‹ Mémoires d'histoire ancienne et de philologieChapitre 60 sur 102 · C.PLACENTIOS.HER.F MARTE SACROM · texte numérisé non relu

C.PLACENTIOS.HER.F MARTE SACROM

c'est-à-dire : C. Placentius Herii filius Marte sacrom. Des deux côtés, sauf le mot Marte pour Marti, les archaïsmes semblent se balancer •, car, si Placentius est plus moderne que Placentios, d'autre part , donu dede pour donum dedi nous offre un archaïsme de plus que sacrom; et même, peut-être dede une faute d'orthographe qui, d'ailleurs, ne serait ni sans raison ni sans conséquence ; car le t à la fin d'un mot qui termine une phrase pouvait n'être pas prononcé ; n'étant pas prononcé, l'écriture le négligeait, et nous avons d'autres exemples de cette négligence », qui semble expliquer

l Corpus inscr. grttc, n° 11 ; Franr, EUm. epigr. gr., n« 24. * Rangabé, Antiq. hell., n° 5066 (tome II).

3 Orelli, n» 3740 : dedicarumque (sic?) pour dêdicarunl ; n° 5119 : vivon pour vivunt. A cette analogie semblent se rattacher, en grec, les troisièmes personnes du pluriel du parfait dans le dialecte crétois, par exemple,

O'ÉPIGHAPBIE LAT1NK. 389

la forme des troisièmes personnes du verbe dans plusieurs conjugaisons néo-latines. Mais ce qui achève de caractériser l'archaïsme dans la plaque de C. Placentius, c'est la forme de l'écriture, et particulièrement la forme du P (boucle non fermée) dans PLACENTIVS , et celle de la lettre L, qui dans les deux rédactions nous rappellent les plus anciennes formes que nous connaissions de ces deux lettres, celles que présente, par exemple, le sénatus-consultc sur les bacchanales. Tout porte donc à croire que nous avons là une inscription suspendue à quelque objet d'art, au moins un siècle avant l'ère chrétienne, si toutefois il n'y a pas là (ce qui est peu vraisemblable) quelque artifice et un archaïsme d'imitation ».

L'usage de ces petites plaques, qui rappelle certains écriteaux de nos musées, est attesté par un bon nombre d'exemples, soit dans l'épigraphie grecque, soit dans l'épigraphie latine Je citerai de préférence deux exemples que m'a fait obligeamment connaître M. Ernest Desjardins à propos de la tessera paganica dont j'ai récemment entretenu l'Académie. Ces deux pièces, retrouvées sur remplacement de l'ancienne Véléia, et aujourd'hui conservées dans le musée de Parme, portent des inscriptions pointées, dont le fac-similé que j'ai eu sous les yeux peut seul faire bien apprécier la forme. L'une des deux, d'ailleurs, la première, est aujourd'hui fort mutilée ; mais, à une époque plus voisine de la découverte, elle se lisait assez clairement :

isim.osiRim

VIBIA CALIDIAN'O L.AEMlLIO.OPTA[TO V.S.L.M

C'est là la leçon du chanoine Costa, dont M. Desjardins a

àttt'ffTaXxxv pour âmorttXxavn (d'où àxtaraXxaat dans la langue commune). Voir l'Introduction de M . Boeekh aux inscriptions Cretoises de Corpus, § 6.

* Voir plus haut, dans ce volume, p. 363.

* Franz, Elan, epigr. gr,t n» 81 ; Orelli, Inscr. lat., n» 2311.

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