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LES STATUES DE TEHUAÉAN DE LAS GHANADAS

cachette qui les avait soustraites au xvi* siècle aux fureurs des émules de Zumarraga*.

Quand on se trouve en présence de ces deux uniques survivants

t'ig. u7. Chicuei-Miquiztli, figure symbolique de Teüuacan delas Granadas, (d’après uu moulage coaservé au Musée d’Ethnographie.)

du panthéon do Tehuacan on est tout aussitôt frappé des caractères communs qu’ils présentent. Ils ont exactement la même taille (1”,15), presque les mêmes contours généraux, la roche

1) Nous en avons au Trocadéro deux excellents moulages exécutés par les soins de M. Charnay à Mexico.

2) « No subsisten'de el, dit Dupaix en parlant de Tehuacan, sinounas grandes ruinas de lemplo y caserias decal y canto, situados en laderade unos cerritos. » (Dupaix, 1'® expédition, p. 5.)

DECADES AMERICAXÆ

est identique et la main-d’œuvre diffère si peu, de l’une des deux œuvres à l’autre, qu’on se sent tout porté à croire qu’elles sont sorties autrefois d’un même atelier.

Ce sont deux pendants, ou tout au moins deux termes d’une série disposée symétriquement jadis dans quelque édifice religieux de la ville. Nous allons voir que les inscriptions mystérieuses qu’elles portent à la nuque et qui ont échappé jusqu’ici à l’attention des archéologues qui les ont examinées établissent entre elles une solidarité nouvelle.

La première de ces statues, le numéro 4 du catalogue cité plus haut, a surtout provoqué l’attention des archéologues et des ethnographes*. Le personnage féminin qu’elle représente est bien fait d’ailleurs pour attirer le regard. Son corps de vieille, aux seins flétris et déprimés, est surmonté d’une tète de mort ornée de Lurquoises ; ses mains aux paumes calleuses, parce qu’elles ont beaucoup travaillé, se projettent comme pour saisir le malheureux passant ; de hideux serpents à sonnettes s’entrelacent pour tisser sa jupe ; enfin ses pieds aux larges doigts sont armés d’énormes griffes. C’est bien Miquiztli, la mort, toute prête à remplir son lugubre office, ainsi que .M.M. Mendoza et Sanchez, Charnay, Lucien Biart et beaucoup d’autres l’ont très facilement reconnu*. .Mais c’est Miquiztli sous une forme redoublée et

1) M. Mehédin, par exemple, dans une note datée de i8Q5 {Divinité mythiquc de la mort à laquelle on offrait les victimes humaines par plusieurs milliers à la fois dans les rites religieux de l’antiquité mexicaine. Nouvelle description, par Léon .Méhèdin, Paris, Laine et Havard, in-fol.} la rapprochait de la grande idole de Teoyaotniqui. « La figure n®* 75-76 (c’est celle de notre statue cataloguée sous ces deux numéros dans son portefeuille de dessins) vue sur ses deux faces n’est-elle point une variante très intelligible et rendue plus humaine de cette terrible déesse de la mort, Teoyaomiqui ? Ce spectre sur des épaules de femme et la position des mains prêtes à se jeter sur les mortels ne sont-ils pas expressifs autant que notre squelette classique armé de sa faulx?... » La statue dite de Teoyaomiqui est une divinité complexe où la mort intervient bien, mais pour combiner ses symboles avec d’autres symboles du panthéon mexicain, tandis que noire pièce représente exclusivement .Miquizlli.

2) Seul de tous les archéologues qui ont étudié cette sculpture, M. Alfred Chavero y a vu autre chose que .Miquiztli. Rapprochant ce morceau, comme l’avait fait M. .Méhédin, de la grande et célèbre statue souvent désignée sous le nom de Teoyaomiqui, et dont il fait une représentation de Coatlicuc. (A. Chavero, La piedra del Sol. XVI. Anales del Mus. Nac. de Mexico, t. Il, p. 293-298.) M. Chavero attribue il cette dernière divinité la figure que nous étudions. « La mujer, écrit-il (p. 298), tiene per cabeza una calavera adornada de lurquesas ;

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