‹ Mémoires d'un bourgeois de ParisChapitre 15 sur 71 · Rapport sui' TOpéra, Moniteur du 3 jQillet · texte numérisé non relu

Rapport sui' TOpéra, Moniteur du 3 jQillet

assez heureitx pour mener à bien les affaires de l'Opéra et les miennes.

Sous la restauration, M. de Montalivet obtint, encore très-jeune, les honneurs de la pairie ; toutefois, les portes de la Chambre des pairs ne s'ouvrirent pour lui ni sans opposition ni sans difficulté.

M. de Montalivet avait un frère aîné, officier du génie, qui fut tué à Gironne, en Espagne.

Plusieurs pairs, et entre autres M. de Peyronnet, que M. de Montalivet devait sauver plus tard, lors du procès des ministres, prétendirent qu'on ne pouvait succéder dans la Chambre des pairs à son frère aîné. Les ^mis de M. de Montalivet soutenaient, au contraire, que l'hérédité de la pairie devait être assimilée à l'hérédité du trône ; qu'on ne succédait pas à un frère, mais à un ascendant, M. de Villèle, M. de Chateaubriand, sur les vives instances de M. Bertin de Vaux, du Journal des Débats y étaient de ceux-là. On publia des Mémoires pour et contre. Le conseil des ministres fut partagé. Louis XVIIÏ, en donnant sa voix dans le conseil pour l'admission du jeune pair, lui fit une majorité.

M. de, Montalivet avait à peine connu le duc d'Orléans avant la révolution de juillet. Le 2 novembre i 830, le général Sébastian! vint de la part du roi proposer à M. le comte de Montalivet le portefeuille de l'intérieur. Le jeune pair de France répondit d'abord par un refus. Mandé au Palais-Royal, il fut reçu par le roi dans un petit salon qui séparait son cabinet du salon d'attente. Madame Adélaïde était près de son frère. M. le comte de Montalivet, pour expliquer sa résistance, invoqua surtout son âge, qui ne lui permettait même pas de voter

à la Chambre des pairs. Toutes les instances de Louis- Philippe et de Madame Adélaïde avaient échoué, lorsque le roi s'écria :

« Vous ne voulez donc pas m'aider à sauver les ministres ?» *

A ces paroles, M. le comte de Montalivet oublie les difficultés de la situation, les craintes de la tribune; il ne voit plus que l'honneur de la lutte contre des passions désordonnées, et son cœur de jeune homme cède bien vite à l'appât d'un danger personnel, a II s'agissait l)ien moins, dit M. le comte de Montalivet dans son ouvrage sur Louis-Philippe^ ouvrage cité par tous les journaux, de me vouer à un système politique qu'à une pessée de clémence et d*humanité, ou plutôt eette peusôé constituait tout un système politique vers lequel je me sentais invinciblement entraîné. J'acceptai le portefeuille dans les conditions où il m'était offert, et dès ce moment je pris place à côté du roi, que je ne devais plus quitter pendant dix-huit années. »

A l'époque du procès des ministres, qui conunença le 15 décembre 1830 et finit le 21, la gauche se montrait triomphante. Le ministère était composé ainsi qu'il suit ; M. Laffitte, président du conseil, ministre des finances ; M. Mérilhou, ministre de la justice; le maréchal Soult, ministre de la guerre; M. Sébastiani, ministre des affaires étrangères; M. le comte de Montalivet, ministre de l'intérieur ; M. d'Argout , ministre de la marine ; M. Barthe, ministre de l'instruction publique et de^$ cultes.

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