PRONONCÉ A LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS DAMS LA SÉANCE DU 30 FÉVRIER
Répondant à M. de La Rochejaqudein^ M. le comte de Morny s'exprimait ainsi :
« Messieurs^ à la dernière séance de la discussion de radresse> j'ai témoigné sur mon banc plus que de Timpatience^ en entendant les paroles que Thonorable M. Biliault adressait à ceux qui allaient \oVct \fe ^^^^'^«J^^
* relatif à Taïti. Ce mouvement de vivacité,
intcrprëttS me fait sortir du silence mode
i gardd jusqu'ici dans la politique. Si Tassea
qu'elle n*y gagne pas grand'chose, elle voud
prendre à l'honorable M. Billauit . (On rit. . . Paj
» Le motif de mon impatience, le voici
; obéit à im sentiment honnête, très-désintéi
' . on n'a point d'ambition possible, on s'étonne
; . arbitrairement qualifier la politique qu'on £
tique antinationale. (Approbation au centre.)
» Depuis que je suis dans cette Chanabre, j
;. Tavoue, à l'abus de certains mots; je me r
ji certain parti s'attribuer particulièrement h
du patriotisme, des sentiments nationaux (c
probation au centre) et de beaucoup d'autre
Tiques. (Hilarité.)
» J'ai la prétention que la politique que dans ses résultats, tout aussi nationale qu'un » Je toudrais aussi que, dans cette enceint tions librement discutées fussent résolues p nions libres, sans y faire pénétrer les passion naces du dehors. (Très-bien 1) Nous y gagne Les injures qui frappent une partie quelcoi assemblée abaissent l'assemblée tout entière a navs... fAonrobation au centre.^ et nar npla r
bien !) Et cependant je me suis très- souvent dit, comme beaucoup d'autres, qu'il serait très-agréable de participer à la prospérité générale du pays, en la laissant créer très-péniblement par d'autres, et qu'il est très-doux de voir augmenter à la fois ses revenus, ses loyers, ses baux (murmures à gauche) et sa popularité.
» Maintenant, je dois dire sincèrement ce qui m'a fait soutenir le cabinet dans la politique qu'il pratique depuis 4e\ix ans.
» D'une part, je trouve que notre situation extérieure est meilleure qu'elle n'a jamais été.
« M. DE couRTAïS. Vous u'ôtes pds difficile.
p M. DE MORNT. Jc ue ^cmaude pas si vous le trouvez, jnais je le trouve et je le dis.
» D'autre part, je crois que les déclarations, le langage, l'attitude des personnes désignées à l'avance par leur mérite et leur situation dans cette Chambre pour Cbrmer le cabinet qui succéderait à celui-ci, sont de telle nature qu'ils compromettraient, malgré elles peut-être, la paix, que nous cherchons à conserver. (Rumem*s diverses.)
» Messieurs, je dois pailer à la Chambre avec sincéxitë. Je sais fort bien qu'au fond les ministres qui succéderaient au cabinet actuel seraient tout aussi conciliants ^|ue leurs prédécesseurs; mais les choses ne sont pas toujours ce qu'elles paiaissent. On pourrait ne pas croire à oet esprit de conciliation, et cela suffirait pour engager les amours-propres des cabinets étrangers et les empêcîher peut-être de nous accorder les couceçi&vQW^ qj\<î.\nssvv^ fyoumons désirer. (Murmures et rédamaVv^Tis» vv ^^>^Os\ft.>»
•6U MËMOiUKS
D M. DE coiuTÂis. La Fraiicc n*a pas de pcrmisskAii demander à rétranger!
» M. DE MORîiî. MessicuM, je le dis sincèrement, je déplore que, depuis deux ans, tous les efforts de roppoàtion se portent sur la question extérieure; je déplore (lu'on oblige (je ne veux porter atteinte à aucune è prérogatives de la Chambre, ce n'est pas mon intenlk»; mais je déplore qu'on oblige constamment le ministR des affaires étrangères à apporter à cette tribune «ti livrer à la publicité toutes les pièces diplomatiques. [Rire iioniques à gauche.)
» Comment voulez-vous conduire avec fruit une vgociation, si on la dirige d'ici? Comment voulez-TO£ conserver longtemps le bénéfice d'un succès obtenu» un gouvernement étranger, si vous venez l'exalter à cette tribune ?
» VOIX A GAUCHE. L'AnglcteiTC le fait Lienl
» M. DE MORNY. Vous avcz cu la preuve du conlrairt dernièrement, dans la modération du langage de tous te membres du Parlement.
)) Je dis que si vous vous vantez à cette tribune de a qu'un ministre étranger ou un parti quelconque vous es Uvp favorable, innnédiatement vous le rendez suspeô dans son pays.
» Pour ma part, j'ai été, en entrant dans cette Chaifr bre, forlenient frappé du sentiment que j'exprime ici Je crois que ce système vous conduira inévitablement» l'un de ces deux résultats : ou de rendre toute diplon*
D'UN BOURGEOIS DE PAKlS 323
, VOUS montrera, une secrète qu'on vous dérobera ; ce serait encore pis.
1» A GAUCHE. C'est ce qui se fait déjà* ■- » M. DE MORNY. Nc permettez pas qu'on vous trompe un
- peu, on vous trompera beaucoup, et les cabinets étran- ^ gers, qui sauront le fond des choses, prendront en pitié <! la comédie que l'on jouera devant voiis, et la Chambre
- y perdra de sa considération.
^ » Messieurs, j'ai dit tout à l'heure que notre situation
^- extérieure était meilleure qu'elle n'avait jamais été : je
^ vais essayer de le prouver très-rapidement. Quoi qu'on
en ait dit dans la discussion de l'adresse, l'île de Taïti^
ti grosse comme une tête d'épingle, a absorbé toute la dia-
: ' cussion, il n'a pas été question de nos relations avec au-
è - cune autre puissance étrangère.
3»- » Je ne parlerai pas de la Russie : nos rapports avec la
Russie sont ce qu'ils peuvent être; jexrois qu'il ne peut
dépendre d'aucun cabinet de les changer. Nos rapports
sont réciproquement très-convenables avec la Prusse et
je.' avec l'Autriche; ils sont bien plus bienveillants qu'ils ne
î'^ Tont jamais été depuis dix ans«
» En Orient, à Constantinople, les deux diplomaties jÀj anglaise et française agissent actuellement parfaitement |iK- d'accord, de concert, chose qui ne s'était pas encore vue> is: grâce peut-être au caractère personnel de l'ancien agent anglais. En Egypte, malgré ce qui s'était passé en 1840^ Ij^ et qui ne devait pas donner une très-'grande conûance Qj en nous au pacha, en Egypte, l'influença française est ^ au moins égaie à l'influence anglaise, et vous savez tous, u dans cette question du transit, dont oiv «^ ^^\\. vsx^. ^^ It bruit^ que Je pocha a reprit iKïur \u\ «fc>A\^ mooûV^
du traiisporl des dépêches^ dont^ disait-on^ 1'. dcsirail s'emparer; je crois qu'on Ta dit pluî n'était; mais enQn le pacha a usé de son droii pour lui le monopole de ce transport.
1» Quant à Naples^ vous le sa^ez^ le royaui pies a reconnu la reine d'Espagne. Un maria^ portant a été conclu avec un prince de la ma léans^ et les trois trônes constituent aujourd'hui alliance qui existait autrefois entre le trône d le trône de Naples et le trône de France.
» Je ne demanderai pas d'explications à M. 1
des affaires étrangères sur ce point ; mais y
presque dire que^ si un mariage important a é
un autre mariage non moins important a été
' » J'arrive à l'Espagne.
» 11 y a quelques années^ tout le monde le sai Christine était proscrite à Paris. L'Espagne si joug militaire du régent Espartero, dont les s; étaient loin de nous être acquises.
» La charte d'Espagne, la charte de 1837, é rement radicale, les formes du gouvernement < ment différentes des nôtres, les deux chambres
gouvernements? Je ne prétends pas attribuer au ministère actuel tous ces changements; mais si le malheur est une faute en politique y le bonheur doit bien entrer pour quelque chose dans la balance.
D Cependant^ il y a pour l'Espagne un fait dont je veux vous parler. Les traités anciens accordaient aux bâtiments français dans les ports de l'Espagne des droits parfaitement égaux à ceux dont jouissaient les bâtiments espagnols eux mêmes; 16s bâtiments français £t les bâtiments espagnols étaient traités au même titre.
D Le général Espartero, soit qu'il jugeât peut-être que ces traités^ quoique réciproques, ne fussent pas suffisamment avantageux à son pays^ soit qu'il cédât à des influences que je ne veux pas rechercher ici^ Espartero nous avait ravi ce droit. Le premier mouvement^ le mouvement le plus naturel^ eût été d'user de représailles. Eh bien y on ne peut pas accuser le gouveraement français d'avoir agi avec faiblesse en n'en usant point à l'égard de l'Espagne dans la situation difficile où se trouvait ce pays; et je le loue de ne l'avoir pas fait. M. le ministre des afiaires étrangères a préféré attendre; il a préféré se considérer comme maltraité^ pour conserver le droit de se plaindre; il a négocié avec persévérance, et depuis trois mois le droit réciproque a été rétabli. Ce droit-là est ti'ès - important : les chambres de commerce en ont eu avis, et toutes ont pu apprécier les avantages que le commerce peut en recueillir pour la France.
» L'heure est si avancée, que je craindrais d'abuser des moments de la Chambre; sans quoi je lui dirais, en quelques mots , ce que je pense de l'aUiaucft. «a^^'^fc. (Parlez! partez .9
» En 4830 y le gouveraetnent anglais est le fKpontanëment^ sans condition aucune^ a lecon veau gouvernement de la France. 11 faut touj< reconnaître les sei-vices qu'on vous rend.
époque^ c'a été un grand service ^jue TAngle a rendu. La France n'avait alors que deux pai di-c *: ou la propagande révolutionnaire avec 1 révolutionnaires (Dieu sait où cela nous aurait ou bien Faction régulière d'un gouTememeii accepté par les gouvernements de TEurope. C nier partie le parti le plus sage, qui a été pri: qu'il n'a pu être suivi avec succès que grâce sion de l'Angleterre.
» A cette époque, vous le savez, messieurs terre avait compris l'alliance avec nous d'uni plus active que nous ne la comprenions nous-mé avons agi activement en Belgique, mais je regr n'ait pas agi activement en Orient et en Espa a amené un refroidissement entre le gouvernen çais et le cabinet whig. Ce refroidissement, st: les dispositions personnelles du ministre de étrangères d'Angleterre, a amené le traité de :
» Malgré les torts de notre politique, le traita a causé à la France un juste ressentiment. Cp
1 840, exprimés avec trop de violence et résignés ensuite
, trop facilement. Nous n'avons pas reculé par rapport au
point duquel nous étions partis, mais nous avons reculé
par rapport au point où nous nous étions avancés. Ce*
, pendant, je dois le dire, je n'en fais pas un reproche à
, rhonorable M. Tliiers, il sait mon sentiment à cet égard.
A ce moment, les opinions les plus modérées, les plus
, pacifiques, les feuilles les plus conservatrices, ont autant
, imprimé que suivi le mouvement général.
» L'honorable M. Thiers a été et a dû être sacrifié aux . besoins de la politique. C'a été une nécessité, mais jamais je ne me suis associé et ne m'associerai jamais aux récriminations dont il a été l'objet à cet égard.
)) Le traité de 1840 a été exécuté jusqu'au bout, et avec l'assentiment de tous les partis en Angleterre, c'est vrai. C*est qu'en Angleterre, messieurs, quand le gouvernement a quelques difficultés avec les gouvernements étrangers, toutes les oppositions, tous les partis se taisent et se rallient à lui. Je ne fais pas d'afiusion, je cite seulement les faits.
» Mais ensuite, qu'est-il arrivé? Le ministère whigest tombé devant les chambres, c'est-à-dire, devant l'expression de l'opinion du pays; et, croye^-le bien, pour tous ceux qui ont étudié la politique anglaise, le principal symptôme, le grief véritable a été la manière dont le cabnet whig avait traité l'alliance française. A mon avis, lord Palmerston n'a dû sa chute qu'au traité de 1840.
» Eh bien, dans nos relations avec l'Angleterre, nous devons tenir compte de cette résolution.
» Je conçois parfaitement que les me.xoîwc^'î» ^^ ^«^"^^ Chambre aient voté avec répugnance \îJl \c,^%x^Nawv ^^v-
géc par TAngleterre; je crois que cette répugnance a dû ôtre ressentie égale pour les ministres qui Font accordée comme pour le parti qui les a approuvés. C'est làk sort de toutes les réparations ; les réparations les plus laiblés sont toujours désagréables à consentir. Mais je crois que^ de toutes celles qu'on devait accorder, celle qu'on i accordée était encore la moindre, et je me suis demandé souvent, si la situation était renversée, si vous accepieriez facilement ce dont l'on s^est contenté de l'autre côié du détroit.
» Messieurs, je voulais dire quelques mots de la politique intérieure; mais l'heure est très-avancée, je* veux pas abuser de la patience de la Chambre, et je tamine.
» Je me résume donc en disant que la politique que j'ai suivie tient autant de la situation générale de uotre politique que des craintes que me ferait concevoir ui changement de ministère. Voilà pourquoi j'ai voté l'adresse, voilà pourquoi je suis encore disposé à voler poor lui dans les fonds secrets. » (Aux voix ! aux voix! La di^ ture!)
MANIFESTE A l'EUROPE.
« Vous connaissez les événements de Paris, la vicloire du peuple 5 son héroïsme, sa mode'ration , son apaisement, l'ordre rétabli par le concours de tous les citoyens, comme si, dans cet interrègne des pouvoirs visibles, la laison générale était ù elle seule le gouvernement de la
-. » La révolution française vient d'entrer ainsi dans sa
; I période définitive. La France est répabMqûe. La répu-
giblique française n'a pas besoin d'être reconnue pour
-^exister : elle est de droit naturel, elle est de droit na-
^tional, elle est la volonté d'un grand peuple qui ne de-
, mande son titre qu'à lui-même. Cependant, la république
, ^.française désirant entrer dans la famille des gouverne-
jBents institués comme une puissance régulière, et non
^comme un phénomène perturbateur de l'ordre européen,
il est convenable que vous fassiez promptement connaître
au gouvernement près duquel vous êtes accrédité les
principes et les tendances qui dirigeront désormais la
^politique extérieure du gouvernement français.
» La proclamation de la république fraïlçaise n*^st un
-acte d'agression contre aucune forme de gouvernement
. 3ans le monde. Les formes de gouvernement ont des di-
¥ersités aussi légitimes que les diversités de caractère, de
- situation géographique et de développement intellectuel,
minorai et matériel, chez les peuples. Les nations ont,
.comme les individus, des âges différents. Les principes
qui les régissent ont des phases successives. Les gouver-
aemcnts monarchiques, aristocratiques, constitutionnels,
républicains, sont l'expression de ces différents degrés de
maturité du génie des peuples. Ils demandent plus de
liberté à mesure qu'ils se sentent capables d'en supporter
^davantage; ils demandent plus d'égalité et de démocratie
A noesm-e qu'ils sont inspirés par plus de justice et d'a-
imour pour le peuple. Question de temps. Un peuple se
^erd en devançant l'heurj de cette matm*ité, comme il
i^e déshonore en la laissant échapper sans la saisir. La.
^nonarchie el Ja république ne sonV ^as, ^\» ^e>x^^^^
véritables hommes d*État^ des principes absolus qni combattent à mort; ce sont des faits qui se contraslentH qui peuvent vivre face à face^ en se comprenant et en % respectant.
» La guerre n'est donc pas le principe de la répiAHqs française, comme elle en devint la fatale et glori«s nécessité en 1792. Entre 1792 et 1848, il y a un dflffsiècle. Revenir, après un demi-siècle, au principe t 1792 ou au principe de conquête de Tempire, ce ne»rait pas avancer, ce serait rétrograder dans le temps. U révolution d'hier est un pas en avant, non en arrière 1/ monde et nous, nous voulons marcher à la fratemitéfl à la paix.
» Si la situation de la république française, en ITA expliquait la guerre, les difTérences qui existent ealR cette époque de notre histoire et l'ëpoquc où n<* sommes expliquent la paix. Ces différences, appliqua* vous à les comprendre et à les faire compiendre aut« de vous.
» En 1702, la nation n'était pas une. Deux peuple existaient sur un môme sol. Une lutte terrible se prolongeait encore entre les classes dépossédées de leurs privilèges et les classes qui venaient de conquérir l'égalité e la liberté. Les classes dépossédées s'unissaient avccli royauté captive et avec Tétrauger jaloux pour uiers révolution à la France, et pour lui réimposer la monarchie, Taristocratie et la tiiéocralie, par Tinvasioii. lin a plus de classes distinctes et inégales aujourd'hui. U libellé a tout affranchi. I/égalité devant la loi a tout avêlé. La fraternité, dont uou^ v^mlamons lapplicalioiK-
va tout unir. 11 n'y a pas un seul citoyen en France, à quelque opinion qu'il appartienne, qui ne se rallie au principe de la patrie avant tout, et qui ne la rende, par cette union même, inexpugnable aux tentatives et aux inquiétudes d'invasion.
» En 1792, ce n'ët^it pas le peuple tout entier qui était entré en possession de son gouvernement; c*était la classe moyenne seulement qui voulait exercer la liberté et en jouir. Le triomphe de la classe moyenne alors était égoïste, comme le triomphe de toute oligarchie. Elle voulait retenir pour elle seule les droits conquis par tous. 11 lui fallait pour cela opérer une diversion forte à l'avènement du peuple, en le précipitant sur les champs de bataille, pour Tempécher d'entrer dans son propre gouvernement. Cette diversion c'était la guerre. La guerre fut la pensée des monar chiens et des girondins; ce ne foi pas la pensée des démocrates plus avancés, qui voulaient, comme nous, le règne sincère, complet et régulier du peuple lui-môme, en comprenant dans ce nom toutes lee classes, sans exclusion et sans préférence, dont se eompose la nation.
n En 1792, le peuple n'était que l'instrument de la révolution, il n'en était pas Tobjet. Aujourd'hui la révolution s'est faite par lui et pour lui. 11 est la révolution elle-même. En y entrant, il y apporte ses besoins nouveaux de travail, d'industrie, d'instruction, d'agriculture, de commerce, de moralité, de bien-être, de propriété, de vie à bon marché, de navigation, de civilisation enfin, qui sont tous des besoms de paix! Le peuple et la paix, c'est un même mot.
n En i792, les idées de la France oV ôio Y^\vcç>^^ ^^-
taienl pas pré[>arécs à coupi-cndre et à accepte liarmonie des nations entre elles^ au bénéfio humain. La pensée du siècle qui finissait i dans la tête de quelques philosophes. La phil populaire aujourd'hui. Cinquante années de penser^ de parler et d'écrire^ ont produit lei Les livres^ les journaux^ les tribunes^ ont oi tolat de rintelligence européenne. La raison^ de partout^ par-dessus les frontières des peu] entre les esprits cette grande nationalité in qui sera rachèvenicnt de la révolution fran conslitution de la fraternité Internationa globe.
» Enfin^ en 1702^ la liberté était une nouvel lité était un scandale^ la république était un Le titre des peuples, à peine découvert pa:
Montesquieu, Rousseau, était tellement ouhl profané par les vieilles traditions féodales, d] sacerdotales, que Tintervention la plus légitime dans ses affaires paraissait une monstruosité ai d'État de l'ancienne école. La démocratie faisai à la fois les troncs et les fondements des sociéti d'hui les trônes et les peuples se sont habitué aux formes, aux agitations régulières de la libei
2^ous que dans le gouvernemenl de quelques-uns pour ^pielques-uns.
jj » Mais en dehors de ces considérations désintéressées^ ^/intérêt seul de la consolidation et de la durée de la ré- ^yublique inspirerait aux hommes d'État de la France des ^^ensées de paix. Ce n'est pas la patrie qui court les plus ^praads dangers dans la guerre^ c'est la liberté. La guerre ^st {Nresque toujours une dictature. Les soldats oublient j^ institutions pour les hommes. Les trônes tentent les Ambitieux. La gloire éblouit le patriotisme. Le prestige ^un nom victorieux voile l'attentat contre la souverai- ^leté nationale. La république veut de la gloire sans ioute; mais elle la veut pour elle-même^ et non pour JLes César ou des Napoléon !
^ » Ne vous y trompez pas^ néanmoins, ces idées, que ^ gouveraement provisoire vous charge de présenter ;juix puissances comme gage de sécurité européenne, ^'ont pas pour objet de faire pardonner à la république I A'audace qu'elle a eu de naître, encore moins de deman- . der humblement la place d'un grand droit et d'un grand jpeuple en Eurq[)e; elles ont un plus noble objet : faire xéfléchir les souverains et les peuples, ne pas leur perjoiettre de se tromper involontairement sur le caractère de , notre révolution; donner son vrai jour et sa physionomie juste à révénement, donner des gages à l'humanité enfin, avant d'en donner à nos droits et à notre honneur, s'ils étaient méconnus ou menacés.
» La république française n'intentera donc la guerre à personne. Elle n'a pas besoin de dii^e qu'elle l'acceptera, si ou pose des conditions de guerre au çeui^le Ct^xx.çais. La pensée des hommes q\ii gouNeitvewV ^^ <:.^\s^^
M4 IlEMOiHES
ment la France est celle-ci : Heureuse la Fiancu ii ^( lui déclare la guerre, et si on la contraint ainûà l'agi» dir en force et en gloire, malgré sa modération! Responsabilité terrible à la France si la république déclare dk: même la guerre sans y être provoquée I Dans le preois cas, son génie niarlial, sou impatience d'action^ sa loni accumulée pendant tant d'années de paix, la rendnioi invincible chez elle, redoutable peut-être au delà de c frontières. Dans le second cas^ elle tournerait coott elle les souvenirs de ses conquêtes, qui désaffectionitf les nationalilés, et elle compromettrait sa première t sa plus universelle alliance : l'esprit des peuples elk génie de la civilisation.
D D'après ces principes, monsieur, qui sont les prii cipes de la France de sang-froid, principes qu'elle pci: présenter sans crainle comme sans déû à ses amis et^ ses enuemis, vous voudrez bien vous pénétrer des d^ clai'ations suivantes :
» Les traités de 1815 n'existent plus en droit aui yeii de la république française ; toutefois^ les circonscriptioi! teiTituriales de ces traités sont un fait qu'elle admit comme base et comme point de dépai^t dans ses rapptfti avec les autres nations.
)) Mais, si les traites de 1815 n'existent plus que comiK faits à modifier d'un accord commun, et si la rcpubiitp déclare hautement qu'elle a pour droit et pour missirf d'arriver rcgulicremeut et pacifiquement à ces modifr cations, le bon sens, la modération, la conscience, b prudence de la république existent, et sont pour rEnrope une meilleure et plus honorable garantie que Icî
» Attachez-vous^ monsieur^ à faire comprendre et admettre de bonne foi cette émancipation de la république des traités de 1815, et montrer que cette franchise n'a rien d'inconciliable avec le repos de l'Europe.
» Ainsi, nous le disons hautement : si Theure de la reconstmction de quelques naUonaUtés opprimées en 'j'Europe ou ailleurs nous paraissait avoir sonné dans les "'décrets de la Providence ; si la Suisse, notre fidèle alliée depuis François P% était contramte ou menacée dans le ^mouvement de croissance qu'elle opère ches elle pom* prêter une force de plus au faisceau des gouvernements démocratiques; si les États indépendants de Tltalie étaient envahis; si Ton imposait des limites ou des obstacles à leurs transformations intérieures; si on leur contestait à main armée le droit de s'aUier entre eux pour consolider une patrie italienne, la république française se croirait en droit d'armer elle-même pour protéger ces mouvements légitimes de croissance et de nationalité des peuples. 9 La répubUque, vous le voyez, a traversé du premier pas Tère des proscriptions et des dictatures. Elle est dé* «idée à ne jamais voiler la vérité en dedans. Elle est décidée également à ne jamais voiler son principe démocratique au dehors. Elle ne laissera mettre la main de personne entre le rayonnement pacifique de sa liberté et le regard des peuples. Elle se proclame l'alliée intellectuelle et cordiale de tous les droits, de tous les progrès, de tous les développements légitimes d'institutions des nations qui veulent vivre du même principe que le sien. Elle ne fera point de propagande souide ou incendiaire chez ses voisins. Elle sait qu'il n'y a de libertés durables que CAlki^ gui naissejat d'elie»-mémes sur leur i^xo^t:^ tb^Us^'^^â^^
Sdii MÉMOIRES
exercera^ par la lueur de ses idées, par le specU dre et de paix qu'elle espère donner au mondi et honnête prosélytisme^ le prosëlytisme de Y de la sympathie. Ce n'est point là la guerre, c' ture. Ce n'est point là l'agitation de l'Europe, c' Ce n'est point là incendier le monde, c'est bril place sur Thorizon des peuples pour les devant guider à la fois.
)> Nous désirons, pour rhumanitë, que la paii servée. Nous l'espérons même. Une seule <iu< guerre avait été posée, il y a un an, entre la I l'Angleterre. Cette question de guerre, ce n'ét France républicaine qui l'avait posée, c'était la La dynastie emporte avec elle ce danger de guer avait suscité pour l'Europe par l'ambition toute ncUc de ses alliances de famille en Espagne. A politique domestique de la dynastie déchue, q depuis dix-sept ans sur notre dignité national en même temps, par ses prétentions à une cou plus à Madrid, sur nos alliances libérales et sui La république n'a point d'ambition ; la répub point de népotisme. Elle n'hérite pas des pr( d'une famille. Que l'Espagne se régisse elle-niê l'Espagne soit indépendante et libre. La Fran la solidité de cette alliance naturelle, compte pli conformité de principes que sur les successio: maison de Bourbon !
» Tel est, monsieur, l'esprit des conseils de la que ; tel sera invariablement le caractère de la franche, forte et modérée que vous aurez à rej)] " l républi(iuc a pTOwoxve^ t^ m\^"saxA, ^\. -■
de la chaleur d'une lutte non provoquée par le peuple^ trois mots qui ont révélé son âme et qui appelleront sur son berceau les bénédictions de Dieu et des hommes : Liberté, égalité, fraternité. Elle a donné le lendemain, par Tabolition de la peine de mort en matière politique, le véritable commentaire de ces trois mots au dedans; donnes-leur aussi leur véritable commentaire au dehors. Le sens de ces trois mots appliqués à nos relations extérieures est celui-ci : affranchissement de la France des chaînes qui pesaient sur son principe et sur sa dignité; récupération du rang qu'elle doit occuper au niveau des grandes puissances européennes; enfin, déclaration d'alliance et d'amitié à tous les peuples. Si la France a sa conscience de sa part de mission libérale et civilisatrice dani le siècle^ il n'y a pas un de ces mots qui signifie * guerre. Si l'Europe est (midente et juste, il n'y a pas un de ces mots qui ne signifie paix.
y> Lamartine. i>
' POLÉimQUB DtJ D' t * VÉRON CONTRE LA LOI DU 51 MAI.
J'ai des hésitations et des scrupules.
Mes amis et collaborateurs, MM, Boilay, Granier de Cassagnac, et moi, nous avons reproduit, à propos de la double réélection de 1862, les anxiétés et les vœux des chambres de commerce, des chefs d'usina*, ^«s» vXv^V^^^ fabriques, de l'agriculture et de \ibl toasic-^.'^^^^ "^^^-
lions seulement éclairer les votes de rAssemblée natii^ nale sur cette question si fiévreuse de la ré?ision de la constitution. Nos renseignements ont passé aux yeux de plusieurs pour des bulletins terroristes. On nous accuse d'effrayer le pays, de causer les maux que nous dénooçons. M. de Rothschild lui-même^ initié par situation à tous les secrets de la hausse et de la baisse, nous repitichcrait, à ce qu'on nous assure, de faire baisser la r&k. Oh! restons muets, si nos paroles peuvent créer des maiheurs publics.
C'est en prêtant l'oreille à ces plaintes, que je me sué dit : AUendons 4852.
Ce9t folie et fièvre, dit Montaigne, de prendre t?o(R robe fourrée dès laSairU-Jean, parce que vous enaurfi besoin à Noël. Montaigne, comme nous le racontait, il y a peu de jours, M. Sainte-Beuve, Montaigne cooseilk à rhonnête homme ne pour la vie privée^ et cependant engagé dans des temps de trouble et de révolution,* profiter jusqu'au bout, dans un esprit sain, des bons wt^ mcnts et des intervalles lucides. Si Montaigne vivait, ii nous conseillerait d'attendre 18S2.
Aussi bien notre société est riche, pleine de vie cî d'activité. Les tableaux, et ceux surtout de Técolc fi'afr çaise du siècle dernier (ce qui, par esprit de Justice, dk réjouit fort pour les Jouvenet, les Wattcau, les Grcuze, les Boucher), se vendent un prix fou. Les chevaux de luxe et les chevaux de course sont très-recherches; Oî s'achètent plus cher que jamais. Paris est toujoui-s Paris. Turcs, Dalmates, Yalaques, Allemands, Ruï>ses, E?pagnols, Portugais , Brésiliens, tous les princes^ tous \o
tt Combien nous nous félicitons de l'exposition industrielle de TAngleterre ! ce sera pour nous un prétexte d'aller passer deux jours à Londres et deux mois à Paris. »
Paris et nos départements regorgent de projets d'entreprises, de spéculations et d'argent.
Me permettra-t-on ici quelques rêves bien inconstitutionnels? me perraettra-t-on de rêver que la France a voulu le retour d'un roi, qu'Henri V est sur le trône, que la fusion est faite, ou, ce qui est plus possible et plus vraisemblable, que les pouvoirs de Louis-Napoléon Bonaparte sont prorogés? Oh ! alors, comme l'Europe et la France respireraient 1 Quelle pacifique et féconde émeute d'idées et de capitaux pour de nouvelles voies de communication, pour d'inattendus progrès de l'agriculture, pour de nobles et heureuses rivalités de la France avec tous les pays civilisés !
Mais réveillons-nous, ne prolongeons pas ces riantes et patriotiques illusions.
Fort des conseils de Montaigne, confiant dans les ressources du pays, je n'ai pas craint de dire à plus d'un commerçant, à plus d'un propriétahc, à plus d'un industriel, à plus d'un financier : a Attendons 1852. »
Voici le résumé de leurs réponses, et quels seraient 0101*8 leurs projets.
Plus d'un chef d'usine, plus d'un fabricant, se sont déjà consultés sur cette question : « Faut-il continuer à acheter des matières premières et à les faire fabriquer avec la certitude de les garder en magasin, ou ne vautil pas mieux ne plus faire d'achats et donner un subside à nos ouvriers oisifs? » Pour plusieurs, \9l ^\vve,'è^Àa\^ ^'«X. dcjà résolue dans ce dernier sens. Celle ^vs^^Mv*^ ^^
mauvais jours a même poussé à rdmigration gleterre lui certain nombre de nos ouvrien habiles et des meilleurs.
En fait de propriétés^ tout le monde serait t à vendre, et personne ne serait tenté d'acheté:
On cacherait dans le 5 ou dans le 3 0/0, o bons du trésor, à courte échéance^ ses capital Bien entendu qu'on se promet de redemander en temps opportun aux caisses de TÉtat; car, disposition des esprits, une panique serait gi s'arrêterait pas.
11 en est qui acceptent, même avec gaieté, cet armistice de tous les partis pendant une a socialisme, dont la victoire et l'avènement ne sent certains, disent-ils, nous laissera du n: tranquilles et heureux au sein de notre famille de nos amis, dans notre robe de chambre c pantoufles, pendant dix ou onze mois. Le jour est fixé invariablement pai* la constitution, qu avant tout respecter. Rien de mieux : toutes n seront prises, et, sans nous essouffler, nous qi France à l'heure et au jour de noire choix, listes eux-mêmes ne se plaindront point de n nous ne voterions pas pour eux. Ce seront do
Mais ces hommes sans patrie ne sont point la foule. Nos nombreuses populations de propriétaires, d'industriels et surtout de paysans sont attachées au sol, comme ces chôncs séculaires dont les racines vigoureuses plongent profondément dans le sein de la terre qui les nourrit. Les destinées de ceux-là sont liées aux destinées de la France, et le dénoûment de 1852 leur importe.
Beaucoup de gens, amis de Tordre, résignés, en face des résistances invincibles des partis, à attendre 1852, se préoccupent beaucoup alors de la loi du 31 mai. Et voici, pour mon compte, ce que j'ai à en dire :
Cette loi restrictive du suffrage universel fut, comme on le sait, inspirée à l'Assemblée nationale comme mesure de salut au lendemain des dernières élections socialistes de Paris. Paris était ému, Paris tremblait, et, pour rassurer Paiîs, on fit une loi applicable à toute la France. Les habitants de la ville de Washington et du district fédéral, siège du gouvernement, sont privés de droits politiques, afin qu'aucune pression ne soit exercée sur le pouvoir exécutif* Par une sage imitation, la loi du 31 mai eût peut-être été bonne à faire et à voter pour Paris et pour Lyon : Paris et Lyon, ces deux grandes villes, dont la vie et les mœurs passionnées difif&rent tellement de la vie et des mœurs du reste de la France, qu'elles réclameraient des lois distinctes et spéciales; Paris et Lyon, ce repaire de tous les vices, ces deux grandes places publiques où se fait si souvent la presse des soldats de l'émeute.
Mais la loi du 31 mai existe pour toute la France; elle est universelle et absolue.
La loi du Si mai a été peu étwdVte, (iV ç.^VV^\<2îv,'5s\\n?cç\
la conviction d'un grand nombre^ c'est Tinconnu. Pour tous les journaux qui Tont défendue, pour beaucoup de représentants qui l'ont votéc^ elle eut surtout cette séduction de réunir sous le même drapeau tous les amis de Tordre^ et^ après bien des jours de danger^ de raisiuvr un moment la France par cette entente cordiale et sympathique. Mais, depuis la promulgation de cette lui, qu'est devenue cette majorité qui Ta votée? Que de scrutins d'opposition, de coalition et de défiance!
Si la loi électorale du 31 mai peut être favorable dans plusieurs départements à l'élection de nos représentant elle porte un préjudice certain aux chances de rééledkiB de Louis-Napoléon Bonaparte. Supprimant, dit-on, trois millions de suffrages, elle affaiblirait nécessairement li majorité obtenue au 10 décembre 1848 par le prcâdent de la république. Mais de plus^ multipliant pour les électeurs les formalités et les démarches, elle décoiuragen, elle rebutera surtout ces amis de l'ordre si nombreux qui renoncent à voler plutôt quo de prendre la moindre peioc
Notre société, à la veille des dangers que les socialistes eux-mêmes lui prédisent, obéit aVant tout à cet instinct de conservation qui ne fait pas plus défaut aoi populations qu'à l'individu. Selon moi, bien des gen5 sensés raisonneront ainsi : « Nous avons soutenu la l">i du 31 mai, favorable à la réélection d'un grand nombre de représentants; mais nous espérions alors que la même majorité acquise à cette loi soutiendrait de ses votes li révision de la constitution avant 1852, et ferait ainsi décider par le peuple la rééligibilité et la réélection dii président de la républi<iue. Certes, s'il en était ainsi, louï
. par une grande majorité de rAssemblée nationale, par : les vœux ardents de toutes nos populations laborieuses, ^. aurait vite raison des équipées possibles du socialisme .;5 devenu factieux.
. r> Mais si, par la division et l'entêtement des partis, £-; TAssemblée nationale livre nos destinées aux hasards si ^-, menaçants qui peuvent surgir de la double réélection de ^ l'Assemblée nationale et du président de la république^ pourquoi nous agenouiller religieusement devanjt cette loi ^; du 31 mai, qui ne nous a donné qu'un instant de trom- ^ penses espérances ? S'il faut, par les décisions de TAs- ^ semblée nationale, que nous restions les bras croisés ^. jusqu'à l'époque fatale où les destinées de la France courge ront les plus grands dangers, que le pouvoir exécutif, l,^ que son gouvernement fasse disparaître du moins tout ^. ce qui peut ôti*e occasion et prétexte de conflits et de ■^^^ guerre civile. »
^ A la date de 1852, tout le monde en convient, le parti -j socialiste nous a prévenus, cette loi du 31 mai sera le ^ drapeau de la révolte; la grande émeute révolutionnaire ^^ aura son mot d'ordre, et, nous le savoiffi^ dans toutes les ^É sanglantes journées de notre histoire, il a sufQ, pour que j, la guerre éclatât, d'un mot d'ordre et d'un drapeau. 1^ D'ailleurs, en face de ce respect ardent et invincible . de l'Assemblée nationale pour la lettre de la constitution, ^ le président de la république ne peul-il pas, dans son -^. honnêteté, être saisi, lui aussi, de nouveaux scrupules, ij. et s'eflrayer pour le peuple, dans son patriotisme, de ^ sanglantes collisions ? Ne peut-il pas alors venir demang;, der, par ses ministres, à l'Assemblée naUouôA^^Vfe'^^'^ 2; de celle loi du 3i mai ?
Nous croyons que cette loi, qui a trouvé uni jorîté pour la voter, la retrouverait pour la Oh I mais alors qu'on y prenne garde, TAsse!
tionale se ferait une situation nouvelle et dif le pays.
D'un côté elle ne veut pas qu'on révise la co de l'autre, poussant jusqu'au stoïcisme le pli cette adoration du texte de la constitution, el serait à révoquer cette loi du 31 mai, qui, ai votes, devi-ait allumer sur tous les points de comme un Immense incendie! Cet incendie m à craindre certainement, s'il existait entre T nationale et le président de la république, entr pouvoirs, un puissant concert de pensées et Mais si, après avoir fait ses afifaires, l'Assemb nale nous laisse là, exposés à tous les conflits les plus affreuses catastrophes, demandons-lui le rappel d'une loi qui n'est utile que pour e semblée nationale, à la veille d'une réélection, elle alors nous porter secours? Non. Le pouvoi et le gouvernement, à la veille de changer de n raient-ils assez armés pour nous défendre conti sinat et le pillage? Non. L'Assemblée nationale 1 entre ses mains la fortune et la vie de la société peut vouloir qu'elle soit ruinée et qu'elle meun Ainsi, je me résume. Que l'Assemblée nation; la constitution pour le salut et la prospérité de h ou, si la révision n'est pas votée, qu'elle révoc ne pas accroître nos dangers, la loi du 31 mai. tendrons alors, en prenant du bon temps, co Montai f^nCf le double U\a.^e ôi^ ç,vi\.v^V\:vî\.vi,\Q\^^\
, Les r($flexions échappées à mon entière indépendance
me sont toutes personnelles. Depi^is la loi Tinguy-La- J)oiilie^ les journaux sont une tribune. Tout en marchant ..vers le même but, tout en voulant ardemment le salut
de la France, chacun peut venir, sous la responsabilité
ie son nom, exposer des opinions difîérentes et proposer
ides expédients divers.