LES AQUARELLES ARCHÉOLOGIQUES DE M. GUESDE, DE LA POINTE-A-PITRE
Ce que l’on sait de l’ethnographie des Petites-Antilles avant l’établissement des Européens se borne jusqu’à présent à bien peu de chose. Quelques textes généralement assez brefs des premiers voyageurs font très vaguement connaître l’état des indigènes au moment de la découverte et les musées ethnographiques renferment çà et là quelques rares spécimens des industries de ces insulaires disparus si rapidement devant les Planes. Ces pièces sont presque toujours des haches en pierre larges et plates, terminées par une tête en bouton, que sépare du corps de l’outil un rélrécissement en forme de gorge circulairement évidée. On donne habituellement à ces haches l’épithète de caraïbes, sans qu’il soit d’ailleurs prouvé le moins du monde qu’elles soient l’œuvre exclusive du peuple de ce nom.
.\ côté de ces haches à gorge et à bouton, on a quelquefois signalé d’autres haches très analogues à celles de l’ancien monde et qui offrent, en particulier avecles pièces similairesdes Canaries, les affinités les plus étroites. Ces instruments, qui rentrent le plus souvent dans le type décrit par .M. John Evans sous le nom àacellsà section oua/e‘, sont parfois, mais très rarement, décorés, comme celles du -Musée de Douai, de grossières figurines en relief d’un aspect tout particulier.
A part ces deux catégories d’objets, on ne connaissait rien ou presque rien, jusqu’à ces derniers temps, des Petites-Antilles. .\ussi est-ce avec le plus vif intérêt que j’ai parcouru l’album d’aquarelles récemment offert par un fonctionnaire de l’administration des finances, .M. Guesde, receveur de l’enregistrement à la Pointe-à-Pitre, au Musée d’ethnographie du Trocadéro, et dont je me propose d’examiner rapidement les belles planches dans cette courte note.