‹ Mémoires d'archéologie et d'ethnographie américainesChapitre 16 sur 43 · LES STATUES DE TEHIIACAN DE LAS GRANADAS · texte numérisé non relu

LES STATUES DE TEHIIACAN DE LAS GRANADAS

I. — Le Musée National de Mexico possède depuis de longues années deux statues en tuf trachitique [toba traquitica) portant encore des traces de peinture et incrusté de thalchihuit el.autres pierres dures; elles ont été trouvées ensemble h une époque indéterminée dans une fouille pratiquée à Tehuacan de las Granadas.

Cette ville, aujourd’hui simple chef-lieu de district de l’État de Puebla, à une douzaine de lieues au sud-ouest d’Orizava, était autrefois fort riche en monuments indigènes. « Particulièrement adonnée, suivant les expressions de Torquemada, au culte et au service des démons ^ » la ville de Tehuacan, dont le nom signifie le het/ où Vo7i possède des Dieux, contenait un vaste panthéon que Fr. .luan de San Francisco détruisit, aussi complètement que possible, peu de temps après la conquête

Les deux statues du .Musée National avaient été probablement enfouies avant cette exécution par quelque Indien, resté fidèle au culte des ancêtres ; elles sont sorties presque intactes de la

1) Cf. ü. Mendoza y J. Sanchez, Catdlogo de las colecciones histdrica y arqueolôgica del Museo National de México. Mexico, Escalante, br. in-18,p. 3.5.

2) « Tehuacan... pueblo... particularmenle dedicado a la cultura y servicio de los Demonios en su anliguedad conforme a la Etimologia del nombre, que parece significar lugar de los Diosos ; y asi era grande el numéro de los Idolos que en aquel Pueblo hauia. » (J. de Torquemada, Tercera parte de los veinte i un libros rituaksi Monarquia Indiana, lib. XX, G. xuii, 2®êd., Madrid, 1723, l. III, p. 480-481.)

3) « Como el celo del Varon de Dios era. que solo vn Dios verdadero fuese adorado, y destruidos todos los demas que fingidamenle vsurpaban este Nombre ; hiço recoger el siervo de Dios de estos todos los que pudo con intenlo, de que en vn Dia senalado se hiciese vn solemne sacrificio a la Divina Magestad, destruiendo y asolando publicamente esta abominacion, etc. » (Torquemada, libr. XX, c. XLiii, t. III, p. 481. — Cf. Id. libr. XVII, c. xiv, t. III, p. 173 et Vetancurl, Menologio franciscano, p. 79.) Les dominicains s’étaient établis de très bonne heure à Tehuacan (Torquemada, libr. XVH, c. vi, t. III, p. 222; libr. XIX, c. IX, t. III, p. .324. — Cf. Vetancurt, Teatro Mexicano, 4 p., t. Il, p. 66. Mexico, 1698, in-f®.)

Page 1