‹ Mémoires d'un bourgeois de ParisChapitre 14 sur 71 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

VONSIEnR LE COMTE SB MORTAUITET.

L'École polytechnique. — Gomment M. de Montai ivet fut nommé psiir de France. — Première visite de M. de Montalivet au roi. — M. de Montalivet ministre de rintérienr. — Le procès des ministres. -~ Détails Inédits sur lear arrivée an Luxembourg, sur leur départ pour Vincennes.'— La loi électorale du règne de Louis-Philippe présentée par M. de Montalivet. -> Le ministère du 13 mars iS3t. — Énieote à la Chambre pour le mot tujett. -^ Lettres inédites de M. LafOtte et de M. Larabit. ~ Démission du général la Fayette. — Visite de M. de Montalivet, pendant la nnit, chez ce dernier et chez le comte de Lobau. — Le petit ministère de I83i. — Le ministère du IS avril 1836. — M. de Montalivet à Bretenil. — Visites du roi. — Les deux portraits en pied. — M. de Montalivet et M. Pages, ministre des flnances sons la république.

M. le comte de Montalivet mérite une place honorable parmi les hommes nouveaux^qui furent appelés à jouer un rôle politique après la révolution de 1830.

Né en 1801, élève du lycée Napoléon, il était le contemporain et le caïuAiade d'Armand Berlin, de mes amis Roroieu, Alfred de Wailly, de Lesourd, etc.

9i MÉMOIRES

Il fut aussi un des élèves distingués de FÉcole polytechniqpie. Il s'y fit recevoir, sous la restauration , la même année que le duc de Dalmatie, que le duc de Montebello, que MM. de Saint-Aignan, de la Redorte, Chabaud-Latour, Romieu et Laine ^ aujourd'hui directeur de la comptabilité au ministère de Tintérieur. On faisait beaucoup de politique à cette époque; le carbonarisme avait pénétré dans l'École polytechnique; les émeutes n'y étaient pas rares. Manuel et Benjamin Constant exerçaient une assez grande influence sur l'esprit des élèves. Mais le professeur Arago, par l'autorité de son nom, de son savoir et de sa parole, apaisait assez facilement les levées de boucliers contre le gouvernement. 11 peignait alors aux élèves la démagogie sous les plus tristes couleurs. Le savant professeur était très en faveur auprès du duc d'Angoulême. Après la révolution de 1848, il se montra toujours modéré, ennemi des excès et des violences. Nous ferons toutefois remarquer que l'École polytechnique ne se mit jamais au service Tii à la suite des sociétés secrètes; elle n'obéissait à personne ; elle restait seulement fidèle à un certain esprit de franc-maçonnerie qui y règne encore.

J'eus l'honneur d'être présenté à M. le comte de Montalivet, d'abord comme directeur de la Revue de Paris, et plus tai'd comme candidat pour la direction de l'Opéra. La bienveillante conflance qu'il m'accorda devint poiu* moi un commenc"êment de fortune, puisque, comme Lulli *, ce seul rapprochement m'honore, je fus

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