‹ Mémoires d'un avocat au Parlement de Paris: de?pute? a? l'Assemble?e le?gislativeChapitre 12 sur 27 · SÉANCE DU MERCREDI 5 OCTOBRE. {MonUeUf, T. X, p · texte numérisé non relu

SÉANCE DU MERCREDI 5 OCTOBRE. {MonUeUf, T. X, p

M. le Président. ^ M. Ducaslel va rendre compte à rassemblée de la députa tion qui s'est rendue hier chez le roi. M. Oucastel en rend compte.

M. *. Je demande que rassemblée décrète qu*on ne se servira plus

dans le sein du Corps législatif, de ce titre : Votre Majeiié, (Cinq à six

membres applaudissent.) Le seul titre de Louis XVI est : Roi des Français.

M. ***. Je propose d*entendrela lecture d*un projet de décret :

' I^* Assemblée nationale, considérant que le code de Tétiquette ne peut

Gonvenir à un peuple libre, décrète que le Corps législatif, malgré Tévidence

°o la prééminence de ses droits , traitera d*égal à égal avec le pouvoir

oxécotîf ; il pourra y envoyer à tonte heure des députations, et que le roj

pourra se rendre à TAssemblée nationale toutes les fois qu'il le jugera con- ^enable. »

^* ^ecquet. — Le roi doit se rendre à l'assemblée vendredi : je demande

^^^ la délibération s'établisse sur la manière dont il sera reçu. (On mur- ™^re.)

^ - Couthon. — L'assemblée qui nous a précédés a décidé que, quant à

^^Uette, la conduite du roi lui servirait de règle : comme si, en présence

^ Premier fonctionnaire du peuple, les représentants de ce peuple se

^^sf^rmaient tout à coup en automates qui ne peuvent se mouvoir que

^^^ ^a volonté. (On applaudit.) Elle a décidé qu'il lui serait apporté un

^^^ fauteuil d'or, comme si celui du président était indigne de lui. La

^''nière fois qu'iKs'est rendu ici , n*a-t-on pas entendu M. le Président se

^**^ir, en lui parlant^ de mots proscrits, l'appeler Votre Majttté^ comme

^ y en avait une autre que celle de la loi et du peuple ; l'appeler Sirt^

^ ^tiî , dans le vieux style , signifie Monseigneur. Je demande que le céré^

^^îal soit réglé dans cette séancn , et je propose de décréter que, lorsque

^ ^oi entrera dan^ la salle , les membres de l'assemblée seront debout et

' ^<^ouverts ; qu*au moment où il arrivera au bureau, ils aient , comme lui,

^ faculté de s'asseoir et de se couvrir. Nous devons éviter aussi le spec-

ses pour préparer les projets de loi. Je fus nommé membre ^wr^et du comité de législation composé de 48 députés, parmi lesquels se remarquoient de très-bons jurisconsultes. Du Cartel et Vimar de Rouen, Pastoret * et Gorguereau de Paris, If ti-

tacle d*uQ fauteuil scandaleui, et espérer que le roi 3*honorera de s'assi^oit sur le fauteuil du président des représentants d'un grand peuple ; et qa*^'^ fin, il ne puisse prendre d*autre titre que celui de f Roi des Francis » - ^^ ma proposition est appuyée , je prie M. le Président de la mettre asi v (On entend dans toutes les parties de la salle ces mots : Oui, oui, elle appuyée.)

Quelques membres demandent la question préalable.

M. '*'. — Je demande que les deux fauteuils soient placés sur la m ligne, vis-à-vis le bureau.

M. Goupilleau. — J*avoue qu*à la dernière séance du corps constituai "^' j*ai été révolté de voir le Président se fatiguer par une inclination profci»^*^^ devant le roi

(On vote successivement les divers articles du décret et notamment ^^ | art. II et 111 ainsi conçus :

II. « Le roi arrivé au bureau, chacun des membres pourra s'asseoB^ « se couvrir. »

III. c II y aura au bureau et sur la m^e lt(/iie deux fauteuils seml''^^' c blés ; celui placé à gauche du président sera destiné pour le roi. »

A la séance du lendemain jeudi 6 octobre et malgré les efforts de '^^ gniaud (V. MorUieur, p. 47 et suiv.) Chabot , Bazire , Hérault de Séehel^^^ ' Lequinio, qui demandaient Tordre du jour, au milieu d*un grand tumi^ ' rassemblée décide qu'il y a lieu de délibérer sur là motion de rapports ^^ décret rendu dans la séance précédente et décide à une très-grande m^^-' rite que le décret sera rapporté.

Le Moniteur ajoute : f Les anciens membres de TAssemblée natio^^^^ constituante applaudissent. »

i. Pastoret (Glaude-Emmanuel-Joseph-Pierre , marquis de), né à tf^^ seille en 1756, mort à Paris en 1840, fut successivement conseiller ^ Cour des aides, maître des requêtes, procureur syndic du départeme^^^ '

tint un moment sous Louis XVI le portefeuille de la justice et de Tintera ^^ et se montra constitutionnel ardent, sans cesser d*étre dévoué au ro^^ dut quitter la France sous la Terreur et rentra en 1795. Envoyé au Goa^^

A»r«* et autres hommes trèsH^apables. Cependant, les députés qui se tâtent et finissent par reconnaître les opinions, vont se partager suivant elles en côté droit et côté gauche. Cette séparation du bon grain d'avec Tivraie prit du temps. J^es impartiaux qui n'aiment pas la bataille resteront au milieu pour juger des coups : pauvre espèce! Je reviendrai souvent sur cette classe de prétendus honnêtes gens qui ont constamment appuyé les factions de leur masse inerte, et leur ont maintenu la majorité.

Je trouvai au côté droit plusieurs camarades de collège et de stage, et quelques bons amis : le grand Bmignot ', d'un naturel paissible, mais qui au milieu des plus

^^8 Cinq-Cénts par le départemeDt du Var, il fut, au 18 fructidor, porté ^^r les listes de proscription. Il s'enfuit en Suisse, revint en 1800, obtint ®n 1%Oi la chaire de droit naturel et des gens à TÉcole de droit et devint sénateur eu 1809. Sous la Restauration, il fut fait pair de France, vice- Président de la chambre des pairs en 1820, tuteur des' enfants du duc de Berry (1821), ministre d'État eu 1826 , vice-chancelier en 1828 et ohance- ^'cr de 1829 à 1830.

^e iparquis de Pastoret était membre de trois académies (française, des "iscri plions et belles- lettres et des sciences morales). Il a laissé d*impor- ^its ouvrages.

^' Miuraire, devenu sous TEmpire premier président de la Cour de cas- «aiio^.

^* ^eugnot (Jacques-Claude), né en 1761 à Bar-sur-Àube , mort en

^3S, fut élu par son département procureur général syndic de TÀube

^ '^Oy puis député à TAssemblée législative (1791), y soutint la monarchie

^^'^^iitutionnelle et fit décréter d'accusation Marat pour ses provocations

'*^^®>^diaiies, fut emprisonné sous la Terreur, devint après le 18 brumaire

Préfet de la Seine-Inférieure, puis conseiller d*État , organisa en 1807 le

^^Uveau royaume de Westphalie et en 1808 le grand-duché de Berg, reçut

^^ 1 814 du gouvernement provisoire le portefeuille de Tintérieur , et de

^^uisXVni celui de la marine, et fut fait, après la deuxième Restauration,

Ministre d*État et mem5re du conseil privé. Député de la Haute-Marne en

^^15, il quitta la Chambre aux élections de 1822. Il fut ensuite nommé

paie de France. Il a laissé des Mémoires, récemment publiés.

grandes crises, resta toujours dans nos rangs; Amy aristocrate renforcé , qui regardoit la constitutio comme une bêtise , et se moquoit de nous qui pré tendions la soutenir ; Boulanger de Rouen, qui accable les jacobins de sa haine vigoureuse , mais qui , pe Texcès même de sa véhémence^ perdoit tous ses moyens mon bon ami Fressenel^ constitutionnel pur, d'un caractëi doux, quiréunissoit,choFe assez rare, beaucoup demodest à un vrai talent; et Girarrfin*, inébranlable appui du cô' droit, qui depuis... je me liai là avec Ramond^ et Dumas

1. Girardin (L.-Gécile-Stanislas-Xavier, comte de), issu de la famil noble des Gherardini, de Florence , fils du marquis de Girardin, né* 1762 à Lunéville , mort en 1827, eut pour maître Jean-Jacques Roussea auquel son père avait offert une retraite à Ermenonville , entra au servi à 17 ans et fut député de Senlis. En 1793, il émigra momentanément,revi en France peu après et fut jeté en prison ; il fut libéré au 9 tht rmidor. I 1802, il présida le tribunal , accompagna en 1806 , comme écuyer, le r Joseph, à Naples, devint colonel au siège de Gaëte et combattit ensui en Espagne avec le titre de général. Rentré en France, il fit partie « Gorps législatif et devint président de la section de Tintérieur. En 181^, fut nommé préfet delà Seine-Inférieure, et, pendant les Cent -Joue siégea dans la Chambre des représentants. En 1819, il fut nommé préi de la Côte-d*0r et fut, la même année, élu député de la Seine-Inférieue 11 resta à la Chambre jusqu*â sa mort.

2. Ramond de Carbonnières (Louis-François- Elisabeth), né à Strasbou' en 1755, mort en 1827, fut attaché à la maison militaire de Louis XVI, r partisan de La Fayette et se vit obligé de fuir après le 10 août. Il pass les jours de la Terreur en voyages scientifiques dans les Pyrénées, f^ déjiuté au corps législatif (1800-1806), préfet du Puy-de-Dôme, baron c TEmpire et conseiller d*État (1818). Il est célèbre autant par son taies oratoire que p^r ses travaux géologiques. On lui doit : Observation^ faitm dans ks Pyrénées {4789), 2 vol. in-8o ; Voyage au Mont-Perdu {180 f in -8®, etc.

3. Dumas (le comte Mathieu), né à Montpellier en 1753 , mort en 183' entra, dès Tâ^e de 15 ans, dans la carrière des armes, et combattit e Amérique, sous les ordres de Rochambeau. Il a pris une glorieuse pa

nos deux principaux orateurs , Barris * , Aubert du Bayet *, Becquey '*, Cartier de Coucy^ Ducastel, Vimar^ Gorguereau , Jaucourt * , Pérignon , Vaublanc ' , et quelques autres d'une opinion conformé, et de talents divers.

Quant au côté gauche^ on pen^e bien que je n*y eus pas de liaisons. On peut en toute autre matière être ami quoiqu'on ne soit pas de la même opinion; mais en politique les dissentiments produisent la haine. Des hommes de partis différents doivent se détester. Je dis qu'ils le doivent, sans pouvoir en définir la raison ; mais c*est un fait (|u'on a observé dans les révolutions. L'esprit de parti fait taire les affections naturelles, il divise les familles, et transporte jusque dans les foyers domestiques Taigreur et l'opiniâlrelé de ses débats. Nous qui exécrions les jacobins et leurs doctri nés, nous devions détester les députés du côté gauchequi les professoient. D'ailleurs ces Messieurs n'étoient pas tous bonne compagnie. Comment se mêler 2iYec Merlin*, Bazire'',

^vx cpierres de fEmpire et fut nommé général de division. Sons la Res- ^^■r^tion, il a rempli les fonetions de conseiller d*Étal, président dn eonaité de la guerre. Après 1830 , il fut élevé à la pairie.

1 • ^arrii^ célèbre jarisconsnlte et magistrat.

S- Hort ambassadeur i CoDstantinople.

^- Birecteor des ponts et chaussées sous la Restauration , après le

^' Le marquis de Jaucourt, colonel de cavalerie.

^- Devenu pair de France sous la Restauration.

^- MeHm de Thionville, ainsi désigné pour le distinguer de Merlin ^^ OfHiai, aussi fameux par ses connaissances et son talent de juriseonfini te que par sa triste carrière politique.

''^ Btuire (Claude), né en 17(H, fils d'un négociant de IHjoo. 11 avait ^ ^bt)rd voulu embrasser Tétat ecclésiastique. Dès le conmeoceneol de la ^^^olution, il s*en moulra partisan trét-zélé, et fut nommé admiolstratear

J djslriet, puis (*éputé i TAssembiée législative, où il se signala par la ^^oleoee de ses molions. 11 vota la tuppreanon du eoflone relîgieos, pro-

Tex - capucin Chabot ^ , l'odieux paralytique Cou-

voqaa la création d*uD comité de suryeillance » demanda le séquestre des biens d*émigrés et dénonça le comité autrichien. G*esl contre lui que fut décerné , par le juge de paix Larivière , un mandat qui , bien qu*annulé par l'Assemblée , n*en coûta pas moins la. vie à ce magistrat lors des massacres de septembre 1792.

Bazire formait alors, avec Ghzbot et Merlin de Thionville, le fameux trio cordelier contre lequel fut dirigée Tépigramme suivante :

Connaissez-vous rien de plus sot Que Merlin, Bazire et Chabot ?

— Non, je ne connais rien de pire Que Merlin, Chabot et Bazire, Et personne n'est plus coquin Que Chabot, Bazire et Merlin.

Ce fut lui qui proposa le licenciement de la garde du roi el des officiers de Tarmée , en demandant que la nomination de ceux-ci fût dévolue aux soldats, mesure subversive de toute discipline. Plus tard, il dénonça La Fayette, dont il demanda que la tête fût mise à prix. Il fut Tun des principaux instigateurs des journées du 20 juin et du 10, août.

Devenu membre de la Convention , il demanda, dès les premières séances, la peine de mort coptre quiconque proposerait de créer une puissance individuelle héréditaire et vota Tabolition de la royauté. Son nom figure néanmoins parmi les députés qui, dans un écrit publié en septembre 1 792, étaient désignés comme ayant reçu des sommes considérables de la cour. Dans le procès de Louis XVI , il demanda qu*i] fût jugé sans désemparer et vota la mort.

11 fut nommé membre du comité de sûreté générale, el alla en mission à Lyon. Â Tépoque du 31 mai, il s'éleva contre les Girondins, et, le 22 juillet, dénonça le général Custine et fit décréter son arrestation.

Plus tard , devenu suspect , Robes^^ierre le fit accuser de friponnerie, d'intelligence avec les agioteurs. Enveloppé dans la chute du parti de Danton, il périt sur Téchafaurl le 5 avril 1794.

(Biographie universelle, T. 111, p. 355-356.)

1. Chabot (François), né en 1759, à Saint-Géniez, dans le Rouergue , était dans Tordre des Capucins, quand éclata la Révolution. Il jeta le froc et fut successivement député à TAssemblée législative et à la Convention. Il vota toutes les mesures violentes et sanguinaires qui furent prises à cette

*W»,i6Cotfi^re'deVersailles,fou atroce, Thuriot Tassassio , et

^ûl d'autres, car vous verrez que, dans la Convention, plu-

fleurs de ces hommes sont devenus des monstres. Beaucoup

Centre eux portoient des figures basses ou sinistres^ ou

bien avoient le regard faux, signe infaillible, car l'œil est

'e miroir de Tâme, il réfléchit ses pensées les plus secrètes.

^insi Ton pouvoit prévoir ce que seroit C... dont la laideur

yiiand il vous regardoit n'étoit plus supportable ; Guadet '

^ 'a tribune avoit Tair d'un chat en colère; Couthamvec un

^on mielleux déguisoit mal son naturel farouche; c'étoit

'iiyèiie qui soupire après la proie qu'elle va dévorer.

J'ontends déjà qu'on m'accuse d'exagération ; je jure au contraire que je ne dis que la vérité. Mais apparemment il y avoit d'honnêtes gens dans ce côté gauche? Sans doute. Le -proverbe normand dit qu'il y en a partout. De quelle espèce pouvoient être ceux-là? Des fanatiques ou des imbé-

epocjue et devint Fun des membres les plus redoutés du club des Jaco- ^>ns. Accusé en 1794 par Robespierre, il fut guillotiné le 5 avril. 11 avait été un des principaux rédacteurs du CaUehisme des Sans-Culottes.

*- Couihon (Georges), né à Orcet , en Auvergne , en 1756, était avocat

^■ernaont, lorsqu*éclata la Révolution. Député à l'Assemblée législative et

^ Convention nationale , il y professa les doctrines les plus violentes.

> de Rohrspierre, membre du comité de salut public , il appuya toutes

"Mesures sanguinaires. Envoyé à Lyon après la prise de celte ville, il y

^^^ le règne de la Terreur et fit démolir les édifices les plus remar-

^ ^^les. La chute de Robespierre entraîna la sienne ; il périt sur Técha-

~ Couthon était paralysé des jambes.

* ^eeoinire (Laurent), marchand de toiles , à Versailles , s*est fait re- ^. ^^^<sr par ses dénonciations perpétuelles, poursuivant également les

^"^^ins elles Terroristes. 11 mourut exilé en 1805.

* ^^iaàet (Marguerite-Élie), né en 1758, à Saint- Émilion, pi es Bor- ^^ , était avocat en cette ville en 1789. Député à l'Assemblée législa-

I . ^^ à la Convention, il fut , ainsi que les autres Girondins, mis hors la . * 'q 31 mai 1793, et se sauva avec quelques amis dans sa ville natale. **^ il y fut arrêté et périt sur l'échafaud (1794).

ciles; des fanatiques qui tendoient à un but de liberté exagérée ; des imbéciles qui ne voyoient pas'qu'on les poussoit à ce but. Tous y étoient dirigés par des ambitieux, qui formoîent ce qu'on appeloit alors le parti de la Gironde, renégats politiques qui sourioient à tous les désordres, parce que, suivanteux, ils dévoient leur amener le pouvoir Ils y trouveront la mort.

Voilà donc l'intérieur de TAssemblée. A présent voyons sa position au dehors.

Le club des jacobins existoit dans toute sa force * ; sa popularité étoit immense ; les pouvoirs constitués, dans lesquels ilsavoient de nombreux partisans, ne pouvoienl arrétersa marche révolutionnaire; c'est de lui au contraire qu'ils recevoient une impulsion désordonnée. Le temps n'est pas loin où la couronne de France sera remplacée par le bonnet rouge. Le côté droit de l'Assemblée chercha son appui dans une coalition contraire qui seroit composée d'hommes dévoués à la monarchie et au maintien des lois. Le club des Feuillants fut établi*. Iltiroit sa dénomination, comme celui des Jacobins^ des deux couvents dans lesquels ils s'étoient

1. G*était orinigairement le cluh Breton, fondé, dès le début de la rév(> — lution, par Le Chapelier et Glezen, députés de la Bretagne; c'est là qu^^ dominèrent quelque temps Adrien Duport , Lameth et Barnave , c*est-à — dire le parti des constitutionnels.

Plus tard , Robespierre , Péthion, Antoine y prirent de l'influence. Lors — ^ que TAssemblée constituante fut transférée à Paris, le club Breton devin ^r~ le cUth de$ Amis de la constitution ; ouvert le 6 octobre 1789, dans le cou— -i vent des Jacobins, rue Saint-Honoré, il acquit bientôt une renommé» -^ sinistre, sous le nom de « club des Jacobins ».

2. Club des Feuillants. — Société formée de la scission de la partie mo- -^ dérée du club des Jacobins, qui s'appela d'abord Société de 4789; tint se: t^ premières séances au Palais-Royal, et prit le nom de Feuillants, quan^ -> elle vint s'établir au couvent des Feuillants, près des Tuileries.

On c'omptait parmi ses principaux membres : La Fayette, Bailly, Dupor^^*

installés. Singulière destination de ces lieux autrefois si paisibles, qui étoient convertis en arène de gladiateurs. Je ne voulus pas être feuillant \ à l'exemple de plusieurs de nos amis, je répugnois à tout ce qui avoit l'air d'une coterie; ma nnission de député étoit à l'Assemblée, et je n'en sortis point. Je dirai en passant que l'ambitieu x^érau(^ de Séchelfes^^ qui dans les premiers jours siégepit au côté droit, le déserta de dépit de n'avoir pas été nommé à la présidence du nouveau club constitutionnel. Au surplus Texistonce de ce club ne devoit pas être de longue durée : les jacobins ameutèrent le peuple contre lui. Des groupes en obstruoient les portes, et on ne pouvoit y entrer ou en sortir qu'à travers les insultes et les menaces. En vain on réclama l'appui de l'autorité pubhVjue ; Pétion éiolt alors maire de Paris: c'étoit un avocat ^e Chartres qui s'étoit fait une certaine réputation dans 1 Assemblée constituante; voici ce que répondit cet étrange '^^êTîstrat : « La loi vous protège ; mais le peuple s'est ' Pï*Oi)oncé contre vous: c'est la voix du peuple que je dois

' ^<^c>iiter ».

'•^^toit donc pour le côté droit l'opinion des honnêtes

^eo s - faible appui dans les temps de troubles, celte opinion dev

1 1 être bientôt comprimée par la terreur. Le trône que

les

K*es Lameth. Leurs adversaires leur avaient donné le nom de « club **«^ chique ».

*^« fut plus question de ce club après le 10 août. * -f^érauU de Séchelles (Maiie-Jean), né à Paris, en 1760, d'une famille ^>^ne et noble , était avocat' général près le parlement de Paris, au

^^nt de la Révolution. Successivement député à l'Assemblée législative

et à 1

• Q Convention , il siégea dans les rangs des plus ardents révolution*

^''^^. 11 présida la Convention au 2 juin , lors de la proscription des Gi- ^ixis; la constitution de 1793, établie après cet événement, fut princr- ^ ^>^^ent son ouvrage. Il fit aussi partie du comité de salut public.

^^K^été le 9 mars 1794, quelques jours avant Danton, son &mi, et Camille ^^^^oulins, tous marchèrent ensemble à Téchafaud, le 5 avril.

nous allions défendre devoit au moins nous soutenir et faire cause commune avec nous. Chose incroyable! nul ^^ secours ne nous vint de ce côté. L'esprit de la cour étoit mauvais; le roi éloit peut-être le seul qui voulût sincèrement le maintien de la constitution. La reine, il faut le dire, ne pairtageoit pas ses sentiments sur ce point; son éloignement d^ss nouvelles institutions étoit mal dissimulée. La fierté autr^mchienne avoit trop à en souffrir. Quant aux gens de la cob-*^ qui n'avoient plus de faveurs à attendre, ni de crédit à e^" pérer, ils détestoient cordialement le régime qui en avc^ i*» tari la source, et soupiroient après sa destruction.

Une autre opinion perdit tout, et c'étoit pourtant cel d'hommes honnêtes et raisonnables. lisjugeoientque le noi veau régime ne valoit rien, mais qu'il devoit périr par luM ^ même, par ses propres excès: en sorte que, loin de s'effraya ^ des troubles, ils étoient tout disposés à s'en réjouir. Ils ast i' moient et plaignoient les députés du côté droit; mais il ^ sourjoient aux déportemenls du côté gauche. <c Voilà un mauvaise loi, le roi sera obligé d'y mettre son veto^ il y aun maille à partir... il y a désordre dans l'administration, autorités ne s'entendent pas,elle se heurtent,des troubles s'élèvent dans les provinces, il se passe des horreurs dans 1( midi... tant mieux , cela finira plus vite ». Voilà ce que j'aE^ entendu cent fois, et ces vœux ineptes étoient formés par de; très-honnêtes gens, tant est commun dans les temps de crise l'esprit de vertig • et d'erreur * !

1. Le désordre était universel, et Tétat des choses, la disposition des esprits, étaient tels, que Thonime le plus éminent en talent et en caractère n'aurait pu y remédier qu*en s'emparant de Tautorité. C'était un spectacle ui\ique dans fhisfoire du monde que la révolution qui venait de s*opérer, et celle qui se préparait: car tout annonçait la dissolution du corps social en 1792 ; toutes les anciennes institutions étaient détruites ; celles qui les remplaçaient étaient sans consistance.... Toutes les classes de la nation.

Nous étions donc placés sur u^ volcan; des journaux incendiaires dévoient en être la mèche, car, dès les commencements de la liberté de la presse , elle devint une licence efiErénée, et encore aujourd'hui, malgré de fort belles lois faites pour en régulariser l'action, on n'a pu parvenir à en comprimer les écarts. Bonaparte seul en étoit venu à bout en la supprimant. Que fit-elle au temps de l'Assemblée législative ? Vanter le côté gauche, dénigrer le côté droit, voilà quelle fut sa tâche ; elle Ta remplie constamment pendant le cours de la session. C... faisoit un journal auquel le nom de ce philosophe don noit de la faveur; ilmen toit périodiquement avec une effronterie qui depuis n'a point été surpassée. Les opinions du côté droit étoient mutilées, travestiesau pointque ceux d'entre nousqui lesavoient émises ne les reconnaissoient plus en les lisant le lendemain dans son journal. On lui en faisoit des reproches, on l'accusoitde perfidie, et le philosophe sourioit. Dne clique d'écrivains sui)alteriies étoit attachée comme une meute de chiens après nous. Un journaliste qui s'étoit chargé d'empoisonner plus particulièrement le département de Seine-et-Oise, Gorsas ', fit rage contre les députés constitutionnels de ce département. La députation étoit de quatorze membres; onze étoient du côté droit; les trois jacobins du côté gauche étoient Le Goinfre^ Haussmann et un prêtre renégat appelé Bassûl^

toutes 8es subdivisions sociales ou politiques étaient en convulsion ou en délire.

Les républicains seuls , dans ce désordre , mettaient de la suite et de Taudace dans leurs projets ; et les clubistes , associant à leur empire la populace, proclamaient partout les maximes et les fureurs d'une démocratie licencieuse.

{Malouet,T. II, pp. 120etl21.)

i. Avoit-il des chemises , Ganas ? 11 en avoit trois grises.

(Refrain d*oae chanson de ce (eurps-Ui,;

tous trois de Versailles, ce qui prouve dans quel esprit V^^rsailles avoit nommé *.

C'étoit là, d'après Gorsas^ les patriotes purs ; nous élioK^BS, nous, des conspirateurs dont le peuple devoit faire justic^^ ; et en effet, après le 10 août , Dumas^ Chéron^ Soret et nsr^oi fûmes pendus en effigie à Saint-Germain, résultat natujrel des calomnies de ce libellîste et des fureurs populairesqui.*il avoit amassées contre nous.

A présent que notre position est connue, j'entre dan» l^ récit des faits : je ne m'arrêterai qu'à ceux qui ont c:le l'importance, qui ont eu de l'influence sur les événemerm ts. Ce seroit temps perdu que de s'occuper du reste.

Nous avons débuté par deux discussions majeures, r«.«®

sur les émigrés, l'autre sur les prêtres appelés dissidents, parce qu'ils avoient refusé de se soumettre à la constitutic>n civile du clergé. Ces deux fatales discussions étoient de nattir^ à mettre le feu partout. La saine politique vouloit qu'on Jf^^ parlât ni d'émigrés, ni de prêtres. Mais les jacobins saisi r^ï^* avec empressement ce brandon de discorde et le jetèrent ^** milieu de l'assemblée.

Les opinions ont été bien divergentes sur les émigr^^- Ceux qui n'ont vu que leurs malheurs , les ont admirés. ï "^^ ont été maudits par ceux qui n'ont vu que leurs fautes. Po^*^* être juste, il faut absolument distinguer deux temps da. l'émigration.

La première, qui eiit lieu immédiatement après les décr de l'Assemblée constituante qui supprimoient la féodalité la noblesse, fut l'e^migration de l'orgutil. J'en parle ain^ parce (|ue j'ai été témoin. Je vois encore cette foule d'homn»-

1. Nous nous réunissions à l'îner une fois par semaine, pour parler <^ affaires du département. Nous fûmes obligés de chasser ces trois gueu' qui ne parloient que de tuer, même à table.

opérés, fuyant la patrie qui nie leur avoit point encore de mal, et allant chercher, disoient-ils, Thonneur à lentz. On ne se fait pas idée de leur arrogance, de Timinence de leurs manières et de leurs propos. Ces preux Paliers abandonnoient la patrie et le roi; pour les servir, Eilloient brandir au delà du Rhin leurs inutiles épées Is auroient bien mieux employées au iû août, si touteun 10 août fût arrivé : car il faut bien remarquer que >îon des émigrés produisit la violente réaction des jaco- \ ; elle leur donna une force que sans elle ils n'auroient ais eue. En eflfet, que disoient^ils au peuple? « Vous 3uvez voir à présent où sont vos ennemis, où sont vos 5fenseurs. Vos ennemis sont les prêtres et les nobles, sndant que les uns fomentent dans Tintérieur une guerre itestine, les autres la déclarent formellement au dehors, s sont en armes, ils appellent l'étranger à leur se- )ursi... Quant à nous, députés du côté droit, nous as d'intelligence avec les transfuges , nous étions les atés de Coblentz. Nous voulions renverser la constitution étoit l'objet de notre haine commune. Ainsi nous voilà inus suspects au peuple; dès ce moment nos moyens paralysés , et nos efforts pour le bien seront nuls. Le ëtoit dans une position encore plus désespérante. En i il protestera de la pureté de ses intentions , on n'y ra pas; et comment y croire, lorsqu^on voit les ices ses frères en armes à la tête de l'émigration, ou solant dans les cabinets étrangers des secours pour elle? vain le roi les rappellera par den proclamations puues, on supposera des instructions secrètes qui les agent à rester. Le roi peut-il parler franchement de paix, nd c'est pour lui qu'on prépare la guerre? Peut-il brises affections naturelles et devenir un ennemi de sa ille? Il étoit évident que la nation étoit trahie... Voilà

par quelles idées onaliénoit, no échauffolt les esprits. Goi ment faire marcher la constitution au milieu des alarncmes publiques? Le gouvernement, toujours occupé à se justifier, à se défendre, n'avoit plus le moyen d'agir. La première émigration produisit tous ces maux; les incrédules ne n feront pas au moins qu'elle en fut le prétexte, qu'elle en atsg* menta l'intensité. Et s'il étoit possible de la justifier par les intentions, il faudroit encore la juger, la condamner par les eflfets.

Quant à la seconde qui eut lieu après le 10 août, après I^ 2 septembre, celle-là malheureusement étoit trop bien justifiée. Il n'y avoit plus d'autorité publique en France pour protéger les personnes et les propriétés. La force étoit aux factieux ; ces émigrés, nobles et prêtres, fuient la persécution qui commence; une terreur légitime précipite leurs pas vers l'étranger. Ceux-là ne menaçoient pas la France qu'ils quittoient en pleurant; il a fallu une assemblée aussi atrooe> aussi absurde que le fut depuis la Convention pour lano^i" sans distinction ses décrets de mort sur tous ces malheUreux.

Je reviens à l'Assemblée législative.

Le temps des persécutions n'étoitpas encore arrivé : aa^^* nos premières mesures nefurent pas violentes ; on ne \oulCpi^ que faire rentrer les émigrés en France, parce qu'en effet l&^^ présence à l'étranger étoit fort dangereuse.Ce fut à l'occasi de cette discussion que le côté droit et le côté gauche mesurèrent. L'opinion la plus modérée d e voit succomba ^' a Faites, disions-nous, des lois sages qui ramènent l'ord ^^ a en France, c'est le moyen d'y faire rentrer les émigr^^* a Plusieurs d'entre eux fuient des malheurs qu'ils pr^"^ « voient , faites voir qu'ils n'ont rien à craindre, que vo^^^ « voulez être justes, et que le gouvernement est assez fo^ c( pour protéger efficacement tous les citoyens* Sans don^

« il en est parmi eux que votre modération ne ramènera

oc f>as. Qu'importe? Ceux-là seroient plus dangereux au

or dedans qu'ils ne le sont au dehors. Laissez là ces vains

oc irassemblements qu'ils appellent une armée, laissez agir

oc le temps, la discorde, l'ennui, la misère; ils la vaincront

ce bien sanj vous » I... Ces raisons ne furent point écoutées.

O^iix décrets furent rendus. L'un prescrivoità Louis-Stanis-

l€M^'J[(wier , prince français , (depuis Louis XVIII) de ren-

tx*^i* en France dans le délai de deux mois, faute de quoi il

s^«*oit censé avoir abdiqué son droit éventuel à la couronne.

L«* autre déclaroit dès ce moment suspects de conjuration

co¥itre la France les émigrés rassemblés au delà du royaume,

et dëclaroit coupables ceux qui seroient encore en état de

rassemblement le ier janvier 1792.

11 falloit tout de suite s'occuper des prêtres; cette discussion fut plus orageuse que la première. Qu'avot-ion pourtant ^ ^eur dire? Ceux d'entre eux qui étoient émigrés se trou voient atteints par le décret qui venoit d'être rendu. Ceux qui Ploient restés dans l'intérieur vivoient sous l'empire des lois. Le refus de prêter serment à la constitution civile du clergé n'étoit pas un crime, c'étoît un acte de liberté religieuse. Le gouA^ernement qui proclaraoit toutes les libertés devoit aussi respecter celle-là. De quel danger pouvoient être les d'ssî^ients auxquels toutes fonctions publiques étoientinterdiiesî C'étoit donc une persécution qu'on vouloit commen- ^^ <^ontre eux. Maiçl'histoire prouve qu'en matière religieuse surtout, la persécution rend les esprits plus opiniâtres, et n© fait qu'ajouter plus d'intérêt, plus d'influence aux malheu.ï»eux qui en sont l'objet.... Les jacobins sa voient bien tout cela ; ils en étoient plus ardents à presser une mesure qui devoit enfanter de nouvelles discordes. Je n'eus pas dans cette discussion mon tour de parole; je fis imprimer mon opinion, qui, bien entendu, ne servit à rien. Nous fûmes battus

à une grande majorité. Le décret ordonna aux dissidents prêter serment à peine d'être privés de leurs pensions. Ainsi les plaçoit entre leur conscience et la faim, injustice d'autsi^x^t plus criante, que ces pensions du clergé étoient lafoiblc indemnité des biens dont il avoit été exproprié.

Ces deux formidables décrets n'étoient rien sans la saKft^c> tion du Roi. Il va faire le premier usage de son droit de v€to^ c'est-à-dire qu'il va s'exposer personnellement à 1 » haine d'un parti. Cependant une opinion plus sage veno^^^ lui prêter sa force contre l'esprit de faction. Le départem^*^^^ de Paris, dans une pétition dictée par le patriotisme le pl^^^^ éclairé, avoit supplié le roi de refuser sa sanction au déoT'^^ sur les prêtres. Les administrateurs qui Ip composoient, t^ ' ^ que la Rochefoucauld, Talleyrand, de Beaumetz étoient hommes recommandables par leurs talents et les servi mêmes qu'ils avoient rendus dans l'Assemblée constituai! à la Révolution. Cet acte courageux irrita l'Assemblée légi^' lative, et, je crois pouvoir le dire, avec raison. Il n'appart^'' noit pas à une autorité secondaire de contrarier la sienne » de dénigrer publiquement ses actes. Cette lutte n'étoit ri^^ moins que constitutionnelle. Il falloit laisser au roi sonlit»^ arbitre, attendre avec respect, et ne pas essayer de lui arr^** cher sa décision. D'ailleurs que produisit cette pétition cî"* département? Des pétitions en sens contraire. Desjacobi^^ enragés vinrent les déclamer à la barre de l'Assemblée laquelle ils demandoient la punition de magistrats parjura*' Je ne sais quelle pudeur, ou quelle peur l'arrêta.

On pense bien qu'un débat si orageux n'apporta pas paix dans l'intérieur. L'esprit révolutionnaire bouilles dans le club des Jacobins comme dans une chaudière, et déversoit sur toute la France. Voyez ce qui s'y pass^ iStmonno^ maired'Etampes,assassinédansunra$sembleme populaire qu'il ne peut dissoudre au nom de la loi ; i

affreux scélérat du midi, Jourdan^ qui avoit pris le surnom de Coupe-Tête^ entassant dans la glacière d'Avignon les cadavres de ceux que lui et ses frères satellites avoient irairnolés, crime encore inouï et pourtant amnistié par T Assemblée qui apparemment ne se croyoit pas aussi forte que des assassins. Voilà qu'à la même époque on apprend les incendies et les màiheuvs de Saint-Domingue, l'extermination des colons français de la race blanche par les nègres insurgés de la colonie. Cette catastrophe avoit des causes plus anciennes; mais il est remarquable que les crimes qu'elle produisit devinrent pour ainsi dire auxiliaires de ceux que l'on commettoit déjà et que Ton méditoiten France. On eût dit que 1792 étoit une année fatale, vouée aux malheurs, aux forfaits; les imaginationsépouvantéesn'avoientplusde force pour conjurer des maux auxquels elles se résignoient. On verra bientôt les effets de cette stupeur à peu près générale. Quant à présent, les Jacobins s'essayent, ils préludent, ils ne peuvent enccu'e que fomenter les divisions dont ils tireront parti. Avant tout il faut qu'ils subjuguent l'assemblée, et seuls ils n'en seroient pas venus à bout; mais ils s'appuyèrent sur le parti de la Gironde qui se promettoit bien de les dominer, et qui ne lit que les servir. On appeloit ainsi les députés de Bordeaux , hommes habiles et recommandables par des talents, mais ambitieux et marchant sans dissimulation au renversement de l'ordre établi. Ils ne vouloient pas de l'anarchie pour elle-même, ils ne la vouloient qu'autant qu'il leur en falloit pour arriver au pouvoir. Imprudents, qui ne savoient pas qu'on n'arrête plus un torrent quand on a détruit ses digues ; politiques à vue courte, qui ne voyoient pas que l'acte constitutionnel étoit la transaction entre l'ancien régime et le régime nou=' veau ; que , hors la constitution , il n'y avoit de salut pour personne.

Ce parti de la Gironde, qui devint fameux , d'abord ses fautes, et ensuite par ses malheurs bien mérités , tenoit les Jacobins sans se mêler avec eux ; il les pous»43it en avant comme une troupe de bandits qui lui ouvroiC 1« chemin. Il fit plus de mal qu'eux, dans ce sens que los Jacobins se seroient promptement discrédités par leurs o^tcès, tandis que les Girondins factieux, plus modérés, et cela même plus habiles , exerçoient sur la partie faible l'assemblée une influence que je ne puis définir, et, son aide , rompoient toutes les mesures par lesquelles auroit pu déconcerter leurs projets. L'historien de l'Assert» blée législative, M. Lacretelle^ les a présentés sous un J4 favorable; il les a fort mal connus. Son frère aîné , qui » geoit avec nous, auroit pu redresser ses idées. . Je reviensà nos séances.La plus fameuse futcelle du 20 àv^:** * ' 1792 , dans laquelle , sur la proposition du roi , la guei fut déclarée. Mais d'abord je dois faire voir par quell circonstances le roi fut amené à cette terrible extrémi

Par son refus de sanction des deux fameux décrets , roi s'étoit mis dans une position vraiment hostile avec parti dominateur de l'Assemblée. Tel fut l'eflfet déplorai de ce droit de veto si mal conçu par la Constituante, q auroit dû , pour donner quelque force à la royauté , 1 attribuer l'initiative c'est-à-dire la proposition des loL Cet ordre de choses , qui existe aujourd'hui , étoit alo: d'autant plus nécessaire que le Corps législatif n'étant poii divisé en deux Chambres, il n'y avoit plus.de garant contre l'impétuosité d'une Chambre unique qui improvise plutôt qu'elle ne déiibéroit ses projets de loi. La constiti tion avoit bien donné quelques règles, mais il étoit facile de les enfreindre : ainsi il étoit dit que tout proj( de loi avant d'être mis en délibération seroit soumis à troi lectures faites à des intervalles marqués ; mais il était di

aussi que, dans les cas d'urgence, TAssemblée pouvoit délibérer de suite. Or, tout est pressé pour eux qui veulent détruire ; et avec cette simple formule : il y a urgence^ on emportoit tous les décrets. C'est ainsi que fut lancé le décret qui déclaroit la guerre, dans une seule séance, et encore dans une séance du soir.

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