‹ Mémoires d'histoire ancienne et de philologieChapitre 52 sur 102 · P.T.SEX.HERENN1F.IS.SEX.F · texte numérisé non relu

P.T.SEX.HERENN1F.IS.SEX.F

SVPIN ATKS . EX. INGEN 10 SVO.

c'est-à-dire : Publias, Titus {et) Set tas Iferranii, Se.rti fi/ii, Supinatrs, e.r inymin sw> sous-entendu posuf-runt ou quelque mot offrant le mAme sens).

La seconde provient do Sora ; le fac-similé qu'en a récemment publié M. F. Ritschl3 nous montre des caractères d'écriture parfaitement d'accord avec l'archaïsme du langage.

M P.VERTYLE1EIS.C.F QVOD.RE.SVA. DrlF EIDE NS . ASPER [E] AFLEICTA . PARENS.T1MENS ME1C.VOVIT.V0TO.II0C SOLVT[0 DEJCVMA.FaCTA P01.0VCTA.LEinEREIS.LVBE[N] TES DON V . DAN VNT HERCOLEI.MAXSVME MERETO.SEMOL.TE ORANT.SE [V'OTI.CREBRO CONDEMNES.

c'est-à-dire, selon rorthopraphe classique : Marrus (t>t) Publias Vcrtuleii, Coii filii, quod rc sua difpdons asperc a/flirta * parent timons hic vovit, voto hoc snluto, decuma farta, pol-

1 Page 71. Textes reproduits dans le rerueil de M. Mommsen, Inscr. regni neapol.; n°* 5018 et 4405.

3 Monumenla epigraphica tria ad archetyporum /Idem exempiis lithographes expressa rommentariisque grammaticis inlusfrata. Berolini, 1852, p. 14; Priscm la t mit. monum. epigr., tab. m.

8 Difridens, afl'icla, dans l'original, selon l'usage ancien de ne pas redoubler les consonnes. De même, plus bas, poloucta pour pollucta. Voir Quintilien, 1, 7, § 13; et Marius Viclorinus, p. 2456 des grammairiens latins de Putscb.

lurta*, liberi libentes donum* dont* Herculi v maxime merito; simut* te orant se voti crebrn eondf'mws; ou, avec l'ancienne orthographe , et selon une division en vers saturnins qui semble indiquée par des espaces sensibles entre les mots dans l'original :

Quod, rc sua difeidens | asperc afliicta, Parens timens heic vovit, | voto hoc solulo, Decuma fada, poloucta, | Icibereis lubentes Doqu danunt Ilercolei | maxsume increto. Seraol te orant se voti | crebro condemnes 6.

Ce que l'on peut traduire en français par :

« Marcus et l'ublius Vertuleius, ûls de Caius, [ ont consacré cette offrande. ] »

• Le vœu que, dans la détresse de sa fortune, leur père, défiant et inquiet, a promis ici d'accomplir, ses enfants l'accomplissent de bon cœur, en prenant la dlmc [de leur gain ? ] et en la consacrant comme un don à Hercule, qui l'a bleu mérité. En même temps [ô Hercule J, ils te prient de leur donner souvent occasion d'accomplir un vœu ( c'est-à-dire : de pareils vœux). »

Sans épuiser tout ce qu'un pareil texte peut suggérer do

• Vieux mot de la langue des sacrifices, pour consecrata. Piaule, Stichus, 1,3, vers 80:

CU deeumam partent Hcreull poUuream.

De même decuma facta, dans une inscription archaïque de Baizani (Mommsen, Inscr. neapol. regni, n° IT/.jG).

* Donu pourdonum, comme dans la deuxième inscription du tombeau des Scipions : Corsica, Alerta, urbe , aide, pour Corsicam, etc.

3 Danunt pour dant, comme dans une dizaine d'exemples de Plaute selon M. Ritscbl. On a recueilli dans les plus vieux auteurs des formes verbales analogues : nequinunt pour nequeunt , solinunt pour soient, etc.

* Ilercolei dans un fragment archaïque, Mommsen, Inscr. regni neapol. , n<> 5757. Cf. n° 5756, le fragment d'une formule de vœu qui offre beaucoup de ressemblance avec celle des frères Vertuléius.

5 Semol pour simul, merelo pour merito, o pour u, e pour i, sont deux archaïsmes caractéristiques. De même cosol pour consul, honc pour hune, hec pour hic, dedel pour dédit, dans la deuxième épitaphe du tombeau des Scipions.

« Voir Latini servi, reliq., p. 114, et Hermann, Elementa doclrinœ ro«tricœ, III, 8.

376 XV. ÉTUDES H1SÏORI01 |-:s ET GRAMMATICALES, ETC.

remarques grammaticales, et en se bornant aux comparaisons indiquées ici dans les notes, on appréciera facilement l'importance du précieux document que nous venons de transcrire. Et le style, et le rhythme oncore grossier, et le ton grave de cette dédicace, et le vœu qui la termine, tout, en un mot, respire la naïveté des vieux âges. Aussi, bien qu'elle ne porte aucune date, l'inscription des deux Vertuléius peutelle être attribuée avec confiance au temps de Plaute. C'est, à ce qu'il somble, l'opinion do M. F. Kitschl, juge si compétent en ces matières, et qui a fait sur la latinité de Plaute des études si ingénieusement approfondies'.

Les notes recueillies aux environs de Rome par M. Desjardins nous fourniraient encore une assez riche moisson de pièces intéressantes, et, pour la plupart, inédites ; mais il faut nous arrêter. Nulle science n'expose plus que i'épigraphie aux digressions do tout genre ; une inscription en rappelle une seconde, et celle qu'on vient de citer à titre de commentaire veut elle-même êMre éclaircie et commentée par d'autres. Qu'il nous suffise d'avoir montré ici, au moyen de quelques textes inédits ou peu connus, quels secours nouveaux I'épigraphie peut offrir encore à l'histoire des langues et des idées dans le monde ancien.

» Voir les Prolégomènes de la nouvelle édition des comédies de Piaule ( Bonn, 1848 ) , le recueil intitulé : Parer gon Plautinorum Temtianorumque volumen I ^ Leipzig, 1845), el dans le nheinisches Muséum, 3* série, t. IX, p. 156-159. Plaulinische Excursus : tominathm pturalis der 2 cuKlination auf is.

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