‹ Mémoires d'un commissaire de police (volume 2)Chapitre 37 sur 58 · LE SOUPER DU DUC · texte numérisé non relu

LE SOUPER DU DUC

Le duc de* Palmarès donnait quelquefois à souper, et ces réunions, où il conviait à tour de rôle toute la jeunesse dorée de l'époque, étaient fort suivies et fort courues.

Le duc était un amphytrion des plus séduisants; il avait beaucoup voyagé ; les relations qu'il entretenait encore dans toutes les capitales où il avait séjourné, appartenaient au meilleur monde et à la société la plus élevée. On lui supposai! une fortune énorme ; il avait toujours des équipages d'un prix fou et le train qu'il menait témoignait évidemment d'une prodigalité que nul ne suspectait, parce que lui-même y apportait un naturel qui devait éloigner toute supposition équivoque.

Il avait été beaucoup aimé, et l'on était disposé à lui beaucoup pardonner.

Les femmes le recevaient avec orgueil; il n'y en avait pas une qui ne se fût montrée fière d'être distinguée par lui.

Les jeunes gens avaient pour sa personnalité une considération mêlée de respect : le duc restait, à leurs yeux, comme le type de l'élégance, du bon ton, et de ce que dans le monde on est convenu d'appeler la distinction.

Ses invitations étaient donc accueillies toujours avec un vif empressement, et l'on n'avait garde de manquer à ses réunions.

LA LANÎEftNE HOUGE 235

Le dîner était servi dans la vaste salle à manger du chalet qu'il habitait — à droite, de plain-pied, il y avait une serre éblouissante de fleurs exotiques ; à gauche ouvrait le fumoir meublé de chinoiseries du plus haut goût.

Les deux grandes fenêtres de la salle donnaient sur la plage, et tout en dînant, on assistait à l'épouvantable tourmente, qui grondait en ce moment.

On se mit à table comme sept heures et demie sonnaient.

Le spectacle de la mer et l'air trempé d'écume avaient aiguisé l'appétit des convives, et pendant les premières minutes un silence significatif plana au-dessus de la table..

— Bon ! nous voilà tous devenus muets ! dit Médina.

— C'est la faim ! répliqua un jeune coulissier qui lui faisait vis-à-vis.

— D'où je conclus, acheva Hector, que le silence, c'est la faim du monde l

Un hourra formidable accueillit cette ineptie, et les invectives s'élancèrent à l'envi sur l'imprudent qui l'avait éditée...

Mais Hector ne s'effrayait pas pour si peu, et il était de taille à tenir tête à tous.

— Vous n'en voulez pas... dit-il... Eh bien, on ne vous en servira plus... Mais si nous n'avons que l'esprit de Bébé pour nous distraire, ça ne sera pas drôle.

Bébé c'était le jeune coulissier.

Il devint rouge comme une cerise et voulut répliquer. Mais les paroles s'arrêtèrent sur ses lèvres, et il ne put que balbutier quelques mots.

— Qu'est-ce que je disais ! s'écria Hector... l'habitude de la Bourse!... Quand on lui demande de l'esprit, argent comptant, il ne manque jamais de se faire reporter.

Le feu était ouvert, les escarmouches continuèrent plus vives, plus spirituelles à mesure que le dîner avançait.

— Ah ça! dit tout à coup Edmond de Presles,un jeune habitué du sport, savez-vous, messieurs, qu'il se passe d'étranges choses dans notre monde, sans que nous ayons l'air de nous en douter?

Tous les convives tournèrent les yeux vers celui qui venait de parler.

— D'étranges choses? fit l'un deux T et lesquelles?

— Une disparition, parbleu, rien que ça !

— Hein!... k

— Expliquez-vous, qui a disparu? ^ — : Ingrats que vous êtes ! continua Edmond de Pres-

les, heureux de l'attention dont il était l'objet ; et que , c'est bien là le monde? On vous entoure, on vous adule, \ on vous adore tant que vous êtes debout. Mais vous n'a- I vez pas plus tôt quitté la place que l'on vous oublie, comme si vous étiez scellé à six pieds sous terre.

— Tu deviens lugubre... répliqua Hector... voyons! qui a-t-on scellé? le noni ! le nom !

— Le nom ! crièrent vingt voix en même temps.

— Mousseline... messieurs!

Et d'un accord unanime, les vingt voix dirent en même temps : Tiens, c'est vrai!

— Où est-elle? qu'est-elle devenue? poursuivit Edmond ; voilà deux mois qu'elle a quitté Paris. On dit qu'elle est allée à Bade ; d'autres assurent l'avoir rencontrée à Hambourg, certains même prétendent qu'elle est morte ! Où est la vérité, et qui la sait? Enfin, quels motifs impérieux l'ont poussée à s'exiler ainsi, et d'où vient que personne de nous n'a eu de ses nouvelles?

— M. de Presles a raison, dit un ancien magistrat de Louis-Philippe, et il serait peut-être bon...

— Les voilà emballés! interrompit Hector... et pour peu qu'on les laisse faire, avant cinq minutes ils auront ouvert une enquête... Eh bien, moi, messieurs, je puis vous donner les nouvelles que vous demandez.

— Vous ! toi ! parle... parlez.

— Quand je dis moi, poursuivit Hector, ce n'est pas

tout à fait ça... Seulement, je connais ici quelqu'un qui pourra vous renseigner, s'il le veut.

— Qui cela?

— Raymond...

L'objectif changea... et ce fut ce dernier qui devint instantanément l'objet de la curiosité générale.

Raymond rougit imperceptiblement; et un sourire ironique effleura ses lèvres.

— Mon Dieu, messieurs, répondit-il, il y a du vrai dans ce que vient de dire mon ami Hector ; mais tout n'est pas absolument exact. Si vous le désirez cependant, je puis rétablir les faits, en vous disant la vérité, mais, bien entendu, rien que la vérité.

Un murmure d'acquiescement fit le tour de la table, et Raymond continua :

— J'ai en effet, dit-il, rencontré la personne dont vous parlez.

— Où cela ?

— 11 y a quelques semaines, à Ems ; elle y jouait gros jeu, était fort entourée, et elle a eu la bonté de me reconnaître.

— Et quel motif a-t-elle donné à sa fuite? demanda le magistrat qui avait déjà parlé.

— Le premier jour elle s'est contentée de prendre un prétexte..., le soin de sa santé altérée, le besoin de distraction, que sais-je; mais le lendemain...

— Dans l'intimité, appuya Edmond de Presles.

— Dans l'intimité, si vous voulez, répliqua Raymond, elle se montra plus explicite.

— Et elle 'a fait des aveux, insinua le magistrat.

— A peu près.

— Voyons, voyons, cela devient intéressant.

Le visage de Raymond prit une teinte de gravité.

— Messieurs, dit-il, je consens volontiers à vous faire cette confidence, mais c'est à la condition formelle que vous ne la divulguerez pas.

— Nous le jurons 1 dirent les convives.

Et toutes les mains s'étendirent solennellement au dessus de la table.

— Eh bien, continua Raymond, il y a dans la vie de Mousseline un mystère qui remonte à bien des années déjà... Elle était fort jeune, et elle s'est trouvée mêlée, inconsciemment, innocemment, on peut dire, à un drame terrible... dont les acteurs avaient depuis longtemps disparu, et auxquels elle ne pensait plus... Or il y a quelques mois, tout d'un coup, sans préparation, quel ques-uns de ces acteurs qu'elle avait oubliés... ont reparu ! alors la peur l'a prise, elle a craint de voir son nom compromis, sa personne livrée à la publicité indiscrète des journaux, et en fille prudente et avisée, elle s'est empressée de gagner l'étranger.

Un silence significatif succéda aux paroles de Ray- ' mond... un pli soucieux creusa le front du duc à cette confidence, et le magistrat devint pensif.

La tempête continuait de mugir au dehors, secouant avec violence le pavillon où se passait cette scène. La mer, qui avait atteint son plein de mai ée, poussait les vagues jusqu'aux pieds de l'habitation, et les éclairs faisaient par instant pâlir l'éclat des bougies.

En ce moment la porte de la salle à manger s'ouvrit avec vivacité, et un valet de chambre s'avança à pas rapides vers le duc.

— Quoil qu'y a-t-il? demanda ce dernier.

— Pardon, monseigneur, répondit le valet, mais il y a là une personne qui désire vous parler.

— Impossible ! vous savez que je ne reçois pas... priez cette personne de revenir.

— C'est ce que j'ai fait... Mais elle a insisté avec tant d'énergie, que j'ai cru devoir prévenir Monsieur le duc.

— Qui est-ce donc?

— Une femme.

— La connaissez-vous?

— Je ne crois pas l'avoir jamais vue... Du reste, elle porte un costume étranger, et son visage est voilé.

Zi . - — Mais lui avez- vous dit que je donnais à dîner à

quelques amis ?

^ — Je le lui ai dit.

t|1 . — Elle a insisté pour être reçue ?

lip . — Elle a même ajouté qu'à la condition qu'elle gar- 3 . derait son voile elle consentait à voir Monsieur le duc

V devant ses amis.

■ Le duc fit un geste résolu.

^ — Qu'elle vienne donc ! dit-il vivement, et fais-la entrer dans la serre.

Puis s'adressant à ses hôtes pendant que le valet se

Y retirait :

\ — Messieurs ! ajouta-t-il à haute voix, je vous prie de m'excuser, une affaire importante m'appelle et je vous demande cinq minutes. Quand je reviendrai, je vous retrouverai à la table de jeu et je ne vous quitterai plus.

Alors il entra dans la serre, dont il ferma la porte derrière lui.

La femme annoncée s'y trouvait déjà, çt il suffît d'un regard à Palmarès pour la reconnaître.

C'était la jeune femme valaque qu'il avait rencontrée un instant auparavant sur la plage.

Dès qu'elle le vit, celle-ci ôta lentement son voile et montra son visage au duc qui recula de stupeur.

ANGÉLESCA.

— Angélesca! fit le duc, en allant vivement à la jeune femme ; toi, ici !... et d'où viens-tu, pauvre enfant? qui t'a amenée en France?

Palmarès ne s'était pas trompé ! C'était bien la jolie enfant de la tribu de Mirzil qui plus de vingt années auparavant, avait été l'esclave de.Nida !...

A la vue du duc, elle n'avait pu contenir son émotion ; elle s'était prosternée devant lui, et avait pieusement baisé ses mains.

— Ah ! mon cœur vous remercie de m'avoir reconnue, dit-elle avec un sanglot, car vous le voyez, moi, je ne vous ai pas oublié, et tout à l'heure, quand vous m'avez regardée !...

Mais elle s'arrêta presque aussitôt, et un frisson glacé courut sur ses épaules.

— Ah ! malheureuse ! s'écria-t-elle, en se relevant, effarée, j'oubliais déjà pourquoi je suis venue. Marcus, un grand danger vous menace 1 Une odieuse machination se trame contre vous, et si vous n'y prenez garde... vous êtes perdu! Ah! ne traitez pas légèrement mes paroles... Marcus, la femme qui vous parle vous a voué un culte pareil à celui que l'on rend à Dieu même... et elle vient vous dire : Fuyez sans perdre une minute, sans attendre une seconde... car si vous hésitez!... on. sera sans pitié, et vous périrez de la plus terrible mort que la vengeance d'une femme ait jamais inventée,

— Une femme ! la mort ! répéta le duc, avec ironie.

— Oh ! il ne me croit pas t... s'écria la jeune Valaque, en tordant ses bras avec désespoir. Mais vous ignorez donc qui habite, depuis ce matin, le Chalet de V Enclos!

— Qui donc?

— Connaissez-vous Germaine, monsieur le duc ?

— Elle est ici !

— Et elle vous hait... entendez-vous ! Et elle veut se venger...' et dans quelques jours, demain peut-être, elle recevra ici, à Trouville, une alliée dont vous avez, m'at-on dit, à redouter les révélations terribles.

. — Et cette alliée, quelle est-elle?

— Mousseline 1

Le duc fit entendre un ricanement sec et strident.

— Mousseline ! dit-il.

Et il haussa les épaules.

— Soit ! reprit-il avec un geste de défi. Soit! que Germaine agisse... Je l'abandonne à sa colère stérile et à sa vengeance impuissante; mais, quant à l'autre..., à Mousseline, si elle poussait l'imprudence jusqu'à revenir malgré les ordres qu'elle a reçus, ses révélations ne seraient pas longtemps à craindre, car je sais un moyen prompt et sûr de la réduire au silence !

•— : Ainsi vous me renvoyez, dit la jeune femme avec tristesse.

— Oui ! mon enfant ! répondit le duc ; retire-toi, et laisse ma destinée s'accomplir.

— Ah ! je vais prier Dieu pour vous, Marcus.

— Non I ne cherche pas à attendrir le ciel en ma faveur ! 11 y a longtemps que Dieu et moi nous ne nous connaissons plus !

La jeune femme baissa la tête à ce blasphème, et elle s'éloigna le cœur terrifié.

Le duc, lui, était rentré dans la salle.

Le dîner venait de finir.

Les convives avaient quitté la table, et quelques parties de lansquenet ou de baccarat s'étaient organisées.

Ricordi avait pris place des premiers ; et comme per-

sonne ne paraissait disposé à lui servir de partenaire, Hector s'était assis en face de l'homme aux diamants, et avait jeté quelques louis sur le tapis.

La galerie ne tarda pas à se garnir, et Ton s'apprêtait à suivre les coups avec un certain intérêt, quand, au grand étonnement de tous, Ricordi, au lieu de faire le jeu, ramassa les quelques billets qm'il avait placés devant lui, et se leva de table sans mot dire.

Un murmure parcourut le groupe des spectateurs, et Hector fut quelques secondes à comprendre la signification de ce mouvement.

— Eh bien ! dit-il, s'obstinant à douter encore, où allez-vous donc, monsignor? est-ce que vous fuyez devant le danger?

— Non, répliqua Ricordi, mais j'ai réfléchi.

— A quoi ?

-T- A ce que j'allais faire... décidément, je préfère ne pas jouer.

— Pour quel motif?

— Ça, c'est mon affaire.

D'un bond, Hector fut sur Ricordi, qu'il prit violemment à 1a gorge.

— A quelle heure vous battez-vous d'ordinaire ? dit-il alors d'une voix sourde et la lèvre frangée d'écume.

— Mais... à toute heure, répondit Ricordi en se dégageant ; seulement, je ne me bats pas avec tout le monde.

— Misérable!...

Hector leva le bras, et il allait frapper, quand on se précipita pour les séparer.

C'est Raymond qui le premier s'était jeté entre les deux adversaires ; il saisit avec autorité le bras de son ami et l'entraîna près de la fenêtre ouverte.

— Voyons ! du calme, lui dit-il en lui pressant les mains.

— Mais vous n'avez .donc pas vu? grommela Hector.

— J'étais là ! répondit Raymond.

— Il faut que je me batte.

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— Sans aucun doute.

— Que je le tue.

— J'espère que cela finira ainsi... mais je vous le répète, calmez-vous... reprenez votre sang-froid et comptez sur moi pour vous faire rendre satisfaction pleine et entière.

Pendant que ces paroles s'échangeaient entre les deux jeunes gens, Médina avait accosté le docteur Benoît, et venait de l'entraîner dans un angle du fumoir.

— Tout est-il prêt? lui demanda-t-il à voix basse. Benoît consulta sa montre.

— Minuit moins un quart! répondit-il; dans une heure, l'effet sera produit.

— Salomé est-elle à nous ?

— Spavento s'en est chargé.

— Et vous avez la clef de la grille ?

— La voici.

Le docteur passa à Médina une clef que celui-ci mit dans sa poche.

— Un mot encore, ajouta-t-il d'un ton mystérieux : la liqueur de conversation ?

— Elle est préparée ; quand vous désirerez être servi, vous n'aurez qu'à faire un signe à Dubois.

Médina rentra dans la salle, et la première personne qu'il rencontra fut Hector, que précisément il cherchait.

Hector ne l'eut pas plus tôt aperçu qu'il alla à lui.

— Ah ! c'est vous, dit-il d'un ton presque farouche ; savez-vous ce qui m'est arrivé ce soir ?

— On vient de me l'apprendre, répondit le banquier.

-r— Votre Ricordi est un imprudent coquin.

— Bon ! Ricordi est presque innocent de tout cela... c'est moi qui suis le seul vrai coupable.

— Vous?

— Sans doute.

— Et vous osez me le dire, à moi, en face?

Médina haussa les épaules.

— Allons ! n'allez-vous pas recommencer, répliquat-il... d'ailleurs, moi, vous savez, je ne me bats pas.

— Et vous ne voulez pas que les autres se battent, peut-être ?

— Dame !... quand on est engagé de cent mille francs, vous comprenez... mais au surplus, ce n'est pas décela qu'il s'agit pour le moment. Voulez-vous m'accorder quelques minutes d'entretien ?

. — Pourquoi faire ?

— J'ai quelque chose à vous dire... une proposition à vous adresser... et si vous l'acceptez... je jure que, demain, je vous donne cent autre mille francs, avec la permission de vous faire tuer par Ricordi.

— Vous feriez cela ! s'écria Hector. Ah ! venez ! venez ! car je suis capable de tout pour atteindre un tel but !

Ils se dirigèrent vers la serre et s'assirent à une table cachée derrière deux énormes cactus.

— Dubois ! dit alors Médina à un valet qui les avait suivis, Dubois! apporte-nous des cigares, et joins-y cette fière et généreuse liqueur que le duc ne donne qu'à ses meilleurs amis. Tu sais ce que je veux dire.

— Oui, monsieur, répondit le valet.

— Eh bien, obéis et hâte-toi...

Le valet sortit avec empressement.

Cependant Raymond avait quitté le fumoir et gagné le vestibule.

Il éprouvait un grand besoin de solitude.

La tempête s'était un peu calmée au dehors; la marée descendait depuis deux heures déjà ; il prit son pardessus et sortit.

Comme il descendait sur la plage, minuit et demi sonnait.

Il fît quelques pas pour respirer à pleins poumons, et machinalement, instinctivement plutôt, il se dirigea vers le chalet de M. Guillemot.

Une fenêtre seule était éclairée — celle d'Irène — il la connaissait bien et resta un moment à la contempler.

Puis — tout à coup — il se prit à tressaillir.

Un pas furtif venait de se faire entendre dans le jardin* et presque aussitôt la grille s'ouvrit et une femme descendit sur la plage.

A cette vue, il ne put réprimer un mouvement qui fît retourner la femme.

C'était Salomé.

— Vous ! vous 1 monsieur Raymond ! s'écria-t-elle avec un geste de surprise ; ah ! c'est le ciel qui vous envoie.

— Qu'y a-t-il donc ? fit Raymond d'une voix frémissante.

— 11 y a, monsieur, que M Ue Irène se meurt, et qu'elle m'a ordonné de vous aller chercher.

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