D'UN TÉMOIGNAGE DE CICÈIOM
nous venons de signaler ; nous en montrerons une seule. Les bronzes et les marbres de l'ancienne Grèce, bien que souvent mutilés par le temps ou par la main des hommes, sont encore pleins d'instruction pour les historiens modernes de l'art ; les précieux livres XXXV et XXXVI de Yffisturia naturaiis de Pline sont, à chaque page et quelquefois à chaque ligne, confirmés, complétés ou corrigés à l'aido des nombreuses inscriptions qui subsistent sur les diverses parties des monuments de l'art grec. L'histoire de l'art chez les Romains manque pour nous de cette lumière des témoignages épigraphiques et de Pintérêt qui, par là, s'ajoute à l'étude des monuments. Si humble que fût le personnage de l'artiste romain, le plus souvent simple affranchi, et de naissance étrangère ; si peu original que soit le talent de ces hommes qui ont travaillé à la splendeur des édifices de l'Occident latin,, sous l'autorité des magistrats ou avec les encouragements d'un Lucullus ou d'un Pline, on aimerait à mieux connaître et leur nom et la date de leurs œuvres. Dans l'inscription monumentale telle que les Romains la conçoivent et l'exécutent, ce qui domine, c'est la personne, collective ou individuelle, du consécrateur ; c'est la pensée de sa munificence. L'usage, suivi en Grèce, d'associer sur la même ligne d'honneur les noms de l'artiste et ceux des autres personnes qui ont concouru à l'exécution de l'œuvre, a certainement quelque chose de plus libéral; il est plus digne du génie qui a tant fait pour fonder et perpétuer la religion du beau dans le monde civilisé.
P. S. Les observations qui précèdent pourraient bien jeter un jour nouveau sur l'anecdoto relative aux deux artistes grecs Saurus et Batrachus, où Ton serait tenté de trouver à première vue un argument à l'appui du texte de Cicéron, tel que les manuscrits nous le transmettent : « Je ne laisserai pas non plus oublier, dit Pline, à la fin de son énumération