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SUR LES INDIENS QUERANDIS

La première fondation de Buenos Aires, coûta aux Espagnols une lutte sanglante contre l'indomptable nation Querandi, qui leur disputa son sol, avec un courage et une constance admirables.

Cette nation, selon Ruiz Diaz de Guzman, (1) s'étendait du Rio de la Plataaux Cordillères des Andes. Les hommes allai-

(1) Historia Argentina

ent tous nus comme les Charmas, leur ressemblant aussi par leur manière de faire la guerre. Us se servaient de l'arc, des flèches et d'une sorte de javelots ainsi que du lazb et des bolas.

Ils n'étaient pas cultivateurs comme leurs voisins les guaranis, qui, selon Azara habitaient la rive occidentale et les îles du Paranâ, depuis Las Conchas jusqu'à Santa Fé; ils vivaient de la chasse et de la pèche, se servant pour la seconde, d'hameçons en os et de certaines fibres nerveuses qu'ils convertissaient en cordes

Ils enterraient leurs morts enfermés dans des cuirs, mais jusqu'à présent on n'a pas encore découvert de squelettes, et les quelques restes humains retrouvés appartienent à l'époque de la conquête du pays par les Espagnols.

Cependant M1' Moreno dit posséder un métatarse qu'il considère comme appartenant aux Querandis préhistoriques, mais nous croyons que c'est bien s'avancer, que

de supposer une telle chose. D'un autre côté, j'ai clans ma collection un crâne de femme trouvé au Tandil, par M. Eduardo Fidanza, mais malgré l'usure toute particulière de ses dents, il appartient à une époque très récente, puisqu'il fut trouvé associé à des anneaux et a des broches d'argent semblables à celles que portent aujourd'hui les indiennes de la Pampa. — C'est un crâne normal et son indice cephalique est de 84.42; par conséquant très brachycéphale.

Je possède aussi une vertèbre cervicale trouvée à San-Fernando , avec des fragments de poterie ornée, mais son antiquité me parait très limitée en considérant le degrés du progrés qu'accuse cette poterie.

Tout récemment, mon ami, M. Stanislas Zeballos a découvert un cimetière tout prés de Campana, dans le Nord de la province de Buenos Ayres, et ce nécropole, nous le considérons comme d'origine guarani et

faute de renseignements nous ne faisons que signaler sa découverte.

Les Querandis étaient très habiles dans la fabrications des vases de terre. Les fragments existant dans quelques musées particuliers ont été ramassés dans les paraderos ou campements suivants :

Puente-Chico , Punta de Lara , Las Conchitas, Chascomùs, San Fernando et Las Saladas. A en juger par ces morceaux, presque tous les vases ont clù être globulaires sans anses et cuits au feu en plein air.

Cette poterie est de deux classes, Tune lisse, l'autre ornée. La première est très grossière et accuse une époque relativevement ancienne ; la seconde démontre un progrés notable et probablement appartient a l'époque de la conquête.

On a trouvé aussi des morceaux de cette poterie peints d'une couleur carmin-sale foncé.

D'autres fragments laissent voir de pe-

tits trous qui servaient a suspendre les vases , au moyen de lanières en cuir, tout-â-fait comme dans la poterie ramassée par moi dans les cimetières et paraderos Minuanes de PEntre-Rios, que j'ai décrits dans quelques journaux du pays (1) ainsi que dans la Revue d ' anthropologie d'Avril 1878.

Tous ces objets ont été fabriqués â la main , et sans 1 ' aide du tour â potier ; la pâte est fréquemment mêlée de quelques particules de silex, pour la rendre plus résistante â l'action du feu.

L'épaisseur des vases est très variable dépendant de l'usage auquel on les destinait ; les uns servaient pour contenir les aliments, les autres à garder l'eau.

On n'a pas trouvé, jus'qu à présent, des restes de cette poterie ornée de dessins représentant des animaux ou des végé-

(1) Le Courrier de la Plata. Buenos Ayres 2 Octobre 1877. — La Tribuna de Septembre.

taux, ce qui démontre l'état peu avancé de l'art parmi ces sauvages.

On en peut dice autant pour ce qui concerne les Minuanes, les Patagons, etc ; seuls les indiens des provinces du Nord de la République fout ecception à la règle grâce ou voisinage de la race péruvienne qui leur imposa sa langue et sa civilisation. MM. Inocencio Liberani et François Moreno ont formé de belles collections de poteries où l'on peut admirer souvantdes dessins représentants des animaux, des végétaux et quelquefois même des figures humaines.

Quant aux croyances religieuses des Querandis, nous nous trouvons dans la plus grande obscurité; on n'a pas encore trouvé une seule emblème religeuse.

Les objets en pierre qui accompagnent cette poterie, ont été ramassés dans les paraderos déjà cités et dans d'autres endroits de la Province. Ces objets sont : des pointes de flèches et de dards, des

haches de pierre, des grattoirs de quartz, des couteaux, des mortiers, des bolas perdiclas et des pierres de fronde.

J'ai dans ma collection une pointe de flèche de silex, très semblable â celle du lac de Neuchâtel représentée dans l'ouvrage de Mr. H. Lehon (L'homme fossile en Europe ).

J'ai aussi une pointe de dard en quartz trouvée â Chis-Chis, prés d'un village appelé Chascomûs. Cette pointe est â peu prés de huit centimètres de longueur et travaillée d'un seul côté â petits éclats.

Je possède aussi la moitié d'une boule (bola perdida) faite en quartz et portant une ceinture large de deux centimètres, laquelle servait pour attacher une lanière en cuir qu'on gardait â la main au moment de lancer la pierre.

Plurieurs de ces objets ont été décrits par Mr. François P. Moreno dans le Bulletin des sciences exactes de Cdrdoba.

Le professeur Pellegrino Strobel a aussi

décrit deux pointes de flèches en calcédoine et un grattoir de quartz blanc qui font partie de la collection d'histoire naturelle de Mr. Manuel Eguia.

Tous ces objets de pierre appartiennent a deux époques distinctes: l'époque préhistorique où antérieure a l'occupation du pays par les Espagnols, et l'époque moderne ou des temps de la conquête.

L'objet le plus curieux qui ait été trouvé jusqu'à ce jour, est une hache de silex rencontrée au Tandil et qui a été décrite par Mr. Pellegrino Strobel dans «Les Matériaux» de Mortillet.

Cette hache est d'après la description du dit professeur, la plus grande qui ait été trouvée dans nôtre pays.

Tels sont les principaux produits de l'industrie des Quesandïs. Passons â signaler d'autres découvertes non moins importantes.

Dans quelques paraderos de la province, on a trouvé des vestiges de foyers in-

digénes et beaucoup de restes d'animaux qui avaient servi d'aliments et donvoici la

liste :

Lagostomus trichodactylus.

Myopotamus coypus.

Dasypus villosus.

Cervus campestris.

Rhea americana.

Les grands os de ces animaux ont été travaillés pour en extraire la moelle.

On a trouvé aussi quelques os travaillés en instruments tranchants, probablement des couteaux, ainsi que des cornes de cerfs travaillées pour servir de poinçons, sans doute, et tout à fait semblables à d'autres trouvées par moi, dans le Sud de la Province d'Entre Rios (Ibicuî).

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