‹ Mémoires d'un aide-major sous le premier empireChapitre 37 sur 53 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Départ de Sévilli' (■2"2 août liSl"2) aJl|■(>^^ trois ans dr st-joiir. — Hécliirants adieux de Dolorès. — Vive iiiquiiHiidc. lîclour an logis. Coiiipléleiiient rassuré. — Chasse aux (ilels contrariée. — lîolraile des Français. — Rencontre de D. Ca\elano. — A la suite de l'armée. La voiture des maréchales. Familles françaises et espagnoles. Les fourgons des non-combattants. Cavaliers du sexe féminin. Encore des bagages. Le restaurateur Legrand. Le juif vautour et corbeau. Il gratte les bois dorés des églises, achète les vieux galons et les épaulettes et échange contre espèces les parts do butin. La riclie cantinière. Garde-magasin gros et gras. Ses bénélices. Singulier usage des voilures d'ami)ulance. Nombreuses fiMUines suivant l'armée. Ce qu'elles deviendront. Les traînards. Clini'retlcs brisées, mules fourbues. Fortes chaleurs. — A travers 'l'Andalousie. Ni rivières ni fontaines, 'rourments de la soif. — Fusillés par les guérillas. — Arrivée à (irenade.

L'ordre du jour du 15 août 1812 annonça qu'il l'allait se préparer à partir. Un séjour de troi.s ans nous avait naturalisés dans ce nouveau paradis terrestre. Tout eu détestant le peuple espagnol chafjue Français pleurait en quittant un ami qui lui semblait sincère, une amie qu'il croyait fidèle : abandonner l'Andalousie, c'était quitter encore une fois la patrie.

Le 20 août, à deu.v heures du malin, l'armée iiuitla Séville. Cruels adieux! Moments funestes! La belle Dolorès me donna, selon l'usage, un scapulaire et une image de

la sainte Vierge. Je ris encore quand je pense aux figures de rhétorique, aux expressions pathétiques de son désespoir. Elle versait un torrent de larmes, et me disait en sanglotant et d'un ton qui me perçait le cœur et me montrait la fermeté de son caractère :

— M'aimes-tu, mon ami?

— Oui, je t'adore.

— Eh bien, il faut me le prouver. Prends ce couteau et perce-moi le cœur. Je sens que je n'aurai pas le courage de supporter ton absence.

Je m'efforçai de la consoler. Je l'embrassai encore tendrement... Et je partis!

Mais l'état déplorable où j'avais laissé la trop sensible Dolorès avait vivement touché mon cœur. Je souffrais, rongé d'une cruelle inquiétude. Aussi, quand je fus au bout de la rue, je laissai mon cheval à un de mes camarades et je revins en hâte sur mes pas, inquiet et troublé, afin de consoler le chagrin de cette inconsolable et trop lidèle amante. Je vis de la lumière dans une chambre au re/.-dc-chaussée, dont la fenêtre donnait sur la rue. On parlait : j'écoutai. Dolorès était là avec ses sœurs, dont les amis comme moi quittaient la ville avec l'armée. Elles s'entretenaient paisiblement. Même de temps en temps des rires sonores et francs résonnaient en une conversation joyeuse. Alors, sans me faire voir, certain que l'inconsolable Dolorès avait déjà pris son parti de sou immense douleur, je rejoignis mes camarades à la porte de Cormorea, non sans me livrer à quelques réflexions sur la constance des femmes.

Notre départ imprévu me contrariait sous un autre rapport. J'avais monté un équipage pour la chasse aux filets. Je fus obligé de l'abandonner au moment du pas-

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saj^c des ortolans. Tandis que je faisais connaître aux Andalous cette chasse ingénieuse, mon frère EIzéar, capitaine au 108" régiment d'infanterie de ligne, s'exerçait de. la même manière aux environs de Stettin et de Magdebourg.

Nos guerres lointaines ont été fort utiles au progrès des lumières. Ainsi la chasse aux filets, que les Provençaux ont poussée au dernier degré de perfection, a fait plus de chemin pendant trois ans de guerre qu'elle n'aurait avancé en dix siècles de paix. Il en est de même pour la musique. Les campagnes d'Italie ont formé le goût des Français, hâté leur civilisation musicale, et c'est de nos armées que sont venus les nombreux dUelantli qui se montraient au premier rang lorsque nous avons livré bataille à la vieille musique française.

Nous suivions depuis une hei;re la route de Marchcna lorsque le jour parut. Quel singulier coup d'œil! (Juel amas confus de fantassins et de cavaliers, de caissons et de calèches, de fourgons et de mulets, d'ànes et de charrettes. Parmi cette foule de soldats et d'amateurs qui s'avançaient pêle-mêle vers le lieu de notre destination, je vis un cavalier de tournure grotesque : habit brun, ^rand chapeau, trottant sur une mule. H avait eu croupe sa valise, sur hKjuelle reposait une arme cachée dans son fourreau. Celte arme était un parasol. Ce paladin de nouvelle fabrique avait attiré mes regards et je m'avançais plus particulièrement pour l'examiner de plus près, lorsque j'aperçus l'écuyer qui le suivait, monté sur un mulet. Alors je reconnus mon homme, ou pour mieux dire mon chanoine. C'était 1). Cayeteno. Je l'abordai. Il parut enchanté de me retrouver. Comme il observait avec aulant d'attention que moi le bizarre assemblage des gens et des voitures qui se pressaient sur la route, il nous prit la fantaisie de voir défiler toute la caravane. Un temps de galop

nous eut bientôt placés en tète de la colonne. Un grand arbre nous offrait son ombrage ; nous mîmes pied à terre à droite du chemin; l'écuyer gardait nos chevaux tandis que, placés sur une éminence, nous passions en revue la tourbe immense qui défilait à nos pieds.

— Quelle est cette voiture somptueuse, traînée par quatre beaux rhevaux? elle renferme deux dames.

— Ce sont les maréchales, me dit Cayetano.

— Comment, les maréchales!

— Oui, c'est ainsi qu'on les nommait à Séville. Ces deux femmes appartiennent à l'une des premières maisons de cette ville. Lorsque les troupes françaises y arrivèrent, leur famille se retira à Cadix. Ces deux sœurs avaient des projets galants, elles restèrent pour les exécuter. Maîtresses de deux maréchaux français, on les a appelées les maréchales. Le mari de l'aînée est colonel dans l'armée espagnole, la cadette jouit encore de sa liberté. Vous voyez qu'elle en fait bon usage. A Séville, elles éclaboussaient tout le monde, et le luxe de leurs équipages et de leur toilette faisait bien des jalouses. Les dames qui affectaient de mépriser les maréchales n'étaient pas sans reproches sans doute, mais leurs amants ne leur donnaient pas d'équipage ; inde ù-x.

— Et cette autre belle voiture?

— C'est la famille de l'intendant espagnol, partisan des Français; il est obligé de faire retraite avec eux, sinon... pendu !

— Et cette autre voiture?... Il faut ([u'elle appartienne à quelque grand seigneur. Je vois un singe à la portière, un perroquet à l'impériale, un dogue enchaîné derrière.

— C'est encore une famille espagnole. Le chef de celle-ci déteste les Français; mais il s'était chargé de leurs fournitures. Il craint que ses compatriotes ne lui

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fassent rendre gorge en le dépouillant d'une fortune immense acquise en approvisionnant renncnii.

Ail ! voilà un jeune homme bien élégant, sur un bien beau cheval. Son domestique le suit, il est monté sur un excellent coursier; cejeune homme ne porte point l'habit militaire...

— Vous vous trompez, don Cayetano. Voilà une jeune fille. Ne la reconnaissez-vous pas à sa crou{ie andalouse?

— Mais oui, en effet, je reconnais la fille d'un marchand de la rue Francos. Elle aura suivi le commissaire des guerres qui soupirait pour elle.

— Et cette autre femme qui vient modestement sui- la monture de Sancho Pança?

— C'est une petite couturière, qui travaillait clioz un tailleui' de la grande rue. Elle décampe avec le domestique d'un garde-magasin.

— Laissons passer les fourgons. J'aperçois un joli calecin, c'est bien un cabriolet espagnol, et pourtant il est conduit par un Français.

— Oui, mais une Espagnole est à son côté.

— C'est un garde-magasin. Il enlève la fille de sin hôte, ou plutôt la demoiselle a voulu le suivre. Les iloux charrettes suivantes, qui marchent de front, portent une famille nombreuse de Français nationalisés en Espagne depuis longtemps. Ils craignent que les massacres de Cadix, de Valence ne se renouvellent à Séville. Après cette autre file de fourgons, voici encore, habillés en honunes, plusieurs cavaliers du sexe féminin. La première est protégée par un fantassin; elle est la maîtresse d'un capitaine. Un domestique, monté sur une mule qui porte aussi des cantines bien garnies, accomp.igue la seconde : la dame doit être attachée à quebpir iMurnisseur. Les autres n'ont pas d'écuyer. mais un groupe de cavaliers au costume moitié bourgeois, moitié militaire,

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les accompagnent : employés de quelque administration de l'armée, ils sont vraisemblablement les maris ou le^ amants de ces chevalières.

— Cet attirail de cuisine, ce chargement complet de casseroles, de marmites et de poêlons annoncent un homme de bouche. C'est un restaurateur français, un tourne-broche m'en donne la certitude. Il ferme la marche de son petit convoi, monté sur une mule accablée sous le poids de l'énorme chef de cuisine. C'est le fameux Legrand. Il était venu s'établir à Séville pour faire fortune. Mais les chances de la guerre ne lui en ont pas donné le temps.

— Cet homme, long, maigre, sec, monté sur une haridelle, à l'air dolent, c'est un juif, ou du moins on assure qu'il est de la famille de Jacob; l'armée le traînait à sa suite. Il avait fait à Séville une singulière spéculation. Juif, puisque juif on le nomme, il achetait le bois doré des églises supprimées, pour en extraire le métal précieu.x qui les recouvrait. Les colonnes, les statues, les gloires, les autels étaient entassés dans ses magasins. Après avoir fait racler et laver ces bois à grands frais, après avoir travaillé longtemps, la nouvelle mine qu'il exploitait ne lui a donné qu'une once d'or pour tout résultat. Vous savez (pu* le couvent de V EnraDuicion a été démoli pour faire une belle place publique. Toute la boiserie dorée et la magnifique gloire de son église a passé dans le creuset de cet alchimiste, qui n'a pourtant pas trouvé la pierre philosophale et n'en est pas plus riche. Il fait bien de déguerpir, le peuple n'aurait i)as attendu (|iic l'lii(Hiisili<ui (Mil instruit son procès, il eu aurait fait justice prompte et rigoureuse... Pendu! Maintenant il va continuer sou cominoi'cc avec raruu''c. A défaut de saints cl do lolouiK's. il laudra des galons, de vieilles épaulettes, et si l'on pille, il Ici a des offres à la vente du butin. C'est

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un vautour, un corbeau qui suit pour dévorer ce que les malheurs de la guerre lui permettront de saisir avec ses griffes.

... Des fourgons, encore des fourgons. Mais j'aperçois une carriole. Une cantinière la conduit; il paraît qu'elle a fait d'excellentes affaires. Quand nous étions à Valladolid avec l'armée du général Dupont, elle allait à pied avec son petit baril suspendu derrière l'épaule, comme cette jeune fille que vous voyez là-bas. Prisonnière à Baylen, on la conduisit à la Isla de Léon et de là sur YAi'gonaule, avec son mari. Le pauvre diable fut coupé en deux par un boulet, elle se sauva. Je la rencontrai dernièrement à Séville et je fus frappé de son accoutrement singulier. Une robe de velours noir sujierbc parait madame la cantinière. Cinq ou six tours d'une chaîne d'or suspendaient à son cou une montre du même métal. Un mouchoir de couleur sur la tête, des bas sales, des bottines crottées comjjlétaient sa toilette. Son air délibéré. S!»n maintien de corps de garde n'étaient même pas dépourvus d'un certain charme. Elle se sera accrochée à quelque bon vivant (jui lui aura fait faire du chemin.

— Mais voyez dans cette voiture ce garde-magasin, gros et gras, en compagnie d'une dame. Quel air soucieux! N'aurait-il i)as assez « gagné », ce que d'autres appelleraient « volé »?

— Vous n'y êtes pas. 11 a gagné prodigieusement, mais il a mal employé ses bénéfices. Croyant que nous resterions à Séville, il avait acheté des immeubles parmi lesquels se trouvait le palais de l'Inquisition. Il esl à présumer qu'il n'a pu le revendre...

— Voicidesfourgonsencore. Pourquoi tantde l'ourgous?

— Ils sont nécessaires pour i)orlcr les bagages et les objets indispensables aux différents corps el aux adminis-.

trations. Cependant, s'il était possible de voir au travers de leur couverture, on se convaincrait qu'ils contiennent bien d'autres choses que celles qui devraient s'y trouver. Mais voici que le hasard nous en amène un découvert. C'est un fourgon d'ambulance, destiné à porter de la charjiie, des compresses, des bandes, des caisses d'instruments de chirurgie ou des médicaments, des brancards pour le transport des blessés. Qu'y voyez-vous?

— Une femme étendue sur des matelas, des paniers de comestibles, des cantines de thon mariné, de bœuf à la mode, des pots de confitures, la cafetière à la Dubelloy, la chocolatière, une outre de vin de Penos.

— Eh bien, mon ami, par le chargement des fourgons d'ambulance, vous pouvez juger quels peuvent être les chargements des autres fourgons de l'armée.

— Ainsi, une armée de femmes marche à votre suite, depuis la marquise jusqu'à la gitana. Toutes s'empressent de vous suivre... Les Frauçais sont si aimables!

— Cela jirouve tout simplement un grand désordre causé par la guerre, car beaucoup de ces dames doivent être mariées.

— Sans doute, et leurs maris ont le soin de le faire connaître. Ils donnent à leur compagne légitime le nom d'éi)0use, les autres se contentent de dire « ma femme... »

— Mais pourquoi ne fait-on pas marcher toutes ces femmes ensemble?

— C'est qu'il faut qu'elles suivent leur ordre de bataille, en restant auj)rès de la scclion dont hnir.s nuiris ou leurs amants font partie.

— Et que deviennent-elles?

— Ce qu'elles pourront; en campagne il ne faut pas songer à l'avenir. Celles qui sont mariées partageront la bonne ou la mauvaise fortune de leurs époux ; les autres

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resteront avec leurs amants ou bien en changeront. Ainsi la maîtresse d'un général deviendra celle d'un capitaine pour être plus tard la compagne d'un sergent ; il est bien rare que ces dames avancent en grade. Un même sort les attend en France : toutes seront abandonnées. Ce qu'il y a de singulier j)armi ces femmes qui n'ont rien à se reprocher, c'est que chacune prend la dose de Ilerté qu'elle croit devoir appartenir au rang de son protecteur, et le ricochet de mépris se prolonge depuis la maîtresse du maréchal jusqu'à la maîtresse du simple soldat. Ces mêmes personnes, qui se dédaignent réciproquement, finiront par se rencontrer dans les corridors du théâtre de Bordeaux ou bien sous les galeries du Palais-Uoyal, et la Salpêtrière sera leur dernier refuge. Alors plus de distinctions sous le niveau égaUtaire de la misère et du vice.

— Des femmes, encore des femmes sur des charrettes, sur des àncs, à cheval, à pied. Dans quelque endroit qu'elle s'arrête, votre armée pourra former une colonie. Ah! voici un régiment qui délile. D'où vient que les grenadiers marchent les derniers ?

— C'est que nous battons en retraite et que l'ennemi doit nous attaquer jiar derrière. Ils seraient en avant si nous le poursuivions. Les grenadiers sont toujours au poste d'honneur aux lieux où le péril est le plus grand.

L'armée avait défilé. Nous vîmes arriver alors une foule de traînards, forcés de continuer leur route à pied après avoir laissé leurs voitures et leurs bagages au milieu de la route. Ces malheureux, n'ayant pas assez de moyens de transports, avaient trop chargé leurs charrctles ou leurs malles. Les essieux se cassaient, les chevaux ne pouvaient avancer, les mules succombaient sous le poids, et bien des familles ont été ruinées pour avoir voulu emporter Iroj) de choses. Les Espagnoles (pie le sort coiidaiiinait à

faire la route à pied supportaient avec un courage stoïque les privations et les fatigues. La chaleur était extrême, elles ne s'en plaignaient pas. Toujours vives et gaies, elles mettaient de l'amour-propre à paraître moins fatiguées que nous.

-Nous n'arrivâmes à Marehena qu'à dix heures de la nuit. Le 27 on coucha à Ossana, le 28 à Antequerra ; nOus en [tartîmes le 29 pour arriver à Loxa le 30 au matin. Le même jour à quatre heures du soir, nous quittâmes Loxa et nous entrâmes à Grenade le 31 à midi. Nos journées étaient si fortes qu'un plaisant dit que nous marchions trente heures par jour. Nous traversâmes les belles plaines de l'Andalousie, si fertiles et si mal cultivées. Les routes sont bordées en plusieurs endroits de haies formidables d'agaves et de figuiers d'Inde. Les feuilles de ce figuier, qui en Provence ont à peine la largeur de la main, sont énormes en Andalousie ; elles peuvent être comparées à de petits matelas. Les guérillas se retranchaient derrière ce rempart végétal et nous fusillaient. Quand on ne pouvait pas tourner ces haies, on avait soin de les détruire. On ne trouve ni ruisseaux ni fontaines dans cette contrée. Le voyageur brûlant de soif ne peut se désaltérer qu'à des puits que l'on rencontre, à de grandes distances les uns des autres, sur le bord des routes. Ces puits sont de larges trous ronds, entourés d'un petit mur, dans lesquels l'eau de pluie se ramasse. Comme il iilcut très rarement pendant lété, cette eau qui ne se renouvelle i)as est toujours chaude et croupissante. Pour ajouter encore à son insalubrité, les Espagnols avaient jeté de la morue pourrie dans tous ces puits, il était impossible de boire une eau de la sorte infectée. Voilà pourquoi Grenade nous apparut, a|irès ces marches pénibles sur un ciel brûlant, comme un jardin (.'ucliauté.

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