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DÉCADES AMÉRICAINES
LES LACANDONS DE LA HAUTE UZUMACIMA
M. Charnay a consacré quelques lignes d’un des meilleurs chapitres de son nouveau livre’ à une peuplade sauvage, particulièrement intéressante, dont il a rencontré plusieurs représentants au paso Yalchilan, sur les rives de l’Uzumacinta.
Les Lacandoiis, qu’il nous fait rapidement connaître dans ce passage, appartiennent à la grande race des Mayas et parlent un dialecte de la langue du même nom.
Dernier débris d’une nation autrefois llorissante, ces pauvres Indiens sont un des exemples les plus remarquables, que l’on puisse aujourd’hui citer, d’un peuple jadis civilisé et retombé, sous l’influence de circonstances défavorables, dans un état voisin de la barbarie.
Leurs ancêtres construisaient dans toute celte région presque . déserte aujourd’hui, des villes importantes, (|ui renfermaient des monuments nombreux et variés.
Ils possédaient une écriture compliquée, dont ils couvraient les parois de leurs édifices. Leur céramique était curieuse et bizarre. Ils sculptaient des bas-reliefs '1*1. II) sur lesquels ils représentaient leurs chefs’ couverts de riches vêlements, tuniques, manteaux ou pèlerines, brodés avec nn art véritable ; portant d’étranges bonnets surchargés d’ornements volumineux, des oreillères énormes aux découpures tourmentées, de gros colliers à larges médaillons, des mancbeltes, des jarretières à pendentifs, des sandales à hautes lalonnières serrées par des glands au cou de pied, etc...
Les villes de jadis, abandonnées à la snite des invasions espa-
1) D. Charnay. Les anciennes villes du ?ioureau- Monde : Voyages d’e.vploralion au Mexigue et dans l’Amérique Centrale (1857-1882). Paris, Hachelte, 1885.
1 vol. in-i illuslré.
2) Cf. Kevue d’ Ethnographie, tüme.11, pl. 4, 1883.
LES LACANDONS DE LA HALTE LZLMALINTA i7
gnôles, ne sont plus représciilées que par des hameaux fort modestes, assez bien tenus, nous dit-on, et qu'entourent de petits cluinq)s relativement bien cultivés*.
Le secret de l’écriture des ancêtres est si complètement perdu, que pas un Lacandon n’en comprend un seul caractère.
Tout leur art se borne à pétrir sur d’anciens modèles des vases qu’ils barbouillent de couleurs voyantes, à entailler sans goût les bois de leurs longues llèches (pl. 111, lig. 1 à 4) ou à semer au hasard des taches rouges sur les grossiers tissus dont ils couvrent leur nudité L
Us ne possèdent d’autre vêtement qu’une large tunique à manches courtes, faite d’un coton fort grossier; ils ne portent d’autre ornement que de lourds colliers de graines ou de dents, de grilles d’oiseaux ou de pièces de monnaie qu’ils ont reçues des blancs, ou bien encore des plumes d’aigle que leurs femmes plantent dans une chevelure mal soignée, flottant à l’aventure.
Enfin les seules armes qu’ils possèdent sont dos armes de U âge de pierre, qu’ils confectionnent d’ailleurs avec une véritable négligence.
M. Cbarnay mentionne des haches de pierre avec lesquelles ces pauvres Indiens abattraient les arbres « pour cultiver leurs cbamps. » Notre voyageur n’a pas pu se procurer une seule de ces haches, dont il ne parle que par ouï-dire; il a recueilli, eu revanche, une curieuse collection de flèches armées de silex dont les figures ci-jointes mettent sous les yeux du lecteur les formes principales et font connaître les emmanchements.
1) « Ils vivent de chasse, de pêche et de la culture de leurs champs, qui soni, me dit-on, mieux cultivés et mieux tenus que ceux des blancs. Nulle herbe dans leurs moissons. Leurs cases sont propres et l’on y trouve quelques provisions de tabac et de coton, du maïs et des fruits. » .M. Charnay ajoute qu’ils n’ont point de poterie (p. 399;; c’est une erreur. I.es Lacandons actuels font des vases grossiers qui reproduisent e.xactement les formes de ceux que notre voyageur a trouvés dans les lemples de Lorillard City ; le musée du Trocadéro possède deux de ces vases modernes.
2) Encore cet ornement rudimentaire semble-t-il être l’apanage des chefs et de leurs femmes. (Charnay, p. 398.)
3) « Tuniques et colliers, dit .M. Charnay, leur semblent d’une valeur inappréciable, car j’essayai vainement de m’en faire céder; et, comme en échange je leur olfrais une de mes chemises, ils se mirent à rire, trouvant l’objet ridicule; mais ils m’abandonnèrent sans regret leurs arcs et leurs flèches à pointes de silex, dont je fis provision. » {Op. cil.)
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Les pointes de ilèches des Lacaiidons affectent toutes la forme caracléristi(|ue desjlèches de pierre américaines, c’est-à-dire que présentant le type lancéolé plus ou moins allongé, elles portent au voisinage de la base deux profondes encoches latérales et symélri(jues, dans lesquelles passent les liens qui les fixent à la hampe, transversalement fendue pour recevoir son armature de pierre
Fig. 13 et 14. Pointe de flèche en silex des Lacandons du Paso Yalcbiinn, vue de face et de profil. (Grand, nat. Mxis. d’Ethnogr, Coll. Chartmy.)
Nos ligures 13 à 17 permettent de se rendre un compte exact du procédé d’emmanchement usité chez les Lacandons, comme chez un très grand nombre do peuplades anciennes et modernes du nouveau monde. Le lien, tourné circulairemont un certain nombre de fois, embrasse tout ensemble les deux lèvres de la
1) Cf. Kan. The Archæoloijkal Collection of lhe United Siales Nalional .Mnsenm in cliunjc of (lie Smithsonian ImliltUion Washington I). C. (Smilhson. Contrit. n®287.) Washington City, 1876, in-4, p. Ü-IO. — Etc.
LES LACANDO.NS DE LA IIAIÏE LZUMACI.NTA
ho.mpe et la portion la plus étroite du pédicule de la flèche, puis SC croise à diverses reprises en X, au niveau de ce même pédicule , pour venir se contourner de nouveau sur la hampe, à laquelle il est enfin fixé, après avoir encore décrit un certain nombre de tours.
La hampe, longue, mince et flexible, est tantôt ronde et lisse (pl.lll, fig. 8), tantôt aplatie, triangulaire ou carrée et entaillée de nombreuses encoches (pl. III, fig. 1 à 4). Ces barhelures, symétriquement disposées, forment des séries à peii près régulières, (pii varient en nombre de douze à vingt et une, et sont disposées sur deux, trois ou quatre rangs.
La hampe, ainsi construite, varie en longueur de 32 à 65 centimètres et se trouve emmaiicbée elle-même dans un roseau de 66 à 78 centimètres, empenné de deux plumes de perroquet*. La longueur totale des flèches oscille entre l"',03et f“,35.
Fi". 15, ‘U), 17. Trois pointes de llècües eu silex des Lucuudoiis du Paso Yalchiian.
{Grand, nat. Même Collection.)
Ces flèches de pierre se lancent à l’aide d’un arc haut de 1“,26 à 1“,69. Cet arc est extrêmement simple, arrondi, quelque peu fusiforme et sans aucune poignée ni garde-main. Il se tend à
1) .M. Charnay, pour se faire bien venir des Lacandons, avait ramassé pour eu-x à l’avance un grand nombre de plumes d’ara.
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l’aide d'une corde assez régulièrement tordue, mais de force médiocre et qui se fixe aux extrémités de l’arc à l’aide d’une anse arrêtée par le relief de deux tortillons de coton.
L’appareil des archers Lacandons, dont je viens de donner la description, est en somme très notablement inférieur à celui des peuplades des Guyanes, de l’Amazone et de l’Orénoque, qui, sans s’élever jamais au niveau qu’ont atteint un instant ces Mayas i redevenus sauvages, ont, du moins, inventé et conservé des engins de chasse beaucoup [)lus puissants et bien mieux fabriqués que ceux dont il vient d’être question dans ce petit mémoii’e.
L INDUSTRIE IIAMEÇON’NIÈRE DE L AROllIREL CALIFORNIEN
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l’industrie IIAMEÇONNIÈRE chez les anciens HAHITANTS DE L ’ A R C 1 1 1 1> E L CALIFORNIEN
Les fouilles pratiquées depuis quelques années sur la côte californienne et dans les îles (jui en dépendent', ont mis entre les mains des ethnographes des documents extrêmement abondants, qui permettent de reconstituer, jusque dans ses détails les plus infimes, la vie (juolidienne de peiqilades qui n’ont point connu les métaux.
I ont est instructif dans les collections énormes, envoyées aux musées ethnographiques de Washington, de Cambridge ou de l'aris, par les délégués de l’Institution Smilhsonieune, du Peabody Muséum et de notre Ministère de l lnstructiou Puhliijue. Peu de séries sont toutefois aussi intéressantes que celh^ qu’a formée M. Léon de C-essac des anciens engins de pêche des insulaires de l’archipel Californien'.
Le musée du Trocadéro possède, en particulier, une technologie complète des hameçons en co({uille^ dont je vais faire rapidement passer sous les yeux du lecteur les diverses transformations industrielles.
Paul Schumacher a déjà, il est vrai, dans une courte note imprimée en 187o‘, appelé l’attention des hommes de science sur les procédés de fabrication des hameçonniers californiens et M. Putnam est revenu sur le même sujet dans ses belles éludes sur l’archéologie des Indiens de l'Ouest^
1) Ces îles, qui Ibrinenl un petit arcliipel situé par 33-84» lat. N., sont au nombre de huit : San-Minfuel, Santa-Rosa, Santfi Cruz, Anacapa, Santa-Barbara, San-Nicolas, Santa-Calalina, San-Clemente.
2) Cet explorateur n’a pas recueilli moins de 400 objets se rapportant aux industries de la pêche,
3) Üeux-cent-cinquante pièces environ, dont un grand nombre se repèlent. Quarante de ces pièces sont entrées dans nos vitrines.
4) P, Schumacher. Dir Anferlûjiiny der An;/elluik‘’n mis Muscheischalen hei dm fnïhcren liewuhnern der Insein in Smda-Barlara Cawd. (Ardiiv für Anlhrop. Bd, VIH, s. 223-224, 187.1, iu-4.)
ü) tr. W . Putnam. Reports upon archxoloy icul and elhnologkal Collection
DÉIADKS AMÉHICAl.NKS
Mais ces deux savants ethnographes ne p(»ssédaient pas, senihle-t-il, un matériel aussi considérable que celui dont je puis disposer, grâce aux collections de M. de Cessac, et les renseigueinents que j’ai réunis dans les pages que l’on va lire ne feront pas tous double emploi.
La coquille do Vhaliotis, matière première de la plupart des hameçons californiens, est d’abord cassée en morceaux à l’aide d’une pierre (lig. 18), puis grossièrement retouchée sur ses bords
Fig. 18. Fig. 19. Fig. 20.
Fig. 18. Fragment de coquille d'haliotis grossièrement équarri. — Fig. 19. Fragment de la même coquille retouché à petits coups. — Fig. 20. Autre fragment avec un commencement de perforation. (Grand, nat. Mus. d'Ethnogr. Coll, de Cessac.)
(lig. 19). L(‘S fragments ainsi préparés sont de dimension fort variables, les plus gros peuvent atteindre 8 centim. sur G, et les plus petits, 2 centim. carrés.
L’artisan perce ensuite vers son milieu le distpie de coquille à l’aide d’un silex bien pointu (fig. 21 à 2.5). Le trou obtenu est de dimensions fort variables, j’en mesure qui ne dépassent point 2 à 3 millim. et d’autres qui atteignent au contraire 1 centim. et plus.
from vicinitij of Santa- Barbara, California, and from ruincd pueblos of .iriznna and New Mexico, and certain interior tribes. (Cnited States Geographical Surveys west of the one hundreth incridian, vol. Vil, p. 223,1879.) — Cf. W. H. Holmes. Art in Shell of the ancient Americans. (Second Animal Report of the Bureau of Ethnology to the Secretary of the Smithsonian Institution. Washington, 1883, grand in-8, p. 209, pl. XXVIII.)
l’industrie nAMEÇ.ONNlfcRE DE l’aRCHIPEL CALIFORNIEN o3
La plaque ainsi ébauchée est parfois à peu près ronde, mais le plus souvent elle alTecte la forme d’un triangle à base rétrécie,
Fijr. 21 à 2o. Perçoirs en silex taillé. Archipel Californien. (Grand, nat. .Mus. d'Ethnofjr. Coll, de Cessac.)
dont les plus longs côtés seraient sensiblement convexes (fig. 20
et 27). La hauteur du triangle peut varier de 2 à 8 centim. Sa largeur à la base oscille entre 17 et 60 millim.
Line nouvelle opération a pour but de régulariser les contours
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(le la plaque perforée que Ton vient d’ohlenir; elle s’accomplit à l’aide d’un morceau de g-rî;s aplati dont on frotte la circonférence (fig-. 28).
Fig. 2S. üisf|uc en coquille dont le contour a été usé et arrondi, {(irand. naf.
Mus. d' Elhnogr . Coll, de Ce.ssac.)
Le fabricant d’hameçons doit ensuite élargir et arrondir l’ouverture pralitjuée au centre de sa platjue, ce (pii d’abord se fait à l’aide d’un foret fusiforme en grès dur et rude, par la rotation prolongée duquel ce trou va prendre itne forme très exactement circulaire (lig. 2fl et suiv.).
Fifr. 29, 30 et 31. Trois fragments de coquilles perforées dont le trou a été régularisé (i l’aide du foret. {Grand, nat. Mi'me collection.)
Les deux circonférences interne el externe tendent de plus en plus à s’harmoniser, sauf en un point (jui correspond au sommet dti triangle dont je parlais plus haut, et qui fournira hient('»t la saillie destinée à suspendre l’hameçon. Le fabricant entamera peu à pou, pour obtenir cette espèce d’auricule, la portion (pi’il a réservée à la périphérie de la pièce, ainsi tpie le montrent les
l’industrie IIAMEC.ONNiftRR DE l’aRC:ITPEL CALIFORNIEN
trois figures ci-jointes (fig. 20 jï 22)'. Il ne restera plus alors, pour achever l’haineçon, (ju’à enlever à l’aide d’une pierre tran-
Fis;. 32, 33, 34. Trois disques d'haliotis perforés, fabrication de l’auricule. [Grand, nat. .Mus. d'Ethnogr. Coll, de Cessac.)
chante une petite partie de la circonférence en avant de cette auricule.
Quand le hanieçonnier aura appoint! en l'usant le crochet qu’il vient d’obtenir, quand il aura creusé entre l’auricule et l’antre
Fig. 3ü, 36, 37. Trois hameçons à petite anricnle, entièrement terminés. Archipel ’ ’ Californien. [Grand, nat. .Mi’me collection.)
extrémité de la pièce une légère rigole, son engin sera complètement terminé.
Les figures 3o à 37 représentent trois hameçons de ce type qui était de beaucoup le plus en usage chez les peuples pêcheurs des rivages californiens*. Les figures 38 et 39 représentent une
Il Cf. Putnam, O]). cO. , pl. XII, fig. 22, 27. . n, or
2) Cf. Schumacher, loc. c/<., fig. 80; Putnam, /oc. cit., fig. 24, 26,
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variété moins commune du même type dans laquelle l’auriculc SC montre bien plus allongée'.
Fig. 38, 39. Deux hameçons à auricule allongée. {Grand, nal. Mus. d’Ethnogr.
Coll, de Cessac.)
De 4 à 12 millimètres qu’elle atteignait sur les hameçons du premier type, elle s’élève sur ceu.\-ci à 21 et 22 millimèlres de longueur, c’est-à-dire qu’elle correspond au tiers et même aux deux cinquièmes de la courbe totale de l’engin.
Les hameçons en coquille de l’archipel californien no possèdent d’ailleurs point tous l’appendice plus ou moins long que je viens de décrire. M. de (^.essac en a trouvé (juciques-uns qui avaient été fixés à la ligne à l’aide d’encoches transversales. Les ligures 40 et 41 reproduisent deux spécimens de ce genre de suspension. D’autres hameçons encore (ceux-ci beaucoup plus
1) Cf. Pulnam, loc. cit., fig. 25: Cli. Rau. The archæolnyical collection of the United States National .Muséum. {Smithson Contrib., n® 287, Washington City, 1876, in-4, p. 69, fig. 2.56.)
l’industrie HAMEÇOXNlftRE DE l’aRCHIPF.L CALIFORNIEN
rares) sont percés d’un chas (fig-, dO) dans lequel était introduit et noué le fil suspenseur'.
Ce que l’on vient de lire s’applique exclusivement aux hameçons fabriqués eu coquille d’/irt-Z/om à San-Miguel, San-Xicolas, Santa- Catalina et San-Clemente.
Diverses tribus californiennes, celles de Santa-Cruz en particulier, combinaient l’usage d’bameçons en os à cel’ui des hameçons on coijuilles.
Fig. 43. Hameçon en os des insulaires de Santa-Cruz, muni d’un crochet récurrent et üxc à l’aide de bitume. (Grand, nat. Mus. d'Ethnogr. Coll, de Cessac.) — Fig. éi. Hameçon presque semblable, en dent de cachalot, des insulaires de l’archipel Hawaii. (Grant/, nat. .Mus. d'Etlmogr. Co/l. Itallieu.)
Ces engins présentaient, grâce au crochet récurrent ménagé sur leur courbe externe, un peu au-dessous de la pointe (fig. 43), une grande supériorité sur ceux dont il vient d’étre jiarlé. M. Schumacher a découvert quatorze de ces hameçons dans ses fouilles de Santa-Cruz; plusieurs étaient encore munis de leur ligne fixée dans une encoche de l’os , puis transversalement enroulée sur l’extrémité de l’engin à laquelle l’assujettissait une épaisse couche de bitume. Les deux pièces similaires de la collection de
1) Cf. P. Schumacher, loc. cil., fig. 81 ; Pulnam, np. cil., pl. XI. fig. 2, 3 et 4.
Fig. 43
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Ossac au Musée du 'l’rocadéro (notre figure 43 représon le la plus volumineuse de ces deux pièces) sont semblables à celles qu’ont représentées Schumacher et M. Putnam, mais on n’y voit aucun vestige de corde.
Ces hameçons en os sont d’ailleurs à peu près identiques à ceux que les Hawaïens confectionnaient jadis à l’aide de fragments de dents de cachalot. J’ai décrit, en 1879', un de ces hameçons, qui fait partie de la collection Ballieu, déposée actuellement au Musée du Trocadéro. Celte pièce (fig. 44) reproduit presque exactement les formes générales des hameçons en os californiens. La seule différence notable entre ces deux types d’instruments consiste dans la direction do la rainure d’insertion do la ligne qui est longitudinale d’un côté, transversale au contraire de l’autre. L’auricule de l’hameçon hawaïen, réduite à son minimum, fait corps avec le reste de la pièce, au lieu d’en être séparée par un sillon, et la ligature s’opère à son niveau tant à l’aide de son bord inférieur qu’au moyen d’une encoche horizontale ménagé à sa surface. C’est prohahlement à cos engins de pêche des anciens insulaires de Hawaii que fait allusion .M. Rau ([uand il dit que les hameçons de Californie « ressemblent de très près » aux pièces de même nature en usage dans le Pacifique. Les hameçons de J’aïti, de Samoa, etc., se montrent en effet très différents de ceux dos îles californiennes, composés qu’ils sont de deux pièces, un crochet d’os ou de coquille, sans harhelures, et une plaquette do nacre plus ou moins recourbée, à laquelle ce crochet est fixé au moyen de deux liens (jui le transpercent en travers.
L’analogie de forme des liameçons de Hawaii et de Sanla- (’-ruz m’a d’autant plus intéressé qu’elle ne constitue point un fait isolé. C’est un argument de plus, que l’ethnographie vient fournir aux ethnologues qui considèrent une certaine partie de la population côtière du nouveau continent entre 30“ et 40“ de latitude nord, comme venue de l’ouest et originaire des archipels polynésiens.
1) E.-T. Hamy. Cdtalogiie descriptif et méthodique de l'exposition organisée par lu Soeiélé de tiéographie, à l'occasion du centenaire de la mort de Cook, 11“ 305. (Bull, de la Soc. deGéogr. <>* sér., t. XVII, p. 'i74, 1879.)