le centre de tout bien, l’axe autour duquel gravitent toutes les prospérités, cette page d’impression, dis-je, fait partie des feuilles d’imagerie populaire, qui de la Chine se sont répandues dans les pays du Sud *.
On trouve encore le tài-ki inscrit sur le revers de certaines tablettes magiques, usitées dans les sacrifices que l’on fait pour obtenir la pluie; gravé sur des fauteuils, des tables, des canapés, en bois dur de Canton ; peint sur des bannières de temples ou sur les bandes de papier rouge que l’on suspend aux portes à l’approche du Nouvel An*; enfin attaché à un certain nombre d’objets usuels, pipes, etc. C’est donc un signe très répandu, très populaire, non seulement en Chine, mais dans toutes les contrées qui ont plus ou moins subi l’influence de la civilisation chinoise.
Signaler la présence d’un tel symbole à Copan, dans cette ruine où l’on a déjà relevé tant de manifestations d’un art étrange et curieux , parfois apparenté de près à ceux de l’extrême orient du vieux monde, c’est fournir une nouvelle preuve très sérieuse à l’appui de la théorie qui fait venir d’Asie l’un au moins des courants civilisateurs dont l’Amérique a jadis ressenti la bienfaisante influence.
C’est de plus fixer à ce monument de Copan une date au delà de laquelle son érection serait invraisemblable. Si, en effet, comme on l’assure, Confucius a parlé du taï-ki dans un appendice placé à la fin de son commentaire du Yi-king ‘, c’est seulement sous la dynastie des Song (1126-1278 de notre ère), que la doctrine qui fait de ce symbole le principe de toutes
1) M. le lieutenant de vaisseau Gouin, résident de France à Nam Dinh, auquel nous en devons la connaissance, l’a achetée au moment de la grande fêle du Tât et s'est assuré qu’elle avait été imprimée à Tay hô, près de Ha-noï. (Comptes rendus de la Soc. de géogr., 1885, n® 14, p. 418, 3 juillet 1885.)
2) il fait souvent pendant au signe feu, renversé, qui a le pouvoir de protéger les maisons contre l’incendie. (Jametel, Notes mss.)
3) Le musée d’Elhnographie possède une amulette de pipe recueillie par M. Brau de Saint-Pol Lias au Tongkin et qui porte un taï-ki, qui ne diffère de ceux dont il vient d’étre question que par le double contour de sa courbe intérieure.
4) J. -B. du Halde, op. cit,, p. 36.
ESSAI d’interprétation d’un monement de copan
choses a commencé à se répandre largement en Chine. C’est donc au xiii* siècle au plus tôt, qu’on pourrait faire remonter le monument qui le représente à Copan.
Il orne, dans l’enceinte sacrée de la vieille cité religieuse, la face supérieure d’un autel’, et cet autel, comme tous ceux que l’on a découverts dans cette merveilleuse ruine, est placé devant une statue.
Il serait particulièrement intéressant de connaître, dans tous ses détails, la ligure à laquelle était consacrée une pierre d’offrande d’un caractère si spécial. Par malheur l’idole, marquée M sur le plan de Stephens et Catherwood, qui correspond à l’autel hémisphérique, a été anciennement brisée. Le piédestal seul demeure en place et l’on y peut voir les deux pieds chaussés de riches sandales, sculptées avec beaucoup de soin. Le reste de la statue, couché sur le dos, est caché dans toute sa longueur par un gros tronc d’arbre depuis longtemps tombé sur elle ^
Espérons que M. Maudsley, dont on nous signale la présence dans les ruines de Copan, donnera une nouvelle preuve de son zèle éclairé pour l’archéologie américaine en faisant dégager et mouler cette idole, dont l’examen attentif peut faire beaucoup avancer la solution de l’important problème que soulèvent les ressemblances manifestées une fois de plus entre les monuments des pontifes de Copan et ceux des disciples de Tcbou-bi ®.
1) Voici ce qu’en a dit Stephens à la paj^e citée plus haut de ses Incidents o( Travel « Opposite is a circular altar with two growes on the top, three feet high, and five feet six inches in diameter, an engraving of which is here given » (vol. 1. p. 157.)
2) Stephens, loc. cxt., fig.
3) C'est la première fois que le taï-ki est signalé avec une pareille netteté sur un monument religieux de l’ancienne Amérique. On rapprochera cette observation curieuse de celles que nous avons déjà précédemment recueillies. Les lecteurs de ces décades voudront bien se rappeler le signe presque semblable quelquefois usité chez les Chimus et les Yuncas.
Les mound builders connaissaient et vénéraient, nous l’avons vu, également un symbole de môme ordre, mais dans lequel le cercle était coupé en trois ones au lieu de l’être en deux .
DECADES A.MERir.W.E