ÉPOQUE ÙE SON' ARRIVÉE
a Au commencement , outre la bonne / allemande , jusqu'à ce que je trouve un valet de chambre alleqnand, j'éviterai ce conflit à l'ancienne et à la nouvelle autorité.
yt Je ne veux rien dire de son caractère , afin qu'il le juge librement par lui-même, qu'il l'observe avant de prendre un parti sur la manière de le diriger , qu'il essaye ses systèmes établis d'avance par la pratique, m
Né le 24 août 1838, Louis-Philippe-Albert d'Orléans, comte de Paris, avait neuf ans' et demi au moment où éclata la révolution de février.
Son frère , Robert-Philippe-Louis-EugènerFerdinand
d'Orléans, duc de Chartres, né à Paris le 9 novembre - 1840, n*en avait pas encore huit à la même époque.
Les soins donnés à Féducation de ces deux princes furent aussi incessants que bien entendus. Le programme, tracé par madame la duchesse d*Orléans, fut suivi avec la plus respectueuse fidélité, avec la plus ad* mirable persévérance.
L'esprit des deux jeunes frères fut toujours appliqué avec méthode, sans fjatigue, aux études les plus sérieuses et les plus variées. On leur faisait tout voir par leurs propres ]feux, et leiu^ mains ne demeuraient jamais inactives. Le crayon, le phiceau, une foule d'instruments étaient constamment maniés par eux. Les salons qui leur avaient été consacrés dans la partie du palais qui leur permettait d'être sans cesse sous les yeux de leur digne mère, étaient remplis de modèles de vaisseaux, de locomotives, d'affûts d'artillerie, tous taillés en cai'ton, et qu'ils étaient tenus d'ajuster eux-mêmes afin de se rendre un compte exact des machines dont on leur avait fait comprendre qu'ils ne devaient ignorer ni Tusage ni l'agencement.
Toutes leurs promenades avaient un but utile. C'était alors l'agriculture, la botanique, la minéralogie qui leur servaient de distraction, et on avait soin de la leur rendre profitable.
On leur demandait le récit de leurs impressions personnelles, sui^ut au comte de Paris, qui, plus âgé, savait déjà écrire.
11 existe un curieux témoignage de ces premiers travaux du jeime prince, et j'ai l'espoir qu'il lui aura éV
s» MÉMOIRES
restitué : c*est un album dans lequel il racontait ce qui lui arrivait de remarquable.
Ces notes rapides auxquelles on demandait la spontanéité plutôt que la réflexion^ se rapportaient à des visites dans des ateliers, à des excursions dans des demeures royales. Mais, hélas! c'était la destinée de celui qui les écrivait! En 1846, le comte de Paris^ — il n*avait pas encore huit ans, — était obligé d assombrir les pages de ses impressions enfantines par le récit d'une tentative d'assassinat sur la personne du roi son grand-père.
J'ai entre les mains un des autographes les plus curieux^ — ce sont les deux ou trois pages que le comte de Paris écrivit sur son voyage à Fontainebleau, après la tentative de 1846. Elles sont tracées d'une main nette et ne contiennent qu'un petit nombre de ratures. En se rappelant . les récits du temps, on verra que le jeune prince savait être historien exact et consciencieux.