‹ Mémoires d'un commissaire de police (volume 2)Chapitre 52 sur 58 · LA MORT D IRENE · texte numérisé non relu

LA MORT D IRENE

Quand ils eurent pris place dans le coupé et que le duc eut donné au cocher l'ordre de retourner au chalet, le docteur qui ne comprenait rien à ce qui lui arrivait et dont l'esprit commençait à s'épouvanter des allures de Palmarès, voulut lui arracher quelques mots de nature à l'éclairer sur ce mystère.

— Maintenant, nous voici seuls, monseigneur, dit-il... Parlez... Qu'y a-t-il?... Qu'est-il arrivé qui ait pu vous mettre en cet état de surexcitation ?

Le duc garda le silence.

La voiture roulait à se briser sur le pavé ; en moins de cinq minutes, elle franchit la distance qui séparait la gare du chalet, et quand elle s'arrêta à la porte, le duc se tourna, seulement alors, vers son compagnon.

— Suivez-moi I dit-il, d'un ton brusque.

Et, gagnant son cabinet, il alla s'y enfermer avec le malheureux Benoît.

Ce dernier était plus qu'intrigué. Une inquiétude sans nom l'avait envahi ; il ne savait plus à quelle supposition s'arrêter, et ne pouvait que prévoir un malheur.

Dès qu'il eut fermé la porte, le duc alla droit au docteur.

— Il y a une heure, lui dit-il, d'un ton bref, vous m'avez parlé, n'est-ce pas, de M l,e Irène Guillemot?

— Ne vous le rappelez-vous plus ?

— Que je me le rappelle, ou que je l'aie <

qu'importe. Je vou* prie de me répéter vos paroles, et de rne faire connaître ce que vou» avez fait. Benoit chercha un sourire.

— Mon Dieu, dît-il, c'est fort simple : je vous ai avoué que le jeune Raymond m'inspirait un éloignernent invincible, et que j'avais cru même vous être agréable en lui procurant une nuit des plus agitées...

— Comment cela ?

— Dame !... c'est un peu difficile à dire. Vous devez vous souvenir, cependant, de certaines instructions qui m'ont été données au sujet de cette jeune fille.

— Quelles instructions ?

— Beaulieu devait l'épouser... vous savez ; et il était convenu qu'elle mourrait dans Tannée de son mariage.

— Qui avait donné un pareil ordre... Médina, sans doute?

— Médina... Et vous, monsieur le duc.

— Moi !... moi !.'.. Enfin, cela n'explique pas ce que vous avez fait aujourd'hui.

— Quand j'ai appris que vous deviez vous rencontrer avec Raymond, comme nous savons qu'il adore la petite, laquelle, du reste, le lui rend bien... Moi, j*ai précipité le dénoûment.

— Par quel moyen ?

— J'ai doublé la dose.

— Quelle dose ?

— Celle du poison.

— Et elle l'a pris !

— Sans la moindre grimace.

Le duc se voila le front en frissonnant.

— Oh ! vous pouvez être tranquille, monseigneur, continua le docteur, qui se trompa un moment sur le sentiment auquel son interlocuteur obéissait ; le poison employé est sûr. L'effet en sera aussi prompt que dangereux. Ainsi... la potion a été prise vers sept heures ;

neuf et demie, tout doit être fini, et demain, la justice -Mirra venir... elle n'y verra que du feu.

Benoît achevait à peine de parler, qu'il se sentit pris à la gorge par la main furieuse de Palmarès,..

— Tais-toi..., misérable î dit-il la lèvre tordue par la colère ; tais-toi et écoute !... Je t'ai deux fois sauvé du bagne ; tu te rappelles cela, n'est-ce pas? — Je t'ai fait riche, presque heureux, et jamais tu n'as sollicité en vain ma pitié... Eh bien..., retiens bien ceci : ... demain, — demain, entends-tu? — si cette jeune fille meurt, si tu n'as pas trouvé d'ici-là un . moyen dé la rendre à la vie..., ou je te tue de ma propre main, ou je te livre moi-même au bourreau qui t'attend î...

Et, en prononçant ces paroles, le duc abandonna le docteur qui recula, effaré et blême...

Cependant, quelques instants auparavant, une scène d'un autre genre se passait chez le docteur Malon.

C'est chez Ludovic que Hector Beaulieu avait été déposé à la suite de son duel avec Ricordi.

Ses blessures n'étaient pas précisément graves, et grâce au soin de son ami, au bout de quelques heures, il avait déjà recouvré une partie de ses forces.

Sa gaîté, du reste, n'avait point été altérée par l'incident, et il s'était fait raconter, dans tous ses détails, l'affaire Colonna à laquelle il n'avait point assisté...

Il ne se possédait pas de joie, et se répandait en éloges sur la conduite de Raymond.

. Seulement, quand il apprit que ce dernier avait provoqué le duc, et qu'il devait se battre avec lui le lendemain matin, un pli soucieux creusa son front, et il devint tout à coup inquiet et sombre.

— Diable! dit-il à Raymond, à son retour de la plage, Ceci est plus grave et mérite qu'on y réfléchisse. Ricordi, Colonna, Spavento, passe encore, mais le Palmarès, ce sera plus dur.

— Moi, fit Raymond en souriant, ce qui me contrarie le plus, c'est que vous ne pourrez pas me servir de témoin.

Hector se souleva à demi du fauteuil sur lequel il était allongé.

Zn MÉMOIRES D'UN COMMISSAIRE DE POUCE

— Vous plaisantez ! répliqua-t^l, il ne faudrait pas trop me défier.

— Bon ! nous n'aurons pas besoin de vous.

— Ah î c'est égal, voyez- vous, je ne voudrais pas vous effrayer, mais j'ai vu tirer le duc, et c'est un malin... Que diable... n'aviez-vous pas assez fait en embrochant Colonna, après avoir estropié Spavento ! Vous êtes donc un duelliste.

— N'en croyez rien.

— Cependant, je trouve que vous n'allez pas mal.

• — Eh bien, rassurez- vous, mon ami, répondit Raymond, car je vous promets qu'une fois le duc mort, je mettrai mes soins les plus sérieux à éviter toute nouvelle rencontre.

— Alors, c'est une inimitié personnelle...

— Peut-être.

— Vous en voulez au duc ?

— Beaucoup.

— Que vous a-t-il fait ?

— A moi, rien... mais à d'autres...

Raymond eut un frisson et n'acheva pas.

— Je suis un indiscret, avec mes questions, reprit Hector qui l'observait, mais c'est plus fort que moi, ces choses-là..., quand je soupçonne une énigme quelque part, il faut toujours que je me mêle de ce qui ne me regarde pas.

— Vous soupçonnez donc un mystère dans ma vie, repartit Raymond.

— Avec ça quec'est difficile... une existence voilée, un nom de baptême pour titre de noblesse, vingt-deux ans ! et brochant sur le tout une fortune qui vous permet de boucher, en cinq minutes, des trous de cent cinquante mille francs. Si vous croyez que c'est commun sur les boulevards...

— Vous avez raison... fit Raymond.

— Remarquez, cependant, que je ne vous demande pas votre secret.

— Vous ne le demandez; pas, Hector, mais, moi, je

m'engage à vous dire demain tout ce qu'il m'est permis de confier à un ami.

Ils en étaient là, quand un domestique vint annoncer à Ludovic Malon, qu'une servante de M. Guillemot demandait à lui parler sur-le-champ.

— C'est Salomé, sans doute, fit Raymond.

— Faites entrer... ordonna Ludovic.

Un instant après la servante annoncée entrait.

C'était Salomé.

Elle était fort pâle. Ses traits altérés accusaient une profonde inquiétude, et le désordre même de sa toilette, témoignait de la précipitation qu'elle avait mise à venir.

— Qu'y a-t-il ? demanda vivement Ludovic.

— Votre maitreSse serait-elle plus souffrante ? compléta Raymond.

— Pauvre demoiselle ! fit Salomé. Ah ! je crois bien que cette fois, c'est la fin.

— Que dites-vous...

— C'est M. Guillemot qui m'envoie. Il y a une demiheure M. Benoît nous avait quittés, quand mademoiselle a eu une syncope, dans laquelle nous avons tous cru qu'elle allait passer. Alors M. Guillemot m'a dit d'aller chercher le docteur, mais quand je me suis présentée chez lui, j'ai appris qu'il était parti pour Paris.

— Benoît? dit Raymond. •

— Oui, monsieur, on m'a assuré qu'il avait été rappelé par une dépêche télégraphique, et qu'il ne reviendrait que demain soir — je me suis empressée de retourner au chalet. — Il n'y avait rien de changé. — Mademoiselle était toujours étendue sur son lit, — son père, assis au chevet, attendait qu'elle revînt à elle. — C'était déchirant. — Quand je lui eus annoncé que M. Benoît était parti, il a eu un accès de désespoir, il croyait tout perdu, et c'est alors que je lui ai parlé de M. Ludovic Malon, et qu'il m'a ordonné de venir vers vous.

Ludovic s'était levé à cette invitation, et se disposaità suivre Salomé.

Mais au moment de s'éloigner, il se retourna vers Raymond, qui le regardait faire en proie à un grand trouble.

— Ne désirez-vous pas m'accompagner? lui dit-il en prenant son pardessus.

— Oui ! oui î répondit Raymond, ne perdons pas de temps ; je ne vous quitte plus.

Ils s'éloignèrent.

Le chalet de M. Guillemot était peu éloigné de l'habitation de Ludovic, ils pressèrent le pas et y arrivèrent en quelques minutes.

Le cœur de Raymond battait à faire éclater sa poitrine ; quand il pénétra dans la chambre où il devait trouver Irène, il eut besoin d'appefer à son aide toute sa force et toute son énergie.

Mais que devint-il, hélas! lorsqu'après avoir fait quelques pas, il aperçut enfin la pauvre enfant, étendue, immobile et blanche dans le lit auprès duquel sanglotait son malheureux père.

Il s'arrêta, pâle lui-même autant que la malheureuse victime; et porta ses deux mains à ses lèvres pour étouffer un sanglot.

Une lampe placée sur la cheminée jetait ses doux rayons sur la pauvre enfant, et sous cette lumière tendre et voilée, elfe apparaissait comme une de ces statues funéraires par lesquelles la pieuse tendresse des mères consacre dans les nécropoles, le souvenir des enfants morts !

Le bruit que firent le docteur et Raymond en entrant ne la troubla pas dans son immobilité.

Ses grands yeux étaient clos ; sa tête charmante reposait à demi plongée dans les flots de son opulente chevelure, et l'un de ses bras, presque nu, pendait Janguissamment le long du lit.

Pas une contraction sur ses traits ; pas un battement dans les artères ; pas un souffle dans sa poitrine.

L'insensibilité était complète, comme chez tous les *rps qu 'a touchés la main glacée de la mort.

Cependant Ludovic s'était approché de M. Guillemot, et avant de procéder à aucun examen, il avait cru devoir lui adresser quelques questions.

— Y a-t-il longtemps qu'elle est en cet état?... demanda- t-il, sans détacher son regard de la jeune filie.

— Une bonne heure, monsieur... répondit M. Guillemot.

— Elle n'a fait aucun mouvement ? -

— Aucun.

— Et comment cette syncope s'est-elle déclarée ?

M. Guillemot eut un regard hébété, et pressa son front dans ses deux mains pour rappeler ses souvenirs.

— Comment cela est venu? mon Dieu... je ne me rappelle plus, maintenant, répondit-il. J'étais si loin de m'attendre à cela..., le docteur l'avait trouvée un peu souffrante, et il ordonna une potion. Pauvre chère âme! elle ne voulait pas la prendre, je m'en souviens ; moi, j'ai insisté, en la grondant, et alors, pour me faire plaisir, elle a bu deux grandes cuillerées.

— Et qui avait préparé la potion ?

— Le docteur.

— Vous devez avoir conservé le flacon dans lequel elle était contenue.

M. Guillemot interrogea Salomé.

— Oh ! M. Benoît a tout emporté, dit la soubrette, d'un ton un peu aigre. Il prétendait qu'il serait imprudent de laisser ici ce flacon et il a préféré ne pas l'y oublier...

Ludovic ne poussa pas plus loin l'interrogatoire.

— Au surplus, dit-il, la possession de ce flacon n'est pas indispensable et nous allons nous assurer par nousmême.

Il fit un pas et prit la main d'Irène...

Raymond, M. Guillemot, Salomé le suivaient des yeux avec une poignante anxiété, cherchant à recueillir dans son attitude, dans ses moindres gestes, une impression qui dissipât leurs inquiétudes.

Mais Ludovic avait conservé tout son sang-froid, et il

commençait son examen avec le môme calme, la même fermeté que s'il se fût trouvé seul dans cette chambre et en présence d'un sujet inconnu.

Il s'était emparé de la main d'Irène, et au froid contact de ses doigts de marbre, il s'était penché pour la voir de plus près.

Salomé avait pris la lampe et l'éclairait.

Il consulta le pouls, — et ne sentit aucune pulsation... — il posa sa main à l'endroit du cœur... et constata qu'il avait cessé de battre... Enfin, il souleva les paupières, et vit que l'œil était sans regard.

— Horrible ! c'est horrible ! fit le père Guillemot, en sanglotant... Pauvre petit chérubin... Mon Dieu I tenez... rien que pour la voir me regarder une seconde, je don* rierais tout ce qui me reste de sang dans les veines... Est-ce que vous ne pouvez pas la faire nous regarder» docteur 1

Pour toute réponse Ludovic mit un doigt sur ses lèvres.

— Hein ! quoi 1... répliqua le malheureux, est-ce que vous croyez qu'elle nous entend!... Mais alors... c'est qu'elle vit I Si c'était vrai ! Moi, je ne sais plus ce que je dis, vous voyez... Mais je vous obéirai... dites-moi une bonne parole qui nous rassure.

Le docteur remua doucement la tète.

— Il ne m'est malheureusement pas permis de faire ce que vous désirez, répondit-il ; l'état de cette jeune fille est évidemment des plus graves, et s'il n'est pas possible d'affirmer que la vie se soit complètement retirée de ce corps inerte, il n'est pas possible davantage de laisser espérer le contraire ! Toutefois et dans la situation d'incertitude et de recherche où nous sommes, le plus prudent est de .se contenir, et de ne pas même donner au sujet le soupçon de la gravité de son état.

— Vous pensez donc qu'elle pourrait nous entendre ?

— Il n'y a rien d'impossible !... certains mystères de la mort humaine n'ont pas encore été pénétrés par la

science* H est mwûfe&te q\^\s&%i<&iQ.n3 ordinaires de

LA LANTERNE ROUGE 3fc»

la vie ont été ici brusquement suspendues, mais si les résultats nous sont acquis, la cause en est ignorée. La catalepsie reste le plus souvent apyrétique et détermine une sorte de raideur tétanique générale ou simplement partielle du système musculaire ; elle se caractérise d'ordinaire par la perte du sentiment et de l'entendement, — mais ce n'est point ici le cas — tout me porte à le Croire, — peut-être s'agit-il bien de léthargie et alors ce serait le sommeil avec toutes v les apparences, mais «on avec toutes les insensibilités de la mort. Enfin , si ce n'était aucun de ces deux états il faudrait rechercher ailleurs l'explication des bizarres effets que nous constatons.

— Et dans. ce cas ? interrogea Raymond.

— En procédant par induction, poursuivit le docteur, en rapprochant les faits nouveaux de faits déjà connus, et suffisamment étudiés, notamment sur la malheureuse Mousseline, on arriverait avec quelque certitude à déterminer les causes qu'il importe de combattre, et les moyens à employer pour rendre la vie à cette enfant, s'il en est temps encore. Permettez-moi donc, mon ami, de poursuivre mes investigations, et croyez que si elle peut être sauvée, avant quelques heures, je vous aurai rassurés tous deux.

Raymond et le père Guillemot se turent, sur cette invitation, et Ludovic reprit son examen obstiné.

Gela dura dix minutes environ — dix minutes qui parurent une éternité aux deux témoins de cette scène, et pendant lesquelles le plus profond silence ne cessa de régner dans la chambre.

Chacun retenait son souffle... attendant, au milieu de la plus cruelle des appréhensions, le résultat des nouvelles investigations du docteur...

Enfin, Raymond jeta un cri et se pencha avide vers Ludovic.

— Qu'avez-vous aperçu ? dit-il avec force et d'un ton presque impérieux... A l'instant, je viens de vous voir tressaillir. Ah! répondez... Parlez ! dites-nous... Avezvous découvert quelque indice ?

— Je le crois, répondit le docteur.

— Et vous connaissez la cause...

— Peut-être.

— Alors, Irène n'est pas morte ?

— Non.

— Et elle peut être sauvée ?

— Qui sait ?

Le père Guillemot tomba aux genoux de Ludovic sans proférer une parole, et prit ses mains qu'il baisa avec un transport de joie folle.

— Ah ! prenez garde, mes amis !.. prenez garde ! dit Ludovic, j'ai eu tort peut-être de laisser deviner mon impression, mais le danger est redoutable, et il subsiste encore tout entier.

— Vous le conjurerez, docteur... vous nous la rendrez... et nous n'aurons pas assez de reconnaissance pour vous payer du bonheur que vous nous aurez donné !

Ludovic s'était dirigé vers une table, où il avait trouvé tout ce qu'il fallait pour écrire.

Puis, à la hâte, d'une main fébrile, il traça quelques lignes qu'il remit à Salomé.

— Mon enfant, lui dit-il, rendez-vous à l'instant même chez le pharmacien le plus voisin, et rapportez-moi sans retard ce qu'il vous aura remis.

.Salomé partit en courant et quelques minutes s'étaient à peine écoulées qu'elle était de retonr, mais sans l'antidote attendu par Ludovic.

— Eh bien ? demanda ce dernier un peu surpris de l'air embarrassé de la jeune soubrette.

— Eh bien, monsieur le docteur, répondit Salomé, je ne rapporte rien.

— Est-ce possible !

— Le pharmacien m'a répondu que, ce matin, il avait cédé tout ce qui lui restait de cette substance à monsieur le docteur Benoît.

— Benoît ! s'écria Ludovic, il a bien dit ce nom ?

— Oh ! parfaitement.

— Le misérable ! ah ! je devine tout. Avant de partir pour Paris, et pour qu'en son absence on ne pût venir au secours de cette pauvre enfant, il a fait disparaître le seul antidote auquel on pût recourir.

— Mais nous le trouverons peut-être dans un autre établissement? objecta Raymond.

— Croyez-vous?

— Il faut tenter, au moins.

— Vous avez raison. Partez donc, Salomé, ne perdez plus une seconde, et songez que désormais la vie de votre maîtresse est entre vos mains.

Salomé sortit de nouveau.

Maïs elle avait à peine disparu de la chambre, que Raymond qui l'avait suivie du regard, recula de deux pas.

C'est qu'aussi, il venait d'apercevoir sur le seuil de la porte, la plus étrange et la plus inattendue des apparitions.

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