CHAPITRE IX
8AG DES RiSIDENOBS B0TALE8.
Pièees de couTîction de renvahisaement du palais des Taileries. ~ Pillage des appartements du rez-de-chaussée, des entre-sol, des salons de la reine, des appartements du dac de Nemours, des cuisines et des caves. — Le battant de Tborloge détaché. ^ Les robes des princesses, des (kimes d'honneur, de la reiue. • Bal à la clarté des kongies. — Un personnag» hiatoriqn» tient le piano. ~ Une caisse adressée an due de Nemours, — Voratoire de la princesse Marie. — Le Céran, — Les portraits de la reine d'Espagne et de la docbesse de Montpensier. — Les revendeurs, les receleurs. — - Les portraits des maréchaux Soalt et Bugeaud. — Un prie-Dieu et des reliques de famille. ~ Un perroquet réformiste, — Création de ^hospice des Invalides civils. — M. Leroy d'ËtioUes. — États des envois d'objets précieux an ministère des ÛnaïKres. — Les appartements de la dqchesse et du duc d'Orléans respectés. -> Une baignoire remplie de bijoux. ~ Description de la chambre à coucher du duc d'Orléans telle qu'elle est restée depuis'le 13 juillet I8i2. — Pillage et incendie des papiers, manuscrits, correspondances, rapports, états, lettres de grands personnages. '
Trois résidences royales, les Tuileries, le Palais-Royal et Neuilly, ont été envahies par les vainqueurs du 24 fé* vrier.
Le palais des Tuileries a fait de tout temps partie de la dotation de la couronno cl. par con«^(^«]iîcrt, du do-
maine de TÉtat. Il en est de môme du Palais-Royal^ qui a fait retour à l'État en 1830.
Les bâtiments de Neuilly étaient donc les seuls qui appartinssent au domaine privé. Quant aux objets d*art si nombreux au Palais-Royal et au château de Neuilly^ ils appartenaient tous au domaine privé. Presque tous ceux qui décoraient le palais des Tuileries faisaient partie des collettions de la couronne : le roi n*y possédait qu'un certain nombre de poiiraits de famille^ placés surtout dans le salon qui précédait son grand cabinet. Mais d'immenses richesses personnelles^ des tableaux, des curiosités précieuses appartenant aux princes et aux princesses, des papiers importants, des souvenirs de famille encombraient, pour ainsi dire, les appartements intérieurs.
Je me propose de raconter avec une exactitude historique tous les faits qui se sont succédé dans le palais des Tuileries, à partir de la matinée du 24 février ; je donnerai aussi l'évaluation précise des pertes qu'eut à subir le domaine privé, par la dévastation du Palais- Royal, de Neuilly et du Raincy. 11 est instructif et curieux de savoir ce que peuvent coût^ vingt-quatre heures d'orgies révolutionnaire».
J'ai pu écrire torts les récits qui vont suivre sous la dictée de témoins oculaires, dont la mission honorable et difficile était de rétablir l'ordre au milieu du pillage, de la dévastati(»i, et je leur dois aussi la communication de documents curieux qu'ils ont pu sauver de la desti*uction et de l'incendie.
âO . MEMOIRES