‹ Mémoires d'un aide-major sous le premier empireChapitre 5 sur 53 · M PRÉFACE · texte numérisé non relu

M PRÉFACE

(le 1808 à 1813. Après les renforcements successifs de années 1808 et 1809, l'armée fut alignée à trois cent mille hommes au mois de janvier 1810. Pendant cinq années, la mort ne cessa pas de faucher nos soldats, tués à l'ennemi ou dans les embuscades ; mourant dans les prisons de l'ennemi ou sur les pontons; égorgés par la populace ou emportés par les épidémies d'armée : typhus ou fièvre jaune, qui anéantissaient des divisions entières. Sur les vingt-quatre mille soldats du corps du général Dupont faits prisonniers après la capitulation de Baylen si odieusement violée par les Espagnols et envoyés sur les pontons, puis à Cabrera, quinze cents à peine revirent la France : le reste succomba. Nous avons laissé en Espagne près de deux cent mille hommes : une puissante armée... EITroyable statistique! Ce nombre d'hommes est très supérieur aux pertes, pourtant si cruelles, de la fatale rolraite de Russie.

L'Empereur Napoléon exerçait alors sa souveraine puissance, directement ou par ses alliés, sur plus de quatrevingt-cinq millions de sujets. Les vastes limites de l'empire français s'étendaient sur cent trente départements. La faraude Armée de 1812 était formée de soldats appartenant à plusieurs nations différentes. Il y avait des Autrichiens, des Prussiens, des Saxons, des Bavarois, des Wurlembergeois, des Ilessois, des Badois, des Polonais, des Portugais, des Espagnols, des Italiens du Nord, des Nai)olitains, etc.. On y criait « vive l'Empereur! » en sept langues (1).

(1) L;i C.r.iinlc \iiii.r (le IM':, (iiiliv la Canlc IiiipiTiale, fomplait (tii/.c corps (rariiii r, \ ciiininis celui du priiirc de Sch\vart/.cnil)crg, r|, (|ii;ilre cdriis dr n^scrvi' il(^ cavalerie formant nu effectif de iX3.;i(J0 lioninies. Sur ces onze corps d'armée, nuire les régiments et brigades étrangers incorporés dans les ci7iq premiers corps frau»

Page 1