‹ Mémoires d'un aide-major sous le premier empireChapitre 8 sur 53 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

la baïonnette dans les reins. Beaucoup restèrent sur le carreau. Les autres s'enfuirent. « J'aurais voulu en avoir un vivant pour la rareté du fait, écrivait un témoin oculaire. Mais cela ne m'a pas été possible. » Ces jeunes gens avaient détalé comme des lièvres.

Lea Méi/ioires d'un Aide-Major nous offrent de fréquents exemples du caractère méchant et souvent féroce des moines espagnols : depuis le capucin satisfait de loger des Français dans la bauge de ses cochons, jusqu'au moine Tadeo, que connut S. Blaze sur le ponton VArgouaule et dont la plus grande joie était de refuser l'absolution à nos compatriotes agonisants, quand il ne les achevait pas lui-même à coups de poignard. Les assassinats commis par des religieux sur des officiers ou des soldats français en Espagne, de 1808 à 1813, dépasse I)lusieurs milliers : crimes affreux, commis au nom de la religion, servant de prétexte au fanatisme, à l'ignorance et à la cruauté de la basse classe dans laquelle se recrutaient généralement les religieux espagnols. Bien peu firent exception à cette règle. Citons pourtant le nom de Concha, moine libéral, plus instruit que la plupart de ses confrères, qui servit avec beaucoup d'intelligence et d'adresse l'état-major du roi Joseph et qui, convaincu d'avoir été espion double, c'est-à-dire à la fois au service des Français et des Espagnols, fut enfermé par ordre du ministre de la police générale à Vincennes, où il mourut.

Les Espagnols révoltés obéissaient à la Junte insurrectionnelle établie d'abord à Séville, puis à Cadix, puis enfin à l'île de Léon. Les troupes anglaises ou espagnoles opéraient en parfaite tranquillité entre nos armées. Pendant presque toute la durée de la guerre, en dehors des places fortes et des postes fortifiés assurant, d'une manière très irrégulière, leurs lignes de communication, les Fran-

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