SIMPLE CONVERSATION
Le duc l'accueillit de son geste le plus amical, et lui offrit un siège.
— Arrivez donc, mon cher ami, dit-il en même temps, j'ai hâte de vous recevoir et d'apprendre à toute cette société élégante et titrée que je vous connais et que vous êtes des miens.
— Que voulez-vous dire, monsieur le duc? fit Raymond étonné de ce début.
— Cqmment, ce que je veux dire, repartit Palmarès ; vraiment, il est charmant de penser qu'il n'y a que vous ici qui ne vous doutiez pas du succès que vous obtenez.
* — Je ne vous comprends pas, sur l'honneur.
— Eh bien, — mon cher Raymond, — laissez-moi vous parler ainsi, — apprenez, puisque vous paraissez l'ignorer, que vous avez produit un réel effet sur tous ces hommes et ces femmes un peu blasés qui nous environnent. Plus de cinquante personnes m'ont demandé qui vous étiez.
— Je cherche vainement à quoi je dois ce bienveillant intérêt.
— Ne cherchez pas, mon ami, car je puis vous le dire. D'abord, vous devez cet intérêt à une chose qui ne se rencontre pas tous les jours. Tout le monde se
connaît ici, et Ton ne vous connaît pas. Puis, vous êtes fort bien de votre personne ; élégant, jeune, distingué, mis avec un goût simple et sûr; vous n'êtes évidemment pas le premier venu, et je gage que plus d'une femme regrette à cette heure que vous ne vous appeliez pas le vicomte ou le marquis Raymond.
— Alors, je suis une sorte d'énigme.
— Précisément, et ce monde qui raffole des énigmes, est tout disposé à adorer les sphinx !
— Vous me ravissez...
Le duc eut un sourire plein d'aménité.
— Ah ! prenez garde, cependant, se hâta-t-il d'ajouter, il ne faudrait pas faire un trop grand fonds sur cet engouement. Nous savons, nous autres, ce qu'il vaut et Combien il dure; car chacun de nous Ta provoqué à son tour, et vous pouvez voir ce qu'il en reste aujourd'hui.
— Au moins, est-ce un souvenir exquis auquel on peut se reporter avec plaisir.
— Plaisir, amer, mon cher Raymond : et tenez, jugez* en vous-même : Hier encore, cette société n'avait de regards et d'applaudissements x|ue pour les folies de ce pauvre Henri de Poil. Eh bien, à cette heure, que sa logé est vide, dites-moi, qui pense à lui, qui songe à s'apercevoir de son absence?
— Mais c'est odieux.
— C'est logique seulement.
— Et pourquoi a-t-on oublié si vite le baron ?
— Pour deux raisons également respectables : la première, c'est qu'il n'est pas là ; la seconde, c'est qu'il est ruiné?
— Ruiné ! est-ce possible ?
— Je n'en sais rien, mais on le dit, et cela suffit pour commander la réserve.
— Quel monde, monsieur le duc f
— Bah! vous vous y ferez; le plus prudent en attendant, est de s'entourer, quand on y entre, de cet œs triplex dont parle Horace, et de veiller à ce qu'aucune surprise ne puisse l'entamer.
— J'espère, monsieur le duc, que ce que vous dites là ne s'applique qu'aux hommes.
— Gela s'applique surtoul aux femmes, mon ami ; en d'autres termes, c'est contre elles surtout qu'il faut être armé.
Raymond eut un geste qui voulait dire qu'il ne croyait pas à tant de perversité, et instinctivement, comme pour protester contre le scepticisme de son interlocuteur, il chercha du regard la loge de M. Guillemot.
Est-ce attraction ; y avait-il quelque fluide magnétique qui, de la loge du duc, allait à celle de l'industriel ; fut-ce tout simplement hasard, toujours est-il que le regard de Raymond rencontra celui d'Irène, et que les deux jeunes gens se prirent à rougir chacun de son côté.
Le duc observait tout, avec une rapidité de perception qui tenait du merveilleux ; le mouvement d'Irène, et celui de Raymond ne lui échappèrent point, et il en demeura presque interdit.
Mais ce ne fut qu'un éclair, et presque aussitôt il reprit son aménité sereine.
— Tiens ! tiens !... fit-il avec enjouement, il me semble, mon cher Raymond, que, pour un nouveau débarqué, vous placez assez bien vos affections.
— Moi! mes affections..., répéta le jeune homme, dont la rougueur n'était point encore dissipée.
— Bon ! dit le duc, je suis indiscret, peut-être ; mais je ne puis m'empêcher de vous féliciter. De toutes les femmes ici présentes, M 110 Irène est sans contredit la plus charmante et la plus pure.
— Je vous jure...
— Eh ! où est le mal?... Croyez bien que je n'attache pas plus d'importance que vous-même à ces échanges d'œillades qui ne sont, pour ainsi dire, que la carte de visite d'un cœur à un autre... et d'ailleurs, elle est délicieuse cette enfant; l'œil clair, la lèvre rose, des épauleâ divines, et des cheveux à porter une couronne de marquise....
A son tour, Raymond leva un regard ironique vers le duc.
— Voilà donc, dit-il, une femme qui trouve grâce devant voué.
— Elle a dix-sept ans, je crois ! répliqua le duc... et puis.... tenez.... je ne sais pourquoi, mais j'ai toujours • pensé que la pauvre enfant n'était pas destinée à vivre.
— Que dites- vous ?
— Il y a un mois environ, elle était si délicate et si pâle ; elle souriait si tristement — quand elle souriait — qu'on ne pouvait se défendre d'une douloureuse impression en la voyant.
— Regardez comme elle est fraîche ce soir; quelle vie dans ces yeux, quel candide bonheur dans ce sourire.
— Vous avez raison, mon ami ; mais moi, qui vois au fond des choses, je me rappelle toujours les paroles du docteur qui lui donne ses soins.
— Que disait-il ?
— Oh I un mot de médecin : cruel et vrai jusqu'à la barbarie. Il disait.... que celui qui épouserait Irène, aujourd'hui, ferait à coup sûr une bonne affaire. -
— Pourquoi cela?
— Parce qu'avant deux ans, la pauvre enfant ne serait plus de ce monde !
. Raymond sentit un frisson glacé courir sur ses épaules, et il devint tout à coup pensif et triste.
C'était la première fois qu'il voyait Irène ; la veille encore, il ne savait pas même qu'elle existât ; (Jette soirée terminée, peut-être ne devait-il plus la revoir jamais ; et cependant, il lui semblait qu'elle lui avait pris quelque chose de luirmême, que désormais, son image passerait bien souvent dans ses rêves, et une sorte de révolte soulevait son cœur, quand il venait à songer que la pauvre et charmante oréature était fatalement destinée à une mort prochaine.
— Gomment? dit tout à coup le duc qui l'observait avec intérêt ; est-ce que vous allez vous laisser attrister
par les paroles que je viens de prononcer? Aviez-vous donc sérieusement formé quelque projet sur cette jeun^ fille? ' '
— Moi ! fit vivement Raymond ; si j'avais eu une pareille pensée, j'y renoncerais bien vite, de peur que mon amour ne fût soupçonné de calcul.
— A la bonne heure.
— Seulement, il y a une chose qui me touche plus peut-être que tout cela.
— Qu'est-ce donc ?
— Vous me permettez de tout vous dire.
— Je vous y invite même.
— Depuis le jour où j'ai eu l'honneur de vous rencontrer je me suis senti pour vous, monsieur le duc, la sympathie la plus vive ; et laissez^moi ajouter l'amitié la plus sincère. Eh bien, vous ne sauriez croire combien je souffre, à quel point je me sens blessé parfois, quand je vous entends traiter avec tant de légèreté et de dédain tout ce que, jusqu'à ce jour, j'ai considéré comme sacré, l'amour, l'amitié, l'honneur, c'est-à-dire les seuls sentiments auxquels je veuille suspendre ma vie.... Estce vraiment que vous pensez ainsi que vous parlez, monsieur le duc ; ou n'est-re pas là plutôt une sorte de tenue, un langage de convention auquel vous avez recours, pour vous garantir des surprises dont vous m'entreteniez.
Pendant que le jeune homme parlait, le duc n'avait cessé de l'écouter avec, une profonde attention ; lorsqu'il eut fini, il arrêta longuement son regard sur ses yeux.
— J'aurais beaucoup de choses à répondre à la question que vous m'adressez, dit-il, et ce n'est ni le lieu, ni le moment d'un pareil entretien. Accordez-moi donc crédit de quelques jours, mon cher Raymond, et je vous promets que, d'ici là, je vous fournirai à ce sujet des explications aussi satisfaisantes que vous pouvez le désirer.
Au surplus, ajouta le duc, vous m'avez donné
%i MÉMOIRES D'UN COMMISSAIRE DE POLICE
votre soirée ; j'espère bien que nous finirons la nuit ensemble.
— Où allez-vous donc me conduire?
— Chez Mousseline....
— Pour quoi faire ?
— Vous savez déjà ce que Ton y fait quand il n'y a personne. Vous apprendrez ce qui s y passe quand il y a du monde.
Raymond fit un geste d'acquiescement, et il se tourna . vers la scène, où Fopéra continuait.
Le troisième acte se passa, du reste, sans aucun incident digne d'être rapporté.
Quand la représentation fut terminée, chaque loge se vida, les couloirs et les escaliers se remplirent, et la foule s'écoula lentement par les issues.
Raymond sortit avec le duc.
Dans la mêlée, il aperçut Irène au bras de son père, et cette fois encore leurs regards se confondirent en de vives effluves ; mais un autre objet vint à passer, qui détourna impérieusement l'attention de Raymond et celle du duc.
C'était la Nubienne !
Elle était suivie à peu de distance par Bernhardt, son intendant.
Et, à quelques pas derrière, marchait Spavento.
En passant près du duc, Spavento fit un signe.
Et ce signe voulait dire :
« Vos ordres seront exécutés. Cette nuit, vous saurez quelle est cette femme. »
SPAVENTO-BERNHARDT.
Voici, en effet, ce qui s'était passé entre l'intendant de la Nubienne et Spavento, pendant le second entr'acte.
Tandis que le duc et Raymond s'oubliaient dans le ^charme de la conversation qu'ils avaient entamée, Spavento, désireux de satisfaire son maître, était allé rôder autour de la loge de la Nubienne.
A ce moment la jeune femme était seule, Spavento se dit que l'intendant ne devait pas s'être éloigné pour bien longtemps, et que, selon toute vraisemblance, il n'allait pas tarder à revenir.
Il se plaça donc en sentinelle devant la porte de la loge et attendit.
Ce ne fut pas longtemps.
Quelques minutes à peine s'étaient écoulées qu'il vit poindre Bernhardt, tout de noir habillé, l'air grave et compassé, le cou orné d'une belle cravate blanche, bien empesée.
Il prit position de telle sorte qu'il eût fallu lui passer sur le corps pour pénétrer dans la loge.
Bernhardt arrivait sans penser à mal, et il n'aperçut Spavento que lorsqu'il fut sur lui.
Il fit un mouvement et une grimace.
Spavento salua.
-^ Pardon, monsieur, dit-il sur un ton de politesse exquise, mais n'est-ce pas à M. Bernhardt que j'ai l'honneur de parler ?
L'intendant cligna de l'œil, et Fétonhement le plus naïf se peignit sur ses traits.
— Bemhardt, moi.... sans doute, répondit-il avec un peu d'hésitation ; serais-je assez heureux, monsieur, pour être connu de vous?
— Il y a des hommes qu'il suffit de voir une fois pour ne les oublier jamais.
— Et vous m'avez vu ?
— A Milan.
— Ah ! ah !
— Vous en souvient-il ?
— Attendez donc, oui, je crois, en effet. Vous vous nommez Spavento....
Et un sourire innocent erra sur les lèvres de l'intendant.
Si Spavento avait pu concevoir quelques doutes sur le résultat de sa tentatiye, en ce moment il dut être rassuré.
— Mais cela ne me dit pas, poursuivit Bemhardt, à quel motif je dois votre démarche.
— Je vais vous le dire, monsieur, répondit Spavento ; j'ai l'honneur d'être attaché à la personne du duc de Palmarès, un grand seigneur aussi prodigue que riche, et le duc désire que j'aie avec vous quelques minutes d'entretien.
— Vraiment ! et à quel propos ?
— Oh ! cela serait fort long peut-être à expliquer, et si vous vouliez bien m'accorder un rendez-vous....
— Quand cela !
— Quand vous voudrez.
— En quel endroit ?
— Celui que vous choisirez vous-même.
L'intendant se prit à réfléchir, et pendant qu'il réfléchissait, Spavento tira un portefeuille de sa poche, qu'il glissa doucement, presque avec timidité, dans la main de son interlocuteur.
Ce dernier reçut le portefeuille, sans paraître blessé
LA LANTERNE ROUGE fe7
de cette tentative de corruption, et fit un signe de tête qui signifiait : j'entends ce que vous voulez.
Spavento, de son côté, se disait déjà : Voilà un coquin dont j'aurai bon marché.
— Eh bien ? demanda-t-il au bout d'un instant.
— Eh bien, répondit Bernhardt, c'est convenu ; mais il faut y mettre des formes.
— Parbleu !
— Ce soir donc, le spectacle fini, vous suivrez la voiture de ma maîtresse, après avoir eu le soin de donner à votre cocher l'ordre de vous arrêter à cinquante pas de l'hôtel.
— Ce sera fait.
— Une fois là, vous attendrez.
—-Bon.
— Puis, un quart d'heure ou une demi-heure après, je ne puis préciser, un homme viendra vous trouver. — Cet homme dira : Spavento, — vous répondrez : Bernhardt; il vous priera de descendre de voiture, et vous vous éloignerez avec lui.
— C'est parfait.
— Vous avez bien compris?
— Allons donc ! un enfant comprendrait.
— Alors, à ce soir, monsieur Spavento.
— A ce soir, monsieur Bernhardt.
Et les .deux hommes se séparèrent.
Quand l'intendant rentra dans la loge, la Nubienne tourna la tête de son côté et lui commanda de s'approcher.
— C'est avec Spavento que vous causiez là tout à l'heure ? demanda-t-elle alors d'un ton sous lequel vibrait un peu d'émotion.
— Oui, madame, répondit Bernhardt.
— Que vous veut-il?
— Il veut m'entretenir quelques instants.
— Et vous avez promis ?
— Cette nuit je dois l'introduire dans l'hôtel. Il y eut un silence.
La Nubienne se consultait peut-être.
— Soit I dit-elle enfin ; aussi bien, c'était prévu. Recevez-le donc, et faites surtout ce que je vous ai recommandé.
Bernhardt s'inclina sans répondre.
Les choses se passèrent, du reste, ainsi qu'il avait été convenu entre Spavento et l'intendant.
Quand la voiture de la Nubienne s'éloigna des Italiens, un coupé la suivit jusqu'au moment où elle s'arrêta rue du Faubourg-Saint-Honoré, au seuil d'un spleadide hôtel.
— Porte, s'il vous plaît ! cria le cocher.
La porte s'ouvrit, la voiture disparut, et Spavento, posté à distance, attendit la suite de l'aventure.
Bernhardt fut tout à fait exact.
Un quart' d'heure après, tout au plus, un homme se présenta à la portière du coupé, et dit : Spavento.
Spavento répondit : Bernhardt, et, sautant aussitôt sur le trottoir, il se mit à marcher sur les pas de son guide.
Celui-ci pénétra dans l'hôtel par une porte de service, longea les remises, gagna le parc qui confinait aux Champs-Elysées, et atteignit enfin un pavillon qui se dérobait au fond, sous d'épais massifs de verdure.
Alors une porte s'ouvrit devant lui, et il pénétra dans un ravissant petit salon qu'éclairait une lampe à la lumière doucement voilée. Dès qu'il parut, l'intendant se souleva du divan sur lequel il était assis, et, lui ayant offert un siège, il Pihvita à prendre un cigare.
Spavento ne se fit pas prier.
— Voilà, sans contredit, dit l'intendant en poussant sa fumée vers le plafond, le meilleur instant de la journée. Les maîtres sont couchés, toute la valetaille dort, et l'on n'appartient plus qu'à soi-même ; n'êtes-vous pas de mon avis, monsieur Spavento ?
Spavento finissait d'allumer son londrès.
— Permettez-moi, monsieur Bernhardt, répondit-il, de vous faire observer que vous me semblez moins à
plaindre qu'à envier... Vous devez être fort heureux ici!
— Peuh ! fit l'intendant d'un ton léger.
— Votre maîtresse est jeune...
— C'est-à-dire qu'elle serait vieille dans son pays, et qu'en France elle peut encore passer pour une jeune femme.
— Quel âge a-t-elle donc ?
— Entre trente et trente-cinq ans.
— Et jolie ?
— Oui.
— Généreuse aussi ?
— Autant qu'un intendant peut le désirer.
— C'est à merveille : je m'en doutais — la maison est bonne.
— Je ne dis pas non ; mais c'est égal, voyez-vous, monsieur Spavento, si vous saviez ce qui se passe ici, à certaines heures...
— Je ne demande que cela ; expliquez- vous.
— C'est difficile à dire. — Certes je ne suis pas plus scrupuleux qu'un autre, et cependant...
— Diable !
— Mon Dieu I je sais bien que J'ai tort de vous raconter ces choses-là ; mais vous avez été si généreux pour moi, et votre duc paraît un si galant homme, qu'en vérité c'est peut-être un devoir que j'accomplis.
— N'en doutez pas, monsieur Bernhardt... et croyez, en outre, que la générosité du duc ne s'arrêtera pas là.
— Vous me rendez confus.
— Donc, il y a un mvstère ?
— Oui !
— Une faute..., un crime peut-être !
— Qui sait ! frissonna l'intendant, en prêtant l'oreille, comme s'il eût craint d'être surpris.
Et se rapprochant de son interlocuteur :
— Tenez ! ajouta- 1— il, en étendant le bras vers un des angles de la chambre ; vous voyez cette porte, n'est-ce pas?
— Sans doute.
— Eh bien, là, dans cette chambre... il y aune chose que je n'ai jamais pu voir sans me sentir glacé d'horreur.
— Qu'est-ce donc? demanda Spavento qui, malgré lui, se sentait gagner par le côté saisissant delà situation.
L'intendant mit un doigt sur ses lèvres.
— Chut!... fit-il mystérieusement, de ces choses-là il faut parler à voix basse ; tout à l'heure, quand nous serons bien certains que la princesse n'a plus besoin de moi, et qu'elle ne peut venir nous surprendre, je vous introduirai dans la chambre.
— Et qu'y verrai-je?
— Le guillotiné!../ Spavento se souleva effaré.
Mais à ce moment même, et par une coïncidence bizarre, trois coups retentirent contre la porte que Bernhardt venait de désigner.
Les deux hommes échangèrent un regard terrifié.
— Avez-vous entendu 9 fit Spavento d'une voix qui n'était pas trop rassurée.
— Parfaitement, répondit Bernhardt.
— Qui cela peut-il être?..
— Ne bougeons plus... faites silence... et bientôt nous saurons à quoi nous en tenir.