PREMIÈRE PARTIE
fruits, arbres, animaux, rien ne fut épargné. Pour ne parler que de ce qui se passa chez nous , notre berger fut tué dans la plaine avec quatre-Tingt-huit moutons. Spectacle de désolation et d'épouvante, impression de fin du monde et de brisement général,. , Nous crûmes un instant , tout au moins , à la destruction de notre village. La plupart des maisons eurent leurs toits effondrés. Mais que dire des moissons et des champs ? Tout était haché. Une pluie terrible avait suivi la grêle, et l'on ne voyait plus partout qu'un pêle-mêle de paille, de feuilles, de branches, de grains, de terre, de sable. Je cailloux ; le sol même, en plusieurs endroits, avait disparu. Un pauvre brave homme, en rentrant le soir, trouvait pour tout héritage une affreuse ravine à l'endroit où le matin il avait laissé sa chaumière et son jardinet.
Quelques moissonneurs , dans les champs , furent tués comme notre bei^er.
Vous figurez-vous ces centaines de paysans courant éperdus visiter leurs terres et n'y trouvant plus que la ruine?... Jamais je n'avais éprouvé un tel serrement de cœur. Les animaux eux-mêmes en restaient muets et stupides.
c..,Googic
8t JiÉMontES d'vs imbécile.
Des mois se passèrent sans qu'on rerît au pays seulement un sourire.
Notre colonie, comme tout le roisùmge, eut beaucoup à souffrir de cette catastrophe, et Je ne sais si nous eussions pu nous en relever aisément , sans LagoTgot« , qui , cette année-là , nous fit remise du loyer.
Mais que de misères autour de nous ! et combien de nos voisins furent secourus discrètement par Toinette et Gorgotine!
PltEHIÈRE PARTIE.