‹ Mémoires d'un journaliste (volume 2)Chapitre 15 sur 19 · RÉPONSE A UN COMMUNIQUÉ · texte numérisé non relu

RÉPONSE A UN COMMUNIQUÉ

« J'étais à la campagne lors de la publication du communiqué relatif à une retenue de trois francs qu'on aurait imposée aux professeurs des lycées, pour contribuer aux frais de l'expédition au pôle Nord.

< Le deuxième alinéa de ce communiqué commence ainsi :

c Si absurde que soit cette allégationy elle doit tependant être démentie...

« La loi accorde le droit de réponse aux particuliers doftt on a parlé dans un journal, à condition que cette réponse ne contienne aucun mot impoli. Je ne pense pas que les communiqués puissent s'affranchir de ces règles de bienséance.

c Jusqu'à ce jour, ils s'y conformaient scrupuleusement, et j'ajouterai même qu'ils étaient généralement bien rédigés.

« Est-ce parce qu'on m'a retiré la vente sur la voie publique, que le rédacteur de ce dernier communiqué croit pouvoir se servir du mot absurde ?

€ Eh bien ! voici ce que je déclare nettement : Si l'on m'adresse à l'avenir un communiqué impoli, je ne l'in... se... re... rai pas.

c Pour moiy le rédacteur anonyme de ce document équivaut à une femme, puisque je n'ai pas le droit de lui répondre comme à un homme qui m'insulterait et qui viendrait m' apporter lui-même sa prose au journal. »

La vente du Figaro sur la voie publique me fut alors interdite ; je répartis immédiatement par les lignes suivantes :

< C'est à Seine-Port que je reçois la nouvelle de la

suppression de la vente du Figaro sur la voie publique.

€ Pourquoi ?

« On ne se donne pas la peine de me le dire. Il faut donc que je cherche le motif de cette rigoureuse mesure par laquelle on croit atteindre en plein cœur un journal comme le Figaro. J'ai comme une espèce d'idée que c'est pour les quelques lignes sympathiques qui terminaient ma causerie de Wiesbaden concernant le duc d'Aumale et le prince de Joinville, le tout saupoudré de ce que j*ai dit sur l'affaire du jeune Cavaignac.

€ Eh bien ! voyez si je suis franc ! S'il en est ainsi, c'est de bonne guerre et j'aurais tort de me plaindre, car j'ai eu l'intention d'être desagréable... très-désagréable.

« On intente procès sur procès au FigarOy nous payons amendes sur amendes : on dirait que l'on a fixé pour nous un minimum de mille francs ; et quand nous sommes vilipendés par de la crapule infecte, — crapula infecta^ — comme dirait Janin, on la frappe (Vuii franc d'amende !

« Somme toute, on veut porter au Figaro un coup très- violent... soit! Mais nous espérons que ceux qui tiennent à nous lire, n*hésiteront pas à faire quelques pas pour acheter le Figaro chez les libraires, ou pour s'abonner, ne fût-ce que pour un mois.

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