VIEUX LANGAGE
SCRIYAINS SOUS LES VALOIS, SOUS HENRI lY, 8O0S LOUIS XIII, COMMENCEMENTS DU XVII* SIÈCLE.
Je vous disais dans ma dernière lettre^ Madame, que Malherbe nous faisait rentrer naturellement dans Texposé des écrivains français donl je possède les ouvrages : c'est qu'en effet Ton serait bien tenté de ne pas faire remonter ses collections de livres, du moins ses collections pratiques, beaucoup plus haut que Malherbe; non pas que les choses produites dans les premiers commencements de notre langue ne méritent bien un grand intérêt. Je me suis, pour mon compte, livré sur cette matière, à des études, à des recherches, souvent à des travaux suivis; je me suis, plus d'une fois, évertué à bien comprendre le roman du Renart, à effeuiller, en détail, le roman de la Rose; je lis avec grand plaisir une ballade de
Villon, un sonnet de Du Bellay, surtout une églogue de Remy Belleau; mais parvenu, avec quelque effort, au terme de cette jouissance, il m'arrive parfois, j'en conviens, de m'écrier, avec un peu de lassitude : Enfin Malherbe vint. Pour tout dire, en un mot, je révère beaucoup ces premiers noms de notre littérature; j'admire tout ce que leurs œuvres, plus ou moins incultes , présentent souvent de véritable poésie dans la pensée, de naïveté dans Texpression^ de vive énergie dans le langage ; mais j'admire aussi la jeunesse, la fraîcheur, la vivacité spirituelle de la paysanne languedocienne, la beauté, la candeur, la douceur ingénue de la Bergère des Alpes, j'admire, dis-je, infiniment celles qui réunissent tant de qualités gracieuses, mais, ma foi, je ne les épouse pas. Ma poétique comparaison. Madame, veut dire tout simplement que les intérêts de l'histoire littéraire entrent pour beaucoup chez moi, comme chez la plupart des amateurs sérieux, dans le culte rendu à nos écrivains primitifs, et qu'ils ne m'attireront jamais, de la part de personne, le reproche d'avoir recueilli vingt éditions différentes du même auteur. Cela serait, du reste, fort difficile, car elles n'ont pas été assez multipliées pour cela. Mais il est indispensable d'en avoir Eiu moins une, et, autant qu'on le peut, la meilleure ; îvec les mœurs que vous me connaissez vous comprenez bien que je n'y ai guère manqué.
Non-seulement je n'y ai guère manqué, mais j'ai
traité avec un soin particulier tout ce qui tient au Tieux langage^ et j'ai eu le plaisir d'entendre plusieurs de nos habiles me complimenter beaucoup sur ce point. i
J'ai^ par^exemple^ un très-beau Joachim Du Bellay | (Uorel 1573]^ Tédition la plus rare et la plus recherchée. Mon volume est relié en vélin fort présentable encore. C'est pour moi une véritable douleur quand la reliure primitive d'un vieux livre, plus ou moins précieux, est en assez mauvais état pour déparer un exemplaire beau d'ailleurs, et pour m'obliger à lui donner même la plus belle reliure moderne : je n'ai pas eu ce chagrin pour mon Du Ballay.
Mais c'est ce que je me suis vu forcé de faire pour un RemyBelleau (Hamert-Patisson, 1578), cette édition devenue aujourd'hui si difficile à trouver, du moins les exemplaires en bon état. J'ai eu la douceur d'entendre, phis d'une fois, Charles Nodier me dire: a Ma foi ! si je n'avais pas mon Remy Belleau. je voudrais avoir celui-là. » Le sien, en effet, n'avait d'autre avantage sur le mien que d'avoir été soigneusement lavé, ce que me proposait de faire faire mon relieur, et ce que je refusai : j'ai peut-être été un peu trop religieux à cet égard.
J'ai, des Poésies de Charles d Orléans, deux exemplaires de l'édition primitive de Grenoble (Giroud, 1803) ; l'un était celui de feu M, Auger qui l'a orné d'un joli portrait; l'autre est en feuilles, avec un nou-
mmm
veau titre, de Paris (Warée, 1809). Enfin J'ai Téditlon faite en 1842 par M. ChampoUion-Figeac, sur le manuscrit de Grenoble, conféré, suivant le vœu de M. Brunet, avec ceux de Londres et de Paris.
Comme c'est le bibliophile qui parle ici plus que le disciple de Boileau, il faut que les mânes du grand critique me permettent de ronsardiser un peu, suivant Texpression de Malherbe, c'est-à-dire de faire ressortir un très-bel gxemplaire de Ronsard, édition de Lyon (1592), complétée par un sixième] volume plus particulièrement affecté à celle de 1617, volume qui contient des pièces retranchées dans les premières éditions, a 11 ne faut rien perdre quand il s'agit de si bonnes choses, » dirait le vieux satirique s'il était là pour se moquer de nos modernes retours dont quelques-uns, cependant, sont de justes réparations.
Je suis en mesure d'obtenir un demi-pardon du grand maître, car j*ai tout près de Ronsard, deux éditions de celui dont il a vanté l'élégant badinage, Clément Maroi : la meilleure, celle qui se réunit aux Elzévirs (La Haye, 1700), et celle de 17W qui a, de plus^ un portrait de Harot.
Je n'ai de maître Adam Billaut que l'édition moderne de 1800, qui, du reste, se recommande un peu aujourd'hui par la valeur que lui a donnée son entier écoulement.
Mais je possède, Madame, un des plus beaux exemplaires qui se puissent voir de la collection bien com-
plète dite de Cousieliery du Dom du libraire qui la donna de 1723 à 1724. J'ai eu, quand je l'ai formée^ beaucoup de peine à me procurer des exemplaires de chaque auteur séparé assez grands ou assez purs pour porter avec ayantage la seconde reliure que je me proposais d'y faire adapter. J'ai surtout trouvé fort difficilement le Palhelin originaire, celui de \W) remplacé aujourd'hui dans beaucoup d'exemplaires de la collection par une réimpression de 1762. Enfln^ arrivé au terme de mes recherches, j'ai fait relier uniformément, et avec une extrême élégance, les dix volumes, lesquels contiennent comme vous savez: Palhelin, Villon, Guill. Crétin, Coquillart, Jean Maroly la Légende de fax feu, Martial de Paris, et mon client Racan. Cette superbe collection, mise ainsi en état d'amateur, et offrant tout l'aspect d'une reliure sur brochure, ne reculerait aujourd'hui, comme je viens de le dire, devant aucune comparaison.
Je veux, au surplus, consigner ici, à l'occasion du double Palhelin, une observation qui puisse épargner à quelque confrère les petites tribulations qu'il m'a suscitées pendant quelque temps.
J'avais remarqué à la suite du Palhelin de 1723, trois ballades paginées séparément 1, 2, 3 et 4, et précédées de cette note en italique :
a Les [Hèces suivantes sont tirées d'un Hs. du c( commencement du seizième siècle , qui est dans
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(( une des plus magnifiques bibliothèques de Paris. a Plusieurs personnes distinguées par leur érudition a et par leur bon goût, les ont trouvées si ingé- « nieuses que nous avons cru devoir les donner au a public. »
La Bibliographie instructive de Debure n'avait pas manqué de dire qu'un exemplaire de cette édition n'était complet que lorsque les trois ballades s'y trouvaient. Je n'avais que la réimpression de 1762, et j'étais fermement décidé à ne clore tout ce qui était relatif à cette collection que quand j'aurais mis la main sur la bonne édition du Pathelin. Je la rencontre enfin chez un des libraires le mieux réputés de Paris : les trois ballades n'y étaient pas ! je fais l'objection ; le libraire maintient que son volume eët irréprochable, et moi, sans trop croire à cette assertion qu'on ne les y trouvait pas toujours, mais imbu du système des pierres d'attente, je prends ce qu'on m'oiTrait. J'allais toujours cherchant un exemplaire avec les trois ballades, lorsque, parcourant le Villon, je trouve commençant au bas de la page 61 des repues franches, pour finir à la page 64 de ce second ordre de pagination, je trouve, dis-je, les trois fameuses ballades précédées de la même note, aussi en italique, comme à la suite du Pathelin. Il devint alors évident pour moi que l'édileur Couslelier n'avait, certainement, fait tirer qu'à petit nombre ces trois pièces pour les joindre au Pathelin (le pre-
mier volume publié) comme une sorte d'annonce, et les avait ensuite réunies au Villon, soit pour étendre leur publicité^ soit plutôt par une pensée d'analogie. Quoi qu'il en soit, il suit de ce qui précède que le possesseur de la collection entière n'a pas besoin que ces trois ballades soient à la suite du Pathelin de 4723, auquel tout annonce, notamment la pagination distincte, qu'elles n'avaient point été attachées d'une manière définitive, et qu'il les possède, parmi les poésies de Villon, où elles ont été placées beaucoup plus convenablement.
J'arrive, Madame, à trois femmes poètes, toutes les trois représentées chez moi par des éditions modernes: deux, au surplus, ne l'ont jamais été autrement.
Marie de France, avec la traduction de toutes ses poésies en regard, publication fort distinguée de M. de Roquefort, faite en 4820. C'est la première femme qui ait fait des vers français. A ce titré elle avait toutes sortes de droits aux égards d'un bibliophile : ils ne lui ont pas manqué.
Louise Lobé, surnommée la Belle Cordière, édition donnée en 4824 par des amateurs de Lyon, ses compatriotes, quelques-uns mes amis, qui s'en partagèrent les exemplaires: j'ai ajouté au mien, outre deuî beaux portraits, le testament de Louise, et une seconde notice, ces deux dernières pièces publiées séparément par M. Breghot, qui voulut bien m'en gratifier dans la nouveauté.
Enfin^ Madame^ il faut^ quand on a quelque prétention en bibliographie^ un peu de résolution pour oser nommer la troisième. Mais comme je suis, au fond, plus bibliophile que bibliographe, et comme, ainsi que je vous Tai dit ailleurs, je suis disposé à jouir effrontément, et sans rigoureux examen, de tout ce qui a le pouvoir de me faire plaisir, j'affronte le sourire doucement ironique des savants, et je proclame ici ma troisième muse: C'est.... Clolilde de Surville.
Mais vous savez bien, me dira Tun, que Clotilde de Surville n'a jamais existé? Mon Dieu ! répondra un autre, rien n'empêche que H. de Sur^ille n'ait eu parmi ses ascendantes une aïeule de ce nom ; mais, dans ce cas-là, c'était probablement, comme les nô* très, une bonne femme, en état, tout au plus, de faire les comptes de sa cuisinière : les vers que vous admirez tant sont une fraude poétique de son petit-fils. Bah ! dira un troisième, ce n'est pas plus ce pauvre émigré que sa grand'mère qui est l'auteur de ces poésies. C'est évidemment M. de Vanderbourg, luimême, le premier éditeur de Clotilde. Ainsi s'accumulent les objections. Madame, et je dois dire qu'en général elles sont assez raisonnablement motivées. L'on cite, en effet, des anachronismes historiques, biographiques, scientifiques; une orthographe arbitraire, d'autres impossibilités; mais nul n'arrive à dire : c'est un misérable pastiche, ce sont de médiocres
vers; tous se réunissent, au contraire^ dans une l grande admiration pour tout ce que cette œuvre otTre
de sentiments vrais, d'expressions naïves ou énergiques, en un mot de véritable poésie. Et moi de dire t alors: puisqu'il en est ainsi, prouvez-moi, si vous
)' le voulez, que c'est là l'ouvrage du jardinier de M. de
Surville ou du concierge de M. de Vanderbourg, il n'en résultera aucun affaiblissenlent dans ma prédilection pour le livre lui-même. Certes, je l'ai dit souvent, personne plus que moi ne tient à retrouver dans un livre l'individualité de l'auteur; je serais heureux de pouvoir croire un peu plus fermement que je ne le fais à l'existence réelle de Clotilde de Surville; je serais heureux qu'elle tînt dans mes convictions bibliographiques la place qu'elle occupe dans mon imagination ; mais enfin elle est cantonnée là, elle y est depuis plus d'un demi-siècle, et je m'en trouve si bien que l'en laisser arracher aisément serait de ma part un trop mauvais calcul.
Comme je me sens ému, rajeuni lorsque je remémore le prodigieux effet que produisit la première apparition de ces poésies, notamment sur certains esprits, j'ai presque dit sur certains cœurs que des circonstances particulières semblaient avoir disposés tout exprès pour cela! J'avais à peine vingt ans; je me trouvais en villégiature chez une parente, dans un vieux château du Périgord, auquel ne manquaient pas même ces vitraux devant lesquels Desenne a fait
rêver son idéale figure. Il y avait là beaucoup de jeunesse; il y avait bon nombre de têtes blondes, trèsaptes à porter la poétique coiffure, et dont quelquesunes se penchaient déjà, comme celle de Clolilde, sur le berceau d'un cher enfantelet. Tout le monde était fort gai,commeon Test d'ordinaire dans les réunions de campagne. Les fronts ne s'assombrissaient un peu que lorsque quelqu'un ramenait la pensée commune sur des temps que regrettaient les plus vieux d'entre nous par souvenir, les plus jeunes par tradition. Voilà que, tout à coup, arrive d'abord un journal donnant de longues citations du livre nouveau, et presque aussitôt après, le livre lui-même. Le premier jour on le lit, on le dévore en commun ; l'on y revient ensuite séparément. Ce sont descris, des transports universels. Ah ! vous croyez que s'il y avait là, par hasard, quelque bibliographe en herbe il fut tenté de faire du métier I Ah ! vous croyez que, retrouvant tous nos sentiments personnels dans ces admirables vers, nous songions à nous demander si la délicieuse héroïde à Bérenger n'était pas pleine d'allusions directes aux choses de l'époque, si par conséquent elle n'était pas l'œuvre d'un contemporain, et si ce n'était point là une raison d'estimer un peu moins le livre? nous étions, ma foi, tout prêts, au contraire, à l'en estimer bien davantage. Animés donc par la foi politique, nous laissions les jeunes femmes relire entre elles à haute voix:
cher enftinielet^ vray pourtraict de ton përe^ Dors sur le sein que ta bouche a pressé.
Les jeunes ûUes chanter sur un air qu'elles y avaient adapté:
Gorridon^ qu'az faict de la foy Qu'au mien ton cueur avoit Jurée?
mais nos vieux serviteurs de l'ancienne monarchie, et nous jeunes échappés de collège, nous allions répétant toute la journée :
Rien n'est tel qu'un héroz soubz la pourpre des royz!
Et lorsque nous nous rappelions la charmante préface de M. de Yanderbourg, le plus délicieux roman littéraire qui fut jamais (si décidément c'est un roman) nous admirions comment H. de Surville^ fusillé quelques années auparavant, au Puy-en-Velay, avait bien suivi sa loyale maxime:
Mourir plustôt que trahyr son debvoir.
Enfln, quand vint un terme à cette réunion de proches parents, d'amis intimes, de coreligionnaires, et que chacun regagna son manoir, nous étions tous comnae des gens qui viennent d'être frappés d'un grand événement social ou politique : les vers de Clotilde nous avaient complètement hallucinés.
Ainsi, Madame, j'abandonne entièrement la question bibUographique, qui, je le sens bien^ ne peut
guère se soutenir; mais tous respecterez plus que personne sinon mes illusions du jeune âge^ du moins mes impressions du temps que je viens de rappeler, devenues, au moyen d'impressions encore plus anciennes, une sorte de réalité. Cette réalité idéale, je Tai matérialisée sous loutesles formes, je veux dire sous tous les formats : j'ai Clotilde in-8% in-18, in-32. Je l'ai avec toutes les gravures dont elle a été succes<sivement ornée. Je l'ai fait relier souvent avec luxe, toujours avec élégance; je supprime les détails par un reste de pudeur de bibliographe, mais je me suis complu dans cette confession.
Je crois devoir vous citer. Madame, à la suite de nos vieux poètes, deux recueils qui leur sont plus particulièrement affectés.
L'un fut fait chez Barbin en 1692. Ce choix, qui commence à Villon pour finir à Benserade, n'est pas l'œuvre d'une intelligence commune : les notices sur chaque auteur passent même pour être de FonleneUe, et j'ai lu quelque part qu'un de ses contemporains, qui avait été le témoin oculaire de sa coopération, ne tenait aucun compte de ce que l'illustre centenaire l'avait entièrement oubliée.
L'autre n'est pas précisément un recueil, mais c'est mieux qu'un recueil: c'est un travail publié, il y a quelques années, sous le titre trop modeste de Catalogue de la bibliothèque poétique de M. VioUet-le-Duc. C'est là qu'on peut prendre peut-être l'idée à la fois
la plus juste et la plus complète des premiers poètes de notre langue^ de nos poètes de tous les temps.
Si j'ai dû m'arrêter. Madame^ vu la nature même des choses^ à la.résolution de ne pas procéder dans un ordre bien rigoureux^ du moins suis-je forcé quelquefois de procéder par groupes^ qui ne sont pas toujours dans un rapport parfait avec ce qui les entoure. Je placerai donc ici, outre les prosateurs des temps encore peu avancés de notre littérature, plusieurs écrivains , prosateurs ou autres , dont quelquesuns ont écrit soit au début soit à d'autres époques du siècle de Louis XIV, mais ne sont pas, malgré cela, comptés littérairement dans la grande période. Je comprendrai aussi dans ce groupe, quoiqu'il n'en faille rien inférer au détriment de la généralité, plusieurs de ces poètes ou prétendus tels que la réprobation dont Boileau les poursuivit a relégués parmi ceux qu^on ne lit pas beaucoup plus que les auteurs qui, . les premiers, ont bégayé notre langue; et je dois d'autant plus les rendre l'objet de cette mention spéciale que, chose étrange ! ces poètes prennent place dans les collections d'amateur précisément à titre de Victimes de Boileau. Je vais même commencer par eux : personne, pour cela, ne courra le danger de les confondre avec les écrivains plus estimables du même temps qui les suivront ou les avoisineront.
Et d'abord la Pucelle de Chapelain, très-bonne édition (Courbé 1656), bel exemplaire, quoique de
seconde reliure, et qui m'a coûté plus clier, proh pudori que ne l'eussent fait, réunis, VÈnéide, le Paradis perdu et la Jérusalem délivrée;
Le Clovis de Desmarcis analhémalisé par Racine comme par Boilcau: belles gravures;
Le Saint Paulin de Perrault : jolies vignettes: c'est toujours cela ;
Saint Louis du pèreLemoine: là, du moins, quelques vraies beautés. Superbe exemplaire, auquel le jeune Crozet, en me le vendant, ne pouvait assez me recommander de laisser sa reliure primitive: je Tai fait;
Et la Pharsale aux provinces si chère y sinon Elzévir, du moins une édilion telle que je m'applaudirais beaucoup de rencontrer aussi bien pour un meilleur livre. Mais la Foret, maisd*autres morceaux remarquables; enfin Ton veut absolument aujourd'hui, à Paris encore plus qu'en province, qu'un bibliophile ait cela: fiât;
Joseph ou l'Esclave fidèle, du père Dom Galien de Morillon, Turin (Tours, pays de l'auteur) 1679, édition devenue fort rare, parce que plusieurs passages, notamment ladéclaration de la femme de Puliphar, ayant été trouvés trop vifs parles Bénédictins, confrères du père de Morillon, tous les exemplaires furent retirés du commerce. J'ai aussi l'édition de 1705, ainsi que d'autres ouvrages de ce père, qui n'était pas sans talent;
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Le Faut mourir de Jacques Jacques, œuvre en Ters tristement burlesques, et qui fait (Dieu seul sait pourquoi) partie nécessaire de la bibliothèque d'un amateur;
Les OEuvres de Théophiley recherchées encore pour elles-mêmes, malgré les railleries de Boileau. Joli exemplaire relié en vélin;
Saint-Amant : Moïse et le reste ; ,
Amitiés, amours, amourettes, de Le Pays; Nouvelles œuvresy du même. Est-ce que j'ai pu empêcher qu'Abrah. Wolfgang ne fît de tout cela des éditions qui vont avec les Elzévirs?
Et les Poésies de Bonnecorse, ravissante édition trouvée en feuilles, conséquemment reliée avec toutes marges, en cuir de Russie, etc. ;
Et les OEuvres de Perrin, de l'admiration duquel Despréaux croyait pouvoir se passer, où Ton trouve le premier opéra représenté en France.— De la vente de M. Auger;
Et les Poésies mêlées de Pinchesne , avec un envoi de Pinchesne à Perrault ;
Et l'un des hommes le plus déshonoré, littérairement parlant, que l'on connaisse, plus déshonoré, en vérité, qu'il ne le mérite, qui le mérite assez, toutefois, pour qu'on le rencontre ici malgré les dates, Gacon qui a écrit de sa main sur le litre de son Poêle sans fard (iolie écriture ma foi !) : Ex dono auloris, synceri poetœ ad syncerum synceri carminis amalorem;
Elles OEuvres de M. de Bouillon, le concurrent de La Fontaine pour VHistoire de Joconde, le premier poëte condamné^ mais celui-là du moins condamné en prose^ par Boileau.
Enfin, Madame, ainsi que je vous le disais tout à Theure d'un autre auteur, ce n'est pas ma faute si les Wetstein, d'Amsterdam, imaginèrent en 1752 de faire des OEuvres complètes de Scarron une des plus jolies choses qui aient jamais pris place sur les tablettes d'un amateur. Cela dit, vous trouverez tout simple, sans doute, que je n'aie pas repoussé avec horreur un charmant exemplaire que je rencontrais broché. Peut-être me pardonnerez-vous moins d'avoir fait mettre à ces sept jolis volumes une reliure bien splendide pour l'œuvre. Mais c'était à prendre eu à laisser. Il est de règle chez nous, quand on rencontre une magnifique édition et un bel exemplaire, que, quel qu'en soit l'auteur, il faut ou laisser le livre où il est, ou le traiter comme il convient à son simple mérite d'exécution : j'ai satisfait à cette loi.
Je n'ai pas autant de prosateurs que de poètes des époques plus ou moins reculées, redescendant jusqu'à celle que nous aborderons incessamment; c'est qu'ils sont aussi moins nombreux, ou plutôt un peu moins connus, et je remarquerai à ce sujet que c'est surtout parmi les prosateurs qu'il faut comprendre Scarron, dont le Roman comique peut racheter bien des mauvais vers. Cela justifie aussi un peu ma belle
reliure. Du reste j'aurai^ en général, à excuser moins souvent le luxe de mes vieux prosateurs , car il semble que ce soit pour les poètes que les bibliophiles les moins poétiques réservent toutes leurs coquetteries.
Ainsi je suis fort satisfait de Tétat d'un Philippe de Commines (Anvers, 1597). Volume dont je fais grand cas, et qui n'a qu'une yieille reliure primitive en vélin, à la vérité assez bien conservée.
Je ne veux pas pour les Essais de 3îontaigne({Q3^), mieux que leur reliure actuelle, la première aussi. J'ai, de plus, le Montaigne de Coste, bonne édition^ exemplaire de Tabbé Morellet avec quelques notes de sa main. J'y ai joint le Voyage en Italie et la traduction de la Théologie naturelle de Raymond Sebon.
J'ai dû laisser aussi ce qu'il était le Charronde i60l, l'une des deUx éditions originales avec la signature de du Broussin.
Mais ce qui n'était que tolérance systématique pour ce vieux Traité de la Sagesse est devenu chose d'un grand luxe pour les OEuvres complètes de Charron, (Paris, Jacques Villery, 1635). Magnifique volume in-4o, magnifique reliure primitive en maroquin du Levant : c'est assurément un des plus beaux livres dont je sois possesseur.
J'ai encore la réimpression de \vi Sagesse (Chaignieau, 1797), édition elzévirienne faite sur celle de 1601.
J'ai, des Cent nouvelles nouvelles y une édition assez ordinaire de Cologne, mais avec les cent figures dessinées par Hooge.
Je suis obligé d'avouer humblement que, comme pour plusieurs des anciens auteurs, je n'ai de Rabelais que deux éditions jnodernes; Tune, à la vérité, fort remarquable à beaucoup d'égards, celle qui fut donnée chez Desoer, en i 820, par M. deLaunayej l'autre, excellente aussi, celle du bibliophile Jacob, M. Lacroix, si justement louée par M. Brunet, dont j'ai le beau travail sur Rabelais.
Une édition à demi-moderne du Cymbalummundi ;
Mais, du moins, de la Satyre Ménippée une édition dont le luxe rachète la nouveauté, l'édition de Nodier (de Langle, 4824).
Il faut. Madame, que je glisse tout doucement ici, sans que vous en sachiez rien, si cela se peut, un très-mauvais livre, le Moyen de parvenir, qu'on est forcé d'avoir dans sa bibliothèque, sous peine de passer pour un amateur en dehors des bonnes traditions.
En bibliographie surtout, les plus grands connaisseurs ont leurs préjugés : je suis en droit, je crois, d'appeler ainsi une sorte d'éloignement que montre, en toute occasion, Charles Nodier pour le délicieux Daphnis et Chloé du Régent : mais il a beau faire :
Tout Paiis révolté s'obstine à l'admirer ;
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il n'esta certes, pas de bibliophile qui ne fût heureux de compter au nombre de ses plus beaux Uvres Tirréprochable exemplaire de cette édition qui figure parmi les miens. C'est un de ceux de M. de Cangé, le secrétaire du Régent, exemplaires qui se reconnaissent, comme on sait, aux grands ramages dorés des gardes, et au placement, après coup, de la fameuse gravure. Mon volume relié par Derome, en maroquin rouge, est des plus purs entre les purs.
Mais là ne pouvait pas se borner ce que je devais avoir de ce doux chef-d'œuvre de la Grèce, el aussi de la France dans la langue d'Âmyot.
J'ai donc encore :
L'édition qui a précédé immédiatement celle du Régent (1717), également in-12, avec figures aussi, el dans répîire dédicatoire de laquelle on fait allusion aux dessins dont il était déjà connu dans le monde des arts que le duc d'Orléans s'occupait ;
Celle de 1745 avec les noies de Lancelol, et les mêmes figures qu'une précédente (1731), que je possède aussi;
La traduction de Mulot en français moderne ;— Encore celle d'Amyot dans un petit Cazin avec une coquine de figure fort jolie ;
L'édition de M. Renouard avec le fragment de Florence à la fin du volume ;
Enfin, malgré ma profonde répulsion pour les
pastiches, la traduction de Paul-Louis Courier, avec le fragment de Florence placé en son lieu.
Mais voilà qu^avec mon projet de réserver les traductions pour une lettre particulière, j'ai traité Daphnis et Chloé comme un original : c'est qu'en vérité c'est une sorte d'original, un original, ainsi que je l'ai déjà dit, dans la langue d'Amyot, et l'illusion que j'éprouvais à cet égard me semble encore si naturelle que j'en laisse subsister ici le résultat sans honte comme sans remords. Au reste, je l'ai répété plus d'une fois, je ne fais point un cours de littérature, et comme c'est assurément moins qu'un cours de littérature, il faut du moins que j'y trouve l'avantage d'échapper à un assujettissement qui n'est commandé par aucun motif sérieux. Cela dit, je reviens aux prosateurs qui ont marqué sous les Valois, sous Henri IV, sous Louis XIII et même dans les commencements du règne suivant.
J'ai le Journal de L'Estoile pour les règnes de Henri III et de Henri IV, avec tous les suppléments, toutes les adjonctions qu'on y a successivement rattachés;
Le même Journal^ avec le titre de Mémoires pour servir à l'histoire de France (Cologne, 1719), édition curieuse, ornée de bonnes gravures, et contenant, outre les passages supprimés en France, des parties entières qui font remonter ce journal plus haut que les autres éditions ;
Un joli volume in-i8, ne contenant que le Journal de Henri III et quelques-unes des pièces satiriques du temps.
J'ai les Mémoires de Sully, le petit in-folio appelé des V. V. V. \erts, celui dont l'excellent abbé T*"% Tami de cœur du feu cardinal de Cheverus, dans ses préventions contre les Jésuites, allait me répétant : c( Ne croyez jamais à aucune autre édition. Monsieur, gardez-vous d'en consulter jamais une autre. »
Et cet autre fidèle serviteur de Henri IV, Philippe de Mornay : j'ai aussi ses Mémoires, l'exemplaire de Saumaise avec son nom écrit de sa main;
Le Baron de Fœneste, roman politique de d'Aubigné, qui porte en tête ses Mémoires, précieux complément de ceux de Mornay (1729).
Je possède aussi un petit livre qui se rattache de très-près aux affaires de la Ligue, et qui est assez difficile à trouver : le Dialogue d'entre le Maheustre et le Manant. On l'attribue en général à Louis Morin, dit Cromé, un des Seize. C'est l'édition originale avec la [ reliure distinguée due à tous les livres sans exception
] dès que le mot rareté a été prononcé.
J'ai môme ce vieux volume, si intéressant dans sa I singulière naïveté : les Histoires tragiques de notre
? temps , par François de Rosset, où, à travers quelques
• niaiseries tenant à l'époque, on trouve parfois de
^ grands points historiques pris sur le fait. Mon exem-
'T^'^mitmmmmmmm'mmmmmi'mmÊmm
plaire, de Tédition de Lyon (1742), porte la signature de Chardon de la Rochelle.
Voiles Mémoires de Gaston d'Orfeans, ou plutôt de Martignac qui les rédigea sur les notes du prince ;
Ceux de Montrésor (1665), les deux parties. Exemplaire de madame la duchesse de Berry, avec les armes ;
L'édition vraiment primilive : la première partie (1663), la deuxième (1665) ;
Les Jlf moires de Bassompierre (Amsterdam, 1692);
Les Ambassades , exemplaire trè^beau et très-complet de celte édition qui va avec les Elzévirs. Il est rare qu'il ne manque pas quelque ambassade : aucune ne manque ici;
Les Remarques du maréchal de Bassompierre , sur les vies de Henri IV et de Louis XllI par Dupleix, remarques faites pendant sa prison; rare et curieux;
Enfln les Nouveaux Mémoires de Bassompierre , recueillis par le président Hénault (Paris, an X).
J'ai les Mémoires du duc de Rohan (Elzévir, 1646);
Les mêmes avec le Voyage en Italie (Paris, 4665);
Les Intérêts et maximss des princes, autre ouvrage du duc de Rohan.
Il paraît singulier au premier aboijd de ne pas
" réserver au grand siècle Tœuvre du précepteur du
grand roi. Mais la Vie de Henri /F n'ayant pas pu faire
de M. de Péréflxe un grand écrivain, je crois devoir le
placer ici en qualité d'aimable, d'excellent biographe
de Taïeul de son élève^ et il n'a nullement à se plaindre^ miS; comme il Test^ en compagnie d'autres qui lui sont supérieurs.
Je me trouve dans une sorte de transition bibliographique en ce qui touche le Sire de JoinvUlCy et voilà peut-être pourquoi il vient aussi tard. Je ne sais pas jusqu'à quel point je puis me faire honneur d'une très-jolie réimpression de l'édition originale, déshonorée pour son propre compte, par les altérations. La mienne est de 1595^ sans indication de lieu, a Aucun bibliographe n'en a parlé, » me disait, en triomphant singulièrement de ce silence, le libraire qui me la vendit assez cher. Sa véritable recommandation est une ancienne, une admirable reliure, avec des tranches dorées, guillochées, des ancres aux coins des plais qui ont dû me toucher particulièrement le cœur, et autres ornements également à froid. Ce serait, en tout, quelque chose de véritablement séduisant pour un demi-amateur.... Tout en est beau.... hormis.... etc.
Expliquera qui pourra comment ilse fait que le livre des Femmes fortes du père Lemoyne, même quand il n'est pas Elzévir (car c'est encore là une des perles des Elzévirs), comment ilse fait, dis-je, que ce livre garde dans la librairie ancienne un très-confortable prix. Enfin j'en ai une édition très-passable, avec des gravures très-passables aussi : je suis en règle même avec les mystères du métier.
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L'on est heureux^ Madame, de rencontrer un excellent écrivain dans un grand saint. J'ai plusieurs éditions du beau livre de Vlnlroduction à la vie dévote de saint François de Sales; mais j'ai surtout la charmante publication faite en 1855 sous les auspices d'un de nos plus illustres amateurs, chez lequel la science bibliographique n'occupe que le second rang.
Il m'a semblé apercevoir l'aurore du grand siècle lorsque mes yeux sont venus à tomber sur les œuvres du vieux Rolrou. Son Venceslas, en effet, postérieur à quelques tragédies de Corneille, et, en tout, l'élévation de son talent permettraient de le placer à côté de nos grands maîtres. J'ai beaucoup de ses pièces originales; j'ai aussi un volume fbrl rare contenant ses poésies diverses. J'ai enfin l'édition complète de M. VioUet-le-Duc.
Je nomme ici avec sympathie un de nos anciens bibliographes, Gabriel Naudé. J'ai son œuvre la plus retentissante sinon la meilleure : ses Considérations politiques sur les coups d'État (1712 et 4723). L'un de mes exemplaires était celui du médecin Baron, et porte la devise ordinaire de ses livres : Mihi res non me rébus.
J'ai aussi son Apologie pour les grands hommes soupçonnés de magie (Amsterdam, 1712), avec la note suivante d'Anquetil du Perron :
«( Excellent morceau de critique dont les principes
a sont applicables à toutes les sciences, mais surtout a à celle des opinions et des faits, b
J'ai les Lettres (il est là tout entier) du fendre ami de Naudé^ avec lequel il était en grande solidarité d'opinions de toute sorte, le médecin Guy-Patin, le plus grand écho des anecdotes du temps, et, quoiqu'en dise Voltaire, d'anecdotes aussi généralement vraies qu'elles sont souvent piquantes. Avec beaucoup de soins et de peine je l'ai entièrement complété.
Les dates et quelques autres motifs amènent naturellement ici les noms de plusieurs de nos écrivains, restés, à divers titres, malgré de grands défauts, en bon rang dans les lettres françaises : Balzac, Voiture, Sarrasin. Je les ai tous, plus ou moins remarquablement représentés. J'ai notamment tout le Balzac, dans ses petits volumes bien choisis, Elzévirs et autres : il est fort recherché dans ce format.
Je vous citerai encore ici. Madame, faute de pouvoir les classer ailleurs avec plus de précision et de convenance, tous les livres qualiflés Testament politique. Si ce ne sont là, pour la plupart , que des ouvrages supposés, comme cela semble établi, je ne conçois pas que les noms des véritables auteurs n'aient point été pénétrés de prime-abord, car plusieurs de ces testaments ont un mérite très-réel, particulièrement celui qui est attribué au cardinal de Richelieu, dont Voltaire seul, du reste,persiste à contester l'authenticité.
J'ai aussi presque tous les ana connus : Scalige-
rana, Perroniana, Longueruana, Sorberiana, etc. Et avant tous, et hors de toute comparaison, le Menagiana dont La Monnoye a fait une cliose si profondément intéressante, comme de toutes les choses auxquelles il a touché. Je Tai avec tous les cartons, toutes les variantes qui njoutent tant à son prix. J'avoue ma faiblesse pour ce gtnre de recueils : ils ne se présentent d'abord que comme un moyen de distraction agréable, et quelques-uns sont des trésors d'érudition historique et d'informations précieuses à recueillir.
Enfin, nommons ici uniquement pour mémoire, et sans tenir un comple rigoureux des dates, Malherbe, sur lequel nous avons déjà tout dit. Peu importe que nous venions do passer en revue plusieurs écrivains, plusieurs poëlts qu'il a précédés d'un certain nombre d'années. Ce n'est pas une date, c'est l'esprit, c'est l'impulsion de Malherbe que le maîlre a voulu caractériser par le cri de satisfaction poétique annonçant sa venue, et cette impulsion a trop imparfaitement agi sur la plupart de ceux que nous avons nommés pour en faire le cortège obligé du grand réformateur : c'est dans une tout autre sphère que nous allons trouver ceux dont il n'est pas seulement le prédécesseur, mais le promoteur légitime : Malherbe est venu, les grands écrivains du grand siècle vont venir.
Je terminerai. Madame, en plaçant à côté de Malherbe son plus notable contemporain, une des figures
— isoles plu8 énergiques^ les plus saisissantes de la langue^ le grand salirique Régnier. Oh! Madame^ comme il sait racheter^ à force de vérité, de naturel et de poésie^ tout ce que Boileau lui a^ du reste^ justement reproché ! Comme il ressemble peu aux autres mauvais sujets de la littérature ultra-érotique ! Celui-là^ du moins, est libertin comme il est poète : c't'st un poëte et un libertin de bonne foi. Mais vous ne me demandez point son apologie à laquelle vous n'accéderiez à aucun prix; vous voulez savoir quelle figure il fait sur mes tablettes. J'en ai sept éditions. Madame, que je n'aurai pas Taudace de vous exposer en totalité. Je me bornerai à citer un charmant in-iS de 1667, publié chez Billaine; le bel in-4o du Commentaire de Brosse tte (Londres, 1729), la nouvelle et très-remarquable édition de ce commentaire, avec des augmentations et des modiQcations par Lenglet du Fresnoy ; la jolie édition elzévirienne de H. Violletle-Duc... Mais je finirais par vous les nommer toutes, et je me hâte de mettre un à cette demi-indiscrétion en mettant fin à la lettre qui Ta forcément amenée ^ Agréez, etc.
1 Depuis que ceci est écrit le temps a marché. Un libraire, homme d*esprit, ce qui se voit fort souvent, homme d'infiniment de goût, ce qui est uu peu moins commun^ enûn amateur passionné des livres, ce qui est assez rare chez ceux qui les vendent, a fopdé une collection elzévirienne des anciens écrivains français, avec notes, notices, etc. 11 ne m'appartient pas de proclamer trop haut combien cette collection mérite son titre, ayant pris
une humble part à son exécution littéraire. Mais je suis bien obligé de dire, en me restreignant aux auteurs qui appartiennent spécialement à celte lettre, que des éditions nouvelles sont venues rajeunir mes rayons, et que j'ai dû y placer ; le Baron de Fœneste mimoié par M. Mérimée, Villon accompagné aussi de notes parle bibliophile Jacob, le Saint- Amant ôe/^. Livet, le Roman Bourgeois de MM. Fournier et Asselineau, le Lescurelde M. de Montaiglon, le Coquillart de M. d'Héricault, enfin les Œuvres complètes de Racan^ où j'ai fait tous mes efforts pour qu'elles ne restassent pas trop loin des belles publications que je viens d'énumérer.