‹ Mémoires d'archéologie et d'ethnographie américainesChapitre 20 sur 43 · Madronos, arbouses {argstaphijlos lomentosa. Dougl · texte numérisé non relu

Madronos, arbouses {argstaphijlos lomentosa. Dougl

13. — De Alharasado è | India, nace Barzino. — Id Albarasado (Castro écrivait au bas de la scène précédente albarazado) et l'Indienne, sa femme, sont marchands de légumes. Leur éventaire est une grande banquette ou cage en bois léger, à claire-voie, sur laquelle sont étalés la plupart des légumes usités au Mexique, tomates, aulx, oignons, melons, piments verts et rouges, raves, navets, carottes, radis, choux et salades. L’homme

1) Je me suis beaucoup aidé, pour ce travail, de la Sinonimia vulgar y cieiilifica de nlyunas plantas silvestres y de varias de las que se cuUivan en MéKico, dipu sia en orden alfabético, que D. Alfonso Herrera a imprimée dans les tomes 11, 111, IVet V de la Satural'’za de .Mexico, recueil assez rare en France, que M. le professeur Bureau a bien voulu mettre à ma disposition.

DECADES AMEKICAN.f;

d’un brun olivâtre (n« 34 de l’échelle chromatique), appuyé sur le bord d’une grossière corbeille de paille posée de champ, tient dans sa main droite levée, un légume qu’il montre au barzino, auquel sa mère vient d’en donner un autre. Celle-ci d’un rouge de cuivre/n“ 29) porte une chemise de coton et une jupe de grosse étoffe jaunâtre. Le père est sommairement vêtu d’une couverture de laine jetée sur une épaule et d’un petit chapeau de feutre. L’enfant est nu ; sa couleur est celle de son père, légèrement éclaircie.

14. — De Barzino, ê Y.n- | du, nace Campa mulato. Le Barzino, de couleur brune olivâtre (n”* 34-42) est marchand de bonbons, et tient sa marchandise dans un panier couvert d’un linge blanc. Vêtu de blanc lui-même, ainsi qu’il sied aux gens de son métier*, il accompagne sa femme, marchande de volailles, habillée exactement comme l’Indienne du tableau 10, et portant sur le dos des poules vivantes dans un sac de grosse toile. La main gauche, qui retient le sac autour du cou, supporte un coq d’Inde, également vivant, tandis que la main droite serre, par les pattes, des poulets qui font de sérieux efforts pour échapper à cette position incommode. L’enfant joue entre ses parents avec une grande cruche en terre cuite. Il ressemble fort à son père, toutefois son teint est un peu grisâtre. Son costume est une simple chemise de coton, sa coiffure, un petit chapeau de feutre.

La race indienne du .Mexique associe bien parfoisson existence à celle du nègre, ainsi que nousvenonsilele voir, et surtout avecle métis. C’est ce croisement (jue met en scène le tableau 13.

13. — De Yndio, v .Mestiza | nace Coyote. — Le père est un bel Indien à longs cheveux noirs tombant en longues mèches des deux côtés d’un visage cuivré (n" 28-29 de l’échelle), un peu plus sombre que celui des Indiennes examinées plus haut, mais peu accentué et dont une fine moustache souligne à peine le sexe.

1) Son costume blanc est finement rayé de jaune orange et le foulard qu’il porte au cou est brodé de bleu clair. La taille est serrée par une ceinture pourpre; les culottes courtes d’un bleu grisâtre sont bordées d’un retroussis blanc. Enfin la tête est coilTée d’un petit chapeau mou de feutre noir.

PKINTÜUES KTirXOGRAPIIlOrES n’iGNACtO DE CASTRO 407

Son costume se compose d’im gros chapeau de paille et d’une longue blouse de coton rayée de bleu et de blanc, et autour de laquelle s’enroule une couverture. Il est marchand de nattes et porte sur le dos un lourd ballot que soutient une courroie appuyée sur son front,

V,n.mestiza, femme de cet Indien (n“’‘2l-2Hl, vend une sorte (le pâte comestible rose tachetée de vert, qu’elle tire en long boyau d’un plat de bois à Heurs. Sa jupe rayée ressemble à la longue blouse de son compagnon, et sa dalmàtique blanche, la serpillière grossière qui lui entoure leçon, sont toutes semblables aux mêmes pièces du vêlement de la femme représentée dans le n» 14.

Lejeune coyote, (ils de l’Indien et de la mestiza [coyotl est le nom du canü mexicanus) s’est emparé d’une boulette de la pâte maternelle et la montre triomphalement à son père vers lequel il se retourne. Il est modestement vêtu d’un petit châle, à raies rouges et blanches, croisé sur sa poitrine; ses cheveux sont noirs, longs et souples, et son teint (n®“ 21 -.30) lient à peu près le milieu entre ceux de ses deux parents.

16. — y.NDios MEcos NO.M- [ BHAOOS Apacues. — H iious reste deux mots à dire des Indiens que Castro, fort ignorant des choses de l’ethnographie, appelle tout à la fois Mecos et Apaches, Ce sont do jolis sauvages de fantaisie, d’un beau rouge ocré (n" 29), ornés de tabliers, de bracelets, de cimiers éclatants, composés de plumes vertes, jaunes, rouges et bleues. Ils sont armés de (lèches empennées et d’arcs de Cupidon, à poignée tournée en

bobine. La femme porte deuxgrandsenfanls, dont un estendormi,

dans une sorte de hotte à claire-voie.

C’est au bas de ce tableau, le dernier des seize, que se lit la signature soigneusement écrite :

Ignackj de Castro fec‘ ] en Mexico

Aucune date n’est jointe à la mention du nom du peintre et à celle de la localité dans laquelle il a exécuté son œuvre.

J’ai joint à cette notice sommaire des peintures ethnogra-

l>KCAI»KS AMKKir.A.N.K

Fig. 61.

Ulanc (Espagnol). — U. Indien (Aztèque, etc.). — C. .Nègre." — 1. .Métis. — II. Castiso. — III. Espanolo. — IV. .Mulato. — V. .Morisco. — VI. .Albino. — VII. Tornatra. — VIII. Lobo — I.X. Cbino. — .X. Cauibujo — XI Tente en cl aire. — XII. .Albarazado. — XIII. Barziuo. — XIV. Campannilato. —XV. Coyote.

l‘KINTl KKS KTMNOdK AIMIIOIIKS ll'lC.NACK) I)K C.ASTIIO lOÎI

phiques d’ignacio de Castro, acquises par le .Muséum, une petite planche qui résume les renseignements qu’on en peut tirer pour la généalogie des sangs mêlés me.\icains.

Trois cercles B, C, placés sur une même ligne horizontale, représentent les éléments ethniques primitifs, hianc, noir et rouge (ce dernier ton représenté par une striation verticale). Les croisements du hianc et de l'Indien, du hianc et du nègre, forment un premier groupe descendant. Les croisements de l’Indien et du nègre, de l’Indien et du mnlAtre constituent un second groupe ascendant. .V chacun des produits qui composent ces groupes correspond un cercle sur lequel la quantité de saug de chaque race est représentée par un secteur d’une ouverture équivalente. Des chiffres romains placés au-dessus des cercles renvoient à la nomenclature inscrite au hasde la planche.

HO

DECADES AMEKICAN.E

OHELOEES MOTS Sl'R i/eTHNOGBAPFIIE DKS l.NDIENS OMAHAS.

On a beaucoup écrit, aux Etats-Unis, sur les usages et les mœurs, les croyances et les traditions de la grande famille indienne désignée jadis par le nom de Sioux ‘ et qu’on appelle aujourd'hui Dakotah. L’anthropologie de ces l*eaux-Rouges a fourni en outre le sujet d’importantes publications depuis Morton jusqu’à Otis et leur ethnographie a trouvé dans Catlin, Schoolcraft, etc., d’excellents interprètes.

Mais si l’on est bien renseigné sur les Dakotahs considérés en général, les tribus isolées qui composent cet ensemble ethnique sont insuffisamment connues dans les détails qui les concernent, et la tribu des Omahas, en particulier, dont nous avons eu à Paris, il y a quelque temps, de nombreux représentants sous les yeux, n’a pas été jusqu’à présent l’objet d'une étude bien attentive. On ne lira donc pas sans utilité la courte notice qui suit, dans laquelle nous avons résumé ce que l’on connaissait de cette tribu, avant le voyage à Paris de ses principaux chefs, ce que nous en avons appris pendant leur séjour parmi nous.

La tribu des Omahas forme dans le groupe Dakotah une subdivision, comprenant en outre les Ponkas, les Ivonsas, les Osages et les Quapaw; elle est établie depuis des siècles sur les bords de la rivière Plate* ou Nébraska, important affluent de droite du .Missouri.

C’est aux deux voyageurs français, Jacques Marquette et Louis Jolliet (1674) que l’on doit les premières indications précises sur son existence. Le mot « Maba » se trouve, en effet, inscrit pour la première fois sur la carte dédiée par Jolliet à Fontenac et publiée par .M . Gabriel Gravier dans la Revue de Géographie de 1 880.

Ce nom s’y trouve placé sur la rive gauche de la rivière Plate,

1) CVst le nom de sa peuplade principale.

2) Flatte River des auteurs américains.

QUELQUES MOTS SL'K l’etHNOGRAI’HIE DES INDIENS ÜMAHAS 1 1 I

non loin de l’embouchure de ce large cours d’eau dans le Missouri.

Carver trouve les Omahas établis dans la même région en 1766, Lewis et Clarke rencontrent une partie de leurs wigwams installés sur les rives du Niobrasa ou « l’Eau qui court », autre affluent de droite du Missouri parallèle au Nébraska.

Ils étaient au nombre de 3,500 en 1802, divisés en deux bandes, celle des Istaccndas ou Yeux Gris et celle des Ilougashans ; la petite vérole, importée dans la vallée du Missouri, les réduit k 600 ou environ.

Le census de 1847, publié par Schoolcraft, montre la tribu composée de 1,349 personnes, ayant par conséquent, en partie réparé ses pertes *.

Une nouvelle diminution, dont les causes précises ne nous ont point été données, ramène eu 187.3 les Omahas au chiffre de 1,005 qu’ils dépasseraient quelque peu aujourd’hui, suivant les renseignements que nous ont fourni les deux chefs que nous avons interrogés.

On connaît mal l’histoire de cette tribu avant 1815, date du premier traité conclu en son nom avec le gouvernement des États-Unis. Les ethnologues américains la croient venue du Nord; ses luttes continuelles et souvent malheureuses contre les Sioux ou Dacotahs proprement dits, ont restreint de plus en plus son habitat, en la refoulant vers le sud, où les Fawnies, ennemis des Sioux, recueillirent et sauvèrent les débris de ses bandes décimées.

Au temps de la prospérité des Omahas vivait un grand chef Wa-Shenga-Sah-ba, l’Oiseau Noir, resté célèbre dans tout le Nébraska et dont les Blancs ont donné le nom à un comté et à une ville. lilaclc-bird, dont un pelil-fils figurait parmi nos hôtes, a laissé chez ses compatriotes une réputation immense fondée sur une superstitieuse terreur. Ce n’était pas seulement un guerrier

1) On ne manquera pas de rapprocher le caractère que ce nom vient de révéler, du caractère à peu près semblable attribué par Catlin aux Mandans dans son célèbre ouvrage.

2) Cette année 1847 dont nous connaissons la statistique détaillée donne un excédant très sensible des naissances (47) sur les décès (il) (Schoolcraft.)

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redoutable, c’était un grand médecin, et certaines légendes que Catlin se refuse à croire, le montrent empruntant aux marchands de fourrures de violents poisons dont il use sans cesse pour contraindre ses sujets à admettre son pouvoir surhumain.

Hlack-bird est mort en 1804, atteint de la variole au retour d’un voyage à Washington. 11 a voulu qu’on l’enterràt sur le sommet d’un pic qui domine de 400 pieds les bords du Missouri « afin de pouvoir voir de là-haut les Français (s;c) montant et descendant la rivière sur leurs navires ». Ou creusa une large fosse et on y mit le corps du grand chef, en selle sur le cheval blanc favori, l’arc à la main, le bouclier et le carquois, la pipe et le sac-médecine fixés sur les épaules ; sa poche à tabac était bourrée, son sac à pemmican rempli, son briquet et sa pierre à feu mis en place avec une mèche neuve.

Les scrt//>s qu’il avait conquis pendaient comme des trophées à la bride du coursier, et une coiffure de guerre faite de belles plumes d’aigle ornait son couvre-chef. Chaque guerrier enduisit de vermillon la paume de ses mains et imprima sa marque sur les lianes du cheval blanc du maître ; des mottes de gazon furent entassées autour du noble animal et le lumulus achevé fut surmonté d’une poutre de cèdre qu'on voit encore aujourd’hui de fort loin, véritable land-mark qui signale au voyageur le tombeau du fameux HIack-hird.

Deux autres grands chefs Omahas furent Kaiko-Ga-üuaou- Sha-Shee, le Brave Chef, et Ompah-Ton-Ga, le Gros Elan, dont Catlin fit les portraits à l’époque où, remontant le cours du Nébraska, il enlevait clandestinement du tombeau de Dlack-bird, pour les mettre dans sa collection, le crâne de cet homme célèbre el celui de sa monture favorite.

Plus lard, un autre chef, Logan-Foulenelle, fait la paix avec les Sioux el rétablit la tribu Omaha daus les prairies qu’occupaieul ses ancêtres.

Le chef actuel des deux bandes est Shu-Dthe-Nuzhe, la Fumée Jaune, vieillard de soi.xante-dix ans, que nous avons pu voir, à la tête de sa troupe, au .lardin d’acclimatation. « C’est, dit .M. Jackson, (jui a publié son portrait à Washington on 1877, le

gUKLyUKS .MOTS SUR l’kTII.NOOR.AIMIIK des I.NDIE.NS OM.VHAS 1 13

chef principal des Omahas et un personnage iniluènl, d’une intelligence plus qu’ordinaire et d’une habileté toute pratique. Il occupe sa position par droit héréditaire. Il est fort à son aise, possède un grand nombre de chevau.v et une maison fort bien montée ‘ ».

Les Omahas sont, en effet, devenus sétlentaires. Ln compensation des cessions de territoire qu’ils ont dù consentir aux HIancs, le gouvernement des Klats-Unis leur fournil depuis longtemps des instruments d’agriculture, des métaux utiles, etc. Dès 1867, un forgeron, à la charge de l’Étal, travaillait chez eux et pour eux, aidé d’un assistant, (’et artisan avait, dès lors, réparti trois cents houes, cent cinquante haches, etc., entre les Omahas.

On cultivait dans la tribu une trentaine d’acres en blé, en pommes de terre, etc.; on y récoltait force melons; le nombre des chevaux atteignait cent soixante-treize, etc.

C’est sans doute à ce changement radical dans leurs habitudes et leurs mœurs que nos Omahas doivent l’embonpoint qui les a envahis. La sveltesse et l’élégance de formes, qui frappaient si vivement nos prédécesseurs admirant les loways de 18io, ont fait place chez nos visiteurs d’aujourd’hui à une lourdeur et à un empiUemenl très caractéristiques. Un de nos collègues de la Société d’Anthropologie disait d’eux avec beaucoup d’à-propos, qu’ils sont devenus les Maures de la prairie. Ce sont, à part cela, de beaux spécimens de la race. Leur taille atteint jusqu’à 1”,80, leur torse est large et fort, leurs épaules sont développées et leurs bras relativement robustes, les jambes enfin et les pieds jouissent d’une agilité vraiment remarquable.

Ce n’est pas le lieu de décrire en détail les caractères crâniens et faciaux que nous montrent les Omahas. Ces caractères sont d’ailleurs bien connus, et nous nous bornons à faire remarquer, on passant, qu’ils présentent, chez quelques-uns de nos hôtes, une accentuation des plus frappantes. L’un de ces hommes, entre autres, qui se nomme ^0^/T.s■ évoque immédiatement le

1) \V. H. Jackson, Descriptive Cntalogue of Photograplis of Xorlh American fn'linns Washinirlon, Oovernm. Print, OlF. 1877 br. in-8®, p. 52-54.

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souvenir des héros les plus remarquables de Fenimore Cooper.

Les différences sexuelles, que relevaient les ethnologues de 1845, se montrent tout aussi fortes aux yeux des anthropologistes d’aujourd’hui. Nous avons tous trouvé aux femmes Omahas un aspect bien plus asiatique que celui que nous ont offert les hommes, et les enfants qu’elles nous ont amenés sont bien plus mongoloïdes que leurs mères. Deux gamins, entre autres, petits-lils, je crois bien, du Nuage Jaune, ont au plus haut degré l’œil mongol, bien décrit par M, Deniker chez les Kalmouks de la Volga, qui ont précédé nos Indiens sur la pelouse du Jardin d’acclimatation.

Les objets que les Omahas ont apportés avec eux sont, en général, médiocrement intéressants. Les industries spéciales à leurs ancêtres se sont profondément altérées entre leurs mains et les matériaux mêmes que les vieux Umahas mettaient en usage se sont en partie modifiés. Les tentes sont en toile ou en coton, au lieu d’être en peau de bison, comme jadis, et les figures qui y sont exécutées sont barbouillées sans soin à la détrempe au lieu d’être nettement imprimées dans le cuir comme celles des wigwams d’autrefois. Des couvertures (blankets) de laine rouge ou verte remplacent sur les épaules de la plupart de nos Indiens les robes en peau de bison curieusement décorées où les guerriers retraçaient leurs exploits. Les broderies en piquants de porc-épic, qui couvraient les mocassins, les culotleset les blouses, ont fait place à des ornementations de verroteries polychromes d’origine européenne; les pendentifs des jambes, jadis si compliqués et si riches, se sont beaucoup simplifiés et la coiffure ellemême a pris chez quelques-uns des apparences presque européennes. L’n des guerriers, par exemple, porte une sorte de turban de laine enroulé autour de la tête, comme celui de certains trappeurs.

Je n’ai remarqué dans la petite collection ethnographique oflerte à la suite du voyage des Omahas à Paris, au Musée d’Ethnographie‘, qu’un petit nombre de pièces originales. Les trois

1) C’est à la générosité de M. de Lagrange que nous devons cette collection.

gUELyUKS MOTS SUR L ETHNOGRAPHIE DES INDIENS OMAIIAS

figures ci-joiules montrent les instruments employés à la préparation des peaux; ce sont une sorte de racloir (fig. 61) fait d’un bout de canon de bison encore articulé aux os du pied et taillé en biseau strié et deux grattoirs tà manche d’os, dont Tun (fig. 62) porte un court ciseau de fer fixé à l’aide d’une douille en cuir de bison*.

Une vieille robe en peau du même animal, brodée en porcépic, est décorée d’un dessin courant noir sur fond rougeâtre dé-

Fifç. 61. Pacloir fait d’uae portion de canou de bisoo eocore articulé aux os du pied (la petite figure à droite moutre les stries du biseau). — Fig. 62. Grattoir

en fer eininanché à l'aide d'une douille en cuir sur un manche en os.

Fig. 63. .Manche d'un autre grattoir semblable.

teint et doit remonter, si je ne me trompe, à l’époque de l’indépendance. J’attribue la même ancienneté relative à quelques-uns des ornements que portent nos sauvages et dont ils n’ont pas voulu se séparer; un collier de griffes d’ours gris, par exemple, m’a bien paru provenir de quelque illustre chasseur des anciens jours; certaines boucles d’oreilles de métal à pendants coniques, sont également archaïques.

Le reste du décor est moderne, mais conserve néanmoins un 1) L’autre (fig. 63) est incomplet et ne se compose plus que du manche.

Fig. 62.

Fig. 61.

Fig. 63.

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certain aspect tout spécial. Le goût ornemental si particulier des Peaux-Rouges, leur faire artistique, si l'on peut parler ainsi, sont restés empreints sur tous les objets, même les plus vulgaires, exécutés par eux. Leurs peintures, entre autres, quoique relativement grossières, sont toujours les pictoqraphies que Catlin a si bien fait connaître.

. J’appellerai spécialement, à ce point de vue, l’attention des lecteurs sur une petite tonte qn’ils trouveront à demi déployée audessus delà porte de sortie de la galerie américaine du Musée du Trocadéro. Cette lente a été ornée de peintures à l’eau qui sont l’œuvre d’un des Omahas venus à Paris, et où se trouvent naïvement représentés la chasse au bison et au cerf, un combat contre les Américains, enfin et surtout la cérémonie que toute tribu Dacotah célèbre chaque année. Je veux parler de laFc/c du Soleil bien décrite dans uu article du Chicaqo Times, traduit par moi dans \a. Revue d’ Ethnogi'aphie de 1882 ’, L’artiste Omaha a reproduit le poteau surmonté d’un scalp ensanglanté et auquel sont attachés par la poitrine quatre Danseurs du Soleil. L’astre en l’honneur duquel se célèbre l’horrible fête est grossièrement figuré à la droite de la scène.

t) Rev. d'Elhnogr, l. I, p. 527-529. 1882.

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