UNE ESTAFETTE A; LA BATAILLE DE LOURCQ
Ce dimanche où se préparaient les combats de la Marne, j'ai connu la gloire, son bruit et ^on mensonge.
L'aventure est plaisante, assez comique. L'officier d'état-major que j'accompagnais, plus heureux que moi, avait trouvé au logis sa petite amie, une de ces braves filles de France qui n'ont pas de grandes attitudes, mais le cœur chaud, qui se donnent et se dévouent. Elle habitait Montmartre et ne songeait pas h le quitter, bien que Tennemi fût aux portes. Pendant que je faisais des visites décevantes, mon supérieur vivait des heures épanouies. Il les prolongea au delà de toute mesure, puisque je dus l'attendre si longtemps près du Moulin-Rouge. C'est alors que je fus acclamé. Oui, vraiment !
L'automobile militaire où je me trouvais était couverte de boue, conduite par un soldat déguenillé. Moi-même, dans mon uniforme acheté au Temple, patiné par le travail et la pluie, la figure hâlée sous le casque de dragon, les traits tirés, je devais représenter pour la foule Tun de ces com-