CHAPITRE XX
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Achat de chevaux et d'une propriété. — Je fais réparer , l'ëglise. — M. le curé. — Eugène Lagelis. — Le chef de bataillon Fournie r — Je marie cet officier. — Emprunts. I* Fuite.
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Je continuais à me produire sous Le nom de comte de Gô\o , conquérant chaque Jour la considération des gens de bien en faisant d'abondantes aumônes.
On me recherchait de toutes parts.
Afin d'enraciner ma réputation dans l'esprit des hahitans , je les assurais du désir que j'avais de demeurer parmi eux pour toujours, me disant riche propriétaire, ajoutant que des brouilleries avec mes parens me tenaient éloignés de mon pays, ayant soin de faire emplette de magnifiques chevaux , afin de donner plus de poids à mon histoire. J'achetai même la terre de M rae Jannet-Lafond , veuve du conseiller de même nom , de la cour royale de Bordeaux.
Je m'occupai aussi de faire réparer l'église, d'habiller plusieurs enfans de chœur dans le but de témoigner de ma vénération pour le service divin. Je ne tardai pas à taire la connaissance de M.
le curé. J<? pris sous ma protection le petit-fils du mâire ( Eugène Lagélis ) ; m'engagèâfnt à lui procurer une place aussi honorable que lucrative. 1
J'étais en relation avec les seigneurs voisins, à qui je ne parlais qu'en millionnaire.
A peu de jours de là, M. Fournier, chef de bataillon en retraite , vint se fixer à la Rochebeaucourt. Nous fîmes connaissance.
Après quelques mois de fréquentation , je lui dis que mes intentions étaient de l'attacher à mon service en qualité d'intendant ; que je voulais le charger de l'administration dune de mesterres, située sur les bords du Rhône, dans l'arrondissement de Trévoux ( Ain ).
M. Fournier me répondit qu'il acceptait mes offres et que je pourrais être persuadé qu'il remplirait ses devoirs avec autant de zèle que de probité.
— Je le pense bien, lui répondis- je, mais je voudrais vous voir établir.
Ce chef de bataillon était jeune et n'avait obtenu sa retraite que par ses blessures.
— Je suis prêt, monsieur, à faire tout ce que vous exigerez de moi, ;
— En ce cas , voyez à cela.
Après quelques jours écoulés , il me fit part des démarches qu'il avait faite*. U avait papillonué autour de toutes les belles du canton et avait enfin fixé son choix sur M 1 '* Olympe Dereix. Je négociai moimême ce mariage , qui eut lieu un mois après- 1
Monsieur Fournier, en homme que la Fortune surprend dans son lit , se croyait déjà en possession d* mon prétendu château. De mon cèté, tout ce que je disais ne tendait qu'à l'entretenir dans cette douce illusiou: du reste, cet honnête officier-supérieur traitait Us affaires avec toute la franchise d'un vrai militaire.
1 Ce fait-là et tous ceux cjui se sont passës à là Ro cheboaucourt sont particule 1 1 nu ni cotant* de nous , car nous étions sur les lieux quand ils arrivèrent : les familles dont il es* parlé , joui*sent dans le pays de la plus haute considération.
( N»te de l'éditéur. >
Cependant ma position commençait à sentir le brûlé ; le temps fixé pour le départ de l'intendant approchait ; les époques auxquelles je devais effectuer le payement du domaine de M me Jannet , touchaient également à leurs termes. Que de vais- je donc faire en pareille circonstance ? Payer, faire sortir mon intendant, ou., fuir.
Ce dernier moyeu était toujours celui que je prenais pour me tirer des mauvais pas ; mais afin de légitimer mon départ , je feignis d'avoir reçu une lettre qui me forçait d'aller à Périgueux , toucher des fonds ; je simulai des petits besoins, et à ce prétexte je fis les emprunts suivans :
600 francs à mon prétendu intendant , 3oo francs à M. le curé , 1 ,000 francs à M. Allassort dit Leblanc , 700 francs à M. l'abbé Re ynaud, curé de la paroisse d'Edon , 1,200 francs à M. Bussières , maire de la même commune, 900 francs à
M. Saint-Marc , 3oo francs à M. Jannet, de Mareuil , 600 francs au Pleissac , et je disparus après avoir recommandé le secret à toutes mes dupes.