POISSONS ET CRESSON
On a vu que la ferme s'était agrandie d'un beau champ que nous ache! âmes ; mais l'année d'ensuite elle s'agrandit encore. Une prairie , où jaillissaient des sources abondantes , fut acquise par Désir et Toinette du fruit de leurs économies ; je pris à bail la prairie, et, de cette manière, Désir et Toinette eurent , eux aussi . droit de propriété sur la ferme. Ensemble propriétaires , ensemble fermiers , nous fondions, sans y penser, une sorte d'association et de coopération agricoles , et cela se fit d'autant mieux , que jamais nous n'en avions parlé, et que la chose s'était produite en quelque sorte spontanément , les circonstances l'ayant amenèa, non l'esprit de système.
La prairie fut vendue en assez triste état; mais le nouveau propriétaire ne tarda pas à la
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transformer ; et c'était un spectacle que de le voir à l'œuvre. Dès le premier printemps, illadisposa es larges ados , dont chacun avait son porteux k sa partie supérieure. De ce porteux l'eau . très régulièrement déversée à droite et à gauche, redescendait dans les rigoles (d'un mètre en contrebas) qui séparaient ces ados.
Désir &isait là-dessus trois coupes d'excellent foin, tandis qu'avant, à peine, on y en laisait une et de très mauvaise herbe : prèles . joncs , rhinantes , laiches , rumex et roseaux. Mais en peu de temps ces saletés disparurent ; il est vrai de dire que , grâce aux sources , on pouvait irriguer à discrétion.
Désir voulut aussi nous doter d'un ét-ng; op, dans cet étang , nous ne tardâmes pas à faire des essais de pisciculture qui réussirent parfaitement.
Gorgotine et Toinette, avec leurs poules, leurs canards et leurs œufs , portaient de temps en temps quelques poissons au marché (anguilles et truites), sans parler de ce qui se mangeait sur place.
Il y avait longtemps que Désir couvait de l'œil ces eaux et ce pré. C'est là qu'ensemble, autre-
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us uÉMOiRSS d'un imbécile.
fois , nous barbottions si bien ; c'est là que, lui expliquant le phénomène de l'aU^ement des corps submei^és , je lui avais donné sa première leçon de physique.
Combien de cabots et de vèrons nous avions péchés dans ces fontaines où maintenant nous élevions la truite et l'anguille !
Nous commençâmes à cultiver le cresson, et pour cette denrée comme pour les autres, Gorgotine et Toinette se montrèrent habiles commer-
DRUXIÈIIE PARTIE.