XXX PRÉFACE
sette garnie de cent mille francs, qu'il avait acquis en siégeant à la Convention nationale, un hourra général s'élevait contre lui. Toute la contrée criait au voleur. Bonnes gens, ne vous plaignez plus maintenant! Ce système ignoble et révoltant s'est écroulé sous le poids de votre indignation. Crugeon, Forfait et Rapinat sont bien loin de vous. La singulière association des noms de ces trois commissaires chargés de vider les coffres de IHelvétie, ne vous fournit plus une source inépuisable de quolibets. Le vol existe toujours, il est vrai, mais les progrès de la civilisation ont ennobli ses formes.
... Comme dans les autres industries, ou y travaille en grand. Vingt, trente millions extorqués à la nation entourent un voleur d'une considération qui fera place au respect, lorsque les titres et les décorations viendront parer le coupable. 11 aura ses remords. Et soyez certain que, (juand l'Excellence avec ménagements chassée coujptera ses richesses, elle regrettera do n'avoir pas doublé lii dose. Il en est de l'or comme (lu g.iloii, qu.ind on en prend, on n'en saurait trop prendre.
QUATRIÈME CLASSE (m glouie, m uichesse).
... Les officiers de santé, médecins, pharmaciens, chirurgiens, les autres non-combattauts qui n'ont pas de comj)labilité, sont les infortunés que l'on range dans cette dernière classe. Les ofticiers de santé, en général, partagent bien souvent les dangers des militaires et n'ont pas leur gloire. Ils prennent leur ])art du dédain attaché à la condition de non-combattant et n'en ont ])as les bénéfices. Ils sont bien plus exposés que les autres non-combattants, et pour le moins autant que les soldats. Ils peuvent être tués ou blessés en donnant des secours pendant l'action; lorsque le combat finit, le péril cesse pour les militaires, il recommence pour les officiers do santé. Toute proportion gardée, l'expérience a prouvé que le nombi-e des officiers de santé qui péi'isseiit dans les hôpitaux, excède celui des officiers qui meui'enl sur le champ de bataille.
Les officiers de santé sont trop maltraités sous le rapport du paiement et de la considération...