‹ Mémoires d'un imbécile: écrits par lui-mêmeChapitre 67 sur 98 · MON NEVEU ET MON OENDRE · texte numérisé non relu

MON NEVEU ET MON OENDRE

Ces conférences rappelleront peut-être au lecteur celles que nous disait Edouard pendant les vacances, et sans doute on demandera si Edouard nous continua les siennes ! Ah ! c'eût été pour nous une félicité ; mais Edouard , l'excellent Edouard .depuis deux ans n'était plus.

Ainsi , vous le voyez , trois de mes frères , l'ingénieur, le poète et le père d'Amédée avaient terminé leur carrière. 11 en était de même de Gorgotin et d'Edouard , et peut-être l'ancien banquier Arthur était-il mort dans son exil. 11 ne fiiut pas oublier que nous étions tous à peu près du môme âge que le siècle, lequel siècle commence à se feire bien vieux.

Désir et moi pourtant , nous étions encore verts. Le travail , l'étude , l'entière liberté dVs-

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182 MÉMOIRES d'un ISlBÉCir.E.

prit semblaient nous avoir tenus en perpétuelle

L'installation d'Amédée à la ferme vint une fois encore nous revivifier. L'œuvre que nous avions commencée par instinct , il vint noua la feire continuer en pleine conscience. Il n'avait pas trente ans , nous en avions soixante, et c'est à lui que nous dûmes d'apprendre que nous avions été de grands organisateurs , et même, disait-il , de grands initiateurs en économie sociale. Mais nous avions Êkit cela comme les oiseaux font leur nid. Eh bien ! à l'avenir, il s'agissait de s'élever du rôle d'oiseaux à celui d'architectes. C'est du moins le résultat que le neveu se proposait d'obtenir, et qu'il obtint en partie.

Voici de quelle manière les choses se passèrent.

On se rappelle que notre fille aînée. Abeille (je crois n'avoir pas encore dit son nom) , s'était mariée , et qu'elle avait épousé un cultivateur des environs. Ce cultivateur {qui s'appelait tout bonnement François , et qui n'en était pas moins un garçon intelligent ) se lia avec Amédée de très vive amitié, si bien que peu de dimanches se

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