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CHAPITRE XIV Histoire de H. Pellerin

5 Le jeudi qui suivit ma réconciliation avec Baudouin, fut un des jours les plus froids d'un hiver assez rigoureux. Le ciel était d'un gris de plomb. Une bise sèche et mordante sifflait dans les couloirs du lycée, et, quand nous descendîmes dans la cour, à l'heure de la promenade,

10 pour l'inspection du Proviseur, nous vîmes bien qu'il avait bonne envie de contremander la sortie. Mais après quelques minutes d'hésitation, il prononça enfin le mot sacramentel:

c Allez I»

15 Nous défilâmes en silence, le nez rouge et les mains dans nos poches, et l'air assez peu martial dans nos tuniques étriquées.

Les rues étaient presque désertes. A peine deux ou trois marchands ambulants, de ceux qui suivaient d'ordi-

20 naire nos divisions, nous attendaient-ils à la sortie ce jour-là. Les autres avaient jugé sans nul doute que le temps était trop glacial pour être propre aux affaires.

«Accélérez le pas, c'est le seul moyen de ne pas geler sur place ! » dit M. Pellerin à la tête de la colonne.

25 Nous ne nous fîmes pas répéter la consigne. Notre pas résonnait sur le pavé, et ce mouvement plus vif nous réchauffait déjà. Bientôt nous eûmes dépassé le boulevard extérieur.

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