LA LETTRE AU BANQUIER
Mon cher banquier.
En rentrant tout à l'heure d'une petite excursion que j'ai faite ce matin, j'ai voulu, pour me distraire, parcourir le dossier que vous m'avez remis hier, et j'ai le regret de vous annoncer que j'ai relevé . certaines irrégularités auxquelles vous n'avez pas pris garde, sans doute, mais qu'il m'est impossible de ne pas vous signaler.
Parmi les billets à vous souscrits par mon ami Hector Beaulieu, il en est jusqu'à quatre qui portent les indices manifestes du faux le plus audacieux.
Vous avez chez vous, cher banquier, quelque commis infidèle que vous avez eu le tort de ne pas surveiller. Hector prétend, lui, que ces faux sont de votre propre main, mais il a un peu de fièvre en ce moment, et je ne veux point ajouter la moindre attention à ses paroles.
Je vous envoie, ci-joint, un exemplaire des quatre billets en question. Les trois qui me restent suffiront amplement pour faire envoyer le coupable aux galères.
Voyez donc ce que vous croyez convenable de faire, et ne- doutez pas du plaisir que j'aurai à recevoir de vous, à ce sujet, une réponse précise et catégorique.