‹ Mémoires d'un commissaire de police (volume 2)Chapitre 36 sur 58 · MENUS PROPOS · texte numérisé non relu

MENUS PROPOS

L'esprit humain a parfois des bizarreries inexplicables. '

En temps ordinaire, Raymond se fût contenté de jeter son or sur le tapis, sans s'inquiéter de savoir ce qu'il allait devenir.

Mais, ce soir-là, une vive curiosité le prit, et quoique indifférent au sort qui était réservé à son billet de banque, il se mit à suivre la partie, comme s'il y eût attaché un réel et sérieux intérêt.

Pourquoi en fut-il ainsi ? il n'eût pu le dire.

Peut-être, après tout, était-ce tout simplement le docteur Benoît qui attirait son attention, car depuis qu'il l'avait reconnu son regard ne pouvait plus s'en détacher.

Chose étrange ! dès les premiers coups, un soupçon presque grotesque à force d'être extravagant, traversa son esprit.

C'était insensé, ridicule, impossible surtout, et pourtant il lui plut de ne pas le repousser, et s'y attacha même avec une certaine complaisance.

Son regard setnblait d'ailleurs avoir acquis, en une

seconde, une acuité presque fantastique; c'était quelque I chose comme cette puissance surnaturelle dont Hoffmann] et Edgard Poë ont doté quelques-uns de leurs invraisemblables héros. I

Raymond ne perdait donc rien de ce qui se passait; il I saisissait les moindres gestes du docteur, interceptant* ses signes les plus insignifiants, et traduisant comme à livre ouvert chaque mouvement de ses lèvres, si rapides qu'ils fussent, ou si naturels qu'il cherchât à les [ rendre.

Dans le commencement, il s'amusa même de ces observations qui avaient leur côté intéressant au point de i vue physiologique; mais, peu à peu, les manœuvres qu'elles révélaient avec tant de précision l'effrayèrent, et il se demanda s'il était bien possible que l'homme qui s'en rendait coupable fût le docteur Benoît, celui-là 1 même aux mains de qui étaient confiées la santé et la I vie d'Irène. |

Aussi, quand la partie fut finie, et qu'il vit le docteur ramasser l'or et les billets qu'il venait de gagner, sa main s'appuya avec autorité sur l'épaule d'Hector, qui se retourna en poussant un cri.

— Raymond ! dit-il, en se levant ; eh quoi, c'est vous, i mon ami ! Ah ! pardieu, voilà une bonne fortune, et ' j'aime mieux cela que l'écarté en douze points.

Il avait pris le bras de Raymond en parlant de la sorte, et ils allèrent fumer un cigare sous la vérandah. , — Ah çà, voyons, reprit Hector sitôt après ; que diable êtes-vous donc devenu ? je vous ai demandé à tous les échos d'alentour. Et puis, il faut que je vous gronde. Moi, qui me faisais une fête de voir embrocher le Spavento ! Vous filez sans me prévenir, et vous allez à Strasbourg sans m'emmener... vrai I Ce n'est pas d'un ami, cela. Ah ! si jamais je dois trouer la peau du moindre Ricordi, je vous jure de vous en donner le spectacle.

Raymond ne put s'empêcher de sourire à ces paroles,

— Je vous remercie, répliqua-t-il, et j'y compte, mais

en attendant, c'est moi qui aurais le droit de vous adres- ^ ser des reproches.

m — Vous ! Eh bien, je la trouve bonne celle-là... et à

quel propos ?

£ — Ne viens-je pas de vous trouver encore à une table k de jeu ? Ne m'aviez- vous pas promis de fuir à jamais les * tripots ?

j — Ça, c'est vrai.

— Vous l'avouez ?

— Je fais mieux, je le confesse ; mais il y a des circonstances atténuantes, et j'espère que le jury sera indulgent.

— Cependant...

— Cependant, mon cher ami; pour bien raisonner de ces choses-là, voyez-vous, il faut être dans la peau du bonhomme... Moi, je suis dans la main de Médina; il peut faire de moi ce qu'il voudra, c'est-à-dire, me mettre sur la paille et me réduire au suicide... Ce sera ma dernière ressource, j'y ai déjà songé; mais, tant que ça durait, je chassais volontiers cette perspective, qui, après tout, vous en conviendrez, n'a rien de précisément attrayant.

— Eh bien?

— Eh bien, depuis hier le vent a tourné.

— Qu'est-il arrivé?

— Oh ! une chose prévue, du reste ; le Médina a fourré le nez dans mon compte, et il paraît qu'il se porte bien, mon compte.;, cent mille francs...

— Tant que cela ?

— r- Dame... vous savez... moi, je ne comptais pas! je n'avais qu'à signer ; mon nom n'est pas long à écrire ; et je lui aurais donné de ce Beaulieu-là tant qu'il aurait voulu. Mais il a arrêté les frais !

— Pourquoi?

— Ça, je n'en sais rien ; il n'avait pourtant pas à se plaindre de moi ! Seulement, ce matin, il m'a prié de passer à son bureau ;• et une fois en sa présence, il m'a remis une somme complémentaire de cinq mille francs,

en me déclarant qu'il s'en tiendrait là pour le quart! e . d'heure... alors, j'ai eu une idée... je me suis dit qu'il \ a J r n'y avait qu'un moyen pour me rattraper, que c'était è tenter la chance, et j'ai joué. I \

— Avez-vous gagné, au moins? I

— Il me reste cinq cents francs sur les cinq mille de* ce matin.

— - Et qu'allez- vous faire ?

— Bah !... la nuit n'est pas encore passée ! [ Raymond se tut un moment.

Les étoiles brillaient dans le ciel clair. On entendait

au loin te clapotement des lames qui déferlaient contre k la jetée. F

— N'est-ce pas avec le docteur Benoît que vous jouiez tout à l'heure? reprit Raymond au bout d'un instant.

— Lui-même ! répondit Hector.

— C'est un homme instruit que ce docteur?

— Bon! une vieille rengaine!... Si j'avais une jambe de bois, je lui défendrais bien d'y poser un cautère. Mais pour ce qui est de l'écarté, il en pince un peu proprement.

— Et c'est là le médecin qui soigne M lle Guillemot!

— Pauvre petite cousine ! Le fait est qu'elle n'a pas de chance. Mais vous savez, ces choses-là, ça se fait par, relations. Médina est en rapport d'affaires avec le papa Guillemot. La première fois qu'il y a eu une indigestion, rue Saint-Maur, on a envoyé chercher le père Benoît, et depuis, comme on dit, il est de la famille. Au surplus, çà paraît être une manie caractérisée chez Médina. Il tient à placer son Benoît partout; il l'avait déjà fourré au baron Poil, qui en est mort, et s'il m'a retiré mon crédit, c'est peut-être uniquement parce que l'état de ma santé ne lui permet pas de m'insinuer son docteur.

Raymond accorda à peine un sourire aux frivolités de langage de son interlocuteur, et de sombres pensées envahirent son esprit...

L'intervention de Médina dans le choix du médecin de la famille Guillemot lui semblait presque une révélation,

et les remarques qu'il avait faites dans la salle de jeu, ajoutaient encore à la gravité de ses soupçons.

Toutefois, il n'eut garde de rien laisser paraître de ce qui se passait en lui, et quand il quitta Hector, celui-ci n'avait rien vu, ni rien compris.

Raymond se hâta de rentrer à l'hôtel des Roches- Noires.

Comme il descendait du Casino, deux hommes en sortaient derrière lui.

Le docteur et Médina.

Quand Raymond eut disparu au coin de la rue, le banquier prit le bras de Benoît.

— N'est-ce pas M. Raymond que nous venons de voir passer? demanda-t-il.

— Lui-même, répondit Benoît.

— Quel est ce jeune homme? que fait-il? d'où vient-il ?

— On n'en sait rien. Le duc éprouve pour lui une sympathie très-vive dont il ne se rend pas bien compte lui-même, et il a défendu à Golonna et à Spavento de s'en occuper.

— Moi, je n'aime pas les énigmes... fit Médina.

— Moi non plus, repartit le docteur.

— J'espèrb au moins qu'il ne traversera pas nos projets.

— On le dit fort épris de la petite Irène. "

— Ah I et la jeune fille a-t-elle quelque penchant pour lui?

— Je le crois.

— Diable ! mais alors, les recommandations que je vous faisais tout à l'heure acquièrent une nouvelle autorité, il faudrait aviser.

Le docteur fit un geste équivoque.

— J'ai fait pour ce qui me regarde, répondit-il, tout ce qui m'était commandé.

— Sans doute I mais si ce n'est pas Hector qui épouse, j'aurai travaillé pour ce jeune Raymond.

— C'est probable...

— Combien avons-nous encore de temps à nous?

— Quelques mois au plus. L'enfant est d'une nature particulièrement délicate ; sa sensibilité s'est même développée depuis quelque temps d'une façon inquiétante; dans l'état où elle est, une émotion violente pourrait déterminer une crise qui l'emporterait.

— Savez-vous que ce que vous dites là n'est pas rassurant, et j'en conclus qu'il faut presser le dénoûment.

— Je vous y engage.

Médina réfléchit un moment.

— Vous rentrez à l'hôtel du Bras (F Or? dit-il presque aussitôt.

— Parbleu ! fit Benoît.

— Voyez Spavento qui y demeure également, et invitez-le à venir me voir demain matin, j'aurai à lui parler, il connaît Salomé... Bonsoir, docteur.

— A demain, mon cher banquier.

Et les deux hommes se séparèrent.

LE PRINCE KARPELÈS.

Quelques jours s'étaient écoulés.

Un soir, vers six heures et demie environ, et bien que l'heure du dîner eût sonné dans presque tous les hôtels, la plupart des habitants étaient restés sur la plage, retenus par le splendide spectacle que la mer offrait en ce moment.

Le vent s'était levé dans l'après-midi, 'au moment où la marée commençait à monter.

Le ciel s'était couvert presque subitement; de lourds nuages chassés du large passaient avec une rapidité vert tigineuse au-dessus de la petite ville, secouant dans tous les sens une pluie d'écume salée...

A chaque instant l'atmosphère s'épaississait davantage ; des ténèbres factices enveloppaient peu à peu l'horizon, et à travers leurs voiles sombres, que déchiraiende temps à autre quelques éclairs d'un blanc mat, on apercevait les vagues pressées, impatientes, furieuses, qui agitaient leurs crinières comme eussent fait des cavales irritées et haletantes.

On eût dit le prologue du déluge. Aussi, nul n'avait voulu manquer un pareil spectacle, et vous eussiez trouvé à cette heuçe sur la plage, bravant les violences de la tempête, toute la société aristocratique de Trouville.

La marquise de Frileuse et la comtesse Sylvanire occupaient les meilleures places de la première galerie; M me Fontenoy et la princesse Dimitri étaient non loin d'elles, et M mo Briolay, défiant vent et marée, s'amusait comme une petite folJe aux indiscrétions de la rafale!

Derrière, venaient les hommes; entre autres, le duc de Palmarès et Raymond.

Le duc et Raymond s'étaient revus depuis leur première- rencontre, et comme ce soir-là Palmarès donnait à dîner à son chalet, il avait convié son jeune ami, comme il rappelait, à venir s'asseoir à sa table.

Raymond voulut s'excuser d'abord ; mais le duc mit tant d'instance et de bonne grâce dans son invitation, il se montra si contrarié du refus qu'on lui opposait, que Raymond finit par se laisser gagner et qu'il accepta.

— Au surplus, ajouta le duc, vous retrouverez chez moi un des jeunes gens de notre monde, que vous aimez beaucoup, Hector ! Il m'a promis de venir, et je pompte bien sur lui.

=*- Beau temps, pour une nuit d'orgie! dit tout à coup une voix sonore derrière les deux interlocuteurs.

Ceux-ci se retournèrent en souriânt v

C'était Hector ; il avait pris une attitude moyen âge, ' et d'un geste passablement dramatique, il indiquait lé chalet du duc.

— Toujours le même l fit Raymond, en serrant la main du jeune homme. Ah ! dites-nous au moins à quoi vous devez cette belle humeur qui ne se dément jamais.

— A quoi? repartit Hector. Eh ! à la misère, parbleu! depuis hier, je suis ruiné.

— Vraiment !

— C'est-à-dire que si je veux retourner à Paris, il faudra que je, me fasse rapatrier ; mais je n'y songe pas encore, car depuis ce matin, je crois avoir trouvé un métier excellent et qui peut nourrir son homme.

— Lequel ?

— Celui de reporter.

— Que voulez-vous dire ?

— Je sens que j'en ai les qualités essentielles... voyez-vous, on peut devenir journaliste, mais on nait reporter.

— Quelle folie I

— Non ! je me suis essayé, et le succès est complet. Jugez-en vous-même... vous connaissez le chalet de l'Enclos?

— Celui que j'occupais l'année dernière ?

— Nous y sommes. Eh bien ! depuis huit jours, qu'estce qui s'y passe ?

— Je n'en sais rien.

— Moi non plus... mais qu'en dit-on ?

— On dit qu'il a été retenu par le prince Karpèles, un boyard de Valachie.

— Parfait, nous y arrivons ; et ce prince Karpèles, quand doit-il venir ?

— Mais je l'ignore, dit Raymond.

— Et moi, compléta le duc, je vous affirme qu'il ne viendra pas.

Hector fit un geste de triomphe.

— Ça été long, mais nous y voilà, s'écria-t-il : îtf . le

duc affirme qu'il ne viendra pas ; Raymond, de son côté, déclare qu'il ignore quand il viendra. La question est posée et c'est le moment où l'information apparaît! Eh bien! moi, messieurs, je vous annonce que le prince est arrivé-

— Allons donc ! fît le duc.

— Si je ne l'ai pas vu, au moins j'ai rencontré sa voiture.

— Quand cela?

— H y a une heure, et si vous désirez que j'administre la preuve de ce que j'avance, tirez un peu à gauche, et regardez à quelque distance de M me Briolay : que voyezvous?

— Une femme ! 7

— La femme ne prouverait rien.... mais sous le manteau qui l'enveloppe, et que la rafale soulève avec violence, ne remarquez- vous pas le costume valaque ?

— En effet ! fit le duc... C'est bien cela, et vous avez raison... cependant.

— Quoi donc?

— Aujourd'hui, la mode se permet de telles excentricités, que je ne serais pas fâché d'examiner de plus près.

— C'est facile, approchons....

Le duc ne fit pas répéter l'invitation ; et tous trois se dirigèrent vers la femme qu'Hector venait de leur désigner. Raymond fort indifférent, en apparence ; le duc, au contraire, ardemment curieux.'

La femme au costume valaque était enveloppée dans un long manteau d'étoffe brune ; en outre, un voile épais couvrait son visage, et il eût été difficile de détailler ses formes et de juger de sa beauté.

Mais lorsque la rafale passait irritée sur le groupe, le voile s'agitait fortement au-dessus de sa tête, ,et alors, il était permis au regard attentif de saisir quelques traits de son visage.

Elle était jeune encore ; grande, bien prise dans sa taille souple, et ses cheveux étaient noirs comme l'ébène du Gange...

Et puis, chose bizarre, chaque fois que l'éclair déchirait la nue, embrasant le ciel dans toute sa profondeur, un autre éclair sillonnait son regard, qui semblait s'illuminer à sa flamme.

Le duc l'observait avec une poignante attention ; tout entier à la curiosité qui l'avait saisi, il cherchait avidement un indice quelconque qui pût le mettre sur la voie des révélations. A tort ou à raison, cette femme qui était là, ne lui semblait pas inconnue ; et quoique rien ne lui rappelât celles qu'il avait rencontrées naguères, un secret sentiment lui disait qu'elle ne lui était pas étrangère...

Quel était donc ce nouveau mystère, et que fallait-il en redouter !

— Eh bien ! dit à ce moment Hector en se penchant à son oreille... n'avais-je pas raison? •

— Je crois en effet que vous aviez deviné juste, répondit le duc, — mais est-ce là tout ce que vous avez appris?

— Ah ! dame ! vous savez, je commence ; et il ne faut pas être trop exigeant.

— Une autre fois, vous ferez mieux.

— Je vous le promets.

Pendant que le duc et Hector échangeaient ces quelques paroles, la jeune Valaque près de laquelle ils se trouvaient, avait paru faire un mouvement, comme si elle eût voulu se retourner.

Etait-ce la voix de l'un des interlocuteurs qui l'avait frappée; était-ce tout simplement la crainte d'être remarquée et observée par quelques jeunes gens...

Ce qu'il y a de certain, c'est qu'après avoir hésité plusieurs secondes, elle prit résolument son parti, et se retournant comme pour s'éloigner, elle jeta un regard sur les deux personnes qui se trouvaient le plus près d'elle.

Hector d'abord...

Mais elle y fit à peine attention, et allait quitter la ulage, quand elle s'arrêta tout à coup, comme pétrifiée

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d'étonnement et croisa ses deux bras sur sa poitrine.

Elle venait d'apercevoir le duc.

Et, dans le premier moment, peut-être douta-t-elle elle-même de ce qu'elle voyait.

Ce qui lui arrivait lui paraissait si étrange, si invraisemblable, si impossible, qu'elle resta incertaine, troublée, prise d'un saisissement indéfinissable, cherchant à fixer ses souvenirs, le corps penché, l'oeil avide, les mains crispées.

Enfin, elle n'y put plus tenir, et se rapprochant davantage du duc, elle étouffa "un cri près de jaillir de ses lèvres, et cacha son front dans ses mains par un geste d'épouvante et de stupeur.

— Marcus! Marcus! répéta-t-elle affolée.

Et comme si elle eût été soudainement prise de vertige, elle se rejeta brusquement en arrière, et gagna rapidement le chemin du chalet qu'elle habitait.

Cependant, au nom de Marcus, le duc avait pâli, et sans tenir compte de la présence d'Hector, ni de celle de Raymond qui venait d'approcher, il bondit de sa place, prêt à s'élancer sur les pas de la jeune femme.

— Eh bien ! eh bien ! fit Hector, en le retenant, estce que vous connaissez cette femme?

— Moi ! fit le duc avec effort.

— Au moins, avez-vous entendu parler de ce Marcus dont elle vient de prononcer le nom ?

— Pas davantage.

— Alors pourquoi perdre son temps à la suivre ?— elle arrive d'aujourd'hui — soyez tranquille, nous la retrouverons, sans courir après — et tenez, voici justement ces messieurs; l'heure du dîner va sonner. Rentrons chez vous, si vous le voulez bien, et ne pensons plus q l'à passer une heureuse nuit !

Puis, se tournant vers les invités du duc qui s'avançaient :

— Et maintenant, Messeigneurs, à la tour de Nesle!... ajouta-t-il en imitant le geste de Bocage.

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