SUR DIVERS MONUMENTS DÉP1GRAPHIE LATINE
§ 4. Hur deux inscriptions latines archaïques* l'une de Terracine, l'autre de Cora '.
Dans le Bulletin de l'Institut archéologique de Rome pour 1842, M. G. Melchiori a publié une inscription curieuse, récemment découverte sur l'emplacement de l'ancienne ville de Terracine. Cette inscription se compose de deux lignes en très-grands et beaux caractères avec encadrement, le loul en mosaïque ; elle s'étend sur le pavé d'un édifice que l'on suppose avoir été un temple, depuis le seuil delà porte jusqu'au fond de la celta. Voici ce qu'il en reste aujourd'hui :
IVS.SER.F.GALBA.COS.PAVIMENTVM
. . . .T.EISDEMQVE.PROB[AVITls.
Admettant que tous les Sulpicius Galba ont porté le prénom Servius qui était comme une seconde partie de leur nom de famille; s'aidant d'ailleurs, pour la socondo ligne, de formules analogues qu'on trouve assez fréquemment sur les marbres; enfin, conjecturant, d'après des indices archéologiques dont nous n'avons pas à discuter ici la valeur, quo lo
• Publié dans la lievue Archéologique de 1848.
* Texte reproduil dans le recueil de M. Ritscbl, lab. lyi.
378 XVI. NOTES S« R DIVERS MOM'MKJTS
temple en question était consacré à Minerve, M. Melchiori complète l'inscription de la manière suivante :
SER SVLPICIVS.SER.F.GALBA COS.PAYIMENTVM AEI). MINER VAE . LOCAVIT . EISDEMQVE . PROBAVIT.
Maintenant il s'agit de savoir auquel des Sulpicius Galba , consuls sous la république et sous l'empire, elle peut être rapportée. Sur ce point, le savant éditeur déclare rester dans le doute. Nous croyons que l'inscription lui offrait un indice utile pour la solution du problème : c'est la forme eisdem comme nominatif singulier masculin du pronom idem, eadem, idem. Cette forme, en effet, dépendant de l'ancienne déclinaison du pronom idem, laquelle rentrait dans le paradigme imparisyllabique de la troisième déelinaisou. est un signo indubitable d'archaïsme, d'autant plus qu'on ne peut, sur un monument do cette importance, l'attribuer à quelque erreur de copiste. Longtemps méconnu dans ce mot et dans plusieurs autres, l'usage en peut être aujourd'hui démontré par un assez grand nombre d'exemples que je réunirai ici parce qu'ils n'ont pas encore été, que je sache , réunis et classés avec méthode :
1. Eeis pour iV; ques pour quei (qui se trouve un peu plus bas), lequel est lui-même pour qui ;Sénatus-consulte sur les Bacchanales, an de Rome 568);
2. Q. M. Minueieis Q. F. Rufeis, pour Quint un et Marais Afinucii, Quinti filii, Iiufi% c'est-à-dire Q. Minucius Rufus et M. Minucius Rufus, fils de Q. Minucius Rufus. (Sententia de finibus inter Ge ouates et Veit arias ; an de Rome 636);
3. Eus pour eisy lequel est lui-même pour /V au nominatif pluriel [Ibid. Quant à l'emploi de u pour i, ou peut comparer : part us pour partis; Castorus pour Castoris; Vénéras pour VeneriSy etc., Latini serm. reliq., nosxxxii, xxxm et n° xxxi, avec la note, p. 252);