ARDOISE DE M* JUUES FAVRE
Et effectivement, quelques jours après cet article, je commençai la fameuse ardoise.
J'étais bien sûr de toucher mon homme dans le vif ; rien ne pouvait lui être plus désagréable que cette litanie de ses causes perdues : en effet, je n'étais pas le seul à remarquer que M. Jules Favre, malgré son immense talent, plaide plutôt pour lui-même, pour sa réputation d'éloquence que pour son client.
Cette liste de procès non gagnçs, forçait le public à constater que, malgré sa valeur oratoire, M. Jules Favre apportait en préciput, dans chaque cause, l'antipathie qu*il inspirait aux juges.
Je viens de dire que ce grand avocat plaidait pour lui-même, plutôt que pour ses clients ; je 4ois loyalement reconnaître qu'il y a un peu d'exagération dans ce que j*ai avancé; il existe, on m'a même signalé plusieurs procès dans lesquels M. Jules Favre s'est aussi occupé de ceux pour qui il plaidait; ces procès sont fort rares, il est vrai, mais en cherchant bien, on finirait peut-être par en trouver quelques-uns.
Revenons à la fameuse ardoise :
C'était la Gazette des Tribunaux et le Droit qui me fournissaient mes arguments, exemple :
Collection du Droit. — Année 18/i5 et !•' semestre 1846-
ABDOISE DE M* JUIVES FAWBE.