‹ Mémoires d'un commissaire de police (volume 2)Chapitre 15 sur 58 · LE COUSIN D IRENE · texte numérisé non relu

LE COUSIN D IRENE

M lle Mousseline habitait, rue du Cirque, un charmant petit hôtel que lui avait fait meubler Henri de Poil, et dans lequel elle donnait, le jeudi, des soirées un peu excentriques qui avaient le privilège d'attirer toute la jeunesse titrée ou simplement dorée de Paris.

Mousseline était une bonne fille, qui ne manquait ni desprit, ni de cœur. Elle avait été fort mal élevée, bien qu'elle appartînt à une famille honorable.

Son père avait autrefois occupé une position importante dans la finance ; puis, il avait fait de mauvaises affaires, et obligé de passer à l'étranger, il avait laissé sa femme et sa fille dans le dénûment le plus complet. Sa femme en était morte. Quant à sa fille, que vouliezvous qu'elle devînt?

Mousseline, restée seule au monde à l'âge de huit à dix ans, avait d'abord cherché à vivre du travail de ses mains; mais les fréquentations de l'atelier ne tardèrent pas à la perdre ; elle était fort jolie, le travail lui répugnait; un soir elle oublia de rentrer dans sa petite matV< sarde et alla s'installer dans le quartier Bréda,

A partir de ce soir-là, elle devint mademoiselle Mousseline.

Certes, la jolie enfant ne pouvait guère espérer finir autrement que ses compagnes de plaisir.

Au bout de ce chemin de fleurs, qu'elles prennent toutes au printemps de leur vie, il y a un coude redoutable par lequel il faub fatalement passer.

Tant qu'on ne l'a pas atteint, tout semble sourire. Les buissons de la route sont en fleurs, l'air est parfumé, les oiseaux et les amoureux chantent à droite et à gauche le doux hymne de l'amour et de la volupté.

On rêve de bonheurs sans fin, d'ivresses éternelles, et l'on arrive ainsi, sans s'en douter, au tournant fatal...

La veille encore on ne voyait rien de ce qui est derrière. Le lendemain la perspective se déroule désolée, poignante, horrible !

Derrière cet angle fait d'ombre, il y a la décrépitude, l'abandon, la misère, la vieillesse !

Mousseline n'en était pas là ; il est probable même qu'elle ne songeait pas que sa vie pût jamais s'assombrir à ce point.

Du reste, elle avait eu du bonheur; et puis, nous le répétons, elle était bonne fille.

Une fois même, disait-on, elle avait aimé sincèrement.

Il y avait longtemps de cela ; elle ne se le rappelait peut-être plus.

Après tout, peu importait !

Ceux qui la fréquentaient n'avaient que faire de son passé. Ce qu'ils lui demandaient, c'était son présent, et elle raccordait avec le plus complet abandon.

Donc ce soir, il y avait réunion chez Mousseline.

Dès neuf heures, les lustres étaient allumés ; des tables de jeu avaient été dressées un peu partout, et dans le salon, un pauvre diable d'artiste attendait, assis derrière le piano, qu'on voulût bien l'inviter à donner le signal de la valse ou de la polka.

A vrai dire, on dansait peu chez la jeune femme. Mais, en revanche, on y jouait beaucoup.

Vers dix heures quelques femmes commencèrent à arriver. Mousseline alla à leur rencontre, et leur fît, avec une grâce charmante, les honneurs de sa maison. — Le bruit ayant couru que le baron de Poil était ruiné, elle avait tenu, comme elle disait elle-même, à faire prendre l'air à tous ses bijoux. '

Elle était resplendissante.

— Attends- tu beaucoup de monde, ce soir? demanda Tune des jeunes femmes qui venaient d'entrer.

— Ce sera plein, ma chère, répondit Mousseline, et on va tailler un bac!,.. Je ne te dis que çà. Ricordi, Golonna, Spavento,. Médina, Perrottc, Ganerbe, Lussan, tous nos habitués enfin 1

-—Et le duc!

— Le duc aussi.

— Et Hector?

— Oh ! lui, il n'en manque pas une ; ça l'amuse, celuilà, de perdre son argent.

— En ce cas, il n'a pas le temps de s'ennuyer ici... car je n'ai jamais vu une déveine de cette force.

Quelques hommes arrivèrent, qui allèrent serrer la main de Mousseline.

Puis, la circulation s'établit ; et bientôt, ce fut une véritable cohue dans les salons et les boudoirs.

Jusque-là, le jeu s'était localisé autour de trois ou quatre tables où quelques rares louis amusaient piteusement le tapis.

Mais à ce moment, parurent successivement les hôtes que Mousseline avait annoncés, et l'heure sérieuse du baccarat ne tarda pas à sonner.

Toutefois, bien que Ricordi, le cavalier «servant de M me Briolaye, eût pris place à une table, il y avait encore peu de partners ; la glace était rompue seulement, et l'on pelotait en attendant partie.

Tout à coup, un grand cri s'éleva dans les premières pièces, et l'on vit peu après apparaître dans le salon un

grand jeune homme, élégant et presque débraillé qu'accompagnait un véritable cortège de femmes.

C'était Hector.

Hector Beaulieu — un gandin — un cocodès si vous aimez mieux, à peine âgé de vingt-cinq ans, et qui depuis deux années au plus prodiguait ses jours et ses nuits à cette vie de plaisirs, de jeu, de fantaisies de toutes sortes.

Hector Beaulieu avait, en ces deux années, dissipé la fortune qu'il tenait de son père — deux cent mille francs environ.

Il avait fait courir, il avait voyagé, il avait joué ; si bien qu'un beau jour, il se trouva complètement ruiné !

Gomme c'était, après tout, un garçon de cœur, il pensa un moment à se tuer.

Et il eût accompli son projet s'il ne se fût produit un incident qui l'en avait brusquement détourné.

Quel était cet incident? — nous le saurons dans un instant.

Ce qu'il y a de certain, c'est qu'au lendemain de sa ruine, et après avoir un moment médité sur le parti qu'il lui restait à prendre, il se replongea de nouveau dans la vie dissipée et folle qu'il menait, et jeta, avec plus de prodigalité encore que par le passé, l'or et les billets de banque dans les tripots dont il était l'hôte habituel.

A peine fut-il entré chez Mousseline, que les choses changèrent de face, et que l'animation la plus grande se répandit de toutes parts.

Hector était un véritable gamin de Paris ; vif, ardent, moqueur, léger, repoussant avec horreur les perspectives ennuyeuses de la vie, et ne songeant à donner à la sienne que les occupations qui pouvaient la distraire.

Dès qu'il eût pénétré dans le salon, il prit place à la table de jeu et se trouva en face de Colonna.

Les deux hommes se saluèrent.

— Nous allons donc recommencer! fît Hector, avec un accent de belle humeur.

-r- Tant gue vous voudrez, répondit Golonna.

— Au train dont je vais, je devrais pourtant être assez sage pour m'arrêter.

— Si vous le désirez, nous en resterons là.

— Allons donc ! vous m'avez gagné dix mille francs avant-hier soir; il est trop juste que vous me donniez ma revanche.

— Combien jouons-nous?

— Voici un billet de mille.

Colonna tailla les cartes. Hector les retailla après lui, — son partner les reprit de nouveau ; puis, enfin, la partie commença.

Les premiers coups furent favorables à Hector, et, en moins de dix minutes, l'or s'entassa sous sa main, sans qu'il y fît grande attention. Mais la chance ne tarda pas à tourner, et en aussi peu de temps, tout ce qu'il avait gagné et tout ce qu'il avait sur lui passa entre les mains de son partner.

Au nombre des gens qui suivaient la partie avec un vif intérêt se trouvaient le duc et Raymond, qui venaient d'entrer sans que personne les vît.

Raymond surtout prenait un réel plaisir à ce tableau. La figure ouverte et avenante d'Hector lui avait plu dès le premier abord, et il éprouva une vive contrariété quand il le vit se lever de table absolument décavé.

— Quel est donc ce jeune homme? demanda-t-ii au duc de Palmarès.

— On l'appelle Hector Beaulieu, répondit ce dernier.

— Il est riche ?

— Il est complètement ruiné.

— Mais il joue gros jeu, cependant.

— Certes... et vous voyez qu'il joue comptant.

— Il a donc d'autres ressources ?

— Il n'en a aucune.

— Alors, expliquez-moi où il peut trouver l'argent : l répand ici à pleines mains.

K . duc réfléchit un moment avant de répondre à cette

question ; puis, entraîné peut-être malgré lui à cette confidence, il emmena Raymond dans l'embrasure d'une fenêtre.

— La prodigalité d'Hector, dit-il alors, a son explication naturelle et facile, et je vais vous la donner telle que je crois l'avoir devinée. Seulement, vous me promettez de n'en rien dire à personne.

— Je vous le jure.

— Eh bien... Vous vous rappelez, n'est-ce pas, ce que je vous ai dit tantôt de M lle Irène Guillemot?

— Sans doute.

— La pauvre enfant est, dit-on, condamnée par son médecin, et c'est à peine si.elle a deux années à vivre.

— Après.

— Dans cette hypothèse, là fortune du père Guillemot, qui est considérable, reviendra -naturellement à ses héritiers.

— M.' Hector est donc un parent d'Irène?

— Son cousin I — la sœur de M. Guillemot ayant épousé M. Beaulieu, et étant morte en lui donnant le fils que vous voyez !

La parole s'arrêta glacée sur les lèvres de 'Raymond.

une partie d'écarté.

— Ainsi, reprit-il au bout d'un instant, et en désignant Hector, ce jeune homme spécule odieusement sur la santé de sa cousine I — Et moi, qui me sentais déjà disposé à m'intéresser à lui.

— Oh ! que cela ne vous gène pas ! répliqua le duc ;

le jeune homme n'est pour rien dans ce calcul ; et c'est un autre qui y a pensé pour lui.

— Qui cela?

— Celui qui lui prête de l'argent.

— Quel est-il?

— Médina !

— Le banquier ! ah ! celui-là, au moins, est un fier coquin.

Le duc haussa les épaules.

— Mon Dieu ? répondit-il, il y a des nuances ; je ne me sens pas d'humeur, je l'avoue, à défendre Luis de Médina sur le compte duquel je suis tout près de penser comme vous; mais dans l'affaire qui nous occupe, cet homme joue gros jeu, et je ne suis pas certain qu'il gagnera la partie.

— Gomment cela?

— Dame ! il a deux chances contre lui.

— Lesquelles ?

— D'abord, la jeune fille elle même qui peut revenir à la santé, et déjouer tous ses calculs — puis le hasard, l'amour, qui peuvent lui donner un mari... et un enfant !

— C'est juste ! répondit Raymond, qui devint pensif. 11 y eut un moment de silence.

— Allons ! allons ! reprit bientôt le duc de Palmarès ; en voilà assez sur ce sujet — nous sommes ici pour passer plus agréablement notre temps. Dites-moi ce que vous voulez faire. Voulez- vous jouer; préférez-vous causer avec ces dames?... Je suis votre hôte, et je vous dois de me soumettre cette nuit à toutes vos fantaisies.

Raymond fit un geste énergique, comme s'il eût voulu chasser une pensée importune. Et il leva les yeux vers *le duc.

— Savez-vous, dit-il, que depuis un quart d'heure, il m'est venu une furieuse envie.

— De quoi s'agit-il ?

— La malechance de M. Beaulieu m'a irrité, et je brûle de donner une leçon à ce M. Colonna dont la figure ne me revient pas.

— Oh. ! oh ! fit Palmarès, en souriant, une leçon à Colonna peut vous coûter cher, de quelque nature qu'elle soit.

— Qu'entendez-vous par là, monsieur le duc?

.— J'entends que maître Colonna est un des plus fins joueurs, et une des meilleures lames qui soient à Paris.

— Boni j'ai de quoi lui répondre, repartit Raymond; et s'il se fâche quand je l'aurai gagné, je pourrai faire une tout autre partie avec lui.

— Songez que c'est un personnage qui descend du Colonna des Républiques italiennes.

— Dites plutôt qu'il en dégringole, répliqua encore Raymond.

Et quittant Palmarès sur ce mot,, il marcha d'un pas résolu vers la table, où précisément, le nouveau partner de Colonna levait le siège, après avoir été complètement mis à sec.

— Vous êtes en veine, monsieur, dit Raymond, en prenant la place vacante, et en saluant le Colonna.

Ce dernier s'inclina.

— Désirez- vous faire une partie? demanda-t-il, en examinant attentivement son adversaire.

— Je n'ai pas d'autre désir..., répondit Raymond.

— Au baccarat?

— A l'écarté, si vous le voulez bien.

— A l'écarté, soit !

Colonna se tourna vers Ricordi qui se tenait derrière lui.

— Ricordi! dit-il, rendez-moi donc le service de demander à Mousseline un double jeu d'écarté.

Au moment où Ricordi s'éloignait, le duc l'arrêta par le bras, et se penchant vivement à son oreille :

— Sur ta vie ! tu m'entends, dit-il à voix basse, sur ta vie point de cartes biseautées, cette fois...

— Mais... voulut répliquer l'homme aux diamants.

— Tais- toi! et fais ce que j'ordonne...

Cependant les deux adversaires étaient restés en r* r/i

sence, et il y avait eu dans la galerie un redoublement de curiosité facile à comprendre.

— Au fait ! dit tout à coup Colonna ; en attendant qu'il signor Ricordi nous apporte les cartes, nous pourrions toujours faire notre jeu.

— C'est juste ! approuva Raymond qui tira aussitôt son portefeuille.

— Combien jouez-vous?

— Ce que vous voudrez.

— Est-ce trop de cinquante louis?

Raymond eut un geste dédaigneux.

— Fi donc! s'écria-t-il, mille francs!... mais à ce compte-là, on peut perdre toute une nuit sans se décaver... cela n'en vaut vraiment pas la peine... Moi, monsieur, je ne joue jamais que trois parties —-sur la première, j'engage dix mille francs; sur la seconde vingt mille ; enfin sur la dernière, quarante mille. — De cette façon, au moins, que Ton gagne ou que Ton perde, on se retire de table sans s'être trop fatigué, et avec la satisfaction de n'avoir ruiné ni soi-même ni son partner.

— Mais on peut perdre soixante-dix mille francs à ce jeu-là ! objecta Colonna un peu interdit.

— Comme on peut les gagner, monsieur, répliqua Raymond. Et tenez, ajouta-t-il, voici M. Ricordi, qui a la bonté de nous offrir des cartes, soyez assez bon pour me dire si vous acceptez mon offre.

— Ma foi, dit Colonna, c'est la première partie de ce genre que j'engage. Mais pour la singularité du fait....

Raymond étala sur la table dix billets de mille francs, et son partner en fit autant de son côté.

La galerie n'avait jamais vu chose pareille. On ne jouait pas d'habitude si gros jeu chez Mousseline, et l'énormité de la somme qui allait passer sur cette table attira en un clin d'œil tous les invités autour des deux joueurs.

Il faut tout dire cependant : ce qui éveillait cette émotion et cette curiosité, c'était bien moins la scène atten-

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due, que celui qui l'avait provoquée ; tous les regards s'arrêtaient surpris sur ce jeune homme au visage sympathique et doux, qui sous l'apparence d'un enfant cachait tant de décision et de fermeté, et les femmes qui voyaient avec quelle prodigalité insouciante il allait sur une carte jouer une fortune n'avaient pas assez d'admiration et d'entraînement pour lui.

Tout à coup, un profond silence s'établit, tous les yeux devinrent, ardents et fixes, et chaque poitrine retint son souffle.

La partie était commencée, et Colonna venait de re- 'tournef un roi.

Raymond y fit à peine attention ; seulement, après avoir examiné ses cartes d'un regard rapide, il les abattit l'une après l'autre et annonça la vole.

Cela lui faisait deux points.

Alors il se mit en devoir de servir son adversaire ; et comme lui, il tourna le roi.

La lèvre de Colonna eut une crispation nerveuse.

— Je demande des cartes ! dit-il d'une voix sèche. Raymond répondit por un geste négatif.

Et cette fois encore, il marqua deux points, ce qui lui fit partie gagnée.

— Continuons-nous? demanda Raymond, après avoir réuni les billets de son partner aux siens.

Pour toute réponse, Colonna tira de sa poche vingt mille francs qu'il déposa sur la table.

Et la partie recommença !

Dire ce qui se passait dans les groupes attentifs serait impossible. La curiosité était bien près d'atteindre son paroxysme ; pas un mot, pas un souffle ne troublait le silence ; on suivait chaque mouvement des deux adversaires, on cherchait à lire d'avance sur leur visage les impressions que la vue de leur jeu pouvait exciter en eux, et l'on attendait, anxieux, le corps tendu, le résultat de cette lutte dramatique.

Enfin, un cri partit qui fit frissonner tous les assistants.

Raymond venait de gagner pour la seconde fois, et sans manifester plus d'émotion, il ramassait froidement les vingt billets de mille francs de Colonna.

Ce dernier était blême. Une petite bulle d'écume bril- *lait au coin de ses lèvres pincées. .

— Continuons nous ? répéta Raymond en battant les cartes ?

— Non ! non î assez, intervint Mousseline qui avait pitié du descendant des Républiques italiennes.

Colonna eut un geste superbe et jeta quarante mille francs sur le tapis.

11 n'avait pas prononcé une parole. Sa gorge était serrée, ses yeux roulaient dans leur orbite, ses joues tournaient au vert.

Pour la troisième fois, la partie recommença.

Et, dans les premiers moments, la chance parut tourner.

Colonna marqua quatre points, sans que son adversaire en eût pris un seul.

— Avouez, dit alors Raymond, avec le doux et fin sourire qui lui était fiamillier, avouez crue cette partie est vraiment intéressante.

— Sans doute ! sans doute ! répondit machinalement Colonna; voulez-vous me donner des. car tes?...

— Impossible.

— Vous avez beau jeu, à ce qu'il paraît ?

— J'ai le roi, et le point.

— Voyons cela.

Raymond montra son jeu.

La fortune lui revenait.

Quand il releva les cartes que son partner venait de lui donner, il ne put s'empêcher de faire un mouvement.

— Qu'y a-t-il ? demanda vivement Colonna, qui l'observait.

— Il y a, répondit Raymond, que j'ai encore gagné.

— Vous croyez ?

— J'en suis sûr.

— C'est ce qu'il faut voir.

— Voyez donc, monsieur, et jugez vous-même !

Golonna demeura anéanti*, il avait perdu, et Raymond reprenait un à un les quatre-vingts billets qu'il venait de gagner.

Comme il allait les placer dans son portefeuille, il sentit une main se poser sur son épaule.

Il se retourna et aperçut Hector Beaulieu.

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