‹ Mémoires d'un aide-major sous le premier empireChapitre 12 sur 53 · XXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXII PREFACE

démunir le territoire confié à leur garde, pour concourir à des opérations militaires en dehors de leur commandement.

Tous ces détails et ceux qui vont suivre étaient nécessaires pour expliquer l'àpreté de certaines pages des Mémoires de Sébastien Blaze et les sentiments qui animent parfois ce non-combattant, aide-major, pharmacien militaire, à l'égard des généraux et dos administrateurs de l'armée d'Espagne. Parmi les premiers, le plus grand nombre fit son devoir et se battit bien. Mais le mauvais exemple donné par les grands chefs fut malheureusement suivi à tous les degrés de la hiérarchie.

On verra dans le présent livre que les pillages commis par les généraux et les officiers du corps de Dupont furent la véritable ei honteuse raison de la capitulation. (( Notre petite armée, dit un témoin oculaire, avait plus de bagages qu'une armée décent cinquante mille hommes. De simples capitaines et des civils assimilés à ce grade avaient des carrosses à quatre mules... On comptait plus de cinquante chariots par bataillon. C'étaient les dépouilles de la ville de Cordoue... On obligea les soldats à vider leurs havresacs. Mais, par une injuste compensation, il fut accordé que certains caissons ne seraient pas visités... » Les lecteurs de Sébastien Blaze verront les tristes conséquences de cet argent mal acquis, et comment le désir de le conserver poussa plus tard certains officiers prisonniers à commettre des actes lâches et infâmes.

VU

Les etVorts de Soull pour se faire nommer roi de Portugal en 1809 sont peu connus. Nous avons pensé intéressant d'en dire ici quelques mots.

PRÉFACE xxin

Pendant la seconde campagne des Français en Portugal le prince régent et la famille royale avaient quitté le palais d'Ajuda, s'embarquant avec une partie de la noblesse portugaise pour le Brésil, d'oii ils ne revinrent qu'en 1820. Abandonné par la maison de Bragance, le royaume restait sans pouvoir régulier. Allait-il devenir une colonie anglaise? Depuis le traité de Méthuen l'influence britannique ne cessait, en effet, de grandir en Portugal. Le parti hostile à la dynastie régnante offrit alors le trône au maréchal Soult. Le duc de Dalmatie accueillit avec empressement ces ouvertures, qui l'enivraient d'orgueil, mais que son devoir de fidélité à l'Empereur lui eût ordonné de repousser. Il les encouragea même, essayant de faire partager ces sentiments aux troupes sous ses ordres. Il accepta dans les cérémonies le titre de Sire et de Majesté que lui donnaient les Portugais et se laissait acclamer dans les rues par les cris de Vive Nicolas 1"! Mais dans son armée un parti d'opposition se forma, ayant à sa tête l'indlsciplinable général Loison [maneta] et avec lui plusieurs généraux et colonels. Les conspirateurs, décidés à s'opposer par tous les moyens en leur pouvoir aux tentatives de souveraineté du duc de Dalmatie, songèrent à se révolter, à s'emparer du maréchal Soult, à le déposer et à ramener l'armée en France. Ils entrèrent même en relation avec les Anglais, ce qui était un crime. Le mystère qui enveloppe ce triste épisode de la guerre d'Espagne n'a jamais été entièrement éclairci. Mis au courant des intrigues qui se nouaient autour de lui, Soult lit arrêter le capitaine Argenton, du 17*^ régiment de dragons, qui avait servi d'émissaire auprès de Wellington. Argenton interrogé donna le nom des généraux et des colonels ses complices. Le duc de Dalmatie les fit appeler successivement. Ils nièrent avec énergie : « Tous, écrivit-il i\

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